Une délégation du Parlement européen s’est rendue à Taïwan cette semaine pour évaluer la situation politique et les menaces exercées contre l’île, malgré l’absence de reconnaissance diplomatique officielle. Le président taïwanais Lai Ching‑te a affirmé que Taïwan et l’Union européenne partagent des valeurs démocratiques menacées par des ingérences extérieures, notamment des campagnes de désinformation ou d’ingérence électorale orchestrées par Pékin .
Faut-il craindre une invasion chinoise ?
La plausibilité militaire : faible à moyen terme
• L’invasion amphibie d’une île comme Taïwan nécessiterait la mobilisation de plus de 1,2 million de soldats et milliers de navires, selon des comparaisons avec le débarquement de Normandie. La Chine n’a pas encore la capacité logistique nécessaire à une opération de cette ampleur .
• Le concept stratégique “fenêtre Davidson” évoque une période entre 2021 et 2027 comme fenêtre potentielle pour une montée en puissance chinoise, mais la majorité des experts estiment que l’intention offensive demeure incertaine ou éloignée dans le temps  .
Militaire plutôt que guerre classique
• Les exercices militaires chinois autour de Taïwan (Joint Sword‑2024 et autres), affrontements aériens et patrouilles navales sont devenus réguliers, mais ils relèvent plus d’une stratégie d’intimidation que d’un déclenchement imminent de guerre .
• Taiwan a répondu par des exercices civils et militaires Han Kuang à grande échelle, simulant des frappes, des évacuations urbaines, un effort national pour renforcer la défense et la résilience sociale .
Faut-il craindre un accord “tronqué” à la Hong Kong ?
• La crainte taïwanaise majeure concerne les méthodes de « gray-zone » (guerre hybride) : ingérence électorale, campagnes de désinformation, pression économique et cyberattaques, visant à saper la démocratie depuis l’intérieur sans déclencher une guerre classique  .
• Des études montrent que Taïwan reste beaucoup plus préoccupée par ces manipulations que par une invasion armée dans l’immédiat, sauf déclaration formelle d’indépendance  .
Taiwan et l’Union Européenne : une convergence de défense démocratique
• Lors de leur visite, les députés européens ont déclaré à Taïwan « You are not alone », affirmant que l’UE est prête à coopérer sur les questions de cybersécurité, lutte contre la désinformation et résilience démocratique .
🇦🇷 Qui est Javier Milei et comment a-t-il lancé l’économie de l'Argentine ?
Économiste et enseignant formé à l’Université de Belgrano et à Torcuato di Tella, ancien consultant financier et figure médiatique reconnue pour son style flamboyant et anti‑establishment .
Président d’extrême droite/libertarien, élu fin 2023 avec 55,65 % des voix. Il se qualifie d’anarcho‑capitaliste, épris de l’école autrichienne (Friedman, Hayek, Rothbard) Il a pour passion le judaïsme tet soutient Israël et va bientôt inaugurer l'Ambassade d'Argentine à Jérusalem .
📉 Stabilisation macroéconomique : scores mitigés mais encourageants
L’inflation record (près de 289 % en avril 2024) est redescendue autour de 2 % mensuel en début 2025, marquant une chute spectaculaire du rythme de la hausse des prix .
Désinflation annuelle estimée entre 18 % (gouvernement) et 45 % (FMI) en 2025 .
Premier excédent budgétaire en plus d’une décennie, grâce à des coupes drastiques dans les dépenses publiques (réduction de 30 à 35 %) et la suppression de nombreux ministères et emplois publics .
📈 Reprise économique : croissance et secteurs moteurs
L’économie montre des signaux de rebond : croissance annualisée de +5 % attendue mi‑2025 selon le FMI, +5,8 % confirmée pour mai 2025 d’après Reuters, malgré un repli attendu en fin de période .
Vaca Muerta, gigantesque gisement de pétrole et gaz de schiste, est au cœur du plan de croissance. Production en hausse de 28 % en un an grâce à la dérégulation, exonérations fiscales et levée des contrôles .
⚠️ Côté social : tensions et fragilités persistantes
La pauvreté a bondi jusqu’à près de 53 % début 2024, avant de redescendre autour de 38 % fin 2024 selon l’INDEC. L’université Torcuato Di Tella estimait 36,8 % .
Le taux de chômage est reparti à la hausse (7,9 % en 2025), avec une croissance importante de l’emploi informel (+224 000 emplois) tandis que l’emploi public chute de 50 000 postes .
La demande intérieure reste faible : consommation et investissement encore en retrait, pouvoir d’achat des salariés du secteur privé peine à rattraper l’inflation .
🧠 Compétences et stratégie : coup de poker ou transition réussie ?
✔️ Points forts
Réduction drastique de l’inflation et sortie du déficit en un temps record.
Réduction étatique, relance du secteur privé, signal clair aux marchés et au FMI .
Croissance soutenue, retour des investissements, et développement du gisement Vaca Muerta comme moteur économique .
⚠️ Limites et risques
Forte polarisation politique : opposition syndicale et sociale, grèves, critiques sur les coupes sociales .
Dépendance aux prix mondiaux des hydrocarbures, volatilité macroéconomique, nécessité d’investissements externes .
Fragilité du système de change libre, interventions récentes contre les banques et marchés de dollar futur relativisent le discours absolu du laissez-faire .
✅ En résumé
Milei réussit pour l’instant le pari de stabiliser une économie au bord du chaos : au prix d’une austérité sévère, il a endigué l’inflation, relancé la croissance et convaincu le FMI de soutenir son programme. Toutefois, le coût social est lourd, les tensions politiques fortes, et la reprise reste fragile et très dépendante de la politique énergétique. L'avenir nous dira si sa méthode perdurera ... ses ennemis sont nombreux...
