Les Chinois nous attaquent ... Ce n'est pas une guerre conventionnelle, mais une guerre hybride commerciale. Dans 5 ans, 30% des voitures européennes seront chinoises, les succès fulgurants des ventes de BYD, GEELY, GWM-VOLVO/LOTUS, SAIC-MG, CHERY, NIO, XPENG, LIAUTO, vont se ruer sur ce marché européen, trop ankylosé dans les normes et les incertitudes des recommandations écologiques européennes.
La tentative de prise de contrôle indirecte de Fnac Darty par JD.com, via le rachat de Ceconomy, n’est pas une simple opération financière. Elle s’inscrit dans une recomposition mondiale du commerce et soulève de profondes interrogations sur la souveraineté économique, le rôle des capitaux étrangers dans les entreprises stratégiques et l’avenir du commerce de détail européen.
JD.com, géant de l’e-commerce chinois avec un chiffre d’affaires colossal, cherche à diversifier ses relais de croissance hors de Chine, confrontée à un ralentissement de la consommation intérieure et à des tensions avec les États-Unis.
L’Europe apparaît comme un terrain fertile : un marché fragmenté, où des distributeurs traditionnels peinent à rivaliser avec Amazon et où les consommateurs recherchent des alternatives crédibles. Contrairement à d’autres acteurs chinois comme Alibaba, Temu ou Shein, JD.com ne veut pas rester cantonné au commerce en ligne. Son ambition est claire : établir une présence physique via un réseau de magasins et se positionner sur une offre plus haut de gamme.
En rachetant Ceconomy – propriétaire des enseignes MediaMarkt et Saturn et deuxième actionnaire de Fnac Darty – JD.com se rapproche mécaniquement du capital du distributeur français. Si l’opération aboutit, il deviendra le deuxième actionnaire derrière l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. À terme, une OPA directe sur Fnac Darty n’est pas à exclure, ce qui ferait basculer une entreprise française emblématique sous pavillon chinois.
L’inquiétude exprimée par Bercy est compréhensible. L’arrivée de JD.com pourrait bouleverser l’écosystème industriel européen. Fnac Darty, acteur clé dans la distribution d’électroménager et de produits culturels, pourrait voir ses rayons se remplir de marques chinoises cherchant à écouler leur production hors de leur marché domestique.
Cette évolution fragiliserait des champions européens comme SEB, Miele ou Bosch, déjà confrontés à une concurrence mondiale exacerbée. Le risque n’est pas seulement commercial : c’est toute une chaîne de valeur industrielle européenne qui pourrait être mise en péril.
HAIER, INSENSE, MIDEA et GREE Electric prendraient une telle part de marché qu'aucun fabricant européen ne pourraient survivre !
Le cas Fnac Darty révèle un paradoxe. Juridiquement, la distribution non alimentaire n’est pas considérée comme un secteur stratégique, contrairement à la santé ou à la défense. Pourtant, la Fnac dépasse largement le simple statut de distributeur : elle incarne un pan de la culture française, un lieu de diffusion du savoir, de la musique, de la littérature et de l’innovation technologique et surtout un modèle social initié par ses créateurs Max Théret et André Essel et pour Darty : Nathan, Marcel et Bernard Darty.
Laisser un géant étranger en prendre le contrôle, même partiel, reviendrait à affaiblir un symbole national.
Le gouvernement français avait déjà bloqué en 2021 le rachat de Carrefour par le groupe canadien Couche-Tard au nom de la souveraineté alimentaire. Dans le cas de Fnac Darty, l’argument est plus complexe, mais non moins pertinent : la souveraineté ne se limite pas à l’alimentation ou à la défense. Elle englobe aussi la capacité d’un pays à protéger ses acteurs économiques et culturels de premier plan.
Cependant, il serait simpliste de ne voir dans JD.com qu’une menace. Son arrivée pourrait aussi constituer une opportunité pour Fnac Darty, un acteur fragilisé face à Amazon. Le soutien financier et technologique d’un géant mondial permettrait d’accélérer la transformation numérique de l’enseigne, de renforcer sa logistique et de consolider sa présence européenne. Dans un marché dominé par les mastodontes américains, un partenariat avec un acteur asiatique pourrait peut-être offrir une alternative et un équilibre.
Mais cette opportunité a un prix : celui de la dépendance. Une fois Fnac Darty intégrée dans l’écosystème de JD.com, la France perdrait toute maîtrise de sa stratégie à long terme. Les décisions clés ne seraient plus prises à Paris, mais à Pékin. Les marges de manœuvre pour préserver l’identité culturelle et industrielle de l’entreprise s’en trouveraient considérablement réduites. Quant aux 30 000 employés du groupe, on aurait raison d'être pessimistes et de s'inquiéter
Après le rachat du géant allemand Media Markt, l’affaire Fnac Darty illustre un dilemme auquel l’Europe sera de plus en plus confrontée : faut-il accepter l’ouverture des capitaux étrangers pour renforcer la compétitivité de ses entreprises, ou bien instaurer une protection stricte au nom de la souveraineté économique et culturelle ? Le cas présent met en lumière l’urgence de définir une stratégie européenne cohérente face aux appétits des géants mondiaux, qu’ils soient américains ou chinois.
