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lundi 15 septembre 2025

Le Dieu Dollar sera t il un jour remplacé par le Yuan ? (FR, EN, ES). JBCH N° 392


Quand je me suis rendu pour la première fois en Chine dans les années 90, j'ai été frappé par l'absence de pièces de monnaies et par l'abondance de petits billets de banque : Le Yuan. 

Qui eut cru que cette petite monnaie dont personne ne voulait à l'époque allait devenir aussi forte du moins en réputation que le Dollar !


Depuis plusieurs années, la Chine cherche à internationaliser sa monnaie, le yuan , pour réduire sa dépendance au dollar. Le contexte actuel lui est favorable : Le dollar souffre de facteurs structurels avec des  déficits budgétaires croissants, incertitudes autour de la Réserve fédérale et une perte relative de confiance liée aux sanctions financières massives utilisées comme arme géopolitique.


Face à cela, la Chine propose une alternative : un yuan stable, contrôlé et soutenu par une économie représentant près de 20 % de l’activité mondiale. Cette stratégie n’est pas nouvelle. Pékin avait déjà tenté en 2009 d’élargir l’usage international de sa monnaie, avant un retour en arrière en 2015 après une crise boursière et une fuite des capitaux. Cette fois-ci, la Chine avance plus prudemment, combinant contrôle étatique et ouverture ciblée de ses marchés.


L’objectif est double : Il s'agit de protéger ses exportateurs des fluctuations du dollar et de se prémunir contre les sanctions américaines en bâtissant une infrastructure financière parallèle (CIPS, mBridge, digital yuan).


Banque de Chine


Malgré les freins, les résultats de la Chine sont tangibles : Elle a pris une part croissante dans le commerce : 30 % des échanges chinois sont désormais réglés en yuan (contre 14 % en 2019). Plus de la moitié des flux transfrontaliers de la Chine sont en yuan (contre 1 % en 2010).


Elle s'appuye sur un réseau financier : plus de 1 700 banques qui utilisent le système de paiements chinois CIPS, qui concurrence SWIFT. Des banques de compensation existent dans 33 pays, dont la Turquie et les Émirats arabes unis.


Par une diplomatie monétaire encadrée, Pékin a accordé pour 4,5 trillions de yuans de lignes de swap à 32 banques centrales, offrant une « sécurité » monétaire en cas de crise, par des prêts et des obligations car après les sanctions contre la Russie, la part des prêts chinois en yuan est passée de 15 % à près de 50 %. 



Des pays du Sud global anti-occident comme le Brésil, l'Afrique du Sud,  le Kenya ou le Pakistan explorent des émissions obligataires en yuan. et par l'innovation technologique  financière, le Yuan numérique et la plateforme mBridge permettent de contourner le dollar et SWIFT, un enjeu crucial pour les pays sous sanctions.



Ces efforts expliquent pourquoi la part du yuan dans les paiements internationaux, bien que limitée (4 % en 2025), a doublé depuis 2022.



Pourtant, l’écart avec le dollar reste immense : car le dollar représente 50 % des paiements mondiaux et 58 % des réserves de change, contre seulement 4 % et 2 % pour le yuan. La Chine maintient des contrôles stricts sur les capitaux. Or, sans liberté totale de circulation, beaucoup d’investisseurs hésitent à accumuler des actifs en yuan. 


La confiance internationale dépend de la transparence des institutions financières et juridiques, domaine où la Chine reste en retrait par rapport aux États-Unis. Enfin, l’internationalisation d’une monnaie prend du temps : même après être devenue première puissance mondiale, il a fallu plusieurs décennies aux États-Unis pour imposer le dollar comme monnaie dominante.


La Réserve fédérale aux USA


Plutôt que de supplanter le dollar, la Chine semble viser un système multipolaire. Selon le gouverneur de sa banque centrale, Pan Gongsheng, le futur sera marqué par une concurrence entre devises de réserve (dollar, euro, yuan, peut-être roupie ou real).


Dans ce schéma, le yuan n’a pas besoin de remplacer totalement le dollar pour réussir ; il suffit d’offrir une alternative crédible, notamment aux pays émergents dépendants de la Chine. Les tensions géopolitiques (sanctions contre la Russie, guerre commerciale sino-américaine, crise au Moyen-Orient) jouent en faveur d’une diversification des monnaies. Les « amis » de la Chine (Russie, Iran, les pays africains, certains émergents du Sud Global) ont un intérêt stratégique à réduire leur exposition au dollar.


Le yuan progresse rapidement mais reste loin derrière le dollar. Sa part dans les paiements et les réserves reste marginale, freinée par le contrôle des capitaux et le manque de confiance dans les institutions chinoises.