Le Marrane est pourchassé par l’Eglise et par l’Inquisition … En Espagne et au Portugal s’ils sont découverts ils passent devant un tribunal et sont en général brûlés en place publique
Ceux que l’on appelle les crypto-juifs se cachent ou s’expatrient à Bordeaux, et en Guyenne, qui étaient à cette époque un des rares havres partiels de tolérance, due à la présence de protestants, où plusieurs familles marranes s’installèrent discrètement.
Ils gardent leur secrets au fonds de leur âme et ne les trahissent pas.
Ce XVI ème siècle a vu naître un essain d'écrivains et de philosophes issus du Marranisme : Cervantes, Ricardo, Spinoza, Montaigne, Shakespeare, Rabelais et bien d'autres,
Grâce à eux c'est la Renaissance qui ouvre enfin le coeur des hommes,tout comme en Italie, les architectes et les peintres ... et les élogne des clercs qui oppriment le peuple.
Voici un portrait narratif de Montaigne comme héritier spirituel marrane, suivi d’une mise en parallèle avec Spinoza et Uriel da Costa, deux penseurs issus explicitement du monde marrane.
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Michel de Montaigne, un philosophe marrane
Imaginez Montaigne, dans sa tour de verre et de livres, à la fin du XVIᵉ siècle, penché sur le monde comme sur lui-même. Il ne croit pas aux dogmes, pas plus qu’il ne croit aux certitudes de la raison. Mais il écrit pour se connaître, et surtout pour survivre intérieurement dans un monde qui opprime par la vérité ambiante.
Il dit :
« Je suis moi-même la matière de mon livre. »
Et pourtant, il se cache. Il esquive. Il laisse entrevoir sans jamais tout dire. C’est un homme de seuil, de frontière, de demi-lumière.
Exactement comme les marranes, ces Juifs convertis contraints à vivre entre deux mondes, entre deux vérités : celle qu’on affiche et celle qu’on garde en soi.
Montaigne est très lié à des penseurs juifs ou philosémites de son temps, comme Étienne de La Boétie, qui traduisit Le Contr’un, mais aussi par son admiration pour Sénèque, souvent perçu par les marranes comme un stoïcien “compatible” avec leur pensée crypto-judaïque.
Sa mère, se nomme Antoinette de Louppes, elle est issue de la péninsule ibérique, son nom :
Loupés / Lopes / Lopez figure sur les listes inquisitoriales de juifs convertis d’Espagne et du Portugal.
Elle vient de cette tradition — et s’il ne la mentionne jamais, ce n’est peut-être pas par oubli. ni par pudeur,
C’est peut-être par honneur du silence, ce silence qui protège ce que le monde veut effacer ... La Mancha, la tare (celle d'être juif) de Cervantès.
Il parle de son père issu lui aussi du monde marrane
Son patronyme, Eyquem, est rattaché à des familles conversos installées dans le sud-ouest (région de Bordeaux.
Son grand-père a été un nouveau chrétien espagnol naturalisé français, et certains indices suggèrent une tolérance inhabituelle envers les juifs dans sa famille (à une époque d’hostilité généralisée).
Montaigne et Spinoza,
👉 Les deux sont solitaires dans leur pensée, persécutés en silence ou en acte, et fondent chacun une forme de liberté intérieure héritée du monde marrane.
Chez Montaigne, cette liberté est douce, sceptique, prudente.
Chez Spinoza, elle est radicale, presque révolutionnaire.
Montaigne et Uriel da Costa : le philosophe contre les prêtres
Uriel da Costa, autre marrane portugais, vécut entre Amsterdam et Hambourg.
Comme Montaigne, il remet en cause les religions officielles, mais paie au prix fort sa liberté : excommunié, humilié publiquement, il finit par se suicider.
Or, Uriel da Costa écrit en 1623 un texte intitulé :
« Examen de la tradition pharisienne » — où il nie la validité de toute loi religieuse en dehors de la raison naturelle.
Sa formule clé :
« La religion naturelle suffit ; les lois humaines oppriment. »
Ce que da Costa ose dire, Montaigne le suggère avec pudeur. Il écrit :
« Il se faut prêter à autrui, et ne se donner qu’à soi. »
« Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. »
👉 Tous deux dénoncent les institutions qui emprisonnent l’âme sous prétexte de vérité.
👉 Tous deux valorisent la conscience personnelle au-dessus des traditions imposées.
Le marranisme comme posture philosophique
Le marranisme, au-delà d’un statut historique, devient chez ces penseurs une posture de l’esprit :
Vivre dans le doute mais ne pas renoncer à chercher
Dissimuler ce que l’époque interdit, sans se trahir
Ne pas croire aux apparences, mais croire en l’intériorité
Refuser le fanatisme, qu’il soit théologique, politique ou rationnel
Montaigne fut issu du monde marrane, alors sa formule « Philosopher, c’est apprendre à mourir » n’est pas seulement un écho stoïcien,
mais aussi un cri discret, une affirmation de la liberté intérieure face à la persécution, une pratique de la lucidité dans un monde d’oppression religieuse.
« Philosopher, c’est apprendre à mourir », dit-il.
Pour un marrane, cela signifie peut-être : vivre en vérité, dans un monde qui veut ta mort spirituelle
Cette phrase devient alors une profession de foi discrète d’un homme libre, nourri de Socrate, de Sénèque, de Platon, mais peut-être aussi — en silence — du Deutéronome, de Kohélet ou du Zohar.
Vivre mieux en pensant à la mort
Montaigne insiste : c’est en acceptant notre finitude que nous devenons capables de vivre pleinement. Il écrit :
« Qui a appris à mourir, a désappris à servir. »
Celui qui ne craint plus la mort ne craint plus rien — il devient libre.
La philosophie comme sagesse pratique
Montaigne rejette la philosophie purement spéculative. Il défend une philosophie expérientielle, vécue, enracinée dans la condition humaine, où la pensée sur la mort n’angoisse pas, mais apaise et libère.
