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samedi 15 août 2026

Les 8 principes de Maïmonides. JBCH N° 2608 - 090

JBCH Réflexions —    Édition du 15 août 2026.                Rubrique Ethique Juive

JBCH RÉFLEXIONS

« Regarder loin, pour comprendre proche »


D'après Mes analyses, mes lectures dans les journaux français et Internationaux_et les Medias, un complément se touve dans JBCH Clips 


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Pensée juive

שמונה פרקים לרמב"ם — 

Les Huit Chapitres de Maïmonide

Un traité d'éthique du XIIe siècle,  


Rédigés en judéo-arabe au XIIe siècle, les Huit Chapitres constituent l'introduction de Maïmonide à son commentaire des Pirkei Avot, les Maximes des Pères. Considéré comme le premier grand traité juif de psychologie morale, ce texte reste d'une actualité frappante : il propose un chemin concret pour comprendre l'âme, corriger ses défauts et donner un sens à ses actes.

Chapitre 1 — L'âme et ses cinq facultés

נֶפֶשׁ הָאָדָם וְכֹחוֹתֶיהָ

Maïmonide pose les fondations de tout le traité : l'homme ne possède qu'une seule âme, mais celle-ci agit de cinq manières distinctes — elle nourrit le corps, elle ressent, elle imagine, elle désire et elle raisonne. Comprendre cette architecture intérieure est, selon lui, le préalable indispensable à tout travail sur soi, comme un médecin doit connaître le corps avant de le soigner.

Pour toi : ce qui te fait stresser avant un contrôle et ce qui te fait avoir envie d'un truc, c'est la même âme qui gère tout — pas des « toi » différents.
Chapitre 2 — Les actions bonnes et mauvaises

הַמַּעֲשִׂים לְפִי כֹּחוֹת הַנֶּפֶשׁ

Chaque vertu et chaque défaut se rattache à l'une de ces facultés de l'âme, en particulier celle du désir. Maïmonide y montre que les commandements de la Torah ne relèvent pas de l'arbitraire : ils visent précisément à éduquer ces facultés pour qu'elles produisent de bonnes actions.

Pour toi : patience, honnêteté, respect — ces habitudes ne sont pas des règles abstraites, elles entraînent une vraie partie de toi, comme un muscle.
« Comme le médecin doit connaître le corps avant de le soigner, il faut connaître son âme avant de la corriger. »
Chapitre 3 — Les maladies de l'âme

מַחֲלוֹת הַנֶּפֶשׁ וּרְפוּאָתָן

Maïmonide file la métaphore médicale : le vice moral est une maladie de l'âme, qui exige d'être diagnostiquée puis traitée par un sage, comme le corps l'est par un médecin. Il met en garde contre ceux qui refusent de reconnaître leurs propres défauts et s'enfoncent ainsi durablement dans l'erreur.

Pour toi : personne n'attend la perfection. Mais fermer les yeux sur un défaut (jalousie, colère, paresse) l'empêche de guérir.
Chapitre 4 — La voie médiane

דֶּרֶךְ הָאֶמְצַע

C'est le chapitre le plus célèbre du traité, marqué par l'influence d'Aristote. La vertu y est toujours définie comme un équilibre entre deux excès : le courage entre témérité et lâcheté, la générosité entre gaspillage et avarice. Pour se corriger, Maïmonide conseille même de pencher un temps vers l'extrême opposé, avant de trouver le point d'équilibre.

Pour toi : trop timide ? Force-toi à parler plus fort. Trop bavard ? Entraîne-toi à te taire. Le but n'est pas l'extrême, mais le recentrage.

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Pensée juive

שמונה פרקים לרמב"ם — 

Les Huit Chapitres de Maïmonide

Un traité d'éthique du XIIe siècle,  




Chapitre 5 — Donner un sens à ses actions

כִּוּוּן הַמַּעֲשִׂים לִידִיעַת ה׳

Même les gestes les plus ordinaires — manger, dormir, gagner sa vie — devraient selon Maïmonide être orientés vers un but supérieur : la connaissance de Dieu et le bien commun, plutôt que consommés pour eux-mêmes.

Pour toi : manger équilibré pour avoir l'énergie d'aider un copain, dormir assez pour être présent pour les autres — c'est déjà donner un sens à ce que tu fais.
Chapitre 6 — Résister à ses envies, ou ne plus les avoir

הֶחָסִיד מוּל כּוֹבֵשׁ יִצְרוֹ

Maïmonide expose un débat classique : pour les philosophes grecs, le plus grand sage n'éprouve plus aucune envie de mal faire ; pour les Sages juifs, celui qui ressent encore cette envie mais y résiste a plus de mérite. Il distingue à cette occasion les lois « logiques », que la raison seule suffit à justifier, des lois « données », qui exigent un effort de volonté.

Pour toi : avoir encore envie de tricher à un contrôle et ne pas le faire, c'est une vraie force de caractère.
« Le fort est celui qui maîtrise son penchant. »
— Pirkei Avot, cité par Maïmonide
Chapitre 7 — Les obstacles et les niveaux de prophétie

הַמְּחִיצוֹת וּמַעֲלוֹת הַנְּבוּאָה

Maïmonide décrit les barrières intellectuelles et morales qui séparent l'homme d'une pleine compréhension du divin, puis classe les degrés de prophétie, plaçant Moïse au sommet comme celui qui a communiqué avec Dieu le plus directement.

Pour toi : plus tu travailles ton caractère et ta réflexion, plus tu t'ouvres à une compréhension profonde des choses — ce n'est pas réservé à une élite figée, c'est un chemin.
Chapitre 8 — Le libre arbitre

הַבְּחִירָה הַחָפְשִׁית

Dans ce dernier chapitre, Maïmonide défend fermement la liberté de choix de l'homme, y compris face à la question difficile de la prescience divine. Il évoque le cas particulier de Pharaon, dont le cœur endurci par Dieu illustre une exception consécutive à des fautes répétées, et non la règle générale.

Pour toi : ni tes parents, ni ton milieu, ni ton humeur du jour ne décident à ta place de qui tu deviens. Tes choix t'appartiennent — c'est autant une responsabilité qu'une liberté.


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vendredi 14 août 2026

IMEC La Nouvelle route Inde - Europe JBCH N° 2608 - 089

 JBCH Réflexions — Édition du 14 août 2026Rubrique Géopolitique & Économie

JBCH RÉFLEXIONS

« Regarder loin, pour comprendre proche »


D'après Mes analyses, mes lectures dans les journaux français et Internationaux_et les Medias, un complément se touve dans JBCH Clips 




Dossier du jour — Le corridor IMEC face à la manœuvre turco-syrienne

PAGE 1 — L'ANALYSE

Haïfa, l'atout que la Turquie ne peut pas contourner


Pendant qu'Ankara rêve d'un rail ottoman via la Syrie, Israël tient déjà la clé du port — et l'Inde la tient avec lui

Par la rédaction de JBCH Réflexions


Il y a un mois, quelques jours avant le triste anniversaire du 7 octobre 2023, l'analyste Dan Perry rappelait dans The Times of Israel l'ambition du corridor IMEC : India-Middle East-Europe Economic Corridor  dévoilé en 2023 à New Delhi. 

Un réseau de ports, de rails, de câbles et de pipelines devant relier l'Inde à l'Europe en passant par le Golfe, la Jordanie et Israël, avec Haïfa comme tête de pont méditerranéenne. Trois années de guerre ont mis le projet en sommeil. Mais l'urgence, elle, n'a fait que grandir.




Le calcul est limpide. L'Inde tire aujourd'hui la croissance mondiale. L'Europe cherche à se libérer de sa dépendance aux routes maritimes fragiles  : Ormuz, Bab-el-Mandeb, Suez  que les Houthis et l'Iran ont montrées vulnérables ces trois dernières années. 

Un corridor terrestre pourrait réduire les délais de transport de 40 % et les coûts logistiques d'environ 30 %, ramenant le coût d'un conteneur standard de 6 000 à environ 4 200 dollars. Même à un volume modeste, l'économie annuelle se chiffrerait en milliards.

