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mardi 30 septembre 2025

Dov Zerah, son analyse sur Atlantico. (FR). JBCH N° 462

 
DONALD ET BIBI ÉCRIVENT L’HISTOIRE AU PROCHE ORIENT
 
Bonjour
Bonne lecture 
Merci
 
Atlantico : Cette journée du 29 septembre a été marquée par les déclarations de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou relatives à un plan de 20 points pour mettre fin à la guerre à Gaza.
Peut-on parler d’un véritable tournant dans ce conflit ?
 
DZ : Oui sans aucune restriction. Nous avons vécu une journée historique ! 
Depuis une semaine, la situation bouge au Proche Orient avec :
  • Mardi dernier, Donald Trump a présenté à 8 dirigeants arabo-musulmans (Arabie saoudite, Égypte, Émirats arabes unis (EAU), Indonésie, Jordanie, Qatar, Pakistan et la Turquie) son plan en 20 points pour cesser la guerre à Gaza. Alors que depuis deux ans, il n’a cessé de fustiger Benjamin Netanyahou, Erdogan n’a pas hésité à qualifier cette réunion de « fructueuse ».
  • La présence du Pakistan, deuxième pays musulman après l’Indonésie, unique État musulman disposant de l’arme nucléaire doit être relevée.
  • Nous apprenions au même moment la perspective de la signature d’un « accord de sécurité » entre l’État juif et la Syrie, 1ère étape avant peut-être celle d’un traité de paix…
  • Le monde entier a entendu le discours du président indonésien Prabowo Subianto à la tribune des Nations-Unies insistant sur la nécessité d’assurer la sécurité d’Israël tout en annonçant sa disponibilité à le reconnaître. Venant du pays ayant la plus grande population musulmane au Monde, c’est un événement extraordinaire.
Nous assistons à un momentum caractéristique des relations diplomatiques ou comment saisir l’opportunité d’une guerre pour progresser vers la paix. Cette démarche avait été éprouvée dans les années soixante-dix lorsque la guerre du Kippour avait débouché sur la paix entre Jérusalem et Le Caire.
 
Atlantico : Entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou, lequel est parvenu à obtenir le plus de concessions de l’autre ? On pense par exemple aux excuses présentées par Benyamin Netanyahou au Qatar, à la demande de Donald Trump.
 
DZ : Le soutien de Donald Trump à Benjamin Netanyahou et à Israël fait que la relation entre les deux hommes ne relève pas de pressions ou concessions, comme ce fut le cas avec Joe Biden. Cela fait plusieurs semaines ou mois que les deux équipes travaillent ensemble, que l’israélien Ron Dermer échange avec les Américains Jared Kushner et Steve Witkoff ; de nombreuses preuves en attestent. Donald Trump n’a pu présenter son plan aux 8 dirigeants arabo-musulmans sans accord préalable de Benjamin Netanyahou. Le 1er ministre n’a pas conditionné son accord à une consultation de son gouvernement ; cela signifie qu’avant de partir pour les États-Unis, Benjamin Netanyahou avait recueilli le soutien des deux leaders de l’opposition, Benny Gantz et Yaïr Lapid pour avoir une majorité alternative à la Knesset. Parallèlement, le président Haïm Herzog a soutenu ce plan.
 
Avec la bénédiction des 8 dirigeants arabo-musulmans, ce plan donne satisfaction à Israël sur toute la ligne, libération immédiate de tous les otages, morts et vivants, démilitarisation de Gaza, future gouvernance de Gaza par une instance internationale ce qui exclut bien évidemment le Hamas mais également toute implication de l’Autorité palestinienne, sécurité du territoire assurée par Israël, création d’un « no mans land » à l’intérieur de la bande… Enfin, le plan ne prévoit pas la création d’un État palestinien, même s’il reconnait, comme les Accords d’Oslo, la légitimité d’une aspiration nationale pour les Palestiniens.
 
La rencontre d’aujourd’hui a permis de caler les derniers détails du plan baptisé « plan de Donald Trump » pour ménager les susceptibilités arabo-musulmanes et lui, permettre de décrocher le prix Nobel de la paix.
Elle a surtout permis d’organiser l’entretien téléphonique entre Donald Trump, Benjamin Netanyahou et le 1er ministre qatari Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, ce qui constitue une reconnaissance de facto de l’État juif.
Benjamin Netanyahou a présenté ses regrets pour la mort du qatari, victime collatérale du bombardement israélien du 9 septembre 2025. Y-a-t-il eu plus en matière d’excuses ou d’engagement de ne plus toucher le territoire qatari ? Les prochains jours nous le révéleront. Mais, peu importe !
L’essentiel est dans le contact, la discussion et surtout la constitution du groupe tripartite Doha, Jérusalem et Washington pour gérer les plaintes israéliennes contre le Qatar, ses campagnes contre Israël et le peuple juif, Al Jazeera. Cela préfigure une normalisation entre les deux États
 
Atlantico : Alors qu’Israël poursuit son opération militaire à Gaza, peut-on dire que nous sommes plus proches que jamais d’une véritable perspective de paix — non seulement depuis le 7 octobre, mais peut-être même depuis 2005 ? Ce qui se dessine n’est-il pas bien davantage qu’un simple cessez-le-feu ?
 
DZ : Oui, même si le Hamas n’a pas encore donné son accord et que l’organisation terroriste Djihad islamique l’a rejeté. Derrière le cessez le feu, il y aura une seconde vague d’Accords d’Abraham avec l’Arabie saoudite, Oman, l’Indonésie et peut-être le Qatar et la Syrie… Les derniers pays irréductibles pour ce puissant mouvement du « grand pardon » seront l’Algérie, le Koweït et la Tunisie ! Quel symbole alors que le monde juif s’apprête à célébrer le « jour du grand pardon, du Kippour ».
Ensuite, il conviendra de trouver la formule juridique pour formaliser la revendication nationale palestinienne.
 
Atlantico :  Quelle a été, selon vous, l’influence réelle des partenaires arabes dans l’élaboration de ce projet ? Et que penser plus particulièrement de l’architecture institutionnelle proposée pour la gouvernance de Gaza ?
 
DZ : Essentielle pour au moins trois raisons :
  • La validation du plan par les deux parrains du Hamas, à savoir le Qatar et la Turquie vaut acceptation de l’organisation terroriste qui doit faire face à un vrai problème de représentativité. En fait, les deux parrains des frères musulmans qataris et turcs ont pris le relais du mouvement.
Cela est exceptionnel quand on se remémore les propos d’Erdogan contre Netanyahou et Israël. Alors qu’Israël et la Turquie sont face à face en Syrie depuis la chute de Bachar El Assad et le départ des Russes, ce plan et le probable accord de sécurité entre Jérusalem et Damas sont de nature à apaiser les tensions entre Ankara et Jérusalem.
  • Alors que la réunion pour la reconnaissance d’un État palestinien était une initiative franco-saoudienne, le prince héritier MBS n’a pas fait le déplacement. Dans le même temps, Ryad se rangeait derrière Trump… Sacrée duplicité !
  • Comme pour la Turquie, la présence de l’Égypte est réconfortante notamment après les fracassantes déclarations du président Al Sissi à Doha le 15 septembre dernier n’hésitant à qualifier Israël de « pays ennemi ». En deux semaines, le monde arabo-musulman est passé de la réprobation tous azimuts de l’État juif à l’acceptation de ce plan miraculeux.
Atlantico : Si cette proposition venait à être acceptée, à quoi pourrait ressembler le nouveau visage du Moyen-Orient ?
 
DZ : Cela fait 18 mois que Benjamin Netanyahou prétend redessiner le visage du Proche Orient et nous annonce un nouveau monde. En deux ans, Israël a torpillé les programmes nucléaire et balistique iraniens, éradiqué les menaces du Hezbollah, pilonné les Houthis, pris acte de la chute de Bachar El Assad, écorné le Hamas… Jérusalem a fragilisé la pieuvre iranienne et ses proxis… Soyons patients… Attendons les signatures… Nous avons en perspective une vraie paix global entre l’État juif et monde arabo-musulman !
 
Atlantico : Enfin, quelle place reste-t-il à l’Europe dans ce jeu diplomatique ? Et quel bilan tirer, à la lumière de ces développements, de l’initiative portée récemment par la diplomatie française ?
 
DZ : Aucune, même s’il n’est pas exclu que l’Allemagne ou l’Italie participe à ce « board for the peace » mis en place pour superviser la gouvernance à Gaza et présidé par Donald Trump. C’est une preuve supplémentaire que l’Europe est sortie de l’histoire. Ce sont Donald et Bibi qui ont écrit l’histoire hier.
 
 
Dov ZERAH
DHAREZ

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