L'amnésie volontaire du pompier pyromane
JBCH N° 276 24 Octobre 2026
En déplacement vendredi soir à Trappes, Emmanuel Macron a voulu frapper fort. Face à l'attaque « terroriste raciste » de ce vendredi, il a parlé d'un « tournant » sans précédent, de la « première fois » qu'un acte terroriste vise à tuer « en raison de la couleur de peau ou de la religion » supposées.
Quelques heures plus tard, l'Elysée a dû nuancer. Rattrapage en catastrophe. Car la phrase était non seulement historiquement fausse, mais politiquement fautive. Une honte préméditée ... Une fin de règne catastrophique et une porte ouverte à la famille Le Pen !
Comment un Président de la République peut-il oublier ?
La liste que vous rappelez dans votre visuel n'est pas une opinion. C'est l'histoire du terrorisme en France depuis 40 ans. Un terrorisme qui a, de tout temps, visé des Français en raison de leur religion supposée ou de leur origine.
Dire que c'est la « première fois », c'est effacer ces morts. C'est les tuer une seconde fois, symboliquement.
La faute politique : la hiérarchie des victimes
Au-delà de l'erreur factuelle, il y a la faute politique. Et elle est grave.
En instaurant un « tournant », Emmanuel Macron crée, qu'il le veuille ou non, une distinction entre les victimes du terrorisme.
Il y aurait d'un côté le terrorisme islamiste, dont on tairait presque le mobile religieux par pudeur républicaine, et de l'autre, le nouveau terrorisme d'extrême-droite, qu'il faudrait sur-qualifier de « raciste ».
Il y aurait les bonnes victimes, celles qui permettent un discours, et les autres, qu'on enterre avec un communiqué.
C'est la méthode du pompier pyromane. Pendant sept ans, le pouvoir a laissé prospérer le communautarisme à Trappes et ailleurs, a fermé les yeux sur l'entrisme, a expliqué que le séparatisme était une construction.
Il a laissé la France se fracturer. Et aujourd'hui, il vient à Trappes jouer les pompiers, en jetant de l'huile sur le feu avec une lecture racialiste de la société française.
Car en parlant de « couleur de peau », le Président de la République importe le vocabulaire américain du wokisme dans la doctrine anti-terroriste française.
La République ne reconnaît pas la couleur de peau. Elle reconnaît des citoyens attaqués pour ce qu'ils sont. Juifs, chrétiens, musulmans, noirs, blancs.
En voulant absolument faire de ce drame un marqueur de son second quinquennat - le « tournant » contre l'extrême-droite -, Macron instrumentalise l'émotion.
Il oublie que la fonction présidentielle est de rassembler les morts, pas de les trier.
Tous les terrorismes qui visent un Français parce qu'il est juif, chrétien, musulman ou noir sont racistes. Tous sont antiterroristes. Il n'y a pas de tournant. Il y a une continuité tragique que ce Président n'a jamais voulu voir.
© JBCH Réflexions Octobre 2026

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire