JBCH RÉFLEXIONS
Le journal des idées non alignées
APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et JBCH Echanges
Le courage d'un seul,
le silence des autres
Le 23 novembre 2023, un animateur de télévision a dit tout haut ce que le milieu culturel français taisait. Il a fallu quatre mois pour que la République le rattrape.
Le 7 octobre 2023, quarante-deux Français ont été massacrés en Israël par les commandos du Hamas.
Certains ont mis des mois avant que le pays ne songe seulement à les nommer. Ce n'est que le 7 février 2024 quatre mois plus tard qu'une cérémonie nationale leur a enfin été consacrée aux Invalides.
Entre les deux, le silence.
Un silence organisé, feutré, presque poli, celui des plateaux de télévision et des scènes culturelles où l'on préfère ne pas nommer, ne pas trancher, ne pas déplaire.
Un silence dont Arthur : Jacques Essebag de son vrai nom a choisi de sortir le premier, dès le 23 novembre 2023, en dénonçant sur une antenne du service public le manque de considération entourant ces compatriotes assassinés.
Une indignation, trois voix
- 23 novembre 2023 — Arthur dénonce le silence médiatique, en direct
- 11 novembre 2023 — Kev Adams s'indigne du sujet passé sous silence
- 14 octobre 2023 — Philippe Lellouche exprime la même colère
- 7 février 2024 — première cérémonie nationale, quatre mois après
Le prix du courage
Ce qui frappe, ce n'est pas seulement ce qu'Arthur a dit. C'est qu'il ait été à peu près seul à le dire aussi frontalement, aussi tôt, sur un plateau regardé par des millions de personnes.
Kev Adams et Philippe Lellouche ont suivi, chacun à leur manière — mais le gros du monde du spectacle, lui, a choisi le silence.
Ce silence a un nom que la presse a fini par documenter : depuis 2023, plusieurs artistes et musiciens juifs de France racontent être devenus, selon leurs propres mots, « infréquentables » invitations qui se tarissent, collaborations qui s'annulent, sans qu'on en donne jamais officiellement la raison.
« Plus insidieux qu'un boycott. »Des musiciens juifs français décrivant le climat depuis le 7 octobre
Ce n'est pas de la censure d'État.
C'est pire, en un sens : c'est une autocensure généralisée, une prudence collective qui préfère l'invisibilité de la victime au risque, même minime, d'une polémique.
Ce que dit vraiment ce silence
On peut composer une chanson d'hommage Bruel et Amir l'ont fait.
On peut aussi, plus simplement, prendre la parole sur un plateau. Le second geste demande moins de talent que le premier, mais davantage de nerf
il expose immédiatement, sans le filtre d'une mise en scène ou d'une métaphore, celui qui le fait.
C'est précisément ce que d'autres n'ont pas voulu risquer. Non par indifférence il serait injuste de le penser de tous mais par calcul, par prudence de carrière, par cette lâcheté ordinaire qui n'a pas besoin de complicité active pour faire des dégâts : le silence suffit.
Il aura suffi d'un seul qui parle pour révéler tous ceux qui se taisent.
JBCH Août 2026
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