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vendredi 12 septembre 2025

Boissons sucrées et microbiome Etude du Technion. (FR, EN, ES). JBCH N° 376

Je viens d'apprendre que notre circuit digestif renfermait une intelligence, celle d'éliminer , celle de réguler, celle de dresser les bactéries et enfin encore d'autres facteurs inconnus que nous essayons de comprendre et de maîtriser.



Une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine Ruth et Bruce Rappaport (Technion, Israël), dirigée par la professeure Naama Geva-Zatorsky et comprenant notamment la doctorante Noa Gal-Mandelbaum ainsi que le Smoler Proteomics Center, a récemment publié dans la revue Nature Communications une étude majeure sur le rôle des bactéries intestinales et leur étonnante capacité d’adaptation.



Leur travail met en lumière la manière dont certains composants alimentaires – en particulier le sucre contenu dans les boissons sucrées – modifient la composition et la fonction du microbiome, avec des conséquences directes sur le système immunitaire.


Le microbiome : un écosystème essentiel et dynamique :  L’intestin humain abrite une communauté microbienne foisonnante, souvent comparée à un véritable « zoo intérieur ». Ces micro-organismes, en coévolution avec l’homme depuis des millénaires, assurent des fonctions vitales : digestion des nutriments, protection contre les agents pathogènes, régulation de l’immunité, synthèse de molécules bénéfiques et même détoxification de certaines substances.


Cette flore intestinale n’est pas statique : elle s’adapte constamment aux variations de l’environnement et de l’alimentation. Or, comme l’explique la professeure Geva-Zatorsky, comprendre la plasticité fonctionnelle des bactéries , c’est-à-dire leur capacité à changer rapidement de rôle et de comportement est crucial pour saisir comment nos choix alimentaires influencent notre santé


Le rôle des inversions d’ADN bactérien 

L’équipe s’est particulièrement intéressée à une bactérie intestinale clé, Bacteroides thetaiotaomicron (ou B. theta), connue pour son rôle dans la digestion et la protection immunitaire.


Les chercheurs ont découvert que certaines régions de l’ADN de cette bactérie subissent des inversions rapides, une sorte d’interrupteur génétique permettant à la bactérie de modifier sa production de protéines et, par conséquent, son interaction avec le système immunitaire.




Ce mécanisme est déclenché par l’alimentation, en particulier par la consommation de sucres simples comme le glucose et le saccharose. Chez des souris de laboratoire, la consommation de boissons sucrées a conduit à des modifications mesurables : changements du protéome (ensemble des protéines produites par la bactérie), variations des réponses immunitaires, incluant des réactions parfois pro-inflammatoires, parfois anti-inflammatoires, altération de la population de cellules T et de la sécrétion de cytokines. 

Boissons sucrées et immunité : un effet réversible Les résultats sont clairs : la consommation de sucre blanc a entraîné une reprogrammation fonctionnelle des bactéries, avec des effets immunitaires notables. Toutefois, les chercheurs ont aussi observé que l’arrêt de la consommation de sucre permettait un retour à la normale.


Autrement dit, les bactéries intestinales disposent d’une étonnante souplesse fonctionnelle qui leur permet de s’adapter aux changements alimentaires, mais qui peut aussi fragiliser l’équilibre immunitaire si la consommation de sucres est chronique.




Cette étude souligne la complexité des interactions entre alimentation, microbiome et santé humaine. Elle montre que des choix alimentaires simples – comme limiter les boissons sucrées – peuvent avoir des effets significatifs sur l’équilibre immunitaire.


À terme, ces travaux ouvrent la voie à : des recommandations nutritionnelles personnalisées, adaptées au microbiome de chaque individu, une meilleure compréhension des mécanismes inflammatoires liés à l’alimentation, de nouvelles stratégies pour prévenir certaines maladies métaboliques et immunitaires.



La professeure Geva-Zatorsky résume ainsi la portée de ces résultats :    « Étudier les effets des composants alimentaires sur les fonctions des bactéries intestinales nous rapproche de la possibilité de recommander à chacun une alimentation qui soutienne au mieux son système immunitaire et sa santé globale. »


L’étude israélienne démontre de façon éclatante la plasticité fonctionnelle du microbiome : nos bactéries intestinales sont capables de s’adapter rapidement aux changements alimentaires, mais cette souplesse peut aussi se retourner contre nous en cas de consommation excessive de sucres.

 



La bonne nouvelle est que ces effets sont réversibles : en modifiant notre alimentation, nous pouvons influencer favorablement la composition et le rôle de notre microbiote.


