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mardi 25 août 2026

La lutte pour Warner suite JBCH N° 2608 - 121

 

JBCH Réflexions

N° 2608- 121






D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS






Paramount-Warner : quand les procureurs démocrates se font régulateurs de la culture

Le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount a franchi tous les obstacles réglementaires du monde, y compris à Bruxelles, Londres et Pékin. 

Il ne lui reste qu'un adversaire : une coalition de douze procureurs généraux d'États américains, tous démocrates, menée par la Californie, qui exige désormais des concessions dépassant largement le cadre antitrust classique.

Le paradoxe est frappant. Un accord à 111 milliards de dollars, validé par le ministère américain de la Justice dès juin, par l'Union européenne, le Royaume-Uni, la Chine et près de soixante-dix juridictions supplémentaires, reste bloqué sur le sol même de son promoteur   par une poignée d'États tous dirigés par le même camp politique.




Un antitrust à géométrie politique

Officiellement, le procureur californien Rob Bonta invoque la concentration excessive sur les marchés du cinéma et du câble. L'argument n'est pas sans fondement : la fusion créerait effectivement un ensemble disposant d'un poids considérable sur la production audiovisuelle américaine. 

Mais les remèdes exigés   cession de chaînes câblées, indépendance totale et garantie du studio Warner Bros. face à David Ellison   vont bien au-delà d'un simple contrôle de la concentration de marché. Ils ressemblent à une tentative de gouvernance a posteriori de l'entreprise fusionnée.

Et le calendrier interroge. Le procès est fixé à mars 2027, la fusion ne pourra se conclure avant juin 2027 au plus tôt : deux ans de blocage, alors que le régulateur fédéral  sous administration Trump   a lui-même validé l'opération dès juin.

Ce qui frappeDouze États, tous démocrates, ralentissent un accord que Washington, Bruxelles, Londres et Pékin ont déjà approuvé.

CNN, otage indirect du dossier



Warner Bros. Discovery, c'est aussi CNN. Officiellement, le contentieux porte sur le cinéma et le câble, non sur les rédactions. 

Mais la ligne éditoriale de CNN, régulièrement accusée par une partie de la droite américaine de partialité, place la chaîne au cœur des arrière-pensées politiques qui entourent ce dossier sans que cela figure jamais explicitement dans les motifs juridiques invoqués par Bonta.

C'est là que le procédé mérite d'être nommé : utiliser l'arsenal antitrust d'un État pour peser sur l'avenir d'un groupe de médias, plutôt que de laisser cette question aux autorités fédérales de la concurrence, dont c'est précisément le mandat.

Le coût réel du blocage



La pénalité contractuelle est concrète : dès le 1ᵉʳ octobre, Paramount devra verser environ 650 millions de dollars par trimestre aux actionnaires de Warner tant que l'opération n'est pas finalisée. 

Si le procès va à son terme, la facture pourrait dépasser le milliard de dollars   payé, in fine, par l'entreprise, ses salariés et ses actionnaires, pas par les procureurs qui ont retardé le dossier.

Paramount a même évoqué la possibilité de quitter la Californie si aucun accord n'est trouvé, avec le Tennessee comme destination citée. Un État qui pousse une entreprise vers la sortie au nom de la défense de la concurrence : l'ironie est difficile à ignorer.




En chiffres
  • 111 milliards de dollars : montant du rachat Paramount–Warner Bros. Discovery
  • ≈70 juridictions dans le monde ayant déjà validé l'opération
  • 12 États américains, tous démocrates, à l'origine du procès antitrust
  • 650 millions de dollars : pénalité trimestrielle due à Warner dès octobre en cas de retard
  • Mars 2027 : date du procès ; juin 2027 au plus tôt pour une éventuelle finalisation

Une soupape politique, pas seulement juridique

Le gouverneur Gavin Newsom et la maire de Los Angeles Karen Bass appellent officiellement à un compromis   signe que même dans leur propre camp, le blocage indéfini commence à peser sur l'image de la Californie comme place favorable à l'investissement. Mais les proches du dossier restent sceptiques sur une issue rapide.