Encart — Ce qu'apporterait IMEC à Israël

Un statut de jonction incontournable entre l'Asie et l'Europe ; l'exportation de son savoir-faire en cybersécurité, semi-conducteurs, dessalement et énergie ; des investissements massifs vers Haïfa et la vallée de Jezréel ; et surtout un ancrage matériel de la normalisation avec l'Arabie saoudite — bien plus difficile à défaire qu'un simple accord de façade.

Or c'est précisément là que la partie se joue désormais. Selon plusieurs sources rapportées par le Jerusalem Post, Riyad examine une option qui ferait passer le corridor ferroviaire par la Syrie, créant une liaison terrestre entre le Golfe et la Méditerranée sans traverser le territoire israélien. 

En avril, Ankara, Amman et Damas se sont accordés sur un axe de transport nord-sud destiné, à terme, à rejoindre le réseau ferroviaire saoudien , avec une étude de faisabilité promise pour la fin de 2026.




La Turquie, elle, ne cache plus son ambition. Après avoir rompu tout commerce avec Israël et multiplié les diatribes d'Erdoğan comparant Netanyahou à Hitler, Ankara promeut la résurrection du vieux chemin de fer du Hedjaz ce rail ottoman qui reliait autrefois Damas à Médine  comme alternative narrative à IMEC. 

Les Émirats et la Jordanie ont signé un accord de 2,3 milliards de dollars pour relier Aqaba aux régions minières du sud, dans la perspective d'une connexion vers la Méditerranée via la Syrie et la Turquie. 

Le président français Emmanuel Macron s'est même rendu à Damas début juillet, première visite occidentale de ce niveau depuis la chute d'Assad signe que Paris, Washington et Ankara partagent un intérêt commun à redessiner la carte syrienne, quitte à y marginaliser Israël.

PAGE 2 — L'ATOUT ISRAÉLIEN

Le rail ottoman contre le fait accompli indien : la carte qu'Ankara ne peut pas battre

Car sur le terrain, un fait change radicalement la donne par rapport aux corridors imaginés du temps de l'Empire ottoman : Haïfa n'appartient plus vraiment à Israël seul — elle appartient en grande partie à l'Inde. Depuis janvier 2023, le port est détenu à 70 % par le géant indien Adani Ports, associé à 30 % au groupe israélien Gadot, pour une concession qui court jusqu'en 2054. New Delhi n'a donc pas seulement un intérêt diplomatique dans IMEC : elle a un actif physique, chiffré à plus d'un milliard de dollars, planté au cœur du port qui gère près de la moitié du trafic conteneurs du pays.




Encart — Haïfa en chiffres

  • Rachat par le consortium Adani (70 %) – Gadot (30 %) : janvier 2023, environ 1,18 milliard de dollars
  • Concession accordée jusqu'en 2054
  • Près de 50 % du trafic conteneurs israélien
  • Février 2026 : visite de Narendra Modi en Israël, consolidant le partenariat autour d'IMEC

C'est là toute la faiblesse du pari turco-syrien. Un rail à travers une Syrie encore convalescente, où l'autorité de Damas reste fragile et disputée par des milices, ne remplace pas en un jour un port opérationnel, modernisé, et déjà intégré aux flux financiers et technologiques indiens. Faire dérailler IMEC vers le nord suppose de convaincre l'Inde d'abandonner un investissement stratégique qu'elle vient à peine de consolider — et de renoncer à la garantie de sécurité qu'offre un partenaire comme Israël face à des routes syriennes dont la stabilité reste à prouver.




L'ancien député Doron Avital, l'un des principaux avocats du projet côté israélien, ne s'y trompe pas : le vrai risque pour Israël n'est pas tant la concurrence syro-turque que l'absence d'une diplomatie économique offensive à Jérusalem, pendant que l'Europe, elle, nomme des responsables dédiés à ce dossier. « Israël est essentiellement un pays européen qui devrait se comporter comme un pont vers l'Est », résume-t-il. C'est bien la question posée aux Israéliens à l'approche des élections du 27 octobre : un gouvernement plus modéré saura-t-il transformer cet avantage matériel — un port, un actionnaire indien, une géographie irremplaçable — en levier diplomatique, avant que Damas et Ankara n'aient eu le temps de couler le premier rail ?




