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mardi 23 décembre 2025

Jared Kushner est il le nouveau boss des négotiations ? JBCH N° 2512 - 747

Comment Donald Trump a replacé son gendre Jared Kushner au centre des négociations diplomatiques face aux performances médiocres de Steve Witkoff

Dans le second mandat de Donald Trump, entamé en 2025, la diplomatie américaine sur les dossiers les plus épineux: le cessez-le-feu à Gaza et les négociations pour mettre fin à la guerre Russie-Ukraine a initialement reposé sur Steve Witkoff, un magnat de l'immobilier proche de Trump, nommé émissaire spécial sans expérience gouvernementale préalable.


Cependant, face aux difficultés rencontrées par Witkoff, Trump s'est tourné vers son gendre, Jared Kushner, pour renforcer ces efforts, marquant un retour discret mais décisif de ce dernier sur la scène diplomatique.``


Kushner, architecte des Accords d'Abraham lors du premier mandat de Trump, avait initialement choisi de rester en retrait, se concentrant sur ses affaires privées à Miami via sa firme d'investissement Affinity Partners. Il refusait même une implication directe, se contentant d'un rôle informel de conseiller. Pourtant, au fil de l'année 2025, les négociations menées presque seul par Witkoff ont montré leurs limites.



Witkoff, décrit comme un personnage extraverti voyageant en jet privé et louant publiquement Trump, a été critiqué pour son manque d'expérience : diplomates ukrainiens et européens l'ont accusé d'être trop complaisant envers les intérêts russes, mal interprétant les signaux de Moscou et misant excessivement sur des incitations économiques plutôt que sur des concessions territoriales ou sécuritaires.

C'est sur le dossier Gaza que le tournant s'opère. Les efforts de Trump pour un accord de cessez-le-feu patinaient durant l'été 2025. Kushner intervient alors, mobilisant son expérience et ses contacts régionaux issus des Accords d'Abraham. Aux côtés de Witkoff, il contribue à finaliser un plan en 20 points, conclu fin septembre après des discussions intenses autour de l'Assemblée générale de l'ONU. Cet accord, toujours en cours d'application, prévoit une coordination par Kushner et son ancienne équipe. Trump lui-même loue publiquement ce rôle : « Nous amenons toujours Jared quand nous voulons conclure l'accord. Nous avons besoin de ce cerveau de temps en temps », déclare-t-il au Knesset israélien.




À peine ce cessez-le-feu Gaza stabilisé (avec une mise en œuvre fragile de sa seconde phase), Trump sollicite à nouveau Kushner pour le conflit Russie-Ukraine, bloqué malgré les initiatives de la Maison Blanche. Fin 2025, les deux hommes mènent une intense diplomatie à Miami : rencontres avec l'émissaire russe Kirill Dmitriev, l'équipe ukrainienne de Rustem Umerov, et des responsables européens, turcs et qataris. Ces discussions, qualifiées de « productives » par Witkoff, visent à aligner les positions, bien que les avancées restent limitées et que Moscou critique certaines propositions comme « non constructives ».



Ce recours à Kushner reflète une complémentarité perçue au sein du cercle trumpien : l'expérience diplomatique et le réseau de Kushner compensent le style plus transactionnel mais moins crédible de Witkoff aux yeux des partenaires internationaux. Des critiques persistent toutefois, pointant les conflits d'intérêts liés aux investissements moyen-orientaux de Kushner (notamment saoudiens et qataris) et de Witkoff. La Maison Blanche défend ces interventions comme conformes à la loi et essentielles pour des « succès diplomatiques historiques ».

Face aux impasses rencontrées par son émissaire officiel, Trump a replacé Kushner, citoyen privé sans salaire gouvernemental au cœur des négociations les plus délicates, confirmant son statut de « fixer » familial pour les dossiers à haut risque.


Ce duo informel illustre l'approche non conventionnelle de la diplomatie trumpienne en 2025.




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