Montaigne est le prototype discret du philosophe marrane :
Il ne clame pas sa différence, il l’incarne dans le ton même de ses Essais — Discret, humbles, fragmentés, libres.
La dissimulation et l’intériorité
Les marranes pratiquaient un double langage : en apparence catholiques, ils conservaient en secret certains rites ou une fidélité spirituelle au judaïsme.
👉 Apprendre à mourir, chez Montaigne, c’est aussi cultiver une conscience intérieure libre, affranchie des simulacres extérieurs — résister à l’oppression par la lucidité.
Une sagesse juive en filigrane
La tradition juive enseigne aussi que le souvenir de la mort (זְכֹר אַחֲרִיתְךָ, z’khor acharitkha – “souviens-toi de ta fin”) pousse à la justice, à l’humilité et à la vérité.
👉 Cette éthique de la responsabilité face à la finitude, chez Montaigne, pourrait faire écho à cette pensée — même s’il ne cite jamais directement de source juive.
Un Montaigne “crypto-humaniste”
Montaigne est profondément sceptique, tolérant, hostile aux dogmes et ami des minorités persécutées. Cela l’a rapproché du type d’humanisme que développaient certains marranes dans la clandestinité — un humanisme de la conscience, de la prudence, de l’ironie face au pouvoir religieux.
On retrouve cette posture chez :
Luis de León, poète marrane espagnol, emprisonné par l’Inquisition ;
Isaac Cardoso, philosophe juif portugais converti puis redevenu ouvertement juif ;
Baruch Spinoza, héritier tardif de cette tension, pour qui penser la mort conduit à affirmer la vie.
Une étoile marrane dans le ciel de la Renaissance
Michel de Montaigne n’est pas Spinoza. Il n’est pas da Costa. Il n’est pas un “Juif” revendiqué.
Mais s’il est, par sa mère, un descendant des conversos ibériques, alors ses Essais sont l’expression la plus lumineuse d’un judaïsme invisible, d’un judaïsme de conscience, d’exil, de mémoire, on peut faire le parallèle avec le Don Quichotte de Cervantes qui est la lutte souterraine contre l'inquisition, cette luttte contre les Moulins à vent ...
Tout comme les smartphones HUWAI, voici ce qu’il est avéré,pour les voitures chinoises (sur la base des sources médiatiques et des expertises israéliennes actuelles) :
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Quota des véhicules chinois stoppé en Israël
• En juillet 2025, Israël a suspendu l’approvisionnement de véhicules électriques chinois, notamment le BYD Atto 3, destinés aux officiers de l’IDF (Forces de défense israéliennes) .
• Plus de 600 voitures chinoises (MG ZS EV, Chery Tiggo 8) avaient déjà été déployées à des fins officielles, y compris à proximité du ministère de la Défense à Tel Aviv   .
• L’annonce a précisé que les nouveaux BYD Atto 3 prévus pour les officiers de lieutenant-colonel n’ont jamais été mis en service, le système d’e‑Call (appel d’urgence automatique) ayant été désactivé de force dès réception   .
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Réserves officielles : voitures comme plateformes d’espionnage
• Selon le Dr. Harel Menashri, ancien chef cyber du Shin Bet (service de renseignement intérieur israélien), ces voitures chinoises fonctionnent comme plateformes mobiles de renseignement. Elles peuvent collecter des données vidéo, audio, géolocalisation et biométriques, et les transmettre à des serveurs en Chine .
• Des documents affirment qu’aucune technologie chinoise ne semble exempte de transmission de données secrètes à ses entités nationales, d’où des inquiétudes accrues dans le cadre militaire   .
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Mesures de confinement dans les bases militaires
• Dans une base de l’IDF (C4I Corps à Tzrifin), les véhicules chinois électriques ont été relégués à un parking distinct, marqué d’un autocollant spécifique pour les surveiller, bien qu’un élargissement de cette mesure à tous les véhicules électriques ait récemment été envisagé .
• L’objectif : limiter toute fuite de données sensibles via les voitures stationnées à proximité des zones sensibles.
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Contexte global et comparatifs
• Le gouvernement américain a antérieurement imposé un embargo total sur les véhicules électriques chinois, soulignant qu’ils pouvaient être contrôlés ou désactivés à distance .
• Des experts israéliens soulignent que le risque touche toute technologie connectée chinoise : caméras, drones, routeurs, aspirateurs — tous potentiellement des vecteurs de collecte de données  .
Peñico, carrefour des anciens mondes : une cité émergente au cœur de la civilisation de Caral
En juillet 2025, la presse péruvienne annonçait une découverte exceptionnelle : celle de la cité antique de Peñico, nichée dans la vallée de Supe, au nord de Lima. Située au sein de la zone archéologique de Caral, berceau de l’une des plus anciennes civilisations des Amériques, cette cité fondée entre 1800 et 1500 av. J.-C. remet en lumière le rôle central que jouait cette région dans les échanges culturels et commerciaux précolombiens. Ce texte commente l’importance de cette découverte, les traits majeurs de la vie à Peñico et son inscription dans une histoire méconnue : celle d’une Amérique andine déjà interconnectée, rationnelle, et hautement civilisée.
Une découverte majeure au sein de la civilisation de Caral La civilisation de Caral, dont les premières traces remontent à 3000 av. J.-C., est l’une des plus anciennes de la planète, contemporaine des grandes cultures de Mésopotamie, d’Égypte ou de la vallée de l’Indus. Toutefois, elle a longtemps été ignorée ou reléguée au second plan dans les narrations historiques occidentales. La mise au jour de la cité de Peñico, grâce à huit années de recherches menées par l’archéologue Ruth Shady, directrice du projet Caral, vient confirmer l’ampleur et la sophistication de cette culture.