Il faut concéder, pour ne pas caricaturer le dossier, que la question de la concentration des médias est légitime en soi : un secteur du câble en déclin, une industrie du cinéma déjà concentrée autour de quelques studios, méritent un examen sérieux. Le problème n'est pas que l'antitrust s'applique à Paramount-Warner. 

C'est qu'il s'applique ici avec une intensité et des exigences   gouvernance interne, indépendance éditoriale implicite de CNN  qui dépassent le strict contrôle de la concurrence, et qui coïncident, trait pour trait, avec une ligne partisane unique.



Que la fusion Paramount-Warner mérite un examen antitrust, personne ne le conteste sérieusement   même le ministère de la Justice américain, sous administration républicaine, l'a validée après instruction. 

Ce qui interroge, c'est qu'un accord approuvé par près de soixante-dix juridictions à travers le monde reste suspendu à la seule volonté de douze procureurs généraux, tous issus du même bord politique, dont les exigences dépassent le cadre de la concurrence pour toucher à la gouvernance et, indirectement, à l'indépendance éditoriale d'une chaîne d'information. L'antitrust devient ici un instrument, parmi d'autres, d'un rapport de force politique plus large. 

C'est dire comme le pouvoir médiatique sera avancé pour les prochaines élections présidentielles ! 



Jacques-Bernard  Août 2026.     

MBS Macron et Dragon Ball ! JBCH N° 2608 - 120

 JBCH Réflexions 120

JBCH Réflexions


JOURNAL INDÉPENDANT · IDÉES, ACTUALITÉ, SOCIÉTÉ.

JBCH LE 25 AOÛT 2026



D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS




Dragon Ball sous pavillon saoudien : la France, hôte foncier d'un imaginaire qui n'est plus le sien ... Une fausse bonne idée ! 


Six milliards d'euros, 22 000 emplois annoncés : derrière le récit d'un « partenariat stratégique » avec le fonds souverain saoudien PIF, c'est une franchise japonaise qui s'installe en Île-de-France sous contrôle du Golfe,  et une souveraineté culturelle française qui recule un peu plus.

L

e projet présenté par Les Échos le 25 août 2026 n'est pas seulement un investissement de 6 milliards d'euros et 22 000 emplois. ``



C'est un transfert de capacité d'initiative culturelle et territoriale : une franchise japonaise emblématique (Dragon Ball), implantée sur des terres françaises, pilotée et financée par un fonds souverain saoudien (PIF via Qiddiya).



1. Une IP japonaise sous contrôle saoudien

Dragon Ball est une création d'Akira Toriyama, propriété de Toei Animation, Bandai Namco et Shueisha. Ce n'est pas un bien public français. Pourtant, c'est un État pétrolier du Golfe qui obtient le droit de l'installer durablement en Île-de-France.

La France n'est plus le maître d'ouvrage culturel : elle devient l'hôte foncier et réglementaire d'un projet dont les décisions stratégiques contenu, merchandising, extensions, fermeture éventuelle  seront prises à Riyad. 

On remet les clés d'une partie de l'imaginaire populaire japonais à un acteur dont les priorités restent celles de Vision 2030 : diversification des pétrodollars, soft power, image post-pétrole.





Ce qu'il faut retenirLa France fournit le foncier, la main-d'œuvre et la stabilité politique ; le fonds souverain saoudien conserve le contrôle et la rente.

2. Des terres françaises comme variable d'ajustement

Le Val-d'Oise, près de Cergy, n'est pas un désert. C'est une zone périurbaine sous tension foncière, avec des espaces agricoles, des corridors écologiques et une pression démographique déjà forte. Les 6 milliards d'euros achètent non seulement des attractions, mais aussi la transformation durable de ces sols.


L'argument des « 22 000 emplois », comparé à Euro Disney, est classique : on justifie ce fait  par le volume d'emplois directs. 

On oublie souvent de dire que ces emplois sont majoritairement peu qualifiés, saisonniers ou précaires, et que la valeur ajoutée royalties, dividendes, décisions d'investissement   sort du territoire.

