Pourquoi le sondage IFOP sur l’antisémitisme à l’université gêne-t-il ?
Un sondage commandé par le ministère de l’Enseignement supérieur sur l’antisémitisme dans les universités françaises a été abruptement stoppé, vendredi 28 novembre, après seulement dix jours de diffusion. Pourquoi ?
Cette interruption discrète, sans que personne ne revendique la décision, soulève de nombreuses questions sur les motivations sous-jacentes. Selon certains observateurs, ce questionnaire, élaboré par l’IFOP en collaboration avec le Cevipof de Sciences Po, mettait en lumière des vérités inconfortables : la propagation d’un antisémitisme alimenté par des influences extérieures, notamment des fonds qataris, et amplifié par des mouvements islamistes ainsi que par des formations politiques comme La France Insoumise (LFI).
Un recours devant le Conseil d’État, déposé par des syndicats, la Ligue des droits de l’homme et six enseignants-chercheurs, a accéléré cette fermeture, mais les critiques vont bien au-delà d’une simple querelle méthodologique.
L’enquête, lancée le 18 novembre, visait à interroger les personnels des établissements d’enseignement supérieur, enseignants, chercheurs, administratifs sur leur perception de l’antisémitisme au sein de leurs institutions.
Le ministère avait annoncé ce programme de recherche dès le 29 avril, dans un contexte de tensions croissantes sur les campus français. Les questions portaient non seulement sur les actes antisémites directs, mais aussi sur l’image d’Israël et du conflit israélo-palestinien, ce qui a immédiatement suscité une polémique.
Les présidents d’universités ont refusé de relayer le questionnaire, le jugeant biaisé dans sa conception et ses formulations. « The survey is closed » : ce message laconique apparaît désormais à quiconque tente d’y accéder, laissant planer le mystère sur l’identité du responsable de cette suspension – IFOP, Cevipof ou ministère ? Aucun n’a répondu aux demandes de clarification.
Mais pourquoi ce sondage dérange-t-il à ce point ? Pour ses détracteurs, il s’agirat d’un « fichage » potentiel, risquant de stigmatiser certaines communautés ou opinions politiques.
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