La civilisation de Caral, dont les premières traces remontent à 3000 av. J.-C., est l’une des plus anciennes de la planète, contemporaine des grandes cultures de Mésopotamie, d’Égypte ou de la vallée de l’Indus. Toutefois, elle a longtemps été ignorée ou reléguée au second plan dans les narrations historiques occidentales. La mise au jour de la cité de Peñico, grâce à huit années de recherches menées par l’archéologue Ruth Shady, directrice du projet Caral, vient confirmer l’ampleur et la sophistication de cette culture.
Peñico, par sa position géographique dans la vallée fertile de Supe, à proximité de la mer, des Andes et des contreforts amazoniens, occupait une place nodale dans les réseaux d'échange andins. Là où les vestiges de Caral témoignaient d’une civilisation urbaine planifiée, pacifique et savante, Peñico révèle une extension de ces principes dans un espace où la circulation des biens et des idées prévalait.
Une ville marchande, carrefour des civilisations andines
Ce qui rend Peñico si remarquable, c’est sa fonction économique et sociale : elle servait de point de jonction entre les différentes régions naturelles du Pérou ancien.
La côte Pacifique fournissait des ressources marines et du sel ; les Andes, des textiles, des plantes cultivées en altitude et des métaux ; quant à l’Amazonie, elle acheminait des produits tropicaux rares comme des fruits, des plumes ou des plantes médicinales. Peñico orchestrée ces échanges au moyen de places centrales, de routes planifiées et de structures publiques probablement utilisées pour le stockage, les rites ou l’administration.
Cette activité marchande n’était pas simplement économique : elle était aussi culturelle et symbolique. Les biens échangés portaient des valeurs spirituelles et sociales. Cette ville facilitait l'intégration entre peuples, entre altitudes, entre mémoires collectives différentes. En ce sens, Peñico est une métaphore de l’intégration andine : un lieu où se rencontraient le monde océanique, les hauteurs mystiques et les forêts profondes.
Qui étaient les habitants de Peñico ?
Les recherches archéologiques montrent que les habitants de Peñico n’étaient pas de simples commerçants. Ils étaient également bâtisseurs, astronomes, gestionnaires de l’eau, et sans doute théologiens. Comme à Caral, on retrouve des traces d’organisation sociale complexe, sans fortification ni signe d’activité guerrière. Cela suggère une culture de la paix et de la concertation.
L’architecture de la ville, ses pôles communautaires, et les vestiges de pratiques agricoles irriguées indiquent une maîtrise technique élevée. Les élites, probablement sacerdotales ou astronomiques, administraient la ville en harmonie avec les cycles lunaires et solaires. L'économie était redistributive, peut-être théocratique, mais non oppressive.
Une leçon contemporaine sur l’intégration et la mémoire
Dans un monde où les cloisonnements culturels s’accroissent, la découverte de Peñico agit comme un rappel puissant : bien avant les grands empires incas ou les invasions européennes, l’Amérique andine était déjà une terre d’échange, de dialogue et de savoir partagé.
Ruth Shady, à la tête de cette recherche, ne défend pas qu’une identité nationale, mais une vision universelle du patrimoine : celui d’une humanité ancienne, interconnectée, inventive, et pacifique. Peñico nous invite à repenser nos frontières modernes, à reconnaître que les civilisations les plus élevées ne sont pas toujours celles que les armées ont fondées, mais celles que les marchands, les sages et les bâtisseurs ont patiemment organisées.
Peñico, au cœur de la vallée de Supe, enrichit l’héritage de Caral et redonne une voix aux peuples oubliés des premiers âges andins. Cette cité, carrefour commercial et culturel, nous rappelle que les fondations de la civilisation reposent souvent sur l’harmonie entre les hommes et leur environnement, sur l’ouverture à l’autre et sur la mémoire de l’ancien. En racontant l’histoire de Peñico, nous racontons aussi une autre version de notre humanité.
Voici les dernières informations sur la sécheresse en Iran et ses conséquences potentielles sur la stabilité du régime des mollahs :
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💧 2025 ... Sécheresse sans précédent
• Barrages quasi vides : Les principaux réservoirs autour de Téhéran sont à leur plus bas niveau depuis un siècle ; certains, comme le barrage de Lar, sont tombés à seulement 1 % de leur capacité .
• Pluies en chute libre : La pluviométrie nationale accuse une baisse de 40 à 45 % par rapport à la normale, entraînant un déficit proche de 30 à 44 % des réserves   .
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🔥 Impact immédiat
• Coupe d’eau et d’électricité : À Téhéran, les habitants subissent désormais des coupures quotidiennes d’eau entre 3 et 18 heures, couplées à des coupures d’électricité .
• Restrictions industrielles : Les horaires de travail ont été raccourcis dans certaines provinces pour économiser l’eau et l’énergie  .
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🌾 Agriculture et économie en détresse
• Effondrement agricole : Plus de 50 % des terres agricoles sont menacées, les cultures irriguées sont à l’arrêt, poussant de nombreux agriculteurs à migrer vers les villes  .
• Crise économique aggravée : Industries liées à l’eau doivent réduire leurs activités, aggravant la précarité, les pertes d’emplois et la flambée des prix   .
• Affaissement des villes : Plus d’un tiers des nappes phréatiques sont épuisées, entraînant des affaissements du sol gravement signalés à Téhéran  .
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⚠️ Risques politiques et sociaux
• Mécontentement populaire croissant : Les habitants manifestent localement en Iran depuis plusieurs années (2018, 2021). Un nouveau pic de protestations est actuellement en cours dans plusieurs régions, notamment à Téhéran .
• Catégorie politique à la limite : Les experts (Time, Climate Diplomacy) soulignent que la crise de l’eau pourrait aggraver les tensions politiques déjà présentes. Ils rappellent qu’une crise environnementale de cette ampleur affaiblit la légitimité de la République islamique .
👑 Le régime tiendra-t-il ?
• Volontarisme du régime : Les autorités multiplient les mesures symboliques – journées chômées, rationnement vertical (priorité aux étages supérieurs), négociations pour importer de l’eau (Turkménistan, Afghanistan…)   .
• Manque de solutions structurelles : La dépendance au drip-feed, aux coupes ponctuelles et aux importations révèle l’absence de plan durable ou de réforme profonde du secteur agricole et industriel   .
• Poids de l’opposition populaire : Dans un climat déjà tendu (crise économique, inflation, répression politique), le mécontentement autour de l’eau représente une nouvelle étincelle potentiellement explosive   .
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🌸 Les Roses d’Ispahan, Nowruz et l’amitié oubliée : Israël et la Perse éternelle
Il fut un temps où l’Iran s’appelait la Perse, où la poésie chantait plus fort que les armes, et où les roses d’Ispahan embaumaient les jardins et les âmes. Un temps où la religion unissait au lieu de diviser, et où l’amitié entre les Juifs et les Perses se construisait sur des siècles d’estime et de reconnaissance.
Aujourd’hui, ce parfum est presque oublié, étouffé sous le voile noir d’un régime autoritaire. Mais la mémoire persiste, comme un jardin secret, dans les cœurs libres.
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🔥 Zoroastre et le feu sacré : une sagesse oubliée
Avant l’islam, l’Iran était le berceau du zoroastrisme, l’une des plus anciennes religions monothéistes du monde. Fondée par Zarathoustra, elle prônait :
• la lumière contre les ténèbres,
• la vérité (asha) contre le mensonge,
• le libre arbitre comme fondement éthique.
Le feu sacré, perpétuel, y symbolisait la présence divine. Loin d’un dogme, c’était une vision cosmique où chaque être humain avait un rôle à jouer dans la lutte entre le bien et le mal.
« Pense de bonnes pensées, dis de bonnes paroles, fais de bonnes actions. »
— Devise zoroastrienne éternelle
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☀️ Nowruz : le Nouvel An des âmes libres
Nowruz marque l’équinoxe de printemps. C’est une fête païenne, solaire, poétique, célébrée depuis 3 000 ans. On y dresse une table appelée haft-sin, sur laquelle reposent sept symboles de la renaissance, du temps, de l’amour, du destin.
C’est un appel à la joie, à la paix, à la lumière intérieure.
Même aujourd’hui, malgré les interdictions et les censures, les Iraniens célèbrent Nowruz avec obstination : une fleur de liberté sous la neige du silence.
« Chaque printemps est une promesse, chaque rose un messager. »
— Proverbe persan
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✡️ L’amitié juive-persane : un fil d’or à travers l’Histoire
L’histoire d’amitié entre les Juifs et les Perses est une des plus anciennes au monde.
• Cyrus le Grand, en 538 av. J.-C., libère les Juifs de Babylone.
• Le Tanakh (Bible hébraïque) le nomme « Mashiah » (Messie) – titre unique pour un roi non-juif.
• Des communautés juives prospèrent en Perse durant plus de deux millénaires.
• Jusqu’en 1979, les Juifs d’Iran vivaient librement, avec écoles, synagogues, journaux, hôpitaux.
« Béni soit Cyrus, oint de l’Éternel, pour avoir permis à Israël de reconstruire la Maison de Dieu. »
— Livre d’Ezra 1:2-4
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🕯️ Des poètes, deux peuples, un souffle
La poésie a toujours uni les âmes iraniennes et juives. Voici quelques vers qui résonnent comme des ponts.
🏵️ Hafez de Shiraz (XIVe siècle) – Perse
« Même si le jardin est brûlé par l’hiver,
La rose ne désespère jamais du printemps. »
✡️ Rabbi Yehuda Halevi (XIe siècle, Espagne, influencé par la Perse)
« Mon cœur est en Orient, et moi en Occident.
Comment pourrais-je me satisfaire de vin, Alors que Sion est en deuil ? »
Deux poètes, deux continents, mais un même langage du désir sacré, de l’exil, et de l’attente du renouveau.
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☠️ Quand les ayatollahs ont brisé la rose
Depuis 1979, le régime des ayatollahs a :
• instauré une théocratie anti-juive et anti-israélienne,
• marginalisé les minorités, dont les Zoroastriens et les Juifs,
• censuré la poésie libre,
• instrumentalisé la religion contre les peuples.
L’Iran n’a jamais été un pays arabe. Il fut multiculturel, spirituel, raffiné, admiré même par les Lumières. Aujourd’hui, son peuple aspire à renouer avec cette identité profonde.
« Le mensonge est comme une rose sans parfum. Il attire l’œil, mais non le cœur. »
— Proverbe persan
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🌹 Et si les roses d’Ispahan refleurissaient…
Les roses d’Ispahan sont peut-être silencieuses aujourd’hui, mais elles n’ont pas fané.
Elles survivent dans :
• les poèmes murmurés en cachette,
• les maisons en exil de Los Angeles à Jérusalem,
• les cœurs des Iraniens qui écoutent Hafez en secret,
• les rêves des femmes persanes, toujours debout, toujours fières.
L’amitié entre Israël et la Perse n’est pas morte : elle attend simplement la fin du poison.
Un jour, quand la lumière reviendra sur la Perse, les roses parleront à nouveau.
Et les enfants de Jérusalem et d’Ispahan riront ensemble, au pied du même cyprès.
: Une invention née du désert – Contexte historique et naissance de l’idée
Israël, dès sa création en 1948, s’est retrouvé confronté à un double défi : une population croissante et un territoire majoritairement aride ou semi-aride, notamment dans le sud du pays (le désert du Néguev). L’eau, ressource rare et stratégique, devait être gérée avec la plus grande parcimonie. C’est dans ce contexte de survie et d’innovation nécessaire qu’est née une invention majeure : l’irrigation goutte-à-goutte.
