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vendredi 26 décembre 2025

Juda s'approcha face à Joseph ... JBCH N° 2512 - 754

La paracha Vayigach  que l'on va lire demain n’est pas seulement un moment clé du récit biblique ; elle constitue l’un des sommets spirituels de la Torah. « וַיִּגַּשׁ אֵלָיו יְהוּדָה – Juda s’approcha de lui ». Ce rapprochement n’est ni physique ni stratégique : il est intérieur, moral et spirituel


Juda s’avance vers Joseph, mais en réalité il s’avance vers sa propre responsabilité, vers la faute passée et vers la possibilité du tikkoun, la réparation.




Dans la tradition juive, Juda incarne la royauté, non parce qu’il est parfait, mais parce qu’il assume. Il fut acteur de la vente de Joseph ; il aurait pu se taire, se protéger, détourner le regard. 




Or il choisit de parler, de plaider, et surtout de se substituer à Benjamin, devenu un otage. Benjamin n’a rien fait. Il est captif d’un système de pouvoir qui le dépasse. Juda comprend alors que la survie du peuple d’Israël ne dépend pas de la ruse, mais de la capacité à ne pas abandonner un frère.


L’otage, cet épisode est important il évoque une épreuve spirituelle collective; en effet, dans le judaïsme, l’otage n’est jamais un simple enjeu tactique. Le pidyon shvuyim, la libération des captifs, est l’une des plus hautes mitsvot. On s'est est aperçu dans cette guerre qu'ont déclenchée des assassins le 7 Octobre 2023.




La Torah nous enseigne ici que l’otage révèle la vérité morale d’une société. Juda ne négocie pas : il offre sa liberté, sa vie, son avenir. Il répare ainsi la fracture originelle entre les frères.


Cette dimension résonne tragiquement avec l’actualité israélienne. Israël affronte une guerre multi-fronts: militaire, idéologique, sociale, médiatique, juridique, économique dans laquelle la question des otages est devenue le cœur battant de la conscience nationale. 





Comme Benjamin, ils sont innocents, arrachés à leur foyer, violentés, utilisés comme monnaie humaine par des idéologies de mort. Et comme dans Vayigach, c’est toute la nation qui est mise à l’épreuve : que sommes-nous prêts à sacrifier pour les nôtres, sans perdre notre âme ?



Pour Joseph le pardon est un acte de souveraineté spirituelle,  lorsque Joseph se révèle, il ne triomphe pas. Il pleure. Le Zohar (Cabbale) enseigne que ces larmes ne sont pas de faiblesse, mais de transcendance. Joseph comprend que tout ce qu’il a traversé avait un sens plus grand que lui. Il dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais Dieu. » Ce n’est pas une excuse morale, c’est une lecture spirituelle de l’Histoire.


Dans un monde obsédé par la vengeance, Joseph incarne une vérité juive fondamentale : le pardon n’efface pas la faute, mais il empêche le mal de devenir éternel. Il restaure la fraternité non par naïveté, mais parce que sans elle, aucun peuple ne survit.



Israël aujourd’hui est seul face à la tempête;  cette paracha éclaire douloureusement la situation actuelle d’Israël. L’État juif se retrouve, comme Joseph autrefois, seul face à un monde hostile, attaqué sur plusieurs fronts, tout en étant jugé selon des critères que l’on n’applique à aucun autre. L’antisémitisme, ancien et mutant, ressurgit sans masque : dans les rues d’Europe, sur les campus, dans les institutions internationales, dans les médias.


L’Europe, héritière proclamée des Lumières, se montre souvent lâche et amnésique. Elle condamne Israël pour se donner bonne conscience, tout en fermant les yeux sur l’islamisme radical qui gangrène ses propres sociétés. Elle redoute ses banlieues, ses émeutes, ses dépendances énergétiques et financières. La corruption qatarienne, idéologique et économique, infiltre universités, clubs, médias et diplomaties, pendant que l’on exige d’Israël une pureté morale absolue au cœur d’une guerre existentielle.


Fraternité contre idéologie : Vayigach oppose deux visions du monde. D’un côté, la fraternité biblique, imparfaite mais réparable. De l’autre, les idéologies modernes qui sacralisent la mort, l’otage, le mensonge et la victimisation éternelle. Contrairement à l'Islamisme, le judaïsme ne glorifie pas la souffrance : il sanctifie la vie.


Juda nous enseigne que le courage véritable n’est pas de hurler avec la foule, mais de s’avancer, de prendre la parole, d’assumer une responsabilité morale même lorsque le monde détourne le regard. Joseph nous enseigne que la force véritable n’est pas d’écraser l’autre, mais de le relever quand cela est possible, sans jamais renoncer à la vérité.


C'est un message pour notre temps : Vayigach n’est pas une paracha du passé. C’est un miroir pour notre époque. Elle rappelle au peuple juif et donc au monde que la survie ne repose ni sur la force brute seule, ni sur l’approbation des nations, mais sur la fidélité à une éthique millénaire : responsabilité, fraternité, justice et vie.


Dans un monde où la peur gouverne, où l’antisémitisme se recycle sous de nouveaux masques, et où la lâcheté se déguise en prudence diplomatique, Vayigach proclame une vérité intemporelle : un peuple qui ne renonce pas à sa morale, même assiégé, ne sera jamais vaincu, car la Vérité triomphe toujours. 


C'est un appel universel à toutes les Nations : c’est le moment où l’homme cesse de fuir, alors, il se rapproche de la vérité, de l’autre et de lui-même.




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