Cependant, la Chine construit méthodiquement une infrastructure financière parallèle et exploite chaque faille du système dominé par le dollar. Plutôt qu’un remplacement brutal, l’avenir semble se dessiner vers une coexistence compétitive : le dollar restera dominant, mais le yuan s’affirmera comme seconde monnaie de référence, surtout dans les échanges liés à la Chine et dans les pays en quête d’alternatives.


En somme, le yuan n’égalera probablement pas le dollar à court terme, mais il est déjà devenu un outil stratégique qui transforme l’équilibre financier mondial.




Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée.



English

When I first traveled to China in the 1990s, I was struck by the absence of coins and the abundance of small banknotes: the Yuan.

Who would have thought that this small currency, which no one wanted back then, would become as strong, at least in reputation, as the Dollar!

For several years, China has been working to internationalize its currency, the yuan, to reduce its dependence on the dollar. The current context is favorable: the dollar is suffering from structural issues, with growing budget deficits, uncertainties surrounding the Federal Reserve, and a relative loss of confidence due to massive financial sanctions used as a geopolitical weapon.

In response, China offers an alternative: a stable, controlled yuan backed by an economy that accounts for nearly 20% of global activity. This strategy is not new. Beijing had already attempted to expand the international use of its currency in 2009, before retreating in 2015 following a stock market crisis and capital flight. This time, China is moving more cautiously, combining state control with targeted market openings.

The objective is twofold: to protect its exporters from dollar fluctuations and to shield itself from U.S. sanctions by building a parallel financial infrastructure (CIPS, mBridge, digital yuan).

Bank of China

Despite obstacles, China’s results are tangible: it has gained a growing share in trade, with 30% of Chinese transactions now settled in yuan (up from 14% in 2019). More than half of China’s cross-border flows are in yuan (compared to 1% in 2010).

It relies on a financial network: over 1,700 banks use the Chinese payment system CIPS, which competes with SWIFT. Clearing banks exist in 33 countries, including Turkey and the United Arab Emirates.

Through structured monetary diplomacy, Beijing has provided 4.5 trillion yuan in swap lines to 32 central banks, offering monetary “security” in times of crisis through loans and bonds. After sanctions against Russia, the share of Chinese loans in yuan rose from 15% to nearly 50%.

Anti-Western Global South countries like Brazil, South Africa, Kenya, or Pakistan are exploring yuan-denominated bond issuances. Through financial technology innovation, the digital yuan and the mBridge platform allow bypassing the dollar and SWIFT, a crucial issue for sanctioned countries.

These efforts explain why the yuan’s share in international payments, though limited (4% in 2025), has doubled since 2022.

However, the gap with the dollar remains vast: the dollar accounts for 50% of global payments and 58% of foreign exchange reserves, compared to only 4% and 2% for the yuan. China maintains strict capital controls, and without full freedom of movement, many investors hesitate to accumulate yuan-denominated assets.

International confidence depends on the transparency of financial and legal institutions, an area where China lags behind the United States. Finally, internationalizing a currency takes time: even after becoming the world’s leading power, it took the United States decades to establish the dollar as the dominant currency.

The Federal Reserve in the USA

Rather than replacing the dollar, China seems to aim for a multipolar system. According to the governor of its central bank, Pan Gongsheng, the future will be marked by competition among reserve currencies (dollar, euro, yuan, perhaps the rupee or real).

In this framework, the yuan does not need to fully replace the dollar to succeed; it only needs to offer a credible alternative, particularly to emerging countries dependent on China. Geopolitical tensions (sanctions against Russia, the U.S.-China trade war, Middle East crises) favor currency diversification. China’s “friends” (Russia, Iran, African countries, and some Global South emerging nations) have a strategic interest in reducing their exposure to the dollar.

The yuan is progressing rapidly but remains far behind the dollar. Its share in payments and reserves is still marginal, hindered by capital controls and a lack of confidence in Chinese institutions.

However, China is methodically building a parallel financial infrastructure and exploiting every weakness in the dollar-dominated system. Rather than an abrupt replacement, the future seems to point toward competitive coexistence: the dollar will remain dominant, but the yuan will establish itself as a second reference currency, especially in China-related trade and among countries seeking alternatives.

In short, the yuan is unlikely to equal the dollar in the short term, but it has already become a strategic tool reshaping the global financial balance.


This article is personal; I do not claim to be a scientist, historian, or professional journalist. It’s delicate to bear witness as a layperson, but in this blog, I generally express a passion inspired by current events and my daily reading of the international press.

The photos and videos are sourced from the web, strictly for personal, private use.


Español :

Cuando viajé por primera vez a China en los años 90, me sorprendió la ausencia de monedas y la abundancia de billetes pequeños: el Yuan.

¡Quién hubiera pensado que esta pequeña moneda, que nadie quería en aquel entonces, se volvería tan fuerte, al menos en reputación, como el Dólar!