En chiffres
  • 6 milliards d'euros d'investissement annoncés
  • 22 000 emplois promis, majoritairement peu qualifiés ou saisonniers
  • Fonds souverain porteur : PIF, via Qiddiya (Arabie saoudite)
  • Site pressenti : Val-d'Oise, à proximité de Cergy





3. Le soft power inversé

Paris se présente comme un partenaire « alternatif » aux Émirats et aux États-Unis. En réalité, la relation est asymétrique. 

L'Arabie saoudite a besoin de placer ses surplus et de blanchir son image, après les critiques sur les droits humains, le Yémen, le traitement des opposants. La France a besoin d'argent frais et d'emplois visibles.

Résultat : on célèbre un parc Dragon Ball comme une victoire diplomatique alors que la France possède déjà un patrimoine culturel et touristique immense — châteaux, musées, sites historiques, parcs existants. 

On préfère importer une franchise manga sous capital saoudien plutôt que de consolider ou réinventer une offre française. C'est le contraire d'une stratégie de souveraineté culturelle.




Le paradoxeOn célèbre comme victoire diplomatique l'accueil d'un parc à thème japonais sous pavillon saoudien — au moment même où la France invoque l'exception culturelle.

4. L'ironie du « beau récit » en deux pages

Les Échos consacre une large place à ce projet en termes positifs : emplois, dynamisation, partenariat stratégique, diversification saoudienne. On lit une version lissée de l'histoire : la France accueille, les Saoudiens investissent, tout le monde gagne.

Ce récit occulte :

  • la dépendance croissante aux capitaux du Golfe ;
  • le fait que les décisions de fond ne sont plus prises en France ;
  • la contradiction entre la défense d'une « exception culturelle » française et l'accueil enthousiaste d'un parc à thème japonais sous pavillon saoudien ;
  • les questions de long terme : que se passe-t-il si les priorités de Riyad changent, si le tourisme de masse s'essouffle, si les normes environnementales se durcissent ?




On ne « crée » pas un parc Dragon Ball français. On loue durablement des terres françaises à un fonds souverain arabe pour qu'il y exploite une propriété intellectuelle japonaise. 

Les emplois sont réels, l'investissement est massif, mais la maîtrise stratégique et culturelle sort du cadre national. 

C'est moins un projet de développement qu'un symptôme de perte d'autonomie sur son propre sol et sur les imaginaires qu'on y installe.


Monsieur Macron, c'est une fausse bonne idée ... Je croyais qu'il fallait réindustrialiser la France !et non d'offrir les terres les plus fertiles à l'Arabie !  



 Jacques-Bernard  JBCH  25 Août 2026.      

samedi 22 août 2026

Non à la CPI. JBCH N° 2608 - 119

 Réflexions JBCH



Pourquoi la CPI a perdu tout crédit

N° 2608 - 119                                                                                                       
22 août 2026

D'un procureur qui instruit seul contre la seule démocratie du Proche-Orient, à sa révocation pour des faits d'ordre privé : le vice n'est pas un accident de parcours, il est de construction.

C'est Karim Khan lui-même qui, de sa propre initiative, a requis les mandats d'arrêt contre Netanyahou et Gallant en 2024, aux côtés de ceux visant les chefs du Hamas. Le problème est donc pire qu'on ne le dit habituellement :

Ce n'est pas une pression extérieure isolée qui a dévoyé la Cour, c'est son propre procureur qui a choisi d'engager, sans contrainte apparente, une procédure contre la seule démocratie du Proche-Orient — alors que des dizaines de conflits impliquant des États non-signataires du Statut de Rome (Chine, Russie, Inde, États-Unis) échappent structurellement à sa compétence.




« L'homme qui prétendait incarner la justice pénale internationale et instruire à charge des chefs d'État quitte ses fonctions chassé par ses propres pairs, pour des faits relevant du droit pénal ordinaire. »

Et Karim Khan, justement, n'est plus procureur. L'affaire a connu son épilogue le 24 juillet 2026 : l'Assemblée des États parties l'a révoqué, à une large majorité (82 voix contre 13), après une enquête du Bureau des services de contrôle interne de l'ONU ayant établi des éléments crédibles de contacts sexuels non consentis avec une collaboratrice, dans son bureau, à son domicile et en mission.  

Cette double faillite  instrumentalisation politique et déchéance personnelle du procureur   n'est que le symptôme d'un vice de construction plus ancien. 

La CPI, censée n'intervenir qu'en complément des juridictions nationales défaillantes.  (« complémentarité »), a glissé vers un rôle de tribunal politique de premier recours dès lors qu'une cause mobilise assez d'États parties.

Le chiffre
41 %
des pays membres de l'ONU n'ont jamais ratifié le Statut de Rome — ni les États-Unis, ni la Chine, ni la Russie, ni Israël, ni l'Inde.

Ce chiffre vide la prétention « universelle » de la Cour de tout contenu réel et la rend structurellement sélective : elle ne peut frapper que les États assez faibles, assez isolés ou assez complaisants pour être restés dans son ressort.




Trois chantiers pour refonder l'institution

Refonder l'institution suppose trois chantiers : un mécanisme de nomination du procureur soustrait aux blocs régionaux et à la pression de coalitions d'États  le poids de l'Organisation de la coopération islamique au sein de l'Assemblée des États parties comme à l'ONU pèse structurellement sur l'agenda. 

Une procédure disciplinaire préventive plutôt que réactive pour l'équipe dirigeante, et surtout un recentrage strict sur la complémentarité : n'agir que là où aucune justice nationale crédible n'existe, non là où l'indignation médiatique est la plus forte.

Il faut en finir avec l'hypocrisie et dissoudre cette Cour politique et  inéquitable 


 22 Août 2026.                        Réflexions JBCH

Pauvre New York JBCH N° 2608 - 118





JBCH N° 2608 - 116.     États-Uni Antisémitisme


JBCH  Réflexions
Actualité · New York

Attaque à la Central Synagogue : 

Des charges fédérales pour crime de haine






D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges



L'homme qui a perturbé l'office de Chabbat à la Central Synagogue de Manhattan la semaine dernière est désormais poursuivi au niveau fédéral, en plus des charges déposées par l'État de New York immédiatement après les faits.

46 ansâge du suspect, Larry Montes, du Bronx
20 anspeine maximale pour dommage à un lieu de culte
2chefs d'accusation pour crime de haine (10 ans chacun)
63 ansâge de la fidèle frappée au visage

L'homme accusé d'avoir perturbé l'office de Chabbat à la Central Synagogue de Manhattan la semaine dernière fait désormais l'objet de poursuites fédérales pour crime de haine, en plus des charges déjà déposées par l'État de New York. 

Le Département de la Justice a annoncé mardi son intervention, par la voix de la sous-secrétaire à la Justice Harmeet K. Dhillon, responsable de la division des droits civiques, qui a souligné la volonté fédérale de répondre aux attaques antisémites et racialement motivées.

Les charges retenues

Larry Montes, 46 ans, résidant du Bronx, est poursuivi pour deux chefs d'accusation de crime de haine, chacun passible d'une peine maximale de dix ans de prison, ainsi que pour dommage à un édifice religieux ayant entraîné des blessures corporelles, un chef passible de vingt ans de prison.




Le déroulé des faits

Assis près de la scène de cette synagogue réformée, Montes se serait levé neuf minutes après le début de l'office vendredi dernier en criant des propos agressifs, avant de renverser deux chandeliers cérémoniels en argent, les endommageant.

Alors que le responsable de la sécurité tentait de l'évacuer, il aurait proféré des insultes envers les fidèles puis frappé au visage une congréganiste de 63 ans, la faisant tomber au sol.

Menotté dans le hall, il aurait ensuite inséré une insulte raciale envers un agent de sécurité et lui aurait donné un coup de tête près de l'œil gauche.

Des propos explicitement antisémites

Lors de son interrogatoire par la police de New York après son arrestation, Montes aurait tenu des propos hostiles envers les Juifs, affirmant que son geste était motivé par des raisons raciales et religieuses. Il aurait expliqué s'être senti irrespecté pendant l'office, ce qui l'aurait poussé à provoquer un incident et à frapper quelqu'un.




« Ces accusations sont un avertissement : le Département de la Justice interviendra face aux attaques antisémites. »

Interrogé sur les raisons de ce sentiment d'irrespect, il aurait répondu que tout était « une affaire raciale » et « motivé par la religion ». 

Fait troublant relevé dans la plainte : Montes se serait lui-même déclaré juif lors de cet interrogatoire. Sa tante avait indiqué au New York Post qu'il était « traumatisé psychologiquement » par son propre désir d'appartenir au judaïsme.




Une affaire qui mobilise New York

Détenu depuis son arrestation immédiate vendredi soir, Montes a été mis en examen le soir même et doit comparaitre devant le tribunal correctionnel de Manhattan jeudi. 

L'attaque a suscité une condamnation unanime des responsables new-yorkais, dont le maire Zohran Mamdani, et a poussé une organisation juive de surveillance de la sécurité à demander un renforcement de la présence policière dans les lieux considérés comme sensibles face aux crimes de haine.

Source : Grace Gilson, Jewish Telegraphic Agency (JTA), 22 août 2026 


Journal de Jacques-Bernard    N° 2608 - 116.        JBCH info

vendredi 21 août 2026

Le Cyber, le maillon faible de la france. JBCH N° 2608 - 117

JBCH RéflexionsCyberdéfense · Page 1/2
Dossier · Sécurité nationale

Cyber : 

La France en état de guerre numérique


Après une série de cyberattaques massives contre les fichiers de l'État, l'urgence d'une riposte structurée s'impose. La création de deux corps d'armée supplémentaires apparaît comme une nécessité stratégique.



D'APRÈS MES ANALYSES, MES LECTURES DANS LES JOURNAUX FRANÇAIS ET INTERNATIONAUX ET LES MEDIAS, UN COMPLÉMENT SE TROUVE DANS JBCH CLIPS et dans JBCH Echanges

453 200atteintes numériques 2025–2026 (+87% en 5 ans)
23,5 Mcomptes compromis au 1er trimestre 2026
1 366incidents traités par l'ANSSI en 2025
2erang mondial des pays les plus touchés

Après une série de cyberattaques massives contre les fichiers de l'État — du ministère de l'Intérieur à la DGFiP, en passant par l'ANTS et l'Éducation nationale  , l'urgence d'une riposte structurée s'impose. 

Entre 2025 et 2026, la France a enregistré plus de 453 200 atteintes numériques, soit une hausse de 87% en cinq ans, tandis que les exfiltrations de données ont bondi de 51% en un an. 

Face à cette escalade, la création de deux corps d'armée supplémentaires dédiés au cyberespace et à l'espace extra-atmosphérique apparaît comme une nécessité stratégique.




Une série noire sans précédent

Les chiffres récents dressent un tableau alarmant. En 2025, l'ANSSI a traité 1 366 incidents de cybersécurité, un niveau stable mais élevé, avec 3 586 événements de sécurité signalés. 

Pourtant, derrière cette stabilité apparente se cache une aggravation qualitative : 196 exfiltrations de données ont été recensées en 2025, contre 130 en 2024.

Les attaques récentes contre l'État français illustrent cette détérioration :

  • Ministère de l'Intérieur (novembre 2025) : intrusion dans 150 applications policières, dont le TAJ (19 millions de fiches), le FPR et les fichiers Interpol. Un pirate de 22 ans a été arrêté, mais 72 fiches TAJ et 23 fiches de personnes recherchées ont été exfiltrées.
  • ANTS / France Titres (avril 2026) : 11,7 millions de comptes exposés via une faille IDOR, exploitée par un adolescent de 15 ans.
  • DGFiP / FICOBA (février 2026) : 1,2 million de comptes bancaires compromis.
  • Cegedim Santé (février 2026) : 15 millions de patients concernés par une fuite de données médicales.
  • France Travail / Missions Locales (décembre 2025) : 1,6 million de personnes touchées.

Au total, 23,5 millions de comptes ont été compromis au premier trimestre 2026, plaçant la France au deuxième rang mondial des pays les plus touchés par les violations de données, derrière les États-Unis.




L'Éducation nationale : la forteresse aux pieds d'argile

L'Éducation nationale est devenue, en 2026, la cible privilégiée des cybercriminels en France. Trois cyberattaques majeures en moins de six mois ont exposé les données de millions d'élèves, d'enseignants et de personnels, révélant des failles systémiques dans la protection des systèmes d'information du ministère.

Première vague : mars 2026 — 243 000 agents compromis

Le 15 mars 2026, un accès frauduleux via l'usurpation d'un compte externe a permis l'exfiltration des données de 243 000 agents, principalement des enseignants. Les informations volées incluent noms, prénoms, adresses, numéros de téléphone et périodes d'absence, extraites de la base Compas, un logiciel de gestion des ressources humaines dédié aux stagiaires.

Quelques jours plus tard, le 21 mars, le Secrétariat général de l'enseignement catholique subissait une attaque similaire, exposant les données de 1,5 million de personnes : 800 000 élèves et leurs familles, ainsi que 40 000 enseignants.

Deuxième vague : avril 2026 — ÉduConnect piraté

Le 14 avril 2026, le ministère reconnaissait une intrusion via une faille du service ÉduConnect, exploitée fin 2025. 

Les données compromises comprennent noms, prénoms, identifiants ÉduConnect, établissements, classes, adresses e-mail et codes d'activation.

Selon le site French Breaches, le groupe DumpSec annonçait la mise en vente d'une base touchant plus de 3,5 millions d'élèves, avec 7,2 millions de bulletins scolaires et 400 000 rapports ASSR2. Le ministère n'a jamais confirmé ces chiffres, mais reconnaissait une « exfiltration de données personnelles d'élèves ».

Troisième vague : juillet-août 2026 — ZeroBytes frappe fort

Le 17 août 2026, le groupe ZeroBytes — déjà responsable du piratage de la DGFiP   revendiquait le vol de 43 gigaoctets de données auprès de l'Éducation nationale. Selon leurs affirmations, l'intrusion remonterait au 15 juillet 2026 via un accès VPN compromis.




ZeroBytes — l'ampleur de la fuite

  • 346 millions de lignes de données brutes
  • 1,22 million d'élèves distincts
  • 4,35 millions de matricules de personnels (sur 25 ans, depuis 2001)
  • 602 000 comptes académiques
  • 2 500 fichiers répartis entre les académies de Créteil (24 Go), I-Prof (17,8 Go) et les annuaires de Créteil-Versailles (1,6 Go)

Les données exposées incluent identités, coordonnées postales, numéros de téléphone, et pour une partie des personnes, des numéros de Sécurité sociale.

Quelques jours plus tôt, le 31 juillet, une autre intrusion avait déjà été détectée : un compte professionnel usurpé avait permis l'accès aux données de tous les agents ayant exercé en académie depuis 2001, sans que le ministère ne puisse établir une volumétrie précise.

En juin 2026, une fuite supplémentaire concernait 143 472 comptes de la plateforme apps.education.fr, exposant identifiants, noms, prénoms et e-mails professionnels.

Journal de Jacques-Bernard — cohen-hadria.info
fin de la page 1
JBCH RéflexionsCyberdéfense · Page 2/2
Suite et fin du dossier

Deux corps d'armée pour tenir la ligne

10 Mds €coût des cyberattaques pour l'économie française en 2025
1–2 Mds €coût annuel estimé des deux corps d'armée
658agents à l'ANSSI (44,2 M€ hors masse salariale, 2025)
5 000experts à former d'ici 2030
Un secteur structurellement vulnérable

L'Éducation nationale cumule les facteurs de risque :

  • Systèmes vieillissants : de nombreuses applications datent des années 2000, avec des protocoles de sécurité obsolètes.
  • Multiplicité des acteurs : 33 académies, des milliers d'établissements, des sous-traitants multiples, chacun avec ses propres failles.
  • Données massives : le ministère gère les informations de 12 millions d'élèves, 1 million d'enseignants et des centaines de milliers de personnels administratifs.
  • Authentification faible : les comptes ÉduConnect, souvent partagés entre parents et élèves, sont des portes d'entrée faciles pour les attaques par hameçonnage.

En 2025, l'Éducation nationale était le secteur le plus représenté parmi les incidents traités par l'ANSSI : plus d'un tiers des 1 366 cas, majoritairement des compromissions de comptes de messagerie, mais aussi des fuites de données (6%).