En clair

La Turquie peut ressusciter le fantôme du Hedjaz sur le papier. Elle ne peut pas ressusciter, elle, un actionnaire indien déjà installé, un quai déjà modernisé et une concession déjà signée jusqu'en 2054. Le rail se construit ; le fait accompli, lui, est déjà là.

JBCH Réflexions — bernardch.blogspot.com — Source principale : Dan Perry, « An India-Israel corridor is the biggest Middle East story nobody is talking about », The Times of Israel, 14 août 2026 J.            BCH Août 2026

La route du Pétrole passe par la Géorgie. JBCH N° 2608 - 088

JBCH  Réflexions 


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International

La Géorgie, maillon stratégique de l'approvisionnement pétrolier d'Israël




Entre 50 et 60 % du pétrole importé d'Azerbaïdjan et du Kazakhstan transite par Tbilissi




C'est sur le port d'Ashdod que j'ai pour la première fois entendu le mot "Grouchi" ... Géorgien ...

En Israël, le surnom « grouchi » , dérivé de « Gruzini », les Juifs géorgiens est devenu une étiquette péjorative stigmatisant une communauté entière comme rustre et arriérée.

Ce terme englobe non seulement les Juifs de Géorgie, mais aussi les Juifs des montagnes d'Azerbaïdjan (les « Juhurim »), amalgamés dans un même cliché négatif de provinciaux du Caucase. 







Derrière cette injure se cachent des tensions intercommunautaires entre groupes juifs d'origines différentes, où les stéréotypes de « rusticité » servent à marquer une hiérarchie sociale. 

Loin d'être anodin, ce sobriquet illustre comment même au sein du peuple juif, les origines géographiques peuvent devenir des marqueurs de mépris.

Quand on pense à la Géorgie depuis Israël, on imagine volontiers vacances, montagnes et escapades à Tbilissi rarement le pétrole. 

Pourtant, ce petit pays du Caucase joue un rôle discret mais capital dans la sécurité énergétique de l'État hébreu : plus de la moitié du brut qu'Israël importe d'Azerbaïdjan et du Kazakhstan passe par son territoire.




Un corridor énergétique méconnu

Ce chiffre a été révélé par l'ambassadeur d'Israël en Géorgie, Walid Abu Haya. Il donne une tout autre dimension aux relations entre Jérusalem et Tbilissi, à l'heure où les tensions régionales rappellent combien les routes d'approvisionnement énergétique sont devenues des enjeux stratégiques de premier ordre.




La position géographique du pays explique largement cette importance. Coincée entre Russie, Turquie, Arménie et Azerbaïdjan, avec un débouché sur la mer Noire, la Géorgie se trouve au carrefour des routes reliant l'Asie centrale à l'Europe et au Moyen-Orient. Tbilissi entend d'ailleurs consolider ce statut de corridor, notamment avec le futur port en eaux profondes d'Anaklia.

Une relation vieille de 2 600 ans

Au-delà du pétrole, les liens entre les deux pays s'enracinent dans près de 2 600 ans de présence juive en Géorgie. Après l'effondrement de l'URSS, Israël fut le quatrième pays à reconnaître l'indépendance géorgienne et ouvrit son ambassade à Tbilissi dès février 1993.

« Un pont solide » entre les deux peuples

Les deux États coopèrent aussi étroitement sur le plan sécuritaire, échangeant informations et renseignements. La proximité de l'Iran, avec lequel Tbilissi entretient des relations diplomatiques, fait l'objet d'une attention particulière : des tentatives d'influence iraniennes auprès des populations chiites du pays, notamment dans le champ éducatif, sont évoquées par des sources publiques. L'ambassadeur dit néanmoins faire confiance aux autorités géorgiennes pour contenir toute menace visant Israël, son ambassade ou les intérêts juifs.


Tourisme, savoir-faire et affaires

Le lien le plus visible entre les deux pays reste toutefois le tourisme : plus de 400 000 Israéliens ont visité la Géorgie en 2025, plaçant Israël au quatrième rang des pays d'origine des touristes étrangers, derrière la Russie, la Turquie et l'Arménie. À un peu plus de deux heures de vol, la destination a profité du recul de la Turquie, longtemps prisée, depuis le 7 octobre 2023.