Ainsi, la recherche confirme une intuition ancienne, que partageait déjà Mitra Pareva, 95 ans, interrogée dans le cadre de l’étude : « Le yaourt est bon pour moi. Les premiers aliments sur ma table sont le pain et le yaourt. » La sagesse populaire rencontre ici la science moderne : ce que nous mangeons façonne réellement notre santé.



© 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog,  j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne


🇬🇧 English 


I have just learned that our digestive system harbors an intelligence of its own: the ability to eliminate, to regulate, to train bacteria, and even other unknown factors that we are still trying to understand and master.


A team of researchers from the Ruth and Bruce Rappaport Faculty of Medicine (Technion, Israel), led by Professor Naama Geva-Zatorsky and including doctoral student Noa Gal-Mandelbaum as well as the Smoler Proteomics Center, recently published in Nature Communications a major study on the role of gut bacteria and their astonishing capacity for adaptation.

Their work highlights how certain food components—particularly the sugar found in sweetened drinks—modify the composition and function of the microbiome, with direct consequences on the immune system.


The microbiome: an essential and dynamic ecosystem

The human gut hosts a thriving microbial community, often compared to a real “inner zoo.” These microorganisms, which have co-evolved with humans for millennia, perform vital functions: digestion of nutrients, protection against pathogens, regulation of immunity, synthesis of beneficial molecules, and even detoxification of certain substances.

This intestinal flora is not static: it constantly adapts to changes in the environment and diet. As Professor Geva-Zatorsky explains, understanding the functional plasticity of bacteria—their ability to quickly change role and behavior—is crucial to grasp how our dietary choices influence our health.

The role of bacterial DNA inversions

The team focused on a key gut bacterium, Bacteroides thetaiotaomicron (or B. theta), known for its role in digestion and immune protection.

The researchers discovered that certain regions of this bacterium’s DNA undergo rapid inversions—a kind of genetic switch that allows the bacterium to modify its protein production and, consequently, its interaction with the immune system.

This mechanism is triggered by diet, particularly the consumption of simple sugars such as glucose and sucrose. In laboratory mice, the consumption of sugary drinks led to measurable changes: alterations in the proteome (the set of proteins produced by the bacterium), variations in immune responses (sometimes pro-inflammatory, sometimes anti-inflammatory), and modifications in T cell populations and cytokine secretion.

Sugary drinks and immunity: a reversible effect

The results are clear: the consumption of white sugar caused a functional reprogramming of bacteria, with notable immune effects. However, the researchers also observed that stopping sugar consumption allowed a return to normal.

In other words, gut bacteria have a remarkable functional flexibility that allows them to adapt to dietary changes, but this flexibility can also weaken immune balance if sugar consumption is chronic.

This study highlights the complexity of interactions between diet, microbiome, and human health. It shows that simple dietary choices—such as limiting sugary drinks—can have significant effects on immune balance.

In the long run, this research paves the way for personalized nutritional recommendations tailored to each individual’s microbiome, a better understanding of diet-related inflammatory mechanisms, and new strategies to prevent certain metabolic and immune diseases.

Professor Geva-Zatorsky sums up the significance of these results:

“Studying the effects of food components on the functions of intestinal bacteria brings us closer to the possibility of recommending a diet for each individual that best supports their immune system and overall health.”

The Israeli study brilliantly demonstrates the functional plasticity of the microbiome: our gut bacteria can adapt rapidly to dietary changes, but this flexibility may also work against us when sugar consumption is excessive.

The good news is that these effects are reversible: by changing our diet, we can positively influence the composition and role of our microbiota.

Thus, research confirms an ancient intuition, already expressed by Mitra Pareva, 95, interviewed as part of the study:

“Yogurt is good for me. The first foods on my table are bread and yogurt.”

Here, popular wisdom meets modern science: what we eat truly shapes our health.


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This article is personal; I do not claim to be a scientist, historian, or professional journalist… It is delicate to testify as a layman, but in this blog, I generally share a personal insight inspired by current events and my daily international press review.


🇪🇸 Español


Acabo de enterarme de que nuestro sistema digestivo alberga una inteligencia propia: la de eliminar, la de regular, la de entrenar a las bacterias y, además, otros factores desconocidos que todavía intentamos comprender y dominar.

Un equipo de investigadores de la Facultad de Medicina Ruth y Bruce Rappaport (Technion, Israel), dirigido por la profesora Naama Geva-Zatorsky e integrado también por la doctoranda Noa Gal-Mandelbaum y el Smoler Proteomics Center, publicó recientemente en Nature Communications un estudio fundamental sobre el papel de las bacterias intestinales y su asombrosa capacidad de adaptación.

