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dimanche 25 octobre 2026

Le Poison antisémite s'infiltre dans la "Musique" ... JBCH 2610 - 281

 









Kanye West et le retour d'un vieux poison


JBCH N° 281.                                                         25 Octobre 2026

L'actualité de départ, c'est la rupture brutale fin octobre 2022 entre Kanye West, désormais Ye, et tout son écosystème économique : Def Jam, Adidas, Balenciaga, Gap.

En cause, une salve de déclarations antisémites assumées sur X et Instagram. L'affaire rappelle une évidence que l'on préfère oublier : la haine des Juifs ne s'est jamais arrêtée avec la Shoah, elle s'est simplement repliée et elle se glisse encore dans la culture populaire, y compris la chanson.




L'émission de Bertrand Dicale, Ces chansons qui font l'actu, montre que la musique a toujours été un véhicule pour ça, avec ses précautions oratoires habituelles : "je ne suis pas antisémite, mais..." avant de déverser les clichés.

L'exemple central choisi est justement Philippe Clay - Les Juifs - 1975. C'est tout sauf une chanson antisémite. C'est l'inverse. Clay, utilise l'ironie féroce pour démonter le mécanisme de l'antisémitisme éternel.

Il reprend un par un tous les stéréotypes : ils ont l'argent, ils contrôlent tout, on les plaint mais on les jalouse, et il les pousse à l'absurde. 

C'est une chanson au second degré, dans la lignée de la tradition du cabaret rive gauche, qui voulait montrer comment l'antisémitisme se répète toujours de la même façon, perpétuellement résurgent. 

C'est pour ça que Franceinfo la ressort en 2022 face à Kanye West : même mécanique, 47 ans plus tard, oui France Info ... un miracle !

             


La France n'est pas épargnée

Dicale rappelle que si on cherche des contenus antisémites dans la pop culture française, on n'a pas besoin d'aller loin, surtout dans le rap.

L'émission diffuse des extraits de :

Freeze Corleone, Freeze Raël (2020) : le rappeur le plus cité pour des références complotistes et antisémites, avec des allusions aux Rothschild et à Hitler.

La Fouine, TLT (2013) et Doc Gynéco, Dans ma rue (1996) repris par Black M, qui contiennent des punchlines devenues des classiques du genre, souvent banalisées comme "provoc".

Plus ancien, Ray Ventura et ses Collégiens, Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine (1936), repris par Suzanne Dehelly en 1937, chanson légère des années 30 qui véhicule déjà des stéréotypes sur les Juifs, preuve que la chanson de divertissement d'avant-guerre en était imprégnée.

Et à l'opposé, Serge Gainsbourg, Yellow Star (1975) : Juif lui-même, Gainsbourg répond à la haine par une chanson où il revendique l'étoile jaune comme une étoile de shérif.  https://www.youtube.com/watch?v=VQonDPDK-rE




La conclusion de Franceinfo est claire : Kanye West n'est pas un accident isolé. De la chanson comique des années 30 au rap conscient des années 2020, en passant par le cabaret engagé de Philippe Clay, le poison antisémite a toujours trouvé un micro. La différence aujourd'hui, c'est que les marques et les labels coupent, alors qu'avant, on laissait passer au nom de la provocation artistique.



                                     © JBCH Octobre 2026

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