J'ai visité ce pays en 1973, à travers une frontière fermée pour cause de "Guerre du Fer" entre la Haute Volta (Burkina Faso) et le Mali.
Première constatation les russes avaient déjà occupé le pays sous le Pt Modibo Keita, et j'étais surpris que contrairement à la Côte d'Ivoire, de la Guinée et de la Haute Volta, de voir que les routes étaient goudronnées, héritage des soviétiques.
Mais ce magnifique pays semblait endormi, après des années de dictatures, l'armée et la Police m'ont semblé arrogants , prétentieux , roulant des mécaniques sans en avoir le pouvoir .
Du départ de la France à la menace jihadiste sur Bamako, au retrait français succède l'arrivée des mercenaires russes. C'est une faillite totale du Président Macron et de son bien aimé Quai d'Orsay vieillissant et stupide, Le jeu de dominos a commence ce jour, Le Burkina Faso, Le Niger, Le Tchad, ont renvoyé manu militari les soldats français.
Le Mali traverse alors une période de profonde instabilité depuis le retrait des forces françaises en 2022, marquant la fin de l'opération Barkhane.
La France, qui avait joué un rôle clé dans la lutte contre les groupes jihadistes depuis 2013, a été remplacée par des mercenaires du groupe Wagner, rebaptisé Afrika Korps sous l'égide du gouvernement russe de Vladimir Poutine.
Ces troupes, financées par le Kremlin, ont saisi l'opportunité pour s'impliquer dans l'exploitation illégale des mines d'or maliennes, un secteur vital pour l'économie du pays. Parallèlement, elles ont adopté une posture agressive, qualifiée de "cow-boy" par certains observateurs, avec des exactions contre les populations civiles maliennes, incluant des tueries indiscriminées.
Cette présence russe s'inscrit dans une guerre hybride orchestrée par Moscou : utilisation de faux e-mails de désinformation, diffusion de propagande via Russia Today, et soutien logistique et financier aux militaires putschistes menés par le général Assimi Goïta.
Cependant, malgré ces appuis, l'Afrika Korps a échoué lamentablement dans sa mission principale : la lutte contre les islamistes. Aujourd'hui, ces derniers, regroupés au sein du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), filiale sahélienne d'Al-Qaïda dirigée par Iyad Ag Ghali, mènent un siège virtuel sur Bamako, asphyxiant l'économie malienne et menaçant la stabilité du régime.
On assiste à une évolution significative dans les tactiques du GSIM : le jihad n'est plus seulement idéologique ou militaire, mais bel et bien économique. Le 3 septembre 2025, le groupe a annoncé un blocus sur les villes stratégiques de Kayes et Nioro-du-Sahel, dans l'ouest du Mali, interdisant l'entrée de carburant en provenance des pays voisins – Mauritanie, Sénégal, Guinée et Côte d'Ivoire. Cette mesure, inédite dans cette région, vise directement le "Mali vert", abritant la majorité des mines d'or et servant de corridor vital pour les importations dans un pays enclavé.
Dans les jours suivants, les actions concrètes ont suivi : incendie de camions-citernes, enlèvements temporaires de routiers sénégalais (libérés après 48 heures), blocage temporaire de la route Bamako-Ségou, et attaques contre les bus de la compagnie Diarra Transport, accusée de collusion avec la junte de Goïta, forçant cette dernière à suspendre ses opérations.
Le 13 et 14 septembre, des dizaines d'autres camions ont été brûlés sur l'axe Kayes-Bamako, malgré les escortes militaires. Ces opérations s'inscrivent dans une offensive plus large lancée le 1er juillet, avec des attaques simultanées sur plusieurs localités et camps militaires, dont Kayes et le poste-frontière de Diboli. Des entreprises étrangères, notamment chinoises et indiennes, ont été visées, avec des enlèvements d'employés, décourageant les investissements et accentuant l'insécurité économique.
