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mardi 25 août 2026

MBS Macron et Dragon Ball ! JBCH N° 2608 - 120

 JBCH Réflexions 120

JBCH Réflexions


JOURNAL INDÉPENDANT · IDÉES, ACTUALITÉ, SOCIÉTÉ.

JBCH LE 25 AOÛT 2026



D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS




Dragon Ball sous pavillon saoudien : la France, hôte foncier d'un imaginaire qui n'est plus le sien ... Une fausse bonne idée ! 


Six milliards d'euros, 22 000 emplois annoncés : derrière le récit d'un « partenariat stratégique » avec le fonds souverain saoudien PIF, c'est une franchise japonaise qui s'installe en Île-de-France sous contrôle du Golfe,  et une souveraineté culturelle française qui recule un peu plus.

L

e projet présenté par Les Échos le 25 août 2026 n'est pas seulement un investissement de 6 milliards d'euros et 22 000 emplois. ``



C'est un transfert de capacité d'initiative culturelle et territoriale : une franchise japonaise emblématique (Dragon Ball), implantée sur des terres françaises, pilotée et financée par un fonds souverain saoudien (PIF via Qiddiya).



1. Une IP japonaise sous contrôle saoudien

Dragon Ball est une création d'Akira Toriyama, propriété de Toei Animation, Bandai Namco et Shueisha. Ce n'est pas un bien public français. Pourtant, c'est un État pétrolier du Golfe qui obtient le droit de l'installer durablement en Île-de-France.

La France n'est plus le maître d'ouvrage culturel : elle devient l'hôte foncier et réglementaire d'un projet dont les décisions stratégiques contenu, merchandising, extensions, fermeture éventuelle  seront prises à Riyad. 

On remet les clés d'une partie de l'imaginaire populaire japonais à un acteur dont les priorités restent celles de Vision 2030 : diversification des pétrodollars, soft power, image post-pétrole.





Ce qu'il faut retenirLa France fournit le foncier, la main-d'œuvre et la stabilité politique ; le fonds souverain saoudien conserve le contrôle et la rente.

2. Des terres françaises comme variable d'ajustement

Le Val-d'Oise, près de Cergy, n'est pas un désert. C'est une zone périurbaine sous tension foncière, avec des espaces agricoles, des corridors écologiques et une pression démographique déjà forte. Les 6 milliards d'euros achètent non seulement des attractions, mais aussi la transformation durable de ces sols.


L'argument des « 22 000 emplois », comparé à Euro Disney, est classique : on justifie ce fait  par le volume d'emplois directs. 

On oublie souvent de dire que ces emplois sont majoritairement peu qualifiés, saisonniers ou précaires, et que la valeur ajoutée royalties, dividendes, décisions d'investissement   sort du territoire.

En chiffres
  • 6 milliards d'euros d'investissement annoncés
  • 22 000 emplois promis, majoritairement peu qualifiés ou saisonniers
  • Fonds souverain porteur : PIF, via Qiddiya (Arabie saoudite)
  • Site pressenti : Val-d'Oise, à proximité de Cergy





3. Le soft power inversé

Paris se présente comme un partenaire « alternatif » aux Émirats et aux États-Unis. En réalité, la relation est asymétrique. 

L'Arabie saoudite a besoin de placer ses surplus et de blanchir son image, après les critiques sur les droits humains, le Yémen, le traitement des opposants. La France a besoin d'argent frais et d'emplois visibles.

Résultat : on célèbre un parc Dragon Ball comme une victoire diplomatique alors que la France possède déjà un patrimoine culturel et touristique immense — châteaux, musées, sites historiques, parcs existants. 

On préfère importer une franchise manga sous capital saoudien plutôt que de consolider ou réinventer une offre française. C'est le contraire d'une stratégie de souveraineté culturelle.




Le paradoxeOn célèbre comme victoire diplomatique l'accueil d'un parc à thème japonais sous pavillon saoudien — au moment même où la France invoque l'exception culturelle.

4. L'ironie du « beau récit » en deux pages

Les Échos consacre une large place à ce projet en termes positifs : emplois, dynamisation, partenariat stratégique, diversification saoudienne. On lit une version lissée de l'histoire : la France accueille, les Saoudiens investissent, tout le monde gagne.

Ce récit occulte :

  • la dépendance croissante aux capitaux du Golfe ;
  • le fait que les décisions de fond ne sont plus prises en France ;
  • la contradiction entre la défense d'une « exception culturelle » française et l'accueil enthousiaste d'un parc à thème japonais sous pavillon saoudien ;
  • les questions de long terme : que se passe-t-il si les priorités de Riyad changent, si le tourisme de masse s'essouffle, si les normes environnementales se durcissent ?




On ne « crée » pas un parc Dragon Ball français. On loue durablement des terres françaises à un fonds souverain arabe pour qu'il y exploite une propriété intellectuelle japonaise. 

Les emplois sont réels, l'investissement est massif, mais la maîtrise stratégique et culturelle sort du cadre national. 

C'est moins un projet de développement qu'un symptôme de perte d'autonomie sur son propre sol et sur les imaginaires qu'on y installe.


Monsieur Macron, c'est une fausse bonne idée ... Je croyais qu'il fallait réindustrialiser la France !et non d'offrir les terres les plus fertiles à l'Arabie !  



 Jacques-Bernard  JBCH  25 Août 2026.      

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