C'est le journal Marianne qui paraitra le 1er Octobre qui confirme que ce projet lancé par des sheiks arabes d'Hébron il y a deux mois pourrait être pris au sérieux.
Le débat sur un second État pour les arabes de palestine » est souvent présenté comme allant de soi, mais l’histoire juridique est plus nuancée.
Le traité de San Remo (1920) conclu le 25 avril 1920 confia le mandat sur la Palestine à la Grande-Bretagne pour mettre en œuvre la Déclaration Balfour et établir un « foyer national juif ». Le texte ne prévoyait pas la création d’un État arabe sur ce territoire.
C’est Londres qui, en 1921-1922, scinda unilatéralement la zone à l’est du Jourdain pour créer l’Émirat de Transjordanie (devenu Jordanie), amputant ainsi 75 % de la Palestine mandataire initiale.
Beaucoup d’historiens voient dans cette manœuvre une trahison du mandat, car elle créa un État arabe de toutes pièces, rompant l’équilibre voulu par San Remo.
Dès lors, l’idée d’un État palestinien unique en Judée-Samarie et à Gaza n’est pas issue du droit international de l’époque mais d’une évolution politique postérieure (résolutions onusiennes, accords d’Oslo). Cela explique pourquoi certains acteurs israéliens et arabes contestent la pertinence du paradigme « deux États ».
Un nouveau projet pourrait se réaliser : : la fédération d’émirats sur le territoire de la palestine mandataire . Face à l’impasse actuelle — Autorité palestinienne discréditée, corruption, absence de succession claire après Mahmoud Abbas (89 ans), économie asphyxiée, appui aux terroristes, certains chefs tribaux proposent une alternative : des mini-émirats autonomes, sur le modèle des Émirats arabes unis (EAU).
Le cheikh Wadee al-Jaabari, figure puissante de Hébron, propose que sa ville rompe avec l’Autorité palestinienne et s’intègre aux accords d’Abraham. Son idée : créer un émirat de Hébron reconnu par Israël, en paix avec lui ; développer l’économie locale grâce à des permis de travail et des investissements du Golfe ; étendre ensuite ce modèle à Bethléem, Jéricho, Naplouse, Tulkarem, Jénine, Ramallah… enfin bâtir une fédération tribale palestinienne plutôt qu’un État terroriste, centralisé et corrompu.
Le projet bénéficie d’une écoute bienveillante en Israël (notamment Nir Barkat, ministre de l’Économie) et d’un intérêt potentiel des EAU. Les chefs promettent : la reconnaissance d’Israël comme État-nation du peuple juif, la sécurité totale (tolérance zéro pour le terrorisme) une large coopération économique .
En retour, ils demandent une reconnaissance mutuelle et un calendrier pour remplacer les accords d’Oslo.
Pragmatisme local : chaque région est gérée par ses chefs traditionnels, souvent plus légitimes que l’AP. Elle implique une stabilité sécuritaire : fin de l’incitation financière au terrorisme, engagement à protéger les échanges avec Israël, une ouverture économique : ouverture du marché du travail en Israël, gros investissements des pays du Golfe et un désenclavement progressif. Pour enfin terminer avec l'idée d’un projet étatique irréaliste : 30 ans après Oslo, l’AP est perçue comme inefficace butée et corrompue.
Pour les arabes, il y a un risque de fragmentation extrême : vingt entités sans coordination pourraient devenir des fiefs rivaux. Il faudra créer des institutions: police, justice, éducation, finances , enfin, beaucoup y voient une trahison nationale et un instrument israélien pour empêcher un État souverain. : la diplomatie occidentale et l’ONU restent attachées au schéma « deux États » entrahissant les accords passés avec la signature de la SDN, jamais dénoncés.
Pour Israël, ce scénario permet : d’affaiblir l’AP et de créer des partenaires locaux fiables ; d’intégrer les zones arabes dans une économie régionale alignée avec les accords d’Abraham ; de réduire les pressions internationales en présentant un cadre de paix concret.
Pour les Palestiniens, il ouvre un choix difficile : préférer des paix locales et un développement concret, ou maintenir le rêve d’un État unique, mais qui reste bloqué et irréalisable depuis 75 ans.
L’initiative des émirats pour les arabes de palestine unie illustre une réalité : l’option des « deux États » s’est enlisée. Sur le plan juridique (héritage de San Remo et du mandat britannique) et politique (affaiblissement de l’AP), l’idée d’une fédération d’entités locales soutenues par Israël et le Golfe gagne du terrain.