Su trabajo pone de relieve cómo ciertos componentes alimentarios—en particular el azúcar presente en las bebidas azucaradas—modifican la composición y la función del microbioma, con consecuencias directas sobre el sistema inmunitario.

El microbioma: un ecosistema esencial y dinámico

El intestino humano alberga una comunidad microbiana floreciente, a menudo comparada con un auténtico “zoológico interior”. Estos microorganismos, que han coevolucionado con el ser humano durante milenios, cumplen funciones vitales: digestión de nutrientes, protección frente a patógenos, regulación de la inmunidad, síntesis de moléculas beneficiosas e incluso desintoxicación de ciertas sustancias.

Esta flora intestinal no es estática: se adapta constantemente a los cambios del entorno y de la alimentación. Como explica la profesora Geva-Zatorsky, comprender la plasticidad funcional de las bacterias—es decir, su capacidad para cambiar rápidamente de función y comportamiento—es crucial para entender cómo nuestras elecciones alimentarias influyen en nuestra salud.

El papel de las inversiones del ADN bacteriano

El equipo se centró en una bacteria intestinal clave, Bacteroides thetaiotaomicron (o B. theta), conocida por su papel en la digestión y la protección inmunitaria.

Los investigadores descubrieron que ciertas regiones del ADN de esta bacteria sufren rápidas inversiones, una especie de interruptor genético que le permite modificar su producción de proteínas y, en consecuencia, su interacción con el sistema inmunitario.

Este mecanismo se activa con la alimentación, en particular con el consumo de azúcares simples como la glucosa y la sacarosa. En ratones de laboratorio, el consumo de bebidas azucaradas produjo cambios medibles: alteraciones en el proteoma (conjunto de proteínas producidas por la bacteria), variaciones en las respuestas inmunitarias (a veces proinflamatorias, a veces antiinflamatorias) y modificaciones en la población de células T y en la secreción de citocinas.

Bebidas azucaradas e inmunidad: un efecto reversible

Los resultados son claros: el consumo de azúcar blanco provocó una reprogramación funcional de las bacterias, con efectos inmunitarios notables. Sin embargo, los investigadores también observaron que al dejar de consumir azúcar se producía un retorno a la normalidad.

En otras palabras, las bacterias intestinales poseen una asombrosa flexibilidad funcional que les permite adaptarse a los cambios dietéticos, pero esa misma flexibilidad puede debilitar el equilibrio inmunitario si el consumo de azúcares es crónico.

Este estudio subraya la complejidad de las interacciones entre alimentación, microbioma y salud humana. Demuestra que elecciones alimentarias simples—como limitar las bebidas azucaradas—pueden tener efectos significativos sobre el equilibrio inmunitario.

A largo plazo, estos trabajos abren la puerta a recomendaciones nutricionales personalizadas adaptadas al microbioma de cada individuo, a una mejor comprensión de los mecanismos inflamatorios vinculados a la dieta y a nuevas estrategias para prevenir ciertas enfermedades metabólicas e inmunitarias.

La profesora Geva-Zatorsky resume así el alcance de estos resultados:

«Estudiar los efectos de los componentes alimentarios sobre las funciones de las bacterias intestinales nos acerca a la posibilidad de recomendar a cada persona una dieta que apoye de la mejor manera su sistema inmunitario y su salud global».

El estudio israelí demuestra de forma contundente la plasticidad funcional del microbioma: nuestras bacterias intestinales pueden adaptarse rápidamente a los cambios alimentarios, pero esta flexibilidad también puede volverse en contra nuestra cuando el consumo de azúcar es excesivo.

La buena noticia es que estos efectos son reversibles: modificando nuestra dieta, podemos influir favorablemente en la composición y en el papel de nuestro microbiota.

Así, la investigación confirma una intuición antigua, ya expresada por Mitra Pareva, de 95 años, entrevistada en el marco del estudio:

«El yogur es bueno para mí. Los primeros alimentos en mi mesa son el pan y el yogur».

Aquí la sabiduría popular se encuentra con la ciencia moderna: lo que comemos realmente moldea nuestra salud.


© 2025 JBCH. Todos los derechos reservados. Prohibida la reproducción del texto sin autorización.


Este artículo es personal; no pretendo ser científico, historiador ni profesional del periodismo… Es delicado dar testimonio como profano, pero en este blog, generalmente expreso una reflexión personal inspirada por la actualidad y mi revisión diaria de la prensa internacional.


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