En définitive, la question dépasse le simple destin de Media-Markt, Fnac Darty. Elle touche à la capacité de la France et de l’Europe à défendre leurs champions économiques et culturels, à préserver leur autonomie industrielle et à choisir leur propre modèle de développement dans une mondialisation de plus en plus asymétrique.
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog, j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et la lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
English
The Chinese are attacking us… This is not a conventional war, but a hybrid commercial war. In five years, 30% of European cars will be Chinese. The meteoric sales successes of BYD, GEELY, GWM-VOLVO/LOTUS, SAIC-MG, CHERY, NIO, XPENG, and LIAUTO will flood the European market, which remains bogged down in regulations and uncertainties from European ecological recommendations.
In commerce, the Chinese already dominate e-commerce with Shein, AliExpress, Temu… They are now targeting our retail stores, easy prey, which would naturally become outlets for Chinese products in appliances and, soon, in all sectors.
Long leaders in global distribution, the French, facing AMAZON and the Chinese, did not anticipate the danger… and risk paying dearly.
JD.com’s attempt to take indirect control of Fnac Darty through the acquisition of Ceconomy is not a simple financial operation. It is part of a global reorganization of commerce and raises deep questions about economic sovereignty, the role of foreign capital in strategic companies, and the future of European retail.
JD.com, a Chinese e-commerce giant with colossal revenue, seeks to diversify its growth outside China, which faces a domestic consumption slowdown and tensions with the United States.
Europe appears as fertile ground: a fragmented market where traditional distributors struggle to compete with Amazon and consumers are looking for credible alternatives. Unlike other Chinese players such as Alibaba, Temu, or Shein, JD.com does not want to remain confined to online commerce. Its ambition is clear: to establish a physical presence through a network of stores and position itself in a higher-end segment.
By acquiring Ceconomy—owner of MediaMarkt and Saturn and second shareholder of Fnac Darty—JD.com moves mechanically closer to the capital of the French retailer. If the deal succeeds, it will become the second-largest shareholder behind Czech businessman Daniel Kretinsky. Eventually, a direct takeover of Fnac Darty cannot be ruled out, potentially bringing an iconic French company under Chinese control.
The concern expressed by Bercy is understandable. JD.com’s arrival could disrupt the European industrial ecosystem. Fnac Darty, a key player in appliance and cultural product distribution, could see its shelves filled with Chinese brands looking to sell their production outside their domestic market.
This development would weaken European champions like SEB, Miele, or Bosch, already facing fierce global competition. The risk is not only commercial: an entire European industrial value chain could be threatened.
HAIER, INSENSE, MIDEA, and GREE Electric could take such a market share that no European manufacturer could survive!
The Fnac Darty case reveals a paradox. Legally, non-food retail is not considered a strategic sector, unlike health or defense. Yet Fnac goes far beyond a simple distributor: it embodies a part of French culture, a place for knowledge, music, literature, technological innovation, and especially a social model initiated by its founders Max Théret and André Essel, and for Darty: Nathan, Marcel, and Bernard Darty.
Allowing a foreign giant to take control, even partially, would weaken a national symbol.
The French government already blocked in 2021 the acquisition of Carrefour by Canadian group Couche-Tard in the name of food sovereignty. In the case of Fnac Darty, the argument is more complex, but no less relevant: sovereignty is not limited to food or defense. It also encompasses the ability of a country to protect its leading economic and cultural actors.
However, it would be simplistic to view JD.com solely as a threat. Its arrival could also be an opportunity for Fnac Darty, a player weakened by Amazon. The financial and technological support of a global giant could accelerate the digital transformation of the retailer, strengthen logistics, and consolidate its European presence. In a market dominated by American giants, a partnership with an Asian player could offer an alternative and balance.
But this opportunity comes at a price: dependence. Once Fnac Darty is integrated into JD.com’s ecosystem, France would lose all control over its long-term strategy. Key decisions would no longer be made in Paris, but in Beijing. The leeway to preserve the company’s cultural and industrial identity would be greatly reduced. As for the 30,000 employees of the group, concern and pessimism are understandable.
After acquiring the German giant MediaMarkt, the Fnac Darty case illustrates a dilemma Europe will increasingly face: should foreign capital be allowed to strengthen company competitiveness, or should strict protection be enforced in the name of economic and cultural sovereignty? This case highlights the urgent need to define a coherent European strategy in the face of global giants’ appetites, whether American or Chinese.
Ultimately, the question goes beyond MediaMarkt or Fnac Darty. It concerns France’s and Europe’s ability to defend their economic and cultural champions, preserve industrial autonomy, and choose their own development model in an increasingly asymmetrical globalization.
Spanish
Los chinos nos atacan… Esto no es una guerra convencional, sino una guerra híbrida comercial. En cinco años, el 30 % de los coches europeos serán chinos. Los éxitos fulgurantes en ventas de BYD, GEELY, GWM-VOLVO/LOTUS, SAIC-MG, CHERY, NIO, XPENG y LIAUTO inundarán el mercado europeo, demasiado rígido por las normas y las incertidumbres de las recomendaciones ecológicas europeas.
En el comercio, los chinos ya dominan el e-commerce con Shein, AliExpress, Temu… Ahora se están dirigiendo a nuestras tiendas minoristas, presas fáciles, que serían un canal natural para los productos chinos en electrodomésticos y, pronto, en todos los sectores
Durante mucho tiempo líderes mundiales en distribución, frente a AMAZON y los chinos, los franceses no vieron venir el peligro… y podrían pagarlo caro.
El intento de toma de control indirecta de Fnac Darty por JD.com, a través de la adquisición de Ceconomy, no es una simple operación financiera. Forma parte de una reorganización mundial del comercio y plantea profundas cuestiones sobre la soberanía económica, el papel del capital extranjero en empresas estratégicas y el futuro del comercio minorista europeo.
JD.com, gigante chino del comercio electrónico con ingresos colosales, busca diversificar sus fuentes de crecimiento fuera de China, que enfrenta una desaceleración del consumo interno y tensiones con Estados Unidos.
Europa se presenta como un terreno fértil: un mercado fragmentado donde los distribuidores tradicionales luchan por competir con Amazon y los consumidores buscan alternativas creíbles. A diferencia de otros actores chinos como Alibaba, Temu o Shein, JD.com no quiere limitarse al comercio online. Su ambición es clara: establecer presencia física mediante una red de tiendas y posicionarse en un segmento más alto.
Al adquirir Ceconomy, propietario de MediaMarkt y Saturn y segundo accionista de Fnac Darty, JD.com se acerca mecánicamente al capital del minorista francés. Si la operación tiene éxito, se convertirá en el segundo accionista detrás del empresario checo Daniel Kretinsky. A la larga, no se puede descartar una OPA directa sobre Fnac Darty, lo que pondría una empresa emblemática francesa bajo control chino.
La preocupación expresada por Bercy es comprensible. La llegada de JD.com podría alterar el ecosistema industrial europeo. Fnac Darty, actor clave en la distribución de electrodomésticos y productos culturales, podría ver sus estantes llenos de marcas chinas que buscan vender fuera de su mercado doméstico.
Esta evolución debilitaría a campeones europeos como SEB, Miele o Bosch, ya enfrentando fuerte competencia global. El riesgo no es solo comercial: toda una cadena de valor industrial europea podría estar en peligro.
HAIER, INSENSE, MIDEA y GREE Electric podrían tomar tal cuota de mercado que ningún fabricante europeo podría sobrevivir.
El caso Fnac Darty revela una paradoja. Legalmente, la distribución no alimentaria no se considera estratégica, a diferencia de la salud o la defensa. Sin embargo, Fnac va mucho más allá de un simple distribuidor: encarna parte de la cultura francesa, un lugar de difusión del conocimiento, la música, la literatura, la innovación tecnológica y, sobre todo, un modelo social iniciado por sus fundadores Max Théret y André Essel, y para Darty: Nathan, Marcel y Bernard Darty.
Permitir que un gigante extranjero tome el control, aunque sea parcial, equivaldría a debilitar un símbolo nacional.
El gobierno francés ya bloqueó en 2021 la adquisición de Carrefour por el grupo canadiense Couche-Tard en nombre de la soberanía alimentaria. En el caso de Fnac Darty, el argumento es más complejo, pero no menos relevante: la soberanía no se limita a la alimentación o la defensa. También abarca la capacidad de un país para proteger a sus actores económicos y culturales de primer nivel.
Sin embargo, sería simplista ver en JD.com solo una amenaza. Su llegada también podría ser una oportunidad para Fnac Darty, un actor debilitado frente a Amazon. El apoyo financiero y tecnológico de un gigante mundial podría acelerar la transformación digital del minorista, fortalecer la logística y consolidar su presencia europea. En un mercado dominado por gigantes estadounidenses, una asociación con un actor asiático podría ofrecer una alternativa y equilibrio.
Pero esta oportunidad tiene un precio: la dependencia. Una vez que Fnac Darty esté integrada en el ecosistema de JD.com, Francia perdería todo control sobre su estrategia a largo plazo. Las decisiones clave ya no se tomarían en París, sino en Pekín. El margen para preservar la identidad cultural e industrial de la empresa se reduciría considerablemente. En cuanto a los 30.000 empleados del grupo, es comprensible preocuparse y ser pesimista.
Tras la adquisición del gigante alemán MediaMarkt, el caso Fnac Darty ilustra un dilema al que Europa se enfrentará cada vez más: ¿debería permitir la entrada de capital extranjero para reforzar la competitividad de sus empresas, o imponer una protección estricta en nombre de la soberanía económica y cultural? Este caso destaca la urgencia de definir una estrategia europea coherente frente al apetito de los gigantes mundiales, sean estadounidenses o chinos.
En definitiva, la cuestión va más allá de MediaMarkt o Fnac Darty. Toca la capacidad de Francia y Europa de defender a sus campeones económicos y culturales, preservar la autonomía industrial y elegir su propio modelo de desarrollo en una globalización cada vez más asimétrica.
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