Elle pourrait répondre aux besoins économiques et sécuritaires immédiats mais au prix d’une déconstruction définitive du projet national palestinien.
Reste à savoir si ce pragmatisme tribal et économique peut réellement remplacer une identité nationale forgée autour d’un État rêvé depuis un siècle. C'est une bonne idée.
the French weekly Marianne, in its issue to be published on October 1st, that confirms this project — launched two months ago by Arab sheikhs from Hebron — could now be taken seriously.
The debate on creating a second state for the Arabs of Palestine is often presented as self-evident, but the legal and historical reality is far more complex.
The San Remo Treaty (1920) — signed on April 25, 1920 — entrusted the Mandate for Palestine to Great Britain, with the task of implementing the Balfour Declaration and establishing a “national home for the Jewish people.”
The text did not provide for the creation of an Arab state in this territory.
The Mandate map as drawn at San Remo
It was Britain, in 1921–1922, that unilaterally carved out the land east of the Jordan River to create the Emirate of Transjordan (later Jordan), thereby amputating 75% of the original Mandate for Palestine.
Many historians consider this move a betrayal of the Mandate, since it created an entirely new Arab state and broke the balance intended at San Remo.
The same map after the British betrayal
From that point on, the idea of a single Palestinian state in Judea–Samaria and Gaza did not originate in the international law of the period but rather from later political developments (UN resolutions, the Oslo Accords).
This explains why some Israeli and Arab actors today question the validity of the “two-state” paradigm.
A new possible path: a federation of emirates within the Mandate territory
Faced with the current stalemate — a discredited Palestinian Authority, corruption, no clear succession after Mahmoud Abbas (89 years old), an asphyxiated economy, and continued support for terrorists — several tribal leaders are proposing an alternative: autonomous mini-emirates, modeled after the United Arab Emirates (UAE).
Sheikh Wadee al-Jaabari, a powerful figure in Hebron, proposes that his city break away from the Palestinian Authority and join the Abraham Accords.
His idea is to:
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create an Emirate of Hebron, recognized by Israel and at peace with it;
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boost the local economy through Israeli work permits and Gulf investments;
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later extend the model to Bethlehem, Jericho, Nablus, Tulkarem, Jenin, Ramallah…;
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and ultimately build a tribal Palestinian federation rather than a centralized, corrupt, and terror-supporting state.
The plan is receiving a receptive ear in Israel (notably from Nir Barkat, Minister of Economy) and shows potential interest from the UAE.
The tribal leaders pledge:
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to recognize Israel as the nation-state of the Jewish people,
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to guarantee total security (zero tolerance for terrorism),
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and to enable broad economic cooperation.
In return, they ask for mutual recognition and a new negotiated framework to replace the Oslo Accords.
Each region would be governed by its traditional tribal leadership, often more legitimate than the Palestinian Authority.
The concept promises:
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Security stability — an end to financial incentives for terrorism and a commitment to safe trade with Israel;
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Economic opening — access to the Israeli labor market, major Gulf investments, and gradual economic integration;
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Realism — abandoning an unrealistic state project: thirty years after Oslo, the Palestinian Authority is widely seen as ineffective, obstinate, and corrupt.
For the Arabs of Palestine, there is a serious risk of extreme fragmentation: twenty uncoordinated entities could become rival fiefdoms.
New institutions would have to be built — police, justice, education, finance.
Many already view the initiative as a national betrayal and an Israeli tool to prevent a sovereign state.
Western diplomacy and the UN still cling to the two-state model, despite the historic League of Nations mandate agreements — never formally revoked.
For Israel, this scenario offers:
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the weakening of the Palestinian Authority and the creation of reliable local partners;
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the integration of Arab areas into a regional economy tied to the Abraham Accords;
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reduced international pressure by presenting a practical peace framework.
For the Palestinians, it presents a hard choice:
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opt for local peace and concrete development,
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or cling to the dream of a single sovereign state — blocked and unattainable for the past 75 years.
The initiative of united Palestinian emirates reveals a key reality: the two-state solution has stalled.
Legally (through the legacy of San Remo and the British Mandate) and politically (through the weakening of the Palestinian Authority), the idea of a federation of locally governed entities supported by Israel and the Gulf is gaining momentum.
It could address immediate economic and security needs, but at the cost of a definitive dismantling of the traditional Palestinian national project.
The real question is whether this tribal and pragmatic approach can truly replace a national identity built for over a century around the dream of a single state.
It might, indeed, be a realistic and workable idea.
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