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jeudi 25 septembre 2025

Walter Benjamin, Philosophe juif méconnu ... (FR, EN, ES , GER) JBCH N° 437


Pour l'anniversaire de son décès, le 26 Septembre 1940, il y a 85 ans, j'ai voulu vous faire connaitre Walter Benjamin et sa relation avec Gershon Sholem.


Walter Benjamin (1892-1940) et Gershom Scholem (1897-1982) représentent deux figures majeures de la pensée juive du XXe siècle. Leur rencontre, au cours de leurs années d’études à Berlin dans les années 1915-1916, fut déterminante pour l’un comme pour l’autre. 


Benjamin, philosophe et critique littéraire issu d’une bourgeoisie juive assimilée, doutait de son rapport au judaïsme. 


Scholem, jeune étudiant passionné par les textes de la Kabbale, en quête d’une renaissance spirituelle juive, chercha très tôt à réinscrire son ami dans cette tradition.


Walter Benjamin


Les deux hommes se rencontrent à Berlin à travers des cercles intellectuels. Gershom Scholem raconte dans son autobiographie (Von Berlin nach Jerusalem, 1977) combien Benjamin, plus âgé de cinq ans, l’impressionna par la profondeur de sa culture et la puissance de son style. 


Il voyait en lui « un esprit prophétique, au langage symbolique », capable d’ouvrir des horizons nouveaux. De son côté, Benjamin trouva en Scholem un interlocuteur passionné par ce qui lui manquait : un judaïsme vivant, ancré dans les textes mystiques et porté par une quête existentielle.


Leur correspondance, publiée après-guerre (Briefwechsel 1932-1940), révèle une amitié faite de confiance et de débats. Scholem cherchait à convaincre Benjamin d’assumer son identité juive plus explicitement. Benjamin, lui, restait attaché à une pensée fragmentaire, ouverte, où le messianisme n’était pas confessionnel mais critique.


Scholem dira plus tard : « Walter Benjamin était le seul homme avec qui je pouvais parler sérieusement de la Kabbale sans passer pour un fou » (Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft, 1975).


Leurs échanges firent émerger une notion centrale : le messianisme. Pour Scholem, la Kabbale portait une vision messianique radicale, où chaque acte humain pouvait hâter la rédemption. Pour Benjamin, cette idée devint une clé pour repenser l’histoire. Dans ses Thèses sur le concept d’histoire (1940), il écrit :


« Il existe un rendez-vous mystérieux entre les générations passées et la nôtre. Nous avons été attendus sur la terre. Comme chaque génération qui nous a précédés, nous avons reçu une faible force messianique sur laquelle le passé fait valoir sa prétention. »


Cette idée d’une « faible force messianique » provient directement du dialogue avec Scholem. Elle traduit la conviction qu’il existe, dans chaque fragment du passé, une étincelle de salut, et que l’historien ou le penseur doit la réveiller.


Benjamin transformait ainsi une intuition religieuse en une méthode philosophique et politique. L’histoire n’est pas un progrès linéaire, mais une série d’interruptions, où le messianique s’introduit comme un éclair. Cette vision est profondément marquée par le judaïsme : le temps n’est pas circulaire ni simplement cumulatif, il est orienté vers un avenir de "rédemption".


Mais plus encore, Scholem interpréta Benjamin à la lumière du judaïsme. Dans Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft, il insiste sur la dimension religieuse implicite de sa pensée, voyant en lui un penseur « crypto-théologique » qui refusait de choisir entre marxisme et judaïsme, mais qui trouvait dans leur tension même la vérité de son travail.



Grâce à Scholem, les chercheurs purent découvrir un Benjamin profondément lié à la tradition juive, et pas seulement critique littéraire ou théoricien de l’art. Dans les années 1960-70, les textes de Benjamin furent lus par les historiens, philosophes et littéraires. Les Thèses sur l’histoire, l’essai sur L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, ou encore son inachevé Livre des Passages firent de lui un auteur incontournable.


La relation avec Scholem permit de montrer que Benjamin n’était pas seulement un penseur de la modernité européenne, mais aussi un héritier de la mystique juive. Cette double appartenance explique son influence actuelle, qui va des études littéraires à la philosophie politique, en passant par la théologie critique.



Contrairement à beaucoup d’intellectuels juifs assimilés de son temps, Benjamin ne rejeta pas son héritage. Grâce à Scholem, il découvrit dans le judaïsme une source d’inspiration, un langage pour exprimer sa critique du présent et son espoir de rédemption. Son rapport au judaïsme fut moins rituel que spirituel, moins communautaire que philosophique, mais toujours positif et fécond.



Après le suicide de Benjamin à Portbou en 1940, alors qu’il fuyait le nazisme, Scholem joua un rôle décisif dans la préservation et la diffusion de son œuvre. Il travailla avec Theodor W. Adorno et Hannah Arendt à recueillir les manuscrits, à éditer et publier ses textes. Sans Scholem, une grande partie de l’œuvre de Benjamin aurait pu disparaître.


Ainsi, l’amitié entre Walter Benjamin et Gershom Scholem représente l’un des grands dialogues philosophiques du XXe siècle : celui entre modernité européenne et tradition juive. C’est ce dialogue, fait de tensions mais aussi de fidélité, qui a donné à la philosophie de Benjamin sa profondeur unique, et qui explique pourquoi, aujourd’hui encore, il est lu comme un penseur juif universel.


Walter Benjamin s’est suicidé le 26 septembre 1940 à Portbou, petit village frontalier entre la France et l’Espagne, alors qu’il fuyait le nazisme et craignait d’être arrêté par la Gestapo. Il ingéra une overdose de morphine, emportant avec lui ses manuscrits précieux. Son suicide était motivé par la peur de l’arrestation et le désespoir face à l’exil.


Ce geste n’est pas le même que celui de Stefan Zweig, qui s’est suicidé en 1942 au Brésil avec sa femme en prenant des barbituriques, par un choix volontaire lié au désespoir face à la guerre et à l’exil.




Walter Benjamin a longtemps été fasciné par l’œuvre de Franz Kafka, qu’il considérait comme l’un des plus grands témoins de la modernité. Dans son essai de 1934, Franz Kafka : pour une lecture du roman, Benjamin analyse avec minutie l’univers kafkaïen, où la bureaucratie, l’angoisse et l’aliénation reflètent les pressions de la société contemporaine. Il voit dans les romans et nouvelles de Kafka, notamment Le Procès et Le Château, une écriture « messianique », où chaque détail devient porteur d’un sens critique et métaphysique.


Pour Benjamin, Kafka n’est pas seulement un écrivain ; il est un observateur aigu de la condition humaine, capable de traduire la tension entre l’individu et les institutions, entre la loi et la liberté. Il établit même des liens entre la lecture kafkienne de la loi et la tradition juive, explorant comment l’autorité peut être à la fois salvatrice et oppressante. Le style fragmentaire et elliptique de Kafka séduit Benjamin, car il reflète l’histoire discontinue et le chaos de l’expérience moderne.


Benjamin interprète l’œuvre de Kafka comme une critique poétique et sociale de la rationalité instrumentale, mais aussi comme une exploration du mystique et du transcendant dans la vie quotidienne. À travers cette lecture, il montre que littérature et philosophie peuvent dialoguer : Kafka inspire la réflexion benjaminienne sur la mémoire, le temps et la rédemption. En somme, Kafka devient pour Benjamin un maître dans l’art de révéler, avec précision et profondeur, les failles de la modernité et les subtilités de la condition humaine.


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé


English


Walter Benjamin (1892-1940) and Gershom Scholem (1897-1982) represent two major figures of 20th-century Jewish thought. Their meeting, during their years of study in Berlin in 1915-1916, was decisive for both.

Benjamin, a philosopher and literary critic from an assimilated Jewish bourgeoisie, doubted his relationship to Judaism.

Scholem, a young student passionate about Kabbalistic texts and seeking a Jewish spiritual renaissance, early on tried to reconnect his friend to this tradition.

The two men met in Berlin through intellectual circles. Gershom Scholem recounts in his autobiography (Von Berlin nach Jerusalem, 1977) how Benjamin, five years older, impressed him with the depth of his culture and the power of his style.

He saw in him “a prophetic spirit, with a symbolic language,” capable of opening new horizons. For his part, Benjamin found in Scholem a passionate interlocutor for what he lacked: a living Judaism, rooted in mystical texts and driven by an existential quest.

Their correspondence, published after the war (Briefwechsel 1932-1940), reveals a friendship of trust and debate. Scholem tried to convince Benjamin to embrace his Jewish identity more explicitly. Benjamin, however, remained attached to a fragmentary, open thought, in which messianism was not confessional but critical.

Scholem would later say: “Walter Benjamin was the only man with whom I could speak seriously about Kabbalah without appearing crazy” (Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft, 1975).

Their exchanges gave rise to a central notion: messianism. For Scholem, Kabbalah carried a radical messianic vision, where every human act could hasten redemption. For Benjamin, this idea became a key to rethinking history. In his Theses on the Concept of History (1940), he wrote:


“There is a mysterious appointment between past generations and ours. We were awaited on earth. Like every generation that preceded us, we have received a weak messianic force on which the past asserts its claim.”


This idea of a “weak messianic force” comes directly from the dialogue with Scholem. It expresses the conviction that within every fragment of the past there is a spark of salvation, and that the historian or thinker must awaken it.

