L’opération « Spiderweb » marque l’une des actions les plus audacieuses jamais entreprises par les services secrets ukrainiens (SBU). Le 1er juin 2025, plus de 100 drones surgissent de cabines dissimulées sur des camions circulant à l’intérieur de la Russie et frappent simultanément quatre bases aériennes.
En une heure, des dizaines d’appareils militaires russes — dont des bombardiers stratégiques — sont détruits ou gravement endommagés. Cette attaque spectaculaire, fruit de 18 mois de préparation, rehausse considérablement l’image du SBU, longtemps considéré comme un vestige corrompu du KGB.
L’opération prend naissance à l’automne 2023, lorsque le président Zelensky ordonne au chef du SBU, le lieutenant-général Vasyl Maliuk, de neutraliser les avions russes lançant des missiles depuis leur propre territoire. Les premiers projets, consistant à faire passer quelques drones par des agents infiltrés, s’avèrent insuffisants.
Le SBU vise alors plus grand : créer de fausses « cabines préfabriquées » transportées par camion, équipées de toits coulissants, de batteries, de panneaux solaires et capables d’abriter des drones. Ces derniers — de petits quadricoptères capables d’amener quatre livres d’explosifs — sont conçus pour décoller depuis la Russie, voler de manière autonome, puis être pilotés depuis Kyiv en se connectant aux antennes mobiles locales.
Pour exécuter l’opération, le SBU infiltre clandestinement l’équipement en Russie en utilisant les mêmes circuits que les trafiquants qu’il combat habituellement. Au cœur du dispositif : un couple ukrainien installé à Chelyabinsk, l’ex-DJ Artem Tymofeyev et sa femme Kateryna, recrutés après un test au détecteur de mensonges. Ils montent les cabines, assemblent 150 drones dans un entrepôt discret et recrutent des chauffeurs russes sans éveiller de soupçons.
Fin mai 2025, cinq camions quittent Chelyabinsk, ignorant la nature de leur cargaison. Malgré un incident critique — l’ouverture accidentelle du toit d’une cabine — l’opération se poursuit. Le 1er juin à l’aube, quatre camions atteignent leurs points de lancement près des bases russes. Sous les ordres de Maliuk, les pilotes du SBU à Kyiv déclenchent l’ouverture des toits ; 117 drones s’envolent vers leurs cibles. Les frappes provoquent la stupeur des militaires russes et la destruction d’au moins 41 avions selon Kyiv. Deux cabines supplémentaires explosent toutefois prématurément, tuant un chauffeur.
Dès le lendemain, les autorités russes identifient Tymofeyev comme suspect, mais le couple a déjà fui vers le Kazakhstan cinq jours plus tôt.
L’opération Spiderweb, combinant technologie, infiltration, logistique clandestine et audace, devient l’un des symboles de la nouvelle efficacité du renseignement ukrainien, désormais reconnu comme un acteur majeur et innovant dans la guerre. Un énorme camouflet pour le dictateur Poutine
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