Le commerce bilatéral, évalué entre 50 et 60 millions de dollars en 2024, ne reflète qu'une partie des échanges réels : tourisme, immobilier, agriculture et secteur médical génèrent ensemble plusieurs centaines de millions de dollars d'activité chaque année. Par l'intermédiaire de l'agence MASHAV, Israël a par ailleurs formé plus de 2 000 Géorgiens en trente ans, dans l'agriculture, l'éducation, la santé et la sécurité — une coopération que les deux pays souhaitent désormais étendre à l'innovation, la cybersécurité et l'intelligence artificielle.




Les chiffres clés

  • 50 à 60 % du pétrole azerbaïdjanais et kazakh importé par Israël transite par la Géorgie
  • + de 400 000 touristes israéliens en Géorgie en 2025
  • Commerce bilatéral : 50-60 M$ en 2024
  • + de 2 000 Géorgiens formés en Israël via MASHAV en 30 ans

L'antisémitisme dans les Universités. JBCH N° 2608 - 087

Idées & Polémique


JBCH  Réflexions


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« Sionistes, hors des Facs » : quand l'extrême gauche recycle les slogans de l'extrême droite



Du GUD à LFI, les mêmes rhétoriques antijuives

conduit à la haine viscérale du juif par le RN et LFI


Alors que les slogans antisionistes fleurissent dans les manifestations et sur les campus depuis les massacres du 7 octobre 2023, une ironie historique s'impose : l'extrême gauche reprend mot pour mot la rhétorique que l'extrême droite néofasciste utilisait il y a un quart de siècle.

Le GUD, premier soutien étudiant du Hamas


C'est un parallèle qui pourrait surprendre. En mars 2000, le GUD (Groupe Union Défense), mouvement étudiant d'extrême droite radical et violent, distribuait dans la cour de la Sorbonne un tract qui titrait : « Sionistes, hors des Facs » et « À Paris comme à Gaza, Intifada ! »

Ce même tract, comme le rapporte la journaliste Mélanie Dukan dans le magazine L'Arche, rendait hommage à Yehia Ayache, dit « l'ingénieur », l'artificier du Hamas responsable de l'assassinat de dizaines de Juifs en Israël. Ayache, qui fabriquait les ceintures d'explosifs des kamikazes, était alors décrit comme « un glorieux combattant du Hamas ».

Les néofascistes du GUD avaient déjà placardé sur les murs de Paris une photo de ce tueur djihadiste après son élimination en 1996 par le Shabak, le service de sécurité intérieure israélien.






Une convergence idéologique troublante

Le tract en question portait l'emblème du Hezbollah, accolé aux symboles du GUD — le rat et la croix celtique. Une iconographie qui montre combien le « palestinisme » n'a jamais été l'apanage de la seule extrême gauche, même si ses racines françaises remontent historiquement à la Gauche prolétarienne de Benny Lévy en 1968.

Aujourd'hui, LFI (La France Insoumise) et ses sympathisants reprennent ces mêmes codes. Les « nervis d'extrême gauche » recyclent des slogans déjà formulés par des néofascistes issus du nationalisme révolutionnaire.

« L'antisémitisme est la haine la mieux partagée du monde. »
— Michel Winock
Quand la presse néonazie faisait déjà le lit de la rhétorique actuelle

Le magazine néonazi et négationniste Le Choc du mois (1987-1993), fondé par l'ancien collaborationniste François Brigneau, proposait déjà des articles que Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan ou Thomas Portes n'auraient « certainement pas boudés », selon l'auteur.




Sous des titres comme « Israël : tout est bon pour étendre la terre compromise », on retrouvait déjà les mêmes accusations et les mêmes clichés.

Ce qu'on retrouvait déjà dans Le Choc du mois

  • Les accusations de meurtres « de centaines d'enfants arabes » par l'armée israélienne
  • Les clichés antisémites sur « le Juif et l'argent », avec des allégations sur Israël « vendant des permis de séjours » aux arabes
Une même haine partagée

L'extrême gauche contemporaine utilise aujourd'hui exactement la même rhétorique contre les Juifs et Israël que les activistes néofascistes du GUD dans les années 1990-2000. Une convergence qui interroge, à l'heure où les récupérations politiques se multiplient autour de la cause palestinienne.


Les Etats Unis rachètent la Louisiane JBCH N0 2608 - 086


JBCH. REFLEXIONS 

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Chronique · Histoire & relations franco-américaines
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Thomas Jefferson, ou l'Américain francophile qui doubla son pays

Rédacteur de la Déclaration d'indépendance, ambassadeur amoureux de Paris, artisan malgré lui du plus grand achat territorial de l'histoire américaine : le troisième président des États-Unis doit à la France bien plus qu'un simple penchant esthétique.








Une vie en dates

  • 1743 : naissance dans une plantation de Virginie
  • 1776 : principal rédacteur de la Déclaration d'indépendance, à 33 ans
  • 1784-1789 : ambassadeur des États-Unis en France
  • 1800 : élu président des États-Unis
  • 1803 : signature du traité d'achat de la Louisiane
  • 1826 : mort le 4 juillet, jour anniversaire de l'indépendance

La Louisiane en chiffres

  • 15 millions de dollars pour l'ensemble du territoire
  • Une superficie quatre fois supérieure à la France métropolitaine
  • La superficie des États-Unis double d'un seul coup

Né en 1743 dans une plantation de Virginie, Thomas Jefferson grandit loin de l'Europe, pourtant il découvre le français avant même de connaître la France. Dès l'âge de cinq ans, ce fils de planteur est confié à des précepteurs qui lui enseignent le latin, le grec et les sciences naturelles ; à dix ans, il maîtrise déjà la langue de Molière. Ses lectures le plongent dans les Lumières européennes — Montesquieu, Voltaire, Rousseau — et le destinent à la politique.



De la Virginie à la Déclaration d'indépendance

Élu à vingt-six ans à l'Assemblée législative de Virginie, il devient à trente-trois ans le principal rédacteur de la Déclaration d'indépendance de 1776, ce texte fondateur qui proclame que tous les hommes naissent libres et égaux en droits.


Paris, les salons et la vigne de Monticello

Francophile convaincu, Jefferson rêve de Paris. En 1784, après la mort de son épouse Martha qui le plonge dans une profonde dépression, il accepte le poste d'ambassadeur des États-Unis en France. Pendant cinq ans, il fréquente les salons de La Fayette, Condorcet, La Rochefoucauld et Mirabeau, déguste les grands crus bourguignons et bordelais, et tombe en extase devant le pont du Gard. Il fait même planter de la vigne à Monticello, sa demeure de Virginie.

C'est à lui que La Fayette soumet, en juin 1789, son projet de Déclaration des droits de l'homme.

L'année suivante, lors d'un dîner célèbre à New York en compagnie d'Hamilton et de Madison, Jefferson scelle le compromis qui permettra de fonder définitivement l'Union américaine.





JBCH Août 2026



L'achat de la Louisiane, un coup de billard imprévu

Élu président en 1800, Jefferson hérite d'une situation délicate. Quelques jours avant son élection, la France vient d'acquérir la Louisiane de l'Espagne, menaçant les intérêts américains sur le Mississippi. En 1802, Jefferson envoie secrètement Pierre Du Pont de Nemours à Paris pour négocier l'achat de la seule Nouvelle-Orléans. Mais le destin en décide autrement : l'expédition française à Saint-Domingue ayant échoué et Bonaparte ayant besoin de fonds pour ses guerres européennes, le Premier consul propose soudain de vendre l'ensemble du territoire.

Le traité est signé en 1803. Pour quinze millions de dollars, les États-Unis doublent leur superficie en absorbant un territoire quatre fois plus grand que la France métropolitaine — Jefferson complétera ce coup de maître en envoyant Lewis et Clark explorer ces nouvelles terres vers l'Ouest.

Une figure profondément paradoxale

Cet homme qui a fait de l'expansion vers l'Ouest une réalité demeure pourtant une figure paradoxale. Théoricien de la démocratie agraire, il est aussi un esclavagiste qui, dans ses écrits tardifs, théorisera l'infériorité des Noirs tout en entretenant une relation de plus de trente ans avec Sally Hemings, une esclave qui lui donnera six enfants. Il meurt le 4 juillet 1826, exactement cinquante ans après la proclamation de l'indépendance qu'il avait lui-même rédigée.