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vendredi 23 octobre 2026

Le préfet et les milices privées ... Incompréhensible ! JBCH N° 2610 - 274

Éditorial

JBCH N° 274.                                             23 octobre 2026



Le dernier rempart de la République

Le préfet de police conseille aux commerçants parisiens de se payer leur propre sécurité. L'État, dans sa capitale, sous-traite sa mission première.

Le préfet de police appelle les commerçants à se protéger eux-mêmes. Dans une lettre officielle adressée à la veille des manifestations du 24 octobre, il leur recommande de recourir à des « agents de sécurité privée », de baisser leurs rideaux, de rentrer tout ce qui pourrait servir de projectile et de fermer plus tôt. 

L'aveu est brutal, à peine voilé. L'État, dans sa capitale, renonce à assurer sa mission première.

La phrase qui dit toutLe dispositif policier « ne peut toutefois garantir à lui seul la protection de chaque établissement ». — Lettre du préfet de police aux commerçants, octobre 2026

La sécurité, fonction régalienne par excellence, est désormais sous-traitée au privé. Rue de Rivoli, boulevard Haussmann, les rideaux baissés témoignent déjà de la peur. Après les pillages du 17 octobre et l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, les commerçants n'attendaient qu'une chose : la protection de la République. 

Ils reçoivent une injonction à se débrouiller. Le préfet a parlé ensuite de « maladresse » et rappelé que leur sécurité relevait « de la responsabilité de l'État ». Trop tard : la vérité avait été écrite noir sur blanc.

Préfecture de police, île de la Cité
La préfecture de police, île de la Cité. D'ici est partie la lettre qui invite les commerçants à se protéger seuls.
Rue de Rivoli, rideaux baissés
Rue de Rivoli. Les jours de manifestation, les arcades se ferment et les vitrines disparaissent derrière le métal.

Un vigile se paie environ vingt-cinq euros de l'heure, un maître-chien près de quarante, pour remplacer ce que l'impôt devrait garantir. C'est le symbole d'une faillite qui ne dit plus son nom. Quand l'État demande aux citoyens de payer deux fois leur sécurité, il avoue son impuissance.

« Quand l'État demande aux citoyens de payer deux fois leur sécurité, il avoue son impuissance. »

La préfecture, débordée, en sous-effectif, s'en remet aux vigiles, et bientôt aux molosses, pour faire ce que les uniformes ne font plus. Demain, ce seront des barricades devant les boutiques et des milices devant les immeubles. 

Paris n'a jamais eu autant besoin d'autorité, et n'en a jamais autant manqué.

Le chien est devenu le dernier rempart de la République.

Sources : lettre du préfet de police Patrice Faure aux commerçants, rapportée par Le Figaro, Boulevard Voltaire et franceinfo (22 octobre 2026). Tarifs indicatifs du marché de la sécurité privée. Photographies : Wikimedia Commons.
© JCBH Réflexions.  Octobre 2026

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