Le Vietnam, pays de plus de 100 millions d’habitants dirigé par le Parti communiste vietnamien (PCV), a récemment renforcé les pouvoirs de son leader suprême, Tô Lâm (To Lam), âgé de 68 ans, ancien ministre de la Sécurité publique.
Lors du congrès du parti achevé en janvier 2026 (légèrement en avance sur le calendrier), Tô Lâm a été réélu secrétaire général du PCV et a consolidé son emprise en cumulant les rôles clés (il est aussi président de l’État). Cette centralisation du pouvoir, inhabituelle depuis la mort de l’ancien leader Nguyễn Phú Trọng, vise à accélérer les réformes économiques pour relancer la croissance.
Le pays, officiellement communiste, suit depuis les années 1980 une voie de libéralisation économique pragmatique (Đổi Mới), attirant massivement les investissements étrangers, notamment dans l’industrie et la fabrication. Cependant, la bureaucratie lourde, la corruption et les lenteurs freinent le pays.
Tô Lâm promet une « révolution de la simplification » : réduction drastique des contraintes administratives, promotion du secteur privé, numérisation de l’État, attractivité pour les investissements high-tech et innovation, tout en maintenant le contrôle du parti.
Il vise un objectif ambitieux de croissance à 8-10 % par an (contre environ 6-7 % récemment) pour rattraper les « tigres asiatiques » comme la Corée du Sud, en misant sur une population jeune, dynamique et une position stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales (délocalisations depuis la Chine).
Malgré son passé de dur de la sécurité intérieure (campagnes anti-corruption qui ont éliminé des rivaux), Tô Lâm apparaît désormais comme un réformateur économique pressé.
Le congrès a validé une concentration accrue des pouvoirs pour « libérer les forces productives », avec un accent sur la transformation digitale, l’énergie verte et l’attraction de capitaux étrangers.
Dans ce contexte, Tô Lâm a rapidement accepté l’invitation du président américain Donald Trump à participer au « Board of Peace » (ou Gaza Peace Council), un forum/initative lancé par Trump pour la paix et la reconstruction à Gaza. Trump a envoyé une lettre le 16 janvier 2026 à Tô Lâm, qui a répondu positivement presque immédiatement – un geste rare et rapide pour Hanoï.
Le Vietnam y rejoint comme membre fondateur (représenté notamment par le vice-Premier ministre Bùi Thanh Sơn à la signature de la charte).
Cela renforce l’axe États-Unis-Vietnam, déjà stratégique face à la Chine, tout en servant les ambitions économiques et diplomatiques de Tô Lâm : plus de partenariats, investissements et légitimité internationale, malgré le régime communiste autoritaire.
En résumé, le Vietnam reste communiste en façade, mais accélère sous Tô Lâm une transition vers un capitalisme d’État musclé, pragmatique et ambitieux, tout en cultivant des liens étroits avec les États-Unis de Trump pour booster sa résurgence économique
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire