Vayele’h : une lecture méditative pour la nouvelle année
La paracha Vayele’h se lit au seuil de la nouvelle année juive, à un moment où chacun se tient entre passé et avenir, entre mémoire et recommencement. C’est la plus courte paracha de la Torah, mais peut-être aussi l’une des plus denses, comme si la brièveté du texte portait l’essentiel : la transmission, la responsabilité et le retour.
Moïse, au soir de sa vie, confie son peuple à Josué. Cette scène n’est pas seulement une succession politique, c’est un passage spirituel. Elle rappelle à chacun de nous que nous ne sommes pas éternels, mais que ce qui nous dépasse peut continuer à vivre à travers ceux qui nous suivent. La véritable grandeur du chef — souligne Delphine Renard — ne réside pas seulement dans la force ou l’autorité, mais dans la capacité à reconnaître la singularité de chaque être, à voir en chacun une étincelle unique. C’est peut-être là le plus beau legs de Moïse : transmettre une Loi universelle, mais adressée à chaque visage particulier.
Vient ensuite cette formule bouleversante : « La Torah n’est pas au ciel ». Elle n’est pas enfermée dans un absolu inaccessible. Elle est déposée dans les mains de l’homme, dans son cœur et dans sa bouche. Cela signifie que la relation avec le divin ne se joue pas dans une abstraction lointaine, mais dans la responsabilité quotidienne, dans nos choix, dans nos paroles. Comme l’écrit Mikhael Benadmon, c’est le fondement même d’une foi non-dogmatique, vivante, ouverte au débat, toujours en mouvement
La haftara prolonge ce message dans l’esprit de Tichri : la techouva, le retour, n’est pas unilatéral. L’homme revient vers Dieu, mais Dieu aussi revient vers l’homme. Ce double mouvement invite chacun à sentir que dans l’effort de revenir à soi, à sa vérité, à ses responsabilités, une lumière supérieure nous rejoint et nous élève. Et à Yom Kippour, ce geste rare de se prosterner face contre terre exprime l’abandon de l’ego et la reconnaissance humble de notre condition. Mais il ne s’agit pas d’humiliation : il s’agit d’une ouverture totale pour accueillir le souffle nouveau d’une année qui commence.
Ainsi, Vayele’h nous enseigne que le temps n’est pas une répétition circulaire mais une spirale : chaque année nous ramenons les mêmes textes, les mêmes fêtes, mais nous les vivons autrement, enrichis par l’expérience. C’est ce mouvement qui fait de la fidélité non pas un enfermement, mais un chemin de croissance.
En ce début d’année, cette paracha nous invite à porter le regard à la fois en arrière et en avant : se souvenir de nos héritages, accepter la responsabilité présente, et marcher vers l’avenir avec courage et confiance.
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé
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