Tribune. JBCH 2026 - 187
La prochaine grande étape pour l’ONU est l'entrée en fonction d'un nouveau Secrétaire général le 1er janvier 2027, pour succéder à António Guterres, "le vendu" dont le mandat se termine fin 2026
IL EST URGENT DE RÉFORMER L'ONU -
La tyrannie d'une majorité automatique
L'Organisation des Nations Unies est malade. Créée en 1945 pour préserver la paix et le droit, elle est devenue une machine à produire du droit à géométrie variable, otage d'une arithmétique politique qui n'a plus rien à voir avec ses principes fondateurs.
Le cœur du problème est mathématique et il est tabou : le bloc des pays musulmans, organisé au sein de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), contrôle à lui seul près de 40% des voix aux Nations Unies, et il n'utilise ce pouvoir que dans une seule direction : contre Israël.
Cette situation rend toute prétention à l'universalité et à l'impartialité ridicule. Il faut réformer, vite.
1. Comment 40% des voix ont été confisquées
L'ONU fonctionne sur le principe "un État = une voix". Sur 193 membres à l'Assemblée Générale, l'OCI compte 57 États membres. À eux seuls, ils représentent 29,5% des voix.
Mais ce chiffre est trompeur. L'OCI ne vote jamais seule. Elle est le noyau dur du Mouvement des Non-Alignés (120 pays) et entraîne systématiquement dans son sillage la Ligue Arabe, une grande partie du groupe Afrique et du groupe Asie-Pacifique.
Par des accords de vote, des pressions économiques pétrolières et une solidarité religieuse et politique inébranlable, ce bloc vote comme un seul homme sur un seul sujet : la question palestinienne.
Dans les faits, dès qu'une résolution touche Israël, le bloc peut compter sur 75 à 85 voix automatiques, sans même débattre du fond. Avec quelques alliés habituels, on dépasse facilement les 80-90 voix, soit plus de 40% de l'Assemblée.
Aucune autre cause au monde ne bénéficie d'une telle armée de vote automatique. Pour obtenir une majorité simple, il ne leur manque qu'une dizaine de voix complaisantes en Europe ou en Amérique Latine, qu'ils obtiennent toujours.
Le résultat : à l'ONU, les pays musulmans n'ont pas besoin d'avoir raison. Ils ont besoin d'être nombreux. Et ils le sont.
2. L'obsession institutionnelle : Israël seul contre tous
Ce monopole numérique a produit une distorsion statistique qui est la honte de l'ONU.
Chaque année, l'Assemblée générale adopte des dizaines de résolutions. Un nombre disproportionné concerne un seul pays.
Les chiffres (UN Watch)
Entre 2015 et 2024, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté 173 résolutions contre Israël et seulement 80 contre tous les autres pays réunis. Sur une autre période de référence, entre 2015 et 2023, l'Assemblée a voté 155 résolutions contre Israël tandis que la Chine, Cuba, le Venezuela ou le Zimbabwe n'en recevaient aucune, que l'Iran était condamné 8 fois et la Russie 24 fois.
Sur les 6 dernières années, Israël a reçu 72% des résolutions de l'Assemblée Générale à lui seul, soit 115 résolutions contre 45 pour les 192 autres pays réunis.
Les chiffres de l'ONG UN Watch sont implacables : Entre 2015 et 2024, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté 173 résolutions contre Israël et seulement 80 contre tous les autres pays réunis. Sur une autre période de référence, entre 2015 et 2023, l'Assemblée a voté 155 résolutions contre Israël tandis que la Chine, Cuba, le Venezuela ou le Zimbabwe n'en recevaient aucune, que l'Iran était condamné 8 fois et la Russie 24 fois.
Le Conseil des Droits de l'Homme est encore pire. Depuis sa création en 2006, plus d'un tiers des 300 résolutions de condamnation ont visé Israël. En 2022, sur 28 résolutions critiquant des pays, 15 critiquaient Israël et seulement 13 tous les autres pays du monde réunis. Le même Conseil a adopté cinq résolutions contre Israël en une seule session, contre une seule pour l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie.