Desde hace varios años, China ha estado trabajando para internacionalizar su moneda, el yuan, con el fin de reducir su dependencia del dólar. El contexto actual le es favorable: el dólar sufre problemas estructurales, con déficits presupuestarios crecientes, incertidumbre en torno a la Reserva Federal y una pérdida relativa de confianza debido a las sanciones financieras masivas utilizadas como arma geopolítica.

Frente a esto, China propone una alternativa: un yuan estable, controlado y respaldado por una economía que representa casi el 20% de la actividad mundial. Esta estrategia no es nueva. Pekín ya había intentado ampliar el uso internacional de su moneda en 2009, antes de dar un paso atrás en 2015 tras una crisis bursátil y una fuga de capitales. Esta vez, China avanza con más cautela, combinando el control estatal con una apertura selectiva de sus mercados.

El objetivo es doble: proteger a sus exportadores de las fluctuaciones del dólar y blindarse contra las sanciones estadounidenses mediante la construcción de una infraestructura financiera paralela (CIPS, mBridge, yuan digital).

Banco de China

A pesar de los obstáculos, los resultados de China son tangibles: ha ganado una participación creciente en el comercio, con el 30% de las transacciones chinas ahora liquidadas en yuan (frente al 14% en 2019). Más de la mitad de los flujos transfronterizos de China se realizan en yuan (en comparación con el 1% en 2010).

Se apoya en una red financiera: más de 1,700 bancos utilizan el sistema de pagos chino CIPS, que compite con SWIFT. Existen bancos de compensación en 33 países, incluidos Turquía y los Emiratos Árabes Unidos.

A través de una diplomacia monetaria estructurada, Pekín ha otorgado 4.5 billones de yuanes en líneas de swap a 32 bancos centrales, ofreciendo “seguridad” monetaria en tiempos de crisis mediante préstamos y bonos. Tras las sanciones contra Rusia, la proporción de préstamos chinos en yuan pasó del 15% a casi el 50%.

Países del Sur Global antioccidentales como Brasil, Sudáfrica, Kenia o Pakistán están explorando emisiones de bonos en yuan. Además, a través de la innovación tecnológica financiera, el yuan digital y la plataforma mBridge permiten eludir el dólar y SWIFT, un tema crucial para los países bajo sanciones.

Estos esfuerzos explican por qué la participación del yuan en los pagos internacionales, aunque limitada (4% en 2025), se ha duplicado desde 2022.

Sin embargo, la brecha con el dólar sigue siendo enorme: el dólar representa el 50% de los pagos mundiales y el 58% de las reservas de divisas, frente al 4% y 2% del yuan. China mantiene estrictos controles de capital, y sin una libertad total de movimiento, muchos inversores dudan en acumular activos en yuan.

La confianza internacional depende de la transparencia de las instituciones financieras y legales, un área en la que China está rezagada respecto a Estados Unidos. Por último, la internacionalización de una moneda lleva tiempo: incluso después de convertirse en la primera potencia mundial, a Estados Unidos le tomó décadas establecer el dólar como moneda dominante.

La Reserva Federal en EE. UU.

En lugar de reemplazar al dólar, China parece apuntar a un sistema multipolar. Según el gobernador de su banco central, Pan Gongsheng, el futuro estará marcado por la competencia entre monedas de reserva (dólar, euro, yuan, tal vez la rupia o el real).

En este marco, el yuan no necesita reemplazar completamente al dólar para tener éxito; solo necesita ofrecer una alternativa creíble, especialmente para los países emergentes dependientes de China. Las tensiones geopolíticas (sanciones contra Rusia, la guerra comercial entre China y EE. UU., crisis en Oriente Medio) favorecen la diversificación de monedas. Los “amigos” de China (Rusia, Irán, países africanos y algunos emergentes del Sur Global) tienen un interés estratégico en reducir su exposición al dólar.

El yuan avanza rápidamente, pero sigue muy atrás del dólar. Su participación en los pagos y reservas sigue siendo marginal, limitada por los controles de capital y la falta de confianza en las instituciones chinas.

Sin embargo, China está construyendo metódicamente una infraestructura financiera paralela y explotando cada debilidad del sistema dominado por el dólar. En lugar de un reemplazo abrupto, el futuro parece encaminarse hacia una coexistencia competitiva: el dólar seguirá siendo dominante, pero el yuan se consolidará como una segunda moneda de referencia, especialmente en los intercambios relacionados con China y en los países que buscan alternativas.

En resumen, es improbable que el yuan iguale al dólar a corto plazo, pero ya se ha convertido en una herramienta estratégica que está transformando el equilibrio financiero mundial.


Este artículo es personal; no pretendo ser científico, historiador ni periodista profesional. Es delicado dar testimonio como profano, pero en este blog generalmente expreso una pasión inspirada en la actualidad y en mi lectura diaria de la prensa internacional.

Las fotos y videos provienen de la web, estrictamente para uso personal y privado.

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