Et si c'était Lisnard qui sortait du chapeau ?
La comédie des sondages touche à sa fin. La vraie campagne commence : celle du terrain, du réel, des faiseurs contre les parleurs. Et dans ce paysage dévasté, un maire monte, sans bruit, point après point.
I.LA COMÉDIE DES SONDAGES TOUCHE À SA FIN
La vraie campagne débute enfin. Pendant des mois, on nous a servi la même soupe tiède : des sondages fabriqués, mis en scène, avec toujours les mêmes extrêmes montés en épingle histoire de faire peur.
Le scénario est usé jusqu'à la corde. D'un côté Le Pen autour de 30 %, de l'autre Mélenchon à 20 %, et au centre le sauveur du système, Édouard Philippe, qui attend son sacre. Le but ? Tétaniser le Français moyen, le pousser au vote utile, au vote barrage, au vote peur.
À dix-huit mois du scrutin, un sondage ne mesure pas une opinion : il mesure une notoriété. Et il la fabrique. Car on ne teste que ceux qu'on connaît, et on ne connaît que ceux qu'on teste. Candidat déclaré depuis le 31 mars, David Lisnard a longtemps été tout simplement absent des hypothèses des instituts. Quand on daigne enfin l'interroger, il pèse entre 2 et 5 %. Pas mal pour un homme que les Français n'ont pas encore vu.
Cette parenthèse est terminée. Les Français ne sont plus dupes. Ils se souviennent de Balladur, favori imbattable de 1995. De Juppé, élu d'avance en 2016. De Macron, inconnu du grand public deux ans avant son élection. On entre maintenant dans le vif du sujet.
Finie la campagne des instituts de sondages parisiens. Commence la campagne du terrain, du réel, des vrais problèmes. Et c'est là que tout s'effondre pour les professionnels de la politique.
II
ON ENTRE DANS LE VIF DU SUJET : LES VRAIS ENJEUX
Pendant que les plateaux TV s'extasiaient sur les postures et les petites phrases, le pays s'est effondré. Les vrais enjeux, personne n'osait les poser. Il y en a trois.
La liberté
Pas la liberté comme slogan, la liberté comme survie. La République des Cerfa a tué la France. Un entrepreneur qui veut embaucher, un agriculteur qui veut construire un hangar, un maire qui veut ouvrir une crèche : tous bloqués par le ZAN, le DPE, un code du travail de plus de 3 000 pages, le code de l'environnement, la commande publique. On peut dire à Poutine « tremble Vladimir », mais on est incapable de déplacer un nid d'hirondelle sans bloquer un chantier à 10 millions.
Le travail
Comment expliquer à un Français qu'après 40 heures de boulot, il ne lui reste que 200 euros de plus que celui qui ne fait rien ? C'est le cœur de la proposition Lisnard : graver dans la loi un écart minimal de 500 euros entre l'actif et l'inactif. Du bon sens. Révolutionnaire pour Paris.
La fin des professionnels
Des gens qui n'ont jamais créé un emploi, jamais signé une feuille de paie, jamais géré un budget, et qui nous expliquent comment gérer un pays de 68 millions d'habitants. Leur bilan est là : plus de 3 300 milliards de dettes, des services publics en ruine, une insécurité partout.
III.
LISNARD, LE PHÉNOMÈNE QUI AFFOLE LE SYSTÈME
Et dans ce paysage dévasté, il y a un homme dont la courbe monte, semaine après semaine. David Lisnard.
Vendredi 25 septembre à Benfeld, dans le Bas-Rhin, au son d'Elvis Presley, devant un millier de personnes debout, drapeaux français et pancartes « Lisnard 2027, on le fera ! ». Le matin même, il était en Seine-et-Marne avec sa casquette de président de l'Association des Maires de France. Pendant que les autres comptent leurs investitures, lui compte ses soutiens sur le terrain.
Son discours ? Une heure trente sans notes. Sans éléments de langage. Sans fiche de Matignon. Il parle de ce qu'il connaît : la gestion d'une ville, Cannes, désendettée, sécurisée, qui fonctionne — et dont les habitants l'ont reconduit en mars avec 81 % des voix dès le premier tour. Il parle de supprimer les procédures débiles. Il parle de révolution de la liberté.
Crédité de 2 à 5 % ? Laissez rire. C'était le même refrain avec Madelin à 3,91 % en 2002, sauf que la France de 2027 n'est plus celle de 2002. Les Français n'en peuvent plus du libéralisme honteux à la française. Ils veulent un libéralisme assumé, à la Milei qu'il admire, décomplexé, qui coupe dans le gras de l'État.
Autour de Retailleau, on relativise : « une petite mode Lisnard, comme une mode Villepin ». Traduction : on panique. Parce que Lisnard ne prend pas à l'extrême droite, il prend au cœur de l'électorat qui travaille, qui entreprend, qui en a marre de payer pour un système qui le méprise.
Son mouvement revendique 30 000 adhérents à Nouvelle Énergie. 500 parrainages sont déjà sécurisés, les levées de fonds s'envolent, les meetings affichent complet : 1 500 personnes à Saint-Raphaël en juillet, plus de 4 000 au Campus de Cannes à la rentrée. Il propose une primaire d'Attal à Knafo. « Je ne comprends pas de quoi ils ont peur », lance-t-il. Édouard Philippe et les autres ont compris : ils ont peur de perdre.
IV.LE SCÉNARIO : COMMENT LE LAPIN SORT DU CHAPEAU
Rêverie de militant ? Regardons froidement. La Ve République adore les surprises, et elle les réserve toujours à ceux que les états-majors avaient enterrés.
La droite républicaine est aujourd'hui éclatée : Retailleau plafonne sous les 10 %, Philippe capte le vote du système, le RN occupe le terrain de la colère. Entre les trois, un espace immense : celui de la France qui bosse, qui paie, qui ne veut ni du statu quo ni de l'aventure. Un espace sans propriétaire. Pour l'instant.
Les quatre temps du coup de chapeau
- La primaire, d'abord. Sept électeurs de droite et du centre sur dix la réclament. Celui qui la propose sans condition en devient le propriétaire moral ; ceux qui la refusent passent pour des apparatchiks qui ont peur du peuple.
- Le débat, ensuite. Face à des candidats qui récitent leurs fiches, un homme qui parle une heure trente sans notes et cite ses chiffres de gestionnaire. C'est à la télévision que les 2 % deviennent 10 %.
- Le ralliement des maires. 35 000 communes, des dizaines de milliers d'élus de terrain lassés d'être méprisés par Paris. Le président de l'AMF est le seul candidat qui les connaît par leur prénom.
- Le second tour, enfin. Face à Le Pen ou à Mélenchon, un libéral qui a géré, désendetté et sécurisé une ville est le seul barrage qui ne sente pas la naphtaline du système.
Les obstacles existent, soyons lucides : une notoriété encore faible hors des cercles avertis, un appareil modeste face à la machine LR, et la tentation des électeurs de se réfugier, une fois encore, dans le vote utile. Mais chacun de ces obstacles est précisément celui qu'une campagne de terrain renverse. Les Français n'ont pas encore rencontré Lisnard. Ceux qui l'ont fait ne le quittent plus.
Le système a tout prévu : le duel Le Pen-Philippe, le frisson Mélenchon, le vote barrage de confort. Il n'a pas prévu un maire qui parle vrai, qui a les mains dans le cambouis et qui ne doit rien à personne.
Ce n'est plus une candidature. Est-ce une lame de fond ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire