J’étais à Tunis, j’avais environ cinq ans., et j’écoutais mon père discuter avec un reporter de l’agence Reuters, Monsieur Bush. Ils parlaient de ce qui se passait en Corée, une guerre terrible qui venait de commencer en 1950.
Les forces nord-coréennes avaient envahi la Corée du Sud, progressant rapidement vers le sud. Peu après, des volontaires chinois sont intervenus pour soutenir le Nord.
L’ONU, à majorité occidentale et sans l’Union soviétique qui boycottait le Conseil de sécurité, décida d’intervenir. Une coalition internationale, dirigée par les États-Unis, vint soutenir la Corée du Sud. Au moment de l’intervention de l’ONU, les communistes du Nord avaient déjà conquis une grande partie du pays, proche de Séoul. La guerre allait devenir un conflit prolongé, avec des offensives et contre-offensives sur tout le territoire.
J’écoutais, fasciné et effrayé par les nouvelles de ce conflit qui faisait rage à des milliers de kilomètres de chez nous ... Près de 70 après le conflit n'est pas résolu et la paix n'est pas signée
Depuis les échecs des négociations avec Donald Trump (2018–2019), le régime nord-coréen s’est considérablement durci. Kim Jong Un a renforcé la répression interne, accru son arsenal nucléaire et multiplié les essais de missiles. Alors qu’il avait un temps laissé entrevoir une ouverture à la culture étrangère (concerts de K-pop en 2018), il s’oriente désormais poussé par son ami Poutine, vers une fermeture quasi totale : expulsion des diplomates, interdiction d’aide humanitaire, verrouillage des frontières et isolement prolongé depuis la pandémie de Covid-19.
Ce processus, qualifié par certains observateurs de « nord-coréanisation de la Corée du Nord », transforme le pays en une boîte noire inaccessible, où l’information venant de l’extérieur est criminalisée et l’émigration quasiment impossible. Le régime a notamment instauré des lois sévères pour interdire les contenus étrangers (films, musique, modes vestimentaires), avec des sanctions allant jusqu’à l’exécution.
Le pouvoir s’est particulièrement attaqué à l’influence sud-coréenne, considérée comme une menace idéologique. Les séries télévisées, la musique ou même les styles vestimentaires sud-coréens étaient devenus très populaires, surtout parmi les jeunes, suscitant la peur du régime d’une perte de loyauté. D’où une série de lois visant à protéger la « culture socialiste », à interdire le langage ou les coiffures inspirés du Sud et à surveiller les citoyens via des logiciels intrusifs sur smartphones.
Cette répression illustre la volonté de Kim d’assimiler marché noir, ouverture culturelle et menace politique. Elle témoigne aussi d’une stratégie de rupture : le régime ne cherche plus l’unification avec le Sud, mais considère désormais la Corée du Sud comme un ennemi.
Après avoir toléré une certaine libéralisation économique post-famine (marchés privés ou jangmadang), "Kim Jong Un" tente depuis la pandémie de revenir à une économie planifiée. Marchés fermés, restrictions sur le commerce, répression des changeurs de devises : tout vise à rétablir le contrôle étatique.
Cette tentative de retour en arrière crée inflation, pénuries et inégalités régionales, mais elle s’accompagne d’une propagande sur le développement interne : salaires d’État augmentés, programmes de logements massifs à Pyongyang, lancement d’industries régionales dans le cadre d’une politique dite « 20x10 » (20 nouvelles usines par an pendant 10 ans). En réalité, ces projets rappellent plus les vitrines de propagande que des solutions économiques durables.
Isolé de l’Occident, Kim Jong Un a consolidé ses liens avec la Russie et la Chine. Avec Moscou, il échange munitions et troupes contre pétrole, nourriture et technologie, tout en bénéficiant d’une reconnaissance implicite de son statut nucléaire. Avec Pékin, il conserve un partenariat stratégique, la Chine demeurant le principal acheteur de ses exportations et un soutien économique clé.
Ces alliances donnent à Kim une nouvelle assurance. Alors que Trump parle désormais de la Corée du Nord comme d’une puissance nucléaire de fait, Moscou et Pékin ne mettent plus en avant la dénucléarisation. Le régime semble donc plus près que jamais d’une reconnaissance tacite de son statut nucléaire. Mais Trump est obstiné, il veut à nouveau négocier avec le Dictateur.
Contrairement aux prédictions initiales d’un effondrement rapide, le régime de Kim apparaît plus stable qu’à son arrivée au pouvoir. Plus répressif, plus confiant, soutenu par deux parrains puissants et doté d’un arsenal nucléaire, il représente une menace croissante. Toutefois, la dépendance à Moscou et Pékin, la fragilité économique interne et le potentiel de révolte (alimenté par l’attrait persistant de la culture étrangère) demeurent des faiblesses.
Kim semble déjà préparer sa succession, mettant en avant sa fille Kim Ju Ae, signe qu’il envisage une dynastie durable. Mais l’histoire récente (comme la chute de Bachar al-Assad en Syrie) rappelle qu’un régime autoritaire peut s’effondrer rapidement et de façon imprévisible.
Ce texte montre que la Corée du Nord de Kim Jong Un est entrée dans une nouvelle phase plus fermée intérieurement, plus dure envers son peuple, plus alignée sur la Russie et la Chine, plus confiante dans son statut nucléaire.
La menace qu’elle représente pour la stabilité régionale et mondiale s’intensifie, tandis que la vie des Nord-Coréens est marquée par l’isolement, la peur et la répression. Loin de s’effondrer, le régime s’est consolidé, mais cette consolidation repose sur un équilibre fragile entre autoritarisme, propagande et soutien extérieur.
Un jour viendra ou la Paix, la sagesse et l'intérêt de tous les Hommes regneront sur cette Terre !
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé
English
I was in Tunis, about five years old, listening to my father talk with a Reuters reporter, Mr. Bush. They were discussing what was happening in Korea, a terrible war that had just begun in 1950.
North Korean forces had invaded South Korea, advancing rapidly southward. Shortly afterward, Chinese volunteers intervened to support the North.
The UN, with a Western majority and without the Soviet Union which was boycotting the Security Council, decided to intervene. An international coalition, led by the United States, came to support South Korea. At the time of the UN’s intervention, the North Korean communists had already conquered a large part of the country, near Seoul. The war would become a prolonged conflict, with offensives and counter-offensives across the territory.
I listened, fascinated and frightened by the news of this conflict raging thousands of kilometers away from us… Nearly 70 years later, the conflict remains unresolved and peace has not been signed.
Since the failed negotiations with Donald Trump (2018–2019), the North Korean regime has hardened considerably. Kim Jong Un has strengthened internal repression, expanded his nuclear arsenal, and increased missile testing. While he once showed some openness to foreign culture (K-pop concerts in 2018), he is now, pushed by his friend Putin, moving toward near-total closure: expulsion of diplomats, prohibition of humanitarian aid, border lockdowns, and prolonged isolation since the COVID-19 pandemic.
This process, described by some observers as the “North-Koreanization of North Korea,” has turned the country into a black box, where outside information is criminalized and emigration is almost impossible. The regime has implemented strict laws banning foreign content (films, music, fashion), with penalties up to execution.
The regime has targeted South Korean influence, seen as an ideological threat. TV shows, music, and even clothing styles from the South became extremely popular, especially among youth, prompting fear of loss of loyalty. Laws were enacted to protect “socialist culture,” ban Southern-inspired language or hairstyles, and monitor citizens using intrusive smartphone software.
This repression illustrates Kim’s desire to link the black market, cultural openness, and political threat. It also reflects a strategic break: the regime no longer seeks reunification with the South and now considers South Korea an enemy.
After tolerating some post-famine economic liberalization (private markets or jangmadang), Kim Jong Un has tried since the pandemic to return to a planned economy. Closed markets, trade restrictions, and crackdown on currency exchangers aim to restore state control.
This rollback has caused inflation, shortages, and regional inequalities, but is accompanied by propaganda about internal development: increased state salaries, massive housing programs in Pyongyang, and regional industrial initiatives under the “20x10” policy (20 new factories per year for ten years). In reality, these projects resemble propaganda showcases more than sustainable economic solutions.
Isolated from the West, Kim has strengthened ties with Russia and China. With Moscow, he trades ammunition and labor for oil, food, and technology while enjoying implicit recognition of his nuclear status. With Beijing, he maintains a strategic partnership; China remains his main export buyer and a key economic supporter.
These alliances give Kim new confidence. While Trump now speaks of North Korea as a de facto nuclear power, Moscow and Beijing no longer emphasize denuclearization. The regime seems closer than ever to tacit recognition of its nuclear status, though Trump remains intent on negotiating with the dictator.
Contrary to early predictions of a quick collapse, Kim’s regime appears more stable than at his rise to power. More repressive, more confident, backed by two powerful patrons and armed with nuclear weapons, it represents a growing threat. However, dependence on Moscow and Beijing, internal economic fragility, and potential revolt (fueled by foreign culture) remain weaknesses.
Kim seems to be planning succession, promoting his daughter Kim Ju Ae, signaling an intention for a lasting dynasty. Yet recent history (such as Bashar al-Assad’s fall in Syria) reminds us that authoritarian regimes can collapse rapidly and unpredictably.
This account shows that Kim Jong Un’s North Korea has entered a new phase: more internally closed, harsher toward its people, more aligned with Russia and China, and more confident in its nuclear status.
The threat it poses to regional and global stability is growing, while North Koreans live under isolation, fear, and repression. Far from collapsing, the regime has consolidated, though this stability rests on a fragile balance between authoritarianism, propaganda, and external support.
One day, peace, wisdom, and the common interest of all humanity will prevail on this Earth!
Español
Estaba en Túnez, tenía unos cinco años, escuchando a mi padre hablar con un reportero de la agencia Reuters, el señor Bush. Hablaban de lo que estaba sucediendo en Corea, una terrible guerra que acababa de comenzar en 1950.
Las fuerzas norcoreanas habían invadido Corea del Sur, avanzando rápidamente hacia el sur. Poco después, voluntarios chinos intervinieron para apoyar al Norte.
La ONU, con mayoría occidental y sin la Unión Soviética, que boicoteaba el Consejo de Seguridad, decidió intervenir. Una coalición internacional, liderada por Estados Unidos, vino en apoyo de Corea del Sur. En el momento de la intervención de la ONU, los comunistas del Norte ya habían conquistado gran parte del país, cerca de Seúl. La guerra se convertiría en un conflicto prolongado, con ofensivas y contraofensivas en todo el territorio.
Escuchaba, fascinado y asustado por las noticias de este conflicto que se desarrollaba a miles de kilómetros de nosotros… Casi 70 años después, el conflicto sigue sin resolverse y la paz no se ha firmado.
Desde los fracasos de las negociaciones con Donald Trump (2018–2019), el régimen norcoreano se ha endurecido considerablemente. Kim Jong Un ha reforzado la represión interna, ampliado su arsenal nuclear y multiplicado los ensayos de misiles. Mientras que en un momento mostró cierta apertura a la cultura extranjera (conciertos de K-pop en 2018), ahora, impulsado por su amigo Putin, avanza hacia un cierre casi total: expulsión de diplomáticos, prohibición de ayuda humanitaria, cierre de fronteras y aislamiento prolongado desde la pandemia de COVID-19.
Este proceso, calificado por algunos observadores como la “norcoreanización de Corea del Norte”, ha convertido al país en una caja negra inaccesible, donde la información exterior es criminalizada y la emigración casi imposible. El régimen ha implementado leyes estrictas para prohibir contenidos extranjeros (películas, música, moda), con sanciones que llegan hasta la ejecución.
El poder ha atacado especialmente la influencia surcoreana, considerada una amenaza ideológica. Las series de televisión, la música o incluso los estilos de ropa del Sur se volvieron muy populares, especialmente entre los jóvenes, generando miedo en el régimen a perder lealtad. Se aprobaron leyes para proteger la “cultura socialista”, prohibir el lenguaje o los peinados inspirados en el Sur y monitorear a los ciudadanos mediante software intrusivo en los teléfonos inteligentes.
Esta represión refleja el deseo de Kim de vincular mercado negro, apertura cultural y amenaza política. También evidencia una estrategia de ruptura: el régimen ya no busca la reunificación con el Sur y ahora considera a Corea del Sur como un enemigo.
Tras tolerar cierta liberalización económica posterior a la hambruna (mercados privados o jangmadang), Kim Jong Un intenta desde la pandemia volver a una economía planificada. Mercados cerrados, restricciones comerciales y represión a los cambistas buscan restablecer el control estatal.
Este retroceso ha generado inflación, escasez e inequidades regionales, pero va acompañado de propaganda sobre desarrollo interno: aumento de salarios estatales, programas masivos de vivienda en Pyongyang e iniciativas industriales regionales bajo la política “20x10” (20 fábricas nuevas por año durante diez años). En realidad, estos proyectos parecen más vitrinas de propaganda que soluciones económicas sostenibles.
Aislado de Occidente, Kim ha consolidado lazos con Rusia y China. Con Moscú intercambia municiones y mano de obra por petróleo, alimentos y tecnología, mientras disfruta del reconocimiento implícito de su estatus nuclear. Con Pekín mantiene una asociación estratégica; China sigue siendo su principal comprador de exportaciones y un apoyo económico clave.
Estas alianzas dan nueva confianza a Kim. Mientras Trump ahora habla de Corea del Norte como una potencia nuclear de facto, Moscú y Pekín ya no enfatizan la desnuclearización. El régimen parece más cerca que nunca del reconocimiento tácito de su estatus nuclear, aunque Trump sigue insistiendo en negociar con el dictador.
Contrario a las predicciones iniciales de un colapso rápido, el régimen de Kim parece más estable que al inicio de su mandato. Más represivo, más confiado, respaldado por dos poderosos padrinos y con arsenal nuclear, representa una amenaza creciente. Sin embargo, la dependencia de Moscú y Pekín, la fragilidad económica interna y el potencial de revuelta (alimentado por la cultura extranjera) siguen siendo vulnerabilidades.
Kim parece ya preparar su sucesión, destacando a su hija Kim Ju Ae, señalando la intención de una dinastía duradera. Sin embargo, la historia reciente (como la caída de Bashar al-Asad en Siria) recuerda que los regímenes autoritarios pueden colapsar rápidamente e impredeciblemente.
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