Conséquences : une bombe à retardement

Les données volées sont déjà en circulation sur le dark web. Bulletins scolaires, rapports d'évaluation, identifiants de connexion, numéros de Sécurité sociale : autant d'informations qui permettront du harcèlement ciblé, de l'usurpation d'identité, voire du chantage.

Pour les élèves, l'impact psychologique peut être dévastateur. Pour les enseignants, l'exposition de leurs coordonnées personnelles ouvre la porte à des menaces directes. 

Pour l'État, c'est une perte de confiance majeure : comment garantir la sécurité des données quand le ministère chargé de l'avenir de la nation ne parvient pas à protéger ses propres systèmes ?




L'Éducation nationale est en guerre cybernétique. Et pour l'instant, elle perd.
Une doctrine de guerre à réinventer

La guerre cybernétique ne ressemble à aucune autre. Elle est invisible, asymétrique et permanente. Les adversaires — États-nations, groupes criminels organisés, hacktivistes — opèrent sans déclaration de guerre, avec des moyens démultipliés par l'IA et l'automatisation. 

En 2026, l'ANSSI traite désormais plus de 2 500 signalements mensuels d'attaques significatives, soit une augmentation de 67% par rapport à 2024.

Pourtant, les moyens restent insuffisants. L'ANSSI dispose de 658 agents et d'un budget de 44,2 millions d'euros (hors masse salariale) pour 2025, même si le budget global de la cybersécurité française atteint 431 millions d'euros en 2026. 

Face à des adversaires comme la Russie, la Chine ou l'Iran, qui déploient des capacités cyber offensives de niveau militaire, la France accuse un retard structurel.

Deux corps d'armée : une nécessité stratégique

La création de deux corps d'armée supplémentaires — l'un dédié au cyberespace, l'autre à l'espace extra-atmosphérique — s'inscrit dans une logique de souveraineté et de dissuasion. Ces structures devraient :

Missions des deux corps d'armée

  • Centraliser les capacités offensives et défensives : regrouper les compétences du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), de l'ANSSI, de la DGSE et des armées.
  • Développer une doctrine d'engagement : définir les règles d'usage de la force cyber, les seuils de riposte et les capacités de contre-attaque.
  • Former et recruter massivement : créer des filières spécialisées, attirer les talents du privé et former 5 000 nouveaux experts d'ici 2030.
  • Investir dans les technologies de rupture : IA défensive, quantique, satellites de surveillance cyber, boucliers numériques.

Le coût estimé ? Entre 1 et 2 milliards d'euros par an, soit moins de 5% du budget de la défense nationale. 

Un investissement dérisoire au regard des pertes économiques : rien qu'en 2025, les cyberattaques ont coûté plus de 10 milliards d'euros à l'économie française.




Une refonte urgente s'impose

Face à cette hécatombe, les mesures cosmétiques ne suffisent plus. Il faut :

  • Un audit complet de tous les systèmes d'information du ministère de l'Éducation nationale et des autres administrations critiques.
  • Une migration vers des solutions cloud souveraines certifiées par l'ANSSI.
  • Une authentification forte généralisée (biométrie, clés de sécurité).
  • Un plan de formation massif à la cybersécurité pour tous les personnels.
  • Un budget dédié : au moins 500 millions d'euros sur cinq ans pour l'Éducation nationale, soit 1% de son budget.

L'Éducation nationale est en guerre cybernétique. Et pour l'instant, elle perd.

L'heure est grave : la France doit se réveiller

La guerre cybernétique est déjà là. Elle est impitoyable, silencieuse et dévastatrice. Les récentes attaques contre les fichiers de l'État ne sont que les prémices d'un conflit de plus haute intensité. 

Créer deux corps d'armée supplémentaires n'est pas une option, c'est une nécessité vitale.

« La meilleure victoire est de vaincre sans combattre. » — Sun Tzu

Comme le disait Sun Tzu : « La meilleure victoire est de vaincre sans combattre. » Mais pour cela, encore faut-il être en mesure de dissuader. Et aujourd'hui, la France n'en a pas les moyens. Il est temps de se réveiller.




Journal de Jacques-Bernard —  21 Août 2026                           JBCH.info