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mardi 16 décembre 2025

Le Yemen du Sud allié d'Israël. JBCH N° 2512 - 724

Le Conseil de transition du Sud (STC), acteur majeur de la guerre civile yéménite, revendique le contrôle de la majeure partie du territoire du sud du Yémen. Ses 26 membres comprennent les gouverneurs de cinq gouvernorats du sud et deux ministres

La percée militaire fulgurante du Conseil de transition du Sud (STC), adossé aux Émirats arabes unis, ouvre la voie à l’émergence d’un « nouveau Sud-Yémen » de facto autonome, voire indépendant, contrôlant Aden, l’essentiel du littoral sud, la frontière avec Oman et une partie des champs pétrolifères d’Hadramout. 


Pour Israël, cette recomposition n’est pas seulement un épisode de plus de la guerre yéménite : c’est la possible apparition, aux portes du Bab el-Mandeb et à proximité des zones contrôlées par les Houthis pro‑iraniens, d’un partenaire indirect, via Abou Dhabi – offrant un ancrage stratégique inédit, notamment autour de l’archipel de Socotra.



les forces du STC ont lancé une offensive coordonnée depuis l’Hadramout, balayant en quelques jours la plupart des positions du gouvernement reconnu internationalement dans le sud. Les villes de Seiyun et Tarim, l’aéroport d’Aden et les principaux leviers institutionnels du Sud sont tombés quasi sans combats, nombre de tribus affiliées au gouvernement ayant opté pour un « passage de relais » plutôt qu’une résistance frontale.




Le résultat est spectaculaire : en moins d’une semaine, le STC revendique le contrôle des huit gouvernorats de l’ancien Sud-Yémen, de tout le littoral méridional, des zones frontalières avec Oman et des champs pétrolifères clés de l’Hadramout, laissant à Sanaa un pouvoir surtout cantonné au nord. 




Ce basculement constitue un camouflet pour Riyad, qui voit son protégé gouvernemental marginalisé et son influence entamée, alors qu’Abou Dhabi consolide un « glacis sudiste » contre les Houthis et, au‑delà, contre l’axe pro‑iranien.


Depuis plusieurs années, les Émirats déploient une politique maritime offensive visant à sécuriser les routes énergétiques de la mer Rouge et du golfe d’Aden, en maillant la région d’une ceinture de bases. Des infrastructures militaires ont été construites ou étendues sur l’île de Mayun (Perim), au cœur du détroit de Bab el‑Mandeb, à Assab en Érythrée, à Berbera et Bosaso au Somaliland/Puntland, ainsi que sur plusieurs îles de l’archipel de Socotra désormais administré de facto par le STC.



L’objectif est double : sécuriser les flux commerciaux, dont une part substantielle du pétrole mondial, et se poser en acteur pivot de la sécurité régionale, à la fois vis‑à‑vis des États occidentaux, d’Israël et face à l’Iran et à ses alliés, notamment les Houthis qui ont multiplié attaques de missiles et de drones contre la navigation et les infrastructures. Dans ce schéma, un Sud‑Yémen aligné sur Abou Dhabi n’est pas une fin en soi mais un maillon dans une architecture de contrôle des détroits, des ports et des îles‑clefs





C’est dans ce paysage qu’émerge Socotra, île yéménite située à l’entrée orientale du golfe d’Aden, au croisement des routes menant vers la mer Rouge, l’océan Indien et, au‑delà, l’Asie. Les Émirats y ont déployé des troupes dès 2018, aménageant pistes, infrastructures portuaires et installations duales civiles‑militaires, sous la couverture d’aides humanitaires et de projets de développement.


Depuis 2020, la coopération  émirato‑israélienne sur l’île, voire de la mise en place d’un poste d’écoute et d'intervention commun a été mis en place, il est destiné à surveiller les mouvements iraniens, les communications des Houthis, mais aussi certaines activités turques, chinoises et pakistanaises dans la zone. 



Israël a construit des implantations de radars et de capteurs à l’est et à l’ouest de l’île, tandis que des rapports plus récents évoquent l’accélération de la construction d’une base militaire conjointe dans l’archipel, et une base commune qui a été largement utilisée lors de l'attaque d'Israël ci-ontre les iraniens en Juin dernier.



Pour Israël, Socotra et, plus largement, le dispositif émirati‑STC autour du golfe d’Aden offrent une profondeur stratégique méridionale. L’archipel permet de suivre les convois maritimes en provenance ou à destination de ports contrôlés par les Houthis, de mieux anticiper les tirs de missiles et de drones vers la mer Rouge, et de surveiller les routes que pourrait emprunter un ravitaillement iranien discret vers ses alliés yéménites.



L’installation de radars compatibles avec les systèmes israéliens, voire de composants liés à l’architecture de défense antimissile type Dôme de fer ou à des capacités anti‑drones, renforcerait le maillage de détection au sud de la péninsule. 


Dans une perspective de conflit élargi impliquant l’« axe de la Résistance », ce « balcon maritime » sur l’océan Indien permettrait aussi de surveiller plus en aval les mouvements navals iraniens et d’anticiper d’éventuelles tentatives de contournement par le sud des dispositifs de pression en mer Rouge et dans le golfe. 


En face, en Erythrée, Israël a installé des radars puissants couplés aux satellites Ofek. C'est probablement la fin du régime des Houtis ... prochaine cible de ces conquérants, alliés aux EAU et à Israël.




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