L’histoire commence dans les années 1930 avec Simcha Blass, ingénieur en hydraulique d’origine polonaise, installé en Palestine mandataire. En observant un arbre prospérant près d’un tuyau qui fuyait lentement, il réalise que l’eau diffusée en petites quantités et directement à la racine est plus efficace que l’irrigation par inondation ou aspersion. Cette intuition scientifique, restée en suspens plusieurs années, se transforme en prototype dans les années 1960, en collaboration avec le kibboutz Hatzerim, dans le désert du Néguev.
De cette collaboration naît en 1965 la société Netafim, qui deviendra le leader mondial de l’irrigation intelligente. Ce système, à la fois simple dans sa mécanique et révolutionnaire dans son application, permet de délivrer de petites quantités d’eau enrichie en nutriments, de manière ciblée, directement au pied des plantes, à travers un réseau de tuyaux percés de micro-émissions calibrées.
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Un bouleversement agronomique global – Efficacité, durabilité et impact
L’irrigation goutte-à-goutte transforme radicalement l’agriculture, tant dans sa logique agronomique que dans ses retombées écologiques et économiques.
D’abord, l’efficacité de ce système est sans précédent :
• Jusqu’à 70 % d’économie d’eau par rapport aux méthodes classiques.
• Une augmentation significative du rendement agricole, même dans des zones arides.
• Une réduction de l’évaporation, du ruissellement, et des pertes de nutriments.
Sur le plan environnemental, la technologie permet :
• Une utilisation raisonnée des ressources en eau et en engrais.
• Une réduction de l’érosion des sols.
• La limitation de la pollution des nappes phréatiques par excès d’irrigation.
Le système a été adopté dans des centaines de pays, de la Californie à l’Inde, en passant par le Kenya ou l’Espagne. Il est aujourd’hui utilisé dans des projets humanitaires pour lutter contre la faim et la sécheresse. Le goutte-à-goutte est devenu un instrument-clé de la sécurité alimentaire mondiale et un exemple emblématique de technologie au service de la résilience climatique.
Par ailleurs, Netafim, aujourd’hui une multinationale, a été au cœur de ce succès. L’entreprise continue de développer des innovations, en associant désormais la technologie à des systèmes numériques intelligents (capteurs, gestion automatisée, IA) pour un pilotage de l’irrigation en temps réel.
Une illustration du génie israélien – Innovation, vision et diplomatie de l’eau
L’irrigation goutte-à-goutte symbolise à elle seule le génie de la Start-Up Nation : une innovation née d’un besoin vital, enrichie par la recherche scientifique, portée par une vision à long terme, et rapidement transformée en technologie d’envergure mondiale.
Elle incarne également la philosophie israélienne de l’innovation :
• Résoudre un problème local avec une solution globale.
• Innover en contexte de pénurie, ce qui pousse à la créativité et à l’efficacité.
• Allier agriculture, technologie, écologie et développement économique.
Israël a également fait de cette technologie un outil diplomatique. Dans le cadre de sa politique d’aide au développement, le pays forme depuis des décennies des milliers d’agronomes venus du monde entier à travers le programme MASHAV (coopération internationale). Des projets d’irrigation goutte-à-goutte ont été implantés en Afrique, en Amérique latine, en Asie du Sud, permettant à Israël d’exporter non seulement une invention, mais un modèle de coopération humaniste et technologique.
Enfin, cette invention pose aussi la question du partage et de la gestion de l’eau au XXIe siècle. Dans un monde confronté à la raréfaction des ressources, à la désertification et aux défis climatiques, l’irrigation intelligente est devenue une technologie stratégique, et Israël un acteur incontournable dans cette révolution verte.
• En Inde, l’irrigation goutte-à-goutte est en fort développement : entre 4,7 et 5,4 millions d’hectares sont déjà couverts, bénéficiant à plus d’un million d’agriculteurs, avec un énorme potentiel inexploité restant (~27 M ha).
• En Afrique, l’adoption est encore limitée (seulement 6 % des terres cultivées irriguées), mais de nombreux projets pilotes montrent des résultats très prometteurs, touchant parfois des dizaines à centaines de milliers d’agriculteurs, en particulier dans l’horticulture et les petites exploitations.
Par sa simplicité, son efficacité, et son impact mondial, l’irrigation goutte-à-goutte est sans doute l’invention israélienne la plus marquante. Elle a non seulement transformé l’agriculture, mais elle continue à inspirer des solutions innovantes pour un avenir plus durable.
Elle incarne à merveille la philosophie de la Start-Up Nation : innover pour survivre, mais aussi pour faire grandir le monde entier.
Ce texte, rédigé en mai 1997, propose une méditation sur le Temps, cette entité insaisissable qui structure notre expérience, mais échappe à nos sens et à notre compréhension complète. Le présent travail propose une version enrichie, clarifiée et accompagnée de références philosophiques, scientifiques et spirituelles.
LE MYSTÈRE DU TEMPS ET LA CONSCIENCE HUMAINE
Le Temps est le plus grand mystère auquel l’homme soit confronté. Il nous échappe totalement : aucun de nos cinq sens ne peut le saisir. Il est pur concept, abstraction incarnée dans la continuité, sans forme, sans limite. Comme le dit saint Augustin dans Les Confessions : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je veux l’expliquer à quelqu’un, je ne le sais plus. »
Nous ne sommes jamais sortis du Temps. Nous le vivons de l’intérieur, sans jamais pouvoir l’observer de l’extérieur. Le Temps n’a pas d’extérieur ; c’est une dimension constitutive de notre condition humaine.
LE TEMPS DANS LA PENSÉE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE
Au XVIIe siècle, Galilée le pose comme grandeur mesurable. Newton en fait une entité absolue et uniforme. Puis vient Einstein, qui, au XXe siècle, avec ses théories de la relativité restreinte et générale, bouleverse notre rapport au Temps : il n’est plus universel, mais relatif au mouvement et à la gravitation.
