Le français Atlantic avec l'énorme succès de ses pompes à chaleur, a été cédé au duo américano-japonais Paloma Rheem : À quelques jours de Noël 2025, le groupe français Atlantic, fleuron de l’industrie des chaudières et pompes à chaleur, annonce un tournant majeur : la signature d’un accord pour céder une participation majoritaire à Paloma Rheem, un consortium américano-japonais regroupant l’américain Rheem et les japonais Paloma et Fujitsu General.
Datée du 23 décembre, cette opération, évaluée à plus de 3 milliards d’euros, met fin à un feuilleton familial houleux et propulse l’entité dans le top 10 mondial du secteur HVAC (chauffage, ventilation, climatisation), avec un chiffre d’affaires combiné dépassant les 10 milliards d’euros.
Fondé par les familles Kadar et Lamoure, Atlantic – contrôlé à parité (49,9 % chacun) – était miné par des dissensions internes depuis des années. Les Lamoure, décidés à vendre, avaient entamé des négociations avec des fonds d’investissement ou des industriels, mais celles-ci butaient sur le prix ou le pacte d’actionnaires.
Cette impasse pesait sur les salariés, d’autant que le marché des pompes à chaleur, en pleine croissance pour le groupe, subissait un ralentissement. L’arrivée de Paloma Rheem offre une issue : les familles passent la main, tout en gardant une minorité, et l’acheteur s’engage à maintenir le siège en France, préserver les marques et confirmer le management actuel, dirigé par Damien Carroz.
Cette acquisition s’inscrit dans une vague de consolidation mondiale du secteur. Les leaders comme l’allemand Viessmann (racheté par l’américain Carrier en 2024) ou les constructeurs chinois exercent une pression accrue. Paloma Rheem, fort de son empreinte en Amérique du Nord, Europe et Asie, apporte une complémentarité géographique idéale.
“Paloma Rheem a démontré sa capacité à investir durablement et à accorder une large autonomie locale”, souligne Carroz. Le nouvel ensemble pourrait accélérer les ambitions d’Atlantic, comme son récent investissement de 100 millions d’euros dans une usine de pompes à chaleur près de Chalon-sur-Saône, visant à relocaliser la production en France.
Soumise aux approbations réglementaires – y compris le contrôle des investissements étrangers par le gouvernement français –, l’opération est vue avec optimisme par les parties. Bercy, notifié, devrait statuer rapidement. Si validée d’ici mi-2026, elle marquerait un “happy end” pour Atlantic, transformant un conflit interne en alliance stratégique globale.
Pour la France, c’est un signal mixte : perte de contrôle sur un champion national, mais injection de capitaux pour innover face à la transition énergétique. Reste à surveiller l’impact sur l’emploi (Atlantic emploie 10 000 personnes) et la concurrence chinoise. Une page se tourne pour l’industrie tricolore, vers un horizon plus international.
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