Benjamin thus transformed a religious intuition into a philosophical and political method. History is not linear progress, but a series of interruptions, where the messianic enters like a flash. This vision is deeply marked by Judaism: time is neither circular nor merely cumulative, it is oriented toward a future of “redemption.”

Even more, Scholem interpreted Benjamin in the light of Judaism. In Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft, he emphasizes the implicit religious dimension of his thought, seeing in him a “crypto-theological” thinker who refused to choose between Marxism and Judaism, yet found in their tension the truth of his work.

Thanks to Scholem, scholars were able to discover a Benjamin deeply linked to Jewish tradition, not just a literary critic or art theorist. In the 1960s-70s, Benjamin’s texts were read by historians, philosophers, and literary scholars. Theses on the Concept of History, his essay on The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction, and his unfinished Arcades Project made him an essential author.

The relationship with Scholem showed that Benjamin was not only a thinker of European modernity but also an heir to Jewish mysticism. This dual belonging explains his current influence, spanning literary studies, political philosophy, and critical theology.

Unlike many assimilated Jewish intellectuals of his time, Benjamin did not reject his heritage. Thanks to Scholem, he discovered in Judaism a source of inspiration, a language to express his critique of the present and his hope for redemption. His relationship to Judaism was less ritual than spiritual, less communal than philosophical, but always positive and fruitful.


After Benjamin’s suicide in Portbou in 1940, while fleeing Nazism, Scholem played a decisive role in preserving and disseminating his work. He worked with Theodor W. Adorno and Hannah Arendt to collect manuscripts, edit, and publish his texts. Without Scholem, much of Benjamin’s work might have disappeared.


Thus, the friendship between Walter Benjamin and Gershom Scholem represents one of the great philosophical dialogues of the 20th century: that between European modernity and Jewish tradition. It is this dialogue, full of tension but also fidelity, that gave Benjamin’s philosophy its unique depth and explains why he is still read today as a universal Jewish thinker.


Walter Benjamin committed suicide on September 26, 1940, in Portbou, a small border village between France and Spain, while fleeing Nazism and fearing arrest by the Gestapo. He ingested a morphine overdose, taking his precious manuscripts with him. His suicide was motivated by fear of arrest and despair in exile.


This act is not the same as Stefan Zweig’s, who committed suicide in 1942 in Brazil with his wife by taking barbiturates, a voluntary choice driven by despair over the war and exile.


Walter Benjamin was long fascinated by Franz Kafka’s work, which he considered one of the greatest witnesses of modernity. In his 1934 essay Franz Kafka: For a Literary Critique, Benjamin analyzed Kafka’s universe, where bureaucracy, anxiety, and alienation reflect societal pressures. He saw in Kafka’s novels and stories, notably The Trial and The Castle, a “messianic” writing, where every detail carries critical and metaphysical meaning.


For Benjamin, Kafka was not just a writer; he was an acute observer of the human condition, able to convey the tension between the individual and institutions, between law and freedom. He even drew connections between Kafka’s treatment of law and Jewish tradition, exploring how authority can be both salvific and oppressive. Kafka’s fragmentary and elliptical style appealed to Benjamin, as it reflected the discontinuity of history and the chaos of modern experience.


Benjamin interpreted Kafka’s work as a poetic and social critique of instrumental rationality, but also as an exploration of the mystical and transcendent in everyday life. Through this reading, he showed that literature and philosophy can dialogue: Kafka inspired Benjamin’s reflections on memory, time, and redemption. In short, Kafka became for Benjamin a master in revealing, with precision and depth, the fractures of modernity and the subtleties of the human condition.


This article is personal; I do not claim to be a scientist, historian, or professional journalist. It is delicate to testify as a layperson, but on this blog I generally express a heartfelt reaction based on current events and my daily reading of international press.


Photos and films are taken from the web, also for strictly personal, private use.


Español


Walter Benjamin (1892-1940) y Gershom Scholem (1897-1982) representan dos figuras destacadas del pensamiento judío del siglo XX. Su encuentro, durante sus años de estudio en Berlín en 1915-1916, fue decisivo para ambos.


Benjamin, filósofo y crítico literario de una burguesía judía asimilada, dudaba de su relación con el judaísmo.


Scholem, joven estudiante apasionado por los textos cabalísticos y en busca de un renacimiento espiritual judío, intentó desde temprano reconectar a su amigo con esta tradición.


Se conocieron en Berlín a través de círculos intelectuales. Gershom Scholem relata en su autobiografía (Von Berlin nach Jerusalem, 1977) cómo Benjamin, cinco años mayor, lo impresionó por la profundidad de su cultura y la fuerza de su estilo.

Vio en él “un espíritu profético, con un lenguaje simbólico”, capaz de abrir nuevos horizontes. Por su parte, Benjamin encontró en Scholem un interlocutor apasionado por lo que él necesitaba: un judaísmo vivo, arraigado en textos místicos y guiado por una búsqueda existencial.

Su correspondencia, publicada después de la guerra (Briefwechsel 1932-1940), revela una amistad basada en la confianza y el debate. Scholem intentaba convencer a Benjamin de asumir más explícitamente su identidad judía. Benjamin, sin embargo, permanecía fiel a un pensamiento fragmentario y abierto, donde el mesianismo no era confesional sino crítico.

Scholem diría más tarde: “Walter Benjamin era el único hombre con quien podía hablar seriamente sobre la Cábala sin parecer un loco” (Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft, 1975).

De sus intercambios surgió una noción central: el mesianismo. Para Scholem, la Cábala ofrecía una visión mesiánica radical, donde cada acto humano podía acelerar la redención. Para Benjamin, esta idea se convirtió en clave para repensar la historia. En sus Tesis sobre el concepto de historia (1940), escribió:


“Existe una cita misteriosa entre las generaciones pasadas y la nuestra. Fuimos esperados en la tierra. Como cada generación que nos precedió, hemos recibido una débil fuerza mesiánica sobre la cual el pasado reclama su derecho.”


Esta idea de una “débil fuerza mesiánica” proviene directamente del diálogo con Scholem. Expresa la convicción de que en cada fragmento del pasado existe una chispa de salvación, y que el historiador o pensador debe despertarla.

Benjamin transformó así una intuición religiosa en un método filosófico y político. La historia no es un progreso lineal, sino una serie de interrupciones, donde lo mesiánico irrumpe como un relámpago. Esta visión está profundamente marcada por el judaísmo: el tiempo no es circular ni meramente acumulativo, está orientado hacia un futuro de “redención”.

Scholem también interpretó a Benjamin a la luz del judaísmo. En Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft enfatiza la dimensión religiosa implícita de su pensamiento, viendo en él a un pensador “cripto-teológico” que no elegía entre marxismo y judaísmo, sino que encontraba en su tensión la verdad de su obra.

Gracias a Scholem, los estudiosos pudieron descubrir a un Benjamin profundamente vinculado a la tradición judía, no solo crítico literario o teórico del arte. En los años 1960-70, sus textos fueron leídos por historiadores, filósofos y literatos. Tesis sobre el concepto de historia, su ensayo La obra de arte en la época de su reproductibilidad técnica y su inacabado El libro de los pasajes lo convirtieron en un autor imprescindible.

La relación con Scholem mostró que Benjamin no era solo un pensador de la modernidad europea, sino también heredero de la mística judía. Esta doble pertenencia explica su influencia actual, que abarca estudios literarios, filosofía política y teología crítica.

A diferencia de muchos intelectuales judíos asimilados de su época, Benjamin no rechazó su herencia. Gracias a Scholem descubrió en el judaísmo una fuente de inspiración y un lenguaje para expresar su crítica del presente y su esperanza de redención. Su relación con el judaísmo fue menos ritual que espiritual, menos comunitaria que filosófica, pero siempre positiva y fecunda.

Tras el suicidio de Benjamin en Portbou en 1940, mientras huía del nazismo, Scholem jugó un papel decisivo en preservar y difundir su obra. Trabajó con Theodor W. Adorno y Hannah Arendt para recopilar manuscritos, editar y publicar textos. Sin Scholem, gran parte de la obra de Benjamin podría haberse perdido.

La amistad entre Walter Benjamin y Gershom Scholem representa uno de los grandes diálogos filosóficos del siglo XX: entre modernidad europea y tradición judía. Este diálogo, lleno de tensión y fidelidad, dio a la filosofía de Benjamin su profundidad única y explica por qué sigue siendo leído como un pensador judío universal.

Walter Benjamin se suicidó el 26 de septiembre de 1940 en Portbou, pequeño pueblo fronterizo entre Francia y España, mientras huía del nazismo y temía ser arrestado por la Gestapo. Ingerió una sobredosis de morfina, llevándose consigo sus manuscritos preciosos. Su suicidio estuvo motivado por el miedo a la detención y la desesperación en el exilio.

Este gesto no es el mismo que el





gesto de Stefan Zweig, quien se suicidó en 1942 en Brasil junto con su esposa tomando barbitúricos, una elección voluntaria impulsada por la desesperación ante la guerra y el exilio.


Walter Benjamin también estuvo fascinado por la obra de Franz Kafka, al que consideraba uno de los mayores testigos de la modernidad. En su ensayo de 1934, Franz Kafka: Para una lectura del roman, Benjamin analiza minuciosamente el universo kafkiano, donde la burocracia, la angustia y la alienación reflejan las presiones de la sociedad contemporánea. Ve en las novelas y cuentos de Kafka, en particular El proceso y El castillo, una escritura “mesiánica”, donde cada detalle porta un sentido crítico y metafísico.


Para Benