Rechercher dans ce blog

dimanche 14 septembre 2025

Connaissez vous cette héroine : Catherine Perez Shakdam ? (FR, EN, ES). JBCH N° 387


Il y a dans le monde des aventurières devenues exploratrices, comme Alexandra David-Néels au Tibet, ou espionne comme Mata Hari, mais j'ignorais jusqu'à présent l'existence de Catherine Perez-Shakdam. qui a permis en patité l'éclatante victoire d'Israël sur l'Iran de la guerre des 12 jours 


Le parcours de Catherine Perez-Shakdam intrigue et divise. Née à Paris dans une famille juive laïque, petite-fille de rescapés de la Shoah, elle affirme avoir consacré une grande partie de sa vie à dissimuler sa véritable identité afin d’approcher les élites du monde chiite et, en particulier, du régime iranien. 


Mariée jeune à un Yéménite radical rencontré à la London School of Economics, elle s’installe au Yémen, au contact des Houthis, et commence à publier des analyses politiques critiques de l’Occident et favorables à « l’axe de la résistance ». Ces prises de position lui ouvrent progressivement les portes des médias iraniens conservateurs et des cercles de pouvoir chiites.



Dès 2017, elle obtient un scoop exceptionnel : une interview avec Ebrahim Raïssi, alors chef de la Cour suprême et futur président de la République islamique, mort en 2024 dans un accident d’hélicoptère. Elle raconte aussi avoir rencontré en privé Ali Khamenei, le Guide suprême, et côtoyé Qassem Soleimani, chef des forces Al-Qods, ou encore des responsables du Hamas et du Hezbollah. Son atout n’était pas la maîtrise du farsi – elle admet n’en connaître que quelques mots – mais sa capacité à épouser la rhétorique islamiste et à jouer un rôle de « passerelle avec l’Occident », que Téhéran cherchait à comprendre et séduire.


Cette proximité suscite aujourd’hui des interrogations : opportuniste médiatique ou véritable taupe du Mossad ? Elle-même entretient le doute, ne confirmant ni n’infirmant l’idée qu’elle aurait transmis à Israël des informations décisives ayant permis, en juin 2025, l’élimination de plusieurs hauts responsables militaires et scientifiques iraniens liés au programme nucléaire. Sa trajectoire rappelle celle d’Eli Cohen, le célèbre espion israélien infiltré en Syrie dans les années 1960, comparaison qu’elle accueille avec un sourire énigmatique.

Au fil de son récit, elle revendique une mission : pénétrer la République islamique pour mieux la détruire. Elle explique avoir gagné la confiance non seulement des dirigeants mais aussi de leurs épouses, utilisant son intelligence sociale et ses talents de communicante plus que des moyens spectaculaires. Certains détracteurs l’accusent de s’être servie de son charme pour obtenir des confidences ; elle rétorque qu’elle avait « d’autres atouts », notamment sa faculté à adopter les codes d’un milieu qu’elle juge « binaire », où il suffit de dire ce que l’autre veut entendre.





En 2021, coup de théâtre : elle révèle publiquement son identité juive et son engagement sioniste dans la presse israélienne. Ses articles disparaissent des médias iraniens, Ahmadinejad se moque de Raïssi « tombé dans le piège d’une espionne sioniste », et la légende prend forme. Depuis, installée à Londres, Catherine Perez-Shakdam s’est muée en militante pro-israélienne active, dirigeant un think tank et contribuant à la décision britannique de classer Palestine Action comme organisation terroriste en juillet 2025.




Le cas de Catherine Perez-Shakdam illustre à la fois les failles du régime iranien et les ambiguïtés du monde du renseignement. Comment une étrangère, ne parlant pas la langue et sans mission officielle connue, a-t-elle pu graviter si près des cercles de pouvoir d’un État réputé paranoïaque ? Sa réussite, réelle ou exagérée, met en lumière la naïveté de Téhéran, toujours avide de légitimité internationale et prêt à instrumentaliser des voix étrangères qui semblent valider sa propagande.



Elle-même reconnaît avoir brouillé les frontières entre vérité et rôle, jusqu’à parfois ne plus savoir qui elle était vraiment. Comme beaucoup d’agents ou d’analystes, elle a joué de l’ambiguïté, suivant la maxime de John le Carré : « les bons agents ne mentent jamais vraiment, ils racontent des vérités qu’ils ont désapprises. »




Aujourd’hui, son image oscille entre plusieurs représentations :


  • Espionne de génie qui aurait contribué à affaiblir l’appareil sécuritaire iranien ;
  • Agent double ou simple opportuniste qui a exploité son accès médiatique ;
  • Femme en quête de rédemption personnelle, après un mariage vécu comme une trahison de ses racines.



Quoi qu’il en soit, le simple doute suffit à renforcer son aura. Sa légende s’alimente autant de faits réels que d’exagérations relayées par les réseaux sociaux et les cercles pro-israéliens. Pour le régime iranien, déjà sur la défensive après les frappes israéliennes contre ses infrastructures nucléaires, son histoire représente une humiliation symbolique : avoir été berné non pas par une armée ou un drone, mais par une femme seule, habile à manier l’image et le discours.




J'ai analysé ce parcours inouï, et exceptionnel, Catherine Perez-Shakdam est moins une héroïne d’espionnage à la James Bond qu’un symbole hybride : celui de la guerre de l’information et de l’influence, où la capacité à incarner un rôle, à semer le doute et à manipuler les récits compte autant que les faits eux-mêmes. 

Son existence même, entre réalité et mythe, reflète les nouvelles formes d’affrontement entre l’Iran et Israël : l’infiltration psychologique et médiatique, au moins aussi déstabilisante que les frappes militaires.






Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée.



🔹 English 


In the world, there have been adventurers who became explorers, like Alexandra David-Néel in Tibet, or spies such as Mata Hari. But until now, I had never heard of Catherine Perez-Shakdam, who reportedly played a part in Israel’s dazzling victory over Iran in the Twelve-Day War.

Catherine Perez-Shakdam’s journey is both intriguing and divisive. Born in Paris into a secular Jewish family, granddaughter of Holocaust survivors, she claims to have spent much of her life concealing her true identity in order to get close to the elites of the Shiite world, particularly the Iranian regime.

Married young to a radical Yemeni she met at the London School of Economics, she moved to Yemen, came into contact with the Houthis, and began publishing political analyses critical of the West and favorable to the so-called “axis of resistance.” These writings gradually opened the doors of Iranian conservative media and Shiite power circles.

In 2017, she achieved an extraordinary scoop: an interview with Ebrahim Raisi, then head of the Supreme Court and future president of the Islamic Republic, who died in 2024 in a helicopter crash. She also claims to have met privately with Ali Khamenei, the Supreme Leader, and to have interacted with Qassem Soleimani, head of the Quds Force, as well as officials from Hamas and Hezbollah. Her strength was not mastery of Farsi—she admits knowing only a few words—but rather her ability to adopt Islamist rhetoric and present herself as a “bridge to the West,” something Tehran was eager to cultivate.

This proximity now raises questions: was she a media opportunist or a genuine Mossad agent? She herself leaves the ambiguity intact, neither confirming nor denying that she may have passed decisive intelligence to Israel, enabling the June 2025 elimination of several senior Iranian military and scientific figures linked to the nuclear program. Her trajectory recalls that of Eli Cohen, Israel’s legendary spy in Syria during the 1960s—a comparison she receives with an enigmatic smile.

Throughout her account, she claims her mission was to penetrate the Islamic Republic in order to help destroy it. She explains that she gained the trust not only of leaders but also of their wives, relying more on social intelligence and communication skills than on spectacular means. Some detractors accuse her of using her charm; she insists she had “other assets,” namely the ability to adopt the codes of what she describes as a “binary world,” where one only needs to say what the other side wants to hear.

In 2021, a turning point occurred: she publicly revealed her Jewish identity and Zionist commitment in the Israeli press. Her articles disappeared from Iranian media, Ahmadinejad mocked Raisi for having “fallen into the trap of a Zionist spy,” and her legend began to grow. Since then, based in London, Catherine Perez-Shakdam has become an active pro-Israel advocate, running a think tank and contributing to the UK government’s July 2025 decision to classify Palestine Action as a terrorist organization.

Her case illustrates both the flaws of the Iranian regime and the ambiguities of the intelligence world. How could a foreigner, not speaking the language and without any known official mission, come so close to the heart of a notoriously paranoid state? Her success, real or exaggerated, highlights Tehran’s eagerness for international legitimacy and its willingness to use foreign voices that seemed to validate its propaganda.

She herself admits to blurring the line between truth and role, sometimes no longer knowing who she really was. Like many agents and analysts, she thrived on ambiguity, echoing John le Carré’s adage: “Good agents never really lie; they tell truths they have unlearned.”

Today, her image oscillates between:

  • A brilliant spy who helped weaken Iran’s security apparatus;

  • A double agent or opportunist exploiting media access;

  • A woman seeking personal redemption after a marriage that betrayed her roots.

In any case, the mere doubt strengthens her aura. Her legend feeds as much on real facts as on exaggerations amplified by social media and pro-Israel circles. For the Iranian regime, already reeling from Israeli strikes against its nuclear infrastructure, her story is a symbolic humiliation: being deceived not by an army or a drone, but by a single woman skilled in managing images and narratives.

In my analysis, Catherine Perez-Shakdam is less a James Bond-style heroine than a hybrid symbol: that of the war of information and influence, where embodying a role, sowing doubt, and manipulating narratives matters as much as actual facts.


Her very existence, between reality and myth, reflects the new forms of confrontation between Iran and Israel: psychological and media infiltration, at least as destabilizing as military strikes.


This article is personal—I do not claim to be a scientist, historian, or professional journalist… It is delicate to testify as a layman, but in this blog I usually share heartfelt reflections based on current events and my daily international press review.


The photos and videos are taken from the web, again for strictly personal and private use.


Español

En el mundo, ha habido aventureras que se convirtieron en exploradoras, como Alexandra David-Néel en el Tíbet, o espías como Mata Hari. Pero hasta ahora yo desconocía la existencia de Catherine Perez-Shakdam, quien habría contribuido, en parte, a la brillante victoria de Israel sobre Irán en la Guerra de los Doce Días.

La trayectoria de Catherine Perez-Shakdam resulta tan intrigante como divisiva. Nacida en París en el seno de una familia judía laica y nieta de sobrevivientes de la Shoah, afirma haber dedicado gran parte de su vida a ocultar su verdadera identidad para acercarse a las élites del mundo chií y, en particular, al régimen iraní.

Casada joven con un yemení radical que conoció en la London School of Economics, se instaló en Yemen, entró en contacto con los hutíes y comenzó a publicar análisis políticos críticos con Occidente y favorables al llamado “eje de la resistencia”. Estas posiciones le abrieron poco a poco las puertas de los medios conservadores iraníes y de los círculos de poder chiíes.

En 2017 obtuvo una primicia excepcional: una entrevista con Ebrahim Raisi, entonces jefe del Tribunal Supremo y futuro presidente de la República Islámica, fallecido en 2024 en un accidente de helicóptero. También asegura haber conocido en privado a Ali Jamenei, el Guía Supremo, y haber frecuentado a Qassem Soleimani, jefe de la Fuerza Quds, así como a dirigentes de Hamás y de Hezbolá. Su fortaleza no era el dominio del farsi—reconoce saber solo unas pocas palabras—sino su capacidad para adoptar la retórica islamista y presentarse como un “puente con Occidente”, algo que Teherán buscaba cultivar.

Esa cercanía suscita hoy interrogantes: ¿oportunista mediática o auténtica agente del Mossad? Ella misma mantiene la ambigüedad, sin confirmar ni desmentir la hipótesis de que transmitió a Israel informaciones decisivas que habrían permitido, en junio de 2025, la eliminación de varios altos responsables militares y científicos iraníes vinculados al programa nuclear. Su trayectoria recuerda a la de Eli Cohen, el célebre espía israelí infiltrado en Siria en los años 60, comparación que ella acoge con una sonrisa enigmática.

A lo largo de su relato reivindica una misión: penetrar en la República Islámica para contribuir a destruirla. Explica que se ganó la confianza no solo de los dirigentes sino también de sus esposas, usando más su inteligencia social y su capacidad comunicativa que medios espectaculares. Algunos críticos la acusan de haberse valido de su atractivo personal; ella responde que tenía “otros recursos”, sobre todo su facultad de adoptar los códigos de un entorno que considera “binario”, donde basta con decir lo que el otro quiere escuchar.

En 2021 se produjo un giro decisivo: reveló públicamente su identidad judía y su compromiso sionista en la prensa israelí. Sus artículos desaparecieron de los medios iraníes, Ahmadineyad se burló de Raisi por haber “caído en la trampa de una espía sionista” y comenzó a forjarse la leyenda. Desde entonces, instalada en Londres, Catherine Perez-Shakdam se ha convertido en una activa militante proisraelí, dirigiendo un think tank y contribuyendo a la decisión británica de clasificar a Palestine Action como organización terrorista en julio de 2025.

El caso de Catherine Perez-Shakdam ilustra tanto las fallas del régimen iraní como las ambigüedades del mundo de la inteligencia. ¿Cómo pudo una extranjera, sin hablar el idioma y sin misión oficial conocida, acercarse tanto a los círculos de poder de un Estado famoso por su paranoia? Su éxito, real o exagerado, pone de relieve la ingenuidad de Teherán, siempre ávido de legitimidad internacional y dispuesto a instrumentalizar voces extranjeras que parecían validar su propaganda.

Ella misma reconoce haber borrado los límites entre la verdad y el papel interpretado, hasta no saber a veces quién era en realidad. Como muchos agentes y analistas, jugó con la ambigüedad, siguiendo la máxima de John le Carré: “los buenos agentes nunca mienten del todo; cuentan verdades que han desaprendido.”

Hoy su imagen oscila entre:

  • Espía brillante que habría contribuido a debilitar el aparato de seguridad iraní;

  • Agente doble o simple oportunista que explotó su acceso mediático;

  • Mujer en busca de redención personal tras un matrimonio vivido como traición a sus raíces.

Sea como fuere, la mera duda basta para reforzar su aura. Su leyenda se alimenta tanto de hechos reales como de exageraciones amplificadas por las redes sociales y los círculos proisraelíes. Para el régimen iraní, ya golpeado por los ataques israelíes contra sus infraestructuras nucleares, su historia representa una humillación simbólica: haber sido engañado no por un ejército o un dron, sino por una mujer sola, hábil en manejar la imagen y el discurso.

En mi análisis, Catherine Perez-Shakdam es menos una heroína de espionaje al estilo James Bond que un símbolo híbrido: el de la guerra de la información y la influencia, donde la capacidad de encarnar un papel, sembrar la duda y manipular los relatos cuenta tanto como los hechos mismos.

Su existencia, entre la realidad y el mito, refleja las nuevas formas de confrontación entre Irán e Israel: la infiltración psicológica y mediática, al menos tan desestabilizadora como los ataques militares.

Este artículo es personal; no pretendo ser científico, historiador ni periodista profesional… Es delicado testimoniar siendo un profano, pero en este blog expreso en general un “coup de cœur” inspirado por la actualidad y la lectura de mi repaso diario de prensa internacional.

Las fotos y vídeos provienen de la web, igualmente para un uso estrictamente personal y privado.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire