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samedi 20 septembre 2025

L'Egypte bétonne sa frontière à Gaza (FR, EN, ES) JBCH N° 417

L'attitude du gouvernement égyptien est incompréhensible ... Sur le plan International, il condamne Israël, le traite d'ennemi, soutient le Hamas et le reçoit dans les salons de la présidence, alors que le traité de paix avec Israël est toujours en vigueur, sur le plan intérieur, il a peur des frères musulmans, très puissants, doit ménager ce qu'on appelle la rue arabe, faire face à une rébellion islamique dans le Sinaï, et surtout ne pas faire entrer un seul arabe de Gaza quoi qu'il en cote ... Allez comprendre !


L’attitude de l’Égypte face à la situation à Gaza demeure l’un des paradoxes les plus saillants du conflit. Le Caire affiche depuis des décennies son soutien à la cause des arabes de la région, dans la lignée d’une histoire qui remonte à l’époque de Nasser, lorsque la question palestinienne servait de ciment idéologique au panarabisme.


Les discours officiels, les déclarations dans les instances internationales, les appels à la solidarité arabe s’inscrivent dans une logique diplomatique et symbolique : l’Égypte veut apparaître comme la protectrice des droits des arabes de palestine, héritière d’un rôle de leadership régional. 




Mais lorsque l’on quitte la scène des tribunes pour observer le terrain, le contraste est saisissant. Au poste frontière de Rafah, unique porte de sortie de Gaza qui ne soit pas israélienne, les autorités égyptiennes se montrent intransigeantes. Les tentatives désespérées de familles cherchant à fuir les combats se heurtent à des refus fermes, parfois appuyés par la menace des armes.




Cette fermeté s’explique d’abord par une question de sécurité intérieure. Pour Le Caire, laisser entrer massivement des Palestiniens signifierait importer sur son territoire le risque d’infiltration de membres du Hamas ou d’autres groupes radicaux. Depuis des années, l’Égypte affronte dans le Sinaï une insurrection djihadiste violente, et les autorités redoutent que l’arrivée incontrôlée de réfugiés ne ravive ce foyer de tensions. Derrière le soutien affiché à la cause palestinienne se cache donc une peur profonde : celle de voir l’instabilité de Gaza franchir la frontière et fragiliser un pays déjà traversé par des fractures sociales et économiques.


À cette logique sécuritaire s’ajoute une dimension politique. L’Égypte cherche à maintenir un rôle d’arbitre incontournable dans le conflit israélo-palestinien. Elle héberge régulièrement des négociations, accueille des délégations du Hamas et de l’Autorité palestinienne, et se présente comme médiatrice auprès des Occidentaux. Autoriser un exode massif vers le Sinaï reviendrait à vider Gaza de sa population et à laisser croire qu’une solution de déplacement est envisageable. Or, pour l’Égypte, ce serait donner raison à ceux qui soupçonnent Israël de vouloir se débarrasser du problème palestinien en le transférant hors de ses frontières. En refusant le passage, Le Caire maintient l’idée que Gaza doit rester le foyer palestinien et que le conflit doit être résolu sur place, non exporté ailleurs.



Le poids de la mémoire historique n’est pas étranger non plus à cette position. L’expérience de 1948, puis de 1967, a montré que les réfugiés palestiniens installés dans les pays voisins ne sont jamais repartis. La Jordanie, le Liban et la Syrie en portent encore la trace, avec des camps devenus des quartiers permanents, des tensions démographiques et politiques, et une intégration jamais totalement réalisée. L’Égypte n’a aucune intention de reproduire ce scénario dans le Sinaï, région sensible qui a déjà été occupée par Israël et où l’État lutte pour affirmer son autorité.


Pour comprendre la posture égyptienne, il faut donc accepter cette contradiction apparente. Le soutien à la cause palestinienne est réel, mais il reste au niveau du discours, car il coûte peu politiquement et nourrit le prestige du pays dans le monde arabe. En revanche, ouvrir ses frontières et assumer les conséquences humaines, économiques et sécuritaires d’un exode massif est une perspective jugée insupportable par le régime du président Abdel Fattah al-Sissi. C’est ce décalage qui choque : proclamer la fraternité arabe, tout en braquant ses armes sur ceux qui cherchent à fuir les bombes.


Le résultat est une politique qui joue sur deux registres. Devant les Nations unies et dans les médias arabes, l’Égypte réaffirme sans relâche son attachement aux droits des Palestiniens et sa condamnation des violences à Gaza. 


Mais sur le terrain, au poste frontière de Rafah, la priorité reste la préservation de sa propre stabilité nationale, fût-ce au prix d’un refus qui condamne des civils à l’enfermement. Ce double langage n’est pas unique dans l’histoire du conflit israélo-palestinien : il reflète la tension entre la solidarité proclamée et les intérêts stratégiques. 


Pour le Caire, la survie du régime et l’équilibre intérieur passent avant la compassion humanitaire. Et c’est ainsi qu’un pays qui brandit le drapeau de la cause palestinienne se retrouve, en pratique, à empêcher par la force ceux qui voudraient simplement échapper aux horreurs de la guerre.

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Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé


🇬🇧 English 

The attitude of the Egyptian government is incomprehensible… On the international stage, it condemns Israel, calls it an enemy, supports Hamas and receives it in the presidential salons, while the peace treaty with Israel is still in force. Domestically, it fears the Muslim Brotherhood, very powerful, must appease what is called the Arab street, face an Islamist rebellion in Sinai, and above all not allow a single Arab from Gaza to enter, whatever the cost… Go figure!


Egypt’s stance on the situation in Gaza remains one of the sharpest paradoxes of the conflict. For decades, Cairo has publicly aligned itself with the Palestinian cause, in line with a history dating back to Nasser, when the Palestinian issue served as the ideological glue of pan-Arabism.

Official speeches, declarations in international forums, and calls for Arab solidarity all fit into a symbolic diplomatic framework: Egypt wants to appear as the protector of Palestinian rights, the heir to a role of regional leadership.

But once one leaves the stage of speeches and looks at the ground, the contrast is striking. At the Rafah crossing, the only exit from Gaza not controlled by Israel, Egyptian authorities show inflexibility. The desperate attempts of families seeking to flee the fighting are met with firm refusals, sometimes backed by the threat of arms.

This firmness is first explained by internal security concerns. For Cairo, allowing Palestinians in en masse would mean importing the risk of infiltration by Hamas members or other radical groups. For years, Egypt has faced a violent jihadist insurgency in Sinai, and authorities fear that uncontrolled refugee flows could reignite this front. Behind the proclaimed support for the Palestinian cause lies a deep fear: that Gaza’s instability might cross the border and destabilize a country already fractured socially and economically.

Added to this security logic is a political dimension. Egypt seeks to maintain its role as a key arbiter in the Israeli-Palestinian conflict. It regularly hosts negotiations, welcomes delegations from Hamas and the Palestinian Authority, and presents itself as mediator to Western powers. Authorizing a mass exodus into Sinai would mean emptying Gaza of its population and allowing the impression that displacement could be a solution. For Egypt, that would validate suspicions that Israel aims to offload the Palestinian issue outside its borders. By refusing entry, Cairo insists that Gaza must remain the Palestinian home and that the conflict must be resolved there, not exported elsewhere.

Historical memory also weighs on this position. The experiences of 1948 and 1967 showed that Palestinian refugees who settled in neighboring countries never returned. Jordan, Lebanon, and Syria still carry the legacy, with camps turned into permanent neighborhoods, demographic and political tensions, and incomplete integration. Egypt has no intention of replicating this scenario in Sinai, a sensitive region once occupied by Israel and where the state still struggles to assert its authority.

To understand Egypt’s stance, one must accept this apparent contradiction. Support for the Palestinian cause is genuine, but remains at the level of rhetoric, because it is politically cheap and bolsters Egypt’s prestige in the Arab world. By contrast, opening its borders and facing the human, economic, and security consequences of a mass exodus is a prospect deemed unbearable by President Abdel Fattah al-Sisi’s regime. This is the shocking gap: proclaiming Arab brotherhood, while pointing weapons at those fleeing bombs.

The result is a policy that plays on two registers. At the United Nations and in Arab media, Egypt tirelessly reaffirms its commitment to Palestinian rights and its condemnation of violence in Gaza.

But on the ground, at Rafah, the priority remains preserving its own national stability, even at the cost of denying civilians an escape. This double language is not unique in the history of the Israeli-Palestinian conflict: it reflects the tension between proclaimed solidarity and strategic interests.

For Cairo, regime survival and internal balance come before humanitarian compassion. Thus a country that waves the Palestinian cause in rhetoric finds itself, in practice, preventing by force those who simply want to escape the horrors of war.


This article is personal. I do not claim to be a scientist, a historian, or a professional journalist…

It is delicate to testify as a layman, but in this blog I usually express a heartfelt reaction to current events and my daily international press review.


The photos and videos are taken from the web, strictly for personal and private use.


🇪🇸 Español


La actitud del gobierno egipcio es incomprensible… En el plano internacional, condena a Israel, lo llama enemigo, apoya a Hamás y lo recibe en los salones de la presidencia, mientras que el tratado de paz con Israel sigue en vigor. En el plano interno, teme a los Hermanos Musulmanes, muy poderosos, debe complacer lo que se llama la calle árabe, enfrentar una rebelión islamista en el Sinaí, y sobre todo no dejar entrar ni a un solo árabe de Gaza cueste lo que cueste… ¡Vaya contradicción!


La postura de Egipto frente a la situación en Gaza sigue siendo una de las paradojas más notorias del conflicto. Durante décadas, El Cairo ha mostrado públicamente su apoyo a la causa palestina, en línea con una historia que se remonta a Nasser, cuando la cuestión palestina servía de cemento ideológico al panarabismo.

Los discursos oficiales, las declaraciones en los foros internacionales y los llamamientos a la solidaridad árabe se inscriben en una lógica diplomática y simbólica: Egipto quiere aparecer como el protector de los derechos de los palestinos, heredero de un papel de liderazgo regional.

Pero al abandonar la tribuna y observar el terreno, el contraste es sorprendente. En el paso de Rafah, única salida de Gaza que no está bajo control israelí, las autoridades egipcias se muestran inflexibles. Los intentos desesperados de familias que buscan huir de los combates se encuentran con rechazos firmes, a veces respaldados por la amenaza de las armas.

Esta firmeza se explica, en primer lugar, por una cuestión de seguridad interna. Para El Cairo, dejar entrar masivamente a palestinos significaría importar el riesgo de infiltración de miembros de Hamás u otros grupos radicales. Desde hace años, Egipto enfrenta en el Sinaí una insurgencia yihadista violenta, y las autoridades temen que la llegada descontrolada de refugiados reavive este foco de tensiones. Detrás del apoyo proclamado a la causa palestina se esconde, pues, un miedo profundo: que la inestabilidad de Gaza cruce la frontera y fragilice a un país ya atravesado por fracturas sociales y económicas.

A esta lógica de seguridad se añade una dimensión política. Egipto busca mantener un papel de árbitro indispensable en el conflicto israelo-palestino. A menudo acoge negociaciones, recibe delegaciones de Hamás y de la Autoridad Palestina, y se presenta como mediador ante Occidente. Autorizar un éxodo masivo hacia el Sinaí equivaldría a vaciar Gaza de su población y a dejar pensar que el desplazamiento es una solución viable. Para Egipto, sería dar la razón a quienes sospechan que Israel quiere deshacerse del problema palestino trasladándolo fuera de sus fronteras. Al rechazar la entrada, El Cairo insiste en que Gaza debe seguir siendo el hogar palestino y que el conflicto debe resolverse allí, no exportarse a otro lugar.

El peso de la memoria histórica también influye en esta posición. La experiencia de 1948 y luego la de 1967 demostraron que los refugiados palestinos instalados en los países vecinos nunca regresaron. Jordania, Líbano y Siria todavía llevan esa huella, con campamentos convertidos en barrios permanentes, tensiones demográficas y políticas, y una integración nunca plenamente realizada. Egipto no tiene intención alguna de reproducir este escenario en el Sinaí, región sensible que ya fue ocupada por Israel y donde el Estado lucha por afirmar su autoridad.

Para comprender la postura egipcia, hay que aceptar esta aparente contradicción. El apoyo a la causa palestina es real, pero se limita al discurso, porque cuesta poco políticamente y alimenta el prestigio del país en el mundo árabe. En cambio, abrir sus fronteras y asumir las consecuencias humanas, económicas y de seguridad de un éxodo masivo es una perspectiva que el régimen del presidente Abdel Fattah al-Sisi considera insoportable. Ahí está el desfase que choca: proclamar la hermandad árabe, mientras se apuntan las armas contra quienes huyen de las bombas.

El resultado es una política que juega en dos registros. Ante las Naciones Unidas y en los medios árabes, Egipto reafirma sin cesar su compromiso con los derechos de los palestinos y su condena de la violencia en Gaza.

Pero sobre el terreno, en Rafah, la prioridad sigue siendo la preservación de su propia estabilidad nacional, aunque sea al precio de negar a los civiles una salida. Este doble lenguaje no es único en la historia del conflicto israelo-palestino: refleja la tensión entre la solidaridad proclamada y los intereses estratégicos.

Para El Cairo, la supervivencia del régimen y el equilibrio interno pasan antes que la compasión humanitaria. Y así, un país que enarbola la bandera de la causa palestina se encuentra, en la práctica, impidiendo por la fuerza a quienes simplemente quieren escapar de los horrores de la guerra.

Este artículo es personal. No pretendo ser ni científico, ni historiador, ni profesional del periodismo…

Es delicado dar testimonio como profano, pero en este blog suelo expresar un impulso del corazón a partir de la actualidad y de la lectura de mi revista de prensa internacional diaria.

Las fotos y los vídeos están tomados de la web, también para un uso estrictamente personal y privado.


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