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25 août 1944 — 25 août 2026
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La libération de Paris : la part oubliée des résistants juifs
Chronique historique — 25 août 2026
Le 25 août 1944, Paris se libère après six jours d'insurrection et l'entrée des blindés de la 2ᵉ DB du général Leclerc.
Dans ce récit largement raconté à travers les figures de de Gaulle, Leclerc ou Rol-Tanguy, la participation de résistants juifs organisés reste peu connue jusqu'à cet épisode hautement symbolique :
la prise du camp de Drancy par un commando juif, une semaine avant le défilé de la Libération.
Depuis 1942, l'Armée juive devenue en 1944 l'Organisation juive de combat (AJ-OJC) constitue des corps francs et des maquis dans plusieurs régions de France : le Tarn, la Montagne Noire, Lyon, Nice, Limoges, et Paris.
Fondée pour organiser l'autodéfense et le sauvetage des Juifs face aux persécutions de Vichy et de l'occupant, elle bascule progressivement vers la lutte armée aux côtés de la Résistance non juive, tout en gardant sa spécificité : ses maquis, comme la troupe Trumpeldor dans le Tarn, lèvent le drapeau bleu-blanc frappé de l'étoile de David aux côtés du drapeau français.
Un corps franc juif dans l'insurrection parisienne
À Paris, après une vague d'arrestations en juillet 1944, le corps franc de l'AJ-OJC se reconstitue et combat sous la bannière du groupe franc « Alerte » du Mouvement de Libération nationale (MLN), commandé par le capitaine Pierre Galais, dit « Charcot-Neuville ».
Ces résistants juifs s'intègrent ainsi pleinement aux structures FFI qui organisent l'insurrection de la capitale à partir du 19 août 1944.
Drancy, repris par ceux qu'on y enfermait
Ce fait mérite d'être souligné pour sa charge symbolique : Drancy, antichambre de la déportation vers Auschwitz par où sont passés plus de 60 000 Juifs de France, est reprise avant même la libération de Paris par un commando composé d'hommes juifs, agissant sous ordre officiel des FFI.
L'histoire ne s'écrit pas toujours en ligne droite entre la persécution et la libération : elle se referme parfois, littéralement, au même endroit, par les mains de ceux qui en avaient été la cible.
Une résistance aux visages multiples
Ce corps franc n'épuise pas la présence juive dans la Résistance parisienne : des combattants juifs se trouvent aussi dans les rangs des FTP-MOI, dans les mouvements de sauvetage comme l'OSE ou le Mouvement de la jeunesse sioniste spécialisé dans les faux papiers , et parmi des figures individuelles de la Résistance française, comme l'historien Marc Bloch, fusillé quelques semaines plus tôt par les Allemands à Lyon.
Aucune cloison étanche ne sépare vraiment ces réseaux : hommes et femmes circulent de l'un à l'autre, entre fabrication de faux papiers, filières d'évasion et lutte armée.
- 1942 : création de l'Armée juive, devenue en 1944 l'Organisation juive de combat
- 18 août 1944 : prise du camp de Drancy par un commando juif de cinq hommes
- 19-25 août 1944 : insurrection de Paris, entrée de la 2ᵉ DB du général Leclerc
- 26 août 1944 : le groupe franc juif participe au défilé de la Libération sur les Champs-Élysées
Une reconnaissance tardive
Le 26 août 1944, au lendemain de la libération, le groupe franc juif prend part au défilé triomphal du général de Gaulle sur les Champs-Élysées reconnaissance discrète, dans le tumulte de la liesse générale, d'un engagement qui restera longtemps en marge du grand récit national de la Libération.
Ce n'est que des décennies plus tard, à travers les travaux d'historiens et les témoignages recueillis par l'Association des anciens de la Résistance juive en France, que cette histoire trouve sa place dans la mémoire collective.
Paris se libère le 25 août 1944 par l'action conjuguée des FFI, de la population insurgée et des blindés alliés.
Dans ce récit, la part des résistants juifs organisés jusqu'à cette reprise du camp de Drancy par leurs propres mains, reste un chapitre réel, qui mérite, quatre-vingt-deux ans plus tard, d'être rappelé pour ce qu'il est : ni le centre du récit, ni son angle mort, mais un fil parmi d'autres de cette libération.
Jacques-Bernard Août 2026
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