L'objectif est clair : affaiblir la junte en perturbant la route Dakar-Bamako, principal axe d'approvisionnement, et en imposant des taxes illégales via des barrages improvisés. Par le passé, le GSIM avait déjà "blocusé" des zones du nord et du centre, mais l'extension à l'ouest marque un "point de bascule", selon Jean-Hervé Jézéquel de l'International Crisis Group. Si cette région devient un nouveau foyer insurrectionnel, la situation pourrait devenir intenable pour Bamako, déjà sous pression dans ses théâtres nord et centraux.
La réaction de la junte a été tardive et mitigée, reflétant les limites d'un régime militairement focalisé sur le nord. Le 8 septembre, le colonel major Souleymane Dembélé, porte-parole de l'armée, a minimisé la menace en qualifiant le blocus de "propagande", attribuant les perturbations à la saison des pluies et à un accident de route.
Pourtant, le lendemain, le général Goïta présidait un conseil national de défense sur la "situation sécuritaire", lançant une opération de sécurisation des axes routiers (RN1 et RN3 vers Kayes et Nioro). Les Forces armées maliennes (FAMa) ont escorté des convois civils, et le 11 septembre, l'état-major a revendiqué des frappes aériennes "réussies" contre des positions jihadistes à Kayes, Yélimané et Nioro-du-Sahel, affirmant avoir "anéanti" des dizaines de combattants et leurs stocks logistiques.
Malgré ces annonces, des doutes persistent. Un officier malien anonyme confie que les militaires sont "démoralisés" et "ne veulent plus se battre". Depuis le second coup d'État de mai 2021, les généraux souverainistes ont priorisé la reconquête du septentrion, déployant la majorité de leurs moyens et supplétifs russes là-bas. Cette focalisation a permis un pied dans le Nord, mais au prix d'un Sud qui leur échappe désormais, comme le note une source sécuritaire occidentale. Les distances immenses du Mali rendent impossible un contrôle total, et l'adaptation à cette nouvelle mission – sécurisation économique – épuise des ressources déjà tendues.
Le contexte politique aggrave la crise : prolongation de cinq ans du mandat de Goïta sans élections, incarcération des ex-Premiers ministres Moussa Mara et Choguel Maïga, et une "tentative de déstabilisation" déjouée mi-août. Sur le plan économique, les effets du blocus restent limités pour l'instant – pas de pénurie à Bamako, prix stables –, mais l'inquiétude grandit. Le secteur de l'énergie est particulièrement vulnérable : l'électricité dépend majoritairement de centrales à fioul, et une raréfaction du carburant pourrait relancer la grogne sociale, après les crises de 2023-2024 qui ont paralysé les entreprises.
L'escalade dans l'ouest malien illustre l'échec patent de l'Afrika Korps russe, qui, malgré son soutien hybride à la junte, n'a pas su contrer l'avancée jihadistes. Les mercenaires, plus intéressés par l'or que par la sécurité, ont laissé un vide que le GSIM exploite habilement, transformant le jihad en outil économique pour asphyxier Bamako. La capitale est virtuellement assiégée : perturbations logistiques, menaces sur l'énergie, et une armée démoralisée qui peine à tenir tous les fronts.
Pourtant, le GSIM lui-même fait face à des défis : maintenir cette stratégie sans perdre du terrain au nord et au centre. Si Bamako bascule, cela pourrait précipiter la chute de Goïta, ouvrant la porte à une déstabilisation régionale plus large, affectant le Sahel entier.
Le Mali, abandonné par ses alliés traditionnels et piégé par des partenaires opportunistes, appelle à une réflexion internationale urgente sur une approche multidimensionnelle – sécuritaire, économique et politique – pour briser ce mauvais tour. L'afrique va mal, les Russes désertent Les Iraniens, les Turcs et les Chinois avancent leurs pions.
L'Afrique que je pensais être au premier rang de l'économie mondiale de par ses richesses, s'est perdu par la corruption à tous les niveaux, au manque de maturité de ses dirigeants, et aux amiytiés intéréssées et malsaines. Il va falloir du temps, beaucoup de temps pour remonter la pente ! Il faudra aussi éliminer les forces djiadistes comme Boko Haram et toutes autres nébuleuses islamistes.
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée.
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