Enfin, Bergson oppose au Temps scientifique (temps spatialisé) le temps vécu ou durée (La durée et la simultanéité, 1922). La science quantifie le Temps ; la conscience humaine le qualifie.
LE TEMPS SPIRALÉ : DE LA TRADITION AU MYSTIQUE
Dans la tradition juive, notamment le Talmud et la Kabbale, le Temps est vu comme une spirale : il revient cycliquement, mais toujours à un niveau différent. Le Chabbat, par exemple, n’est pas seulement un jour de repos hebdomadaire, mais une élévation temporelle, une re-création spirituelle.
La Bible, contrairement aux mythes païens qui sacralisent des lieux, sacralise le Temps. La sainteté s’attache au septième jour (Genèse 2:3), non à un objet spatial. Pour Abraham Heschel, le judaïsme est une religion du Temps plus que de l’espace (The Sabbath, 1951).
LA CONSCIENCE DU TEMPS : ENTRE MÉMOIRE ET ANTICIPATION
La conscience du Temps naît dans la relation entre un avant et un après. C’est cette succession qui construit la narration, la musique, la mémoire. Comme le dit Emmanuel Levinas : « Le Temps, ce n’est pas ce qui passe, c’est ce qui fait qu’il y ait du sens. » (Le Temps et l’Autre, 1947).
Le Temps structure nos sentiments : l’attente, l’espérance, la nostalgie, la patience, la peur. Il est l’élément invisible de nos états intérieurs. Nous ne possédons pas le Temps : il nous traverse.
LE TEMPS COMME RÉVÉLATEUR DU SACRÉ
Le Temps est sacré. Il est le contenant de la Révélation. La Bible ne nous montre pas un Dieu des montagnes ou des rivières, mais un Dieu de l’Histoire. L’exode d’Égypte (Exode 20:2) est un événement temporel, fondateur.
Contrairement aux religions archaïques attachées à des lieux sacrés, la Bible inscrit le divin dans une narration historique. Le sabbat devient la première révolution sociale et spirituelle : faire cesser le travail, même pour les esclaves, les animaux, et la terre.
LA TECHNIQUE, L’ESPACE ET LE TEMPS
Notre civilisation moderne a triomphé de l’espace : nous avons parcouru les océans, conquis le ciel, marché sur la Lune. Mais nous restons impuissants devant le Temps. Nous le mesurons, nous l’évaluons, mais nous ne le possédons pas.
Nous gagnons de l’espace en gaspillant du Temps. Et nous avons sacrifié l’Être à l’Avoir. Le monde profane privilégie la possession plutôt que la présence.
LE TEMPS ET LA MORT
La mort est le scandale du Temps. Elle n’est pas un événement spatial, mais un point d’irruption dans la durée. Vladimir Jankélévitch dit : « La mort est irréversible. » (La Mort, 1966).
Heidegger, dans Être et Temps (1927), voit dans la mort l’horizon du sens. Elle structure notre existence comme finitude. Bergson, lui, affirme que la durée vécue contient en elle tout le passé : chaque instant recrée tout ce qui l’a précédé. L’espérance, selon Ernst Bloch (Le Principe Espérance, 1959), est un dépassement du Temps par l’utopie.
TEMPS, CIVILISATIONS ET VANITÉ DE L’EMPREINTE Les civilisations anciennes ont voulu inscrire leur passage dans la pierre : pyramides, routes romaines, stèles. Mais les monuments s’érodent. Les pierres parlent d’un passé que plus personne ne comprend.
Chez les Romains, l’immortalité n’était pas spirituelle, mais mémorielle : on survivait dans le souvenir des vivants, dans les honneurs. Cicéron écrivait : « La vie brève que nous accorde la nature peut être rendue éternelle par la mémoire des actions nobles. »
Mais ces gloires de l’espace sont vouées à l’oubli si elles ne sont pas transcendées par le Temps spirituel.
LE TEMPS, L’ÊTRE ET LA SPIRITUALITÉ
Le Temps est la dimension de l’Être. Être, c’est durer. C’est cheminer dans le Temps en conscience. La technique triomphe de l’espace ; seule la spiritualité triomphe du Temps.
L’homme spirituel ne cherche pas à avoir davantage, mais à être davantage. Ce renversement axiologique est central : préférer l’épanouissement intérieur à l’accumulation extérieure.
LE TEMPS DÉTRÔNE LES DIEUX DE L’ESPACE
Les mythologies anciennes localisaient le divin : une montagne (l’Olympe), une forêt, un temple. Le Dieu biblique, au contraire, n’est pas un Dieu de l’espace, mais du Temps. Le divin se manifeste dans l’histoire, dans l’alliance, dans les commandements donnés dans le Temps.
Même le panthéisme, tel que Spinoza l’envisage (Deus sive Natura), reste spatial. Le sacré véritable est dans la transformation du Temps en sanctuaire.
LE TEMPS ET LA BIBLE
Dans la Bible, l’espace est secondaire par rapport au Temps. Le premier objet sanctifié dans la Torah n’est ni une montagne ni un objet : c’est un jour. « Et Dieu bénit le septième jour et le sanctifia » (Genèse 2:3).
Le mot hébreu kaddosh, saint, signifie aussi séparé. Le Chabbat n’est pas un lieu mais un moment. Il nous apprend que la sainteté n’est pas dans les choses, mais dans le Temps, dans la conscience que nous en avons.
LE TEMPS COMME CHEMIN VERS LA LUMIÈRE
Notre époque sacrifie le Temps sur l’autel de la rentabilité, de la vitesse, de la technique. Pourtant, le Temps reste le seul sanctuaire inviolé. Il est le lieu de la mémoire, de la conscience, de la prière, de la rencontre avec l’autre et avec le divin.
« Le présent est la chose suprême », écrivait Spinoza. Vivre le présent, ce n’est pas oublier le passé ni ignorer l’avenir, mais entrer pleinement dans le mystère du Temps qui nous traverse.
C’est dans ce rapport au Temps que l’homme retrouve sa dignité, son universalité, et peut, s’il le souhaite, tendre vers l’éternité.
« L’espérance et le Temps sont intimement liés, y compris dans la notion de l’infini et de la Totalité. »— Emmanuel Levinas
Zayin : symbolisme de cette lettre hébraïque (l’épée) La lettre Z est présente le symbolique ... Dirigeons nous vers l'origine orientale de cette lettre. Zayin : symbolisme et signification ésotérique de la septième lettre de l’alphabet hébraïque et phénicienne. Qu’évoque Zayin ? Quel sens ?
Dans la tradition ésotérique de la Kabbale, chaque lettre de l’alphabet hébraïque porte une dimension de la connaissance sacrée. A chaque lettre est associée une valeur numérique qui nécessite une interprétation symbolique.
L’ésotérisme de la lettre Zayin évoque l’idée d’un combat intérieur, qui passe par la connaissance de soi.
Par ailleurs, Zayin est indissociable du symbolisme de l’épée.
Entrons dans le symbolisme et la signification de la lettre Zayin.
La lettre Zayin et son symbolisme ésotérique.
Zayin est la septième des 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Issue de l’alphabet phénicien, elle correspond à la lettre Z de notre alphabet, et au Zêta grec.
Zayin signifie arme en hébreu ; la forme de la lettre évoque une épée, un glaive ou un poignard.
Voici les caractéristiques de Zayin :
• gématrie (valeur numérique) : 7
• signe ou symbolisme associé : l’épée flamboyante, le glaive
• autre symbolisme rencontré : les Gémeaux
• couleur associée : jaune feu
• caractéristiques : le discernement, la lutte intérieure
Zayin et sa signification ésotérique.
Voici les différentes dimensions symboliques et ésotériques de la lettre hébraïque Zayin.
Le symbolisme de Zayin : l’épée, le discernement.
C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Genèse 3, 24
Zayin signifie « arme », en l’occurrence il s’agit d’un glaive. Cette épée évoque celle des chérubins interdisant l’entrée du jardin d’Eden à Adam et Eve après qu’ils aient croqué du fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
L’épée est ce qui tranche, ce qui sépare. En l’occurrence, elle établit une séparation entre ce qui est en-dedans (le paradis avec l’arbre de Vie en son centre) et ce qui est en-dehors (le monde de la souffrance, de l’inconscience et de la haine).
L’épée nous invite à trancher en nous-mêmes, à distinguer ce qu’il y a en nous de grand et d’universel, et au contraire ce qu’il y a d’égoïste et de décentré.
Zayin nous incite à discerner : un effort qui passe nécessairement par une plongée en soi-même, une introspection.
Il s’agit de visiter notre psychisme, de rencontrer notre inconscient, de comprendre de quoi nous sommes faits (génétique, psychologie, vécu personnel, influences extérieures, éducation reçue…), bref de connaître l’origine de nos pensées.
Peu à peu, nous prenons conscience de nos conditionnements, et nous arrivons à combattre ce qui relève en nous de l’illusion, de la séparation, de la fausse certitude, de l’aveuglement, du préjugé.
Cette épée est une épée de lumière : elle offre la guérison.
C’est une grâce : à nous de savoir nous en servir. Savoir l’utiliser, c’est savoir discerner.
Zayin : du combat à la réconciliation.
Le combat intérieur dont nous avons parlé (qui évoque aussi le grand djihad de l’Islam) est une lutte contre la face sombre et égoïste de nous-mêmes.
En réalité, il ne s’agit pas de haïr ou de rejeter une partie de soi-même, ce qui mènerait à l’autodestruction, mais de comprendre de quoi nous sommes faits. C’est en effet l’ouverture de la conscience qui permet de dissoudre les ténèbres de l’inconscient, comme la lumière dissout l’obscurité.
Il s’agit donc plus d’une transformation intérieure (au sens d’une transmutation alchimique), ou encore d’une conquête des aspects inconnus de nous-mêmes, que d’une guerre contre soi-même.
L’objectif final est la réconciliation, la paix retrouvée avec notre individualité et notre ego : c’est l’amour qui triomphe.
La valeur numérique 7:
Zayin est indissociable du
chiffre 7, qui évoque la présence divine, la perfection, la plénitude, l’achèvement.
C’est un chiffre très présent dans la Bible. C’est bien sûr la création du monde en 6 jours, le repos du septième jour symbolisant le “pacte” entre Dieu et l’Homme.
Ce septième jour récapitule le travail des six jours précédents : il est la synthèse du monde matériel (le chiffre 4) et du monde spirituel (le chiffre 3).
Enfin, le chiffre 7 est celui de la gnose, ou connaissance intégrale de la vérité (cf. les Sept vérités gnostiques, les Sept métaux ou les Sept sphères de purification alchimique).
Conclusion sur Zayin et son symbolisme .
L’épée Zayin est l’arme du guerrier de lumière : l’outil de celui qui sait plonger en lui-même pour y trouver la vérité. C’est une arme puissante, parfois douloureuse (elle entre dans la chair), mais qui peut donner l’accès au paradis, c’est-à-dire à la sérénité.
La mythologie grecque n'est pas en reste puisque Zeta est une des lettres les plus importantes , du moins dans le sacré ... Zeus détient la foudre ... en forme de Z, Zéphir, Zélos, Zetes siègent aussi au Panthéon de l'Olympe.
Revenons à Zayin, cette lettre nous libère de nos conditionnements, de nos bagages inconscients, de nos poids accumulés, trop présents en nous parce que mal compris.
Le fil de sa lame nous coupe de nos incompréhensions, de nos illusions, de nos souffrances.
Zayin nous questionne : sommes-nous prêts à plonger en nous-mêmes ? à visiter notre inconscient ? à abandonner nos pulsions ?