L'OMS a condamné 10 fois Israël et aucune fois un autre pays pendant la même période. L'UNESCO, l'UNRWA, la Commission sur la condition de la femme : toutes les agences sont contaminées.
On ne parle pas ici de critique légitime. On parle d'une focalisation pathologique. Selon UN Watch, sur les 6 dernières années, Israël a reçu 72% des résolutions de l'Assemblée Générale à lui seul, soit 115 résolutions contre 45 pour les 192 autres pays réunis.
La Syrie peut gazer sa population, la Chine enfermer un million de Ouïghours, l'Iran pendre ses femmes : rien. Mais une maison construite à Jérusalem déclenche une session d'urgence.
Bien sûr uniquement contre Israël. C'est le seul pays au monde qui a un point permanent à l'ordre du jour du Conseil des Droits de l'Homme : le Point 7, exclusivement dédié à Israël.
3. Réformer ou mourir : ce qu'il faut faire maintenant
Cette farce a un prix : la crédibilité de l'ONU est morte. Comment expliquer aux citoyens du monde que l'organisation chargée de la paix consacre 70% de son temps à un seul petit pays démocratique de 9 millions d'habitants, seul État juif au monde, entouré de 22 États arabes et 57 États musulmans ?
La réforme est urgente et elle doit s'attaquer à la racine :
Trois réformes à la racine
- Mettre fin au mythe "un État = une voix". Comment le vote des Maldives ou de Djibouti peut-il peser autant que celui du Japon, de l'Allemagne ou de l'Inde? Il faut pondérer le vote à l'Assemblée Générale en fonction de trois critères : population, contribution au budget de l'ONU et respect des critères démocratiques et des droits de l'homme. Un pays qui ne respecte pas la Charte ne devrait pas pouvoir juger les autres.
- Supprimer le Point 7 et plafonner les résolutions. Aucun pays ne doit avoir un ordre du jour qui lui est dédié. Et il faut instaurer une règle simple : pas plus d'une résolution par pays et par session au Conseil des Droits de l'Homme, sauf en cas de génocide avéré. Cela forcerait le Conseil à s'occuper du monde réel.
- Rendre le vote transparent et conditionnel. Les pays qui votent systématiquement en bloc contre un seul État membre en violation du principe d'impartialité devraient voir leurs droits de vote suspendus au Conseil des Droits de l'Homme. Et les financements de l'UNRWA et des agences politisées doivent être conditionnés à leur neutralité.
a) Mettre fin au mythe "un État = une voix". Comment le vote des Maldives ou de Djibouti peut-il peser autant que celui du Japon, de l'Allemagne ou de l'Inde? Il faut pondérer le vote à l'Assemblée Générale en fonction de trois critères : population, contribution au budget de l'ONU et respect des critères démocratiques et des droits de l'homme. Un pays qui ne respecte pas la Charte ne devrait pas pouvoir juger les autres.
b) Supprimer le Point 7 et plafonner les résolutions. Aucun pays ne doit avoir un ordre du jour qui lui est dédié. Et il faut instaurer une règle simple : pas plus d'une résolution par pays et par session au Conseil des Droits de l'Homme, sauf en cas de génocide avéré. Cela forcerait le Conseil à s'occuper du monde réel.
c) Rendre le vote transparent et conditionnel. Les pays qui votent systématiquement en bloc contre un seul État membre en violation du principe d'impartialité devraient voir leurs droits de vote suspendus au Conseil des Droits de l'Homme. Et les financements de l'UNRWA et des agences politisées doivent être conditionnés à leur neutralité.
L'ONU ne sera jamais parfaite. Mais elle ne peut pas continuer à être l'arme institutionnelle d'un bloc qui représente 40% des voix et 100% du parti pris. Aujourd'hui, l'ONU ne juge pas Israël. C'est le bloc musulman qui juge Israël en utilisant le tampon de l'ONU.
Si nous voulons sauver l'idée même des Nations Unies, il faut briser cette majorité automatique.
Sinon, l'ONU continuera de s'enfoncer dans l'insignifiance, et l'histoire ne retiendra d'elle que ceci : elle a passé son temps à condamner la seule démocratie du Moyen-Orient pendant que les pires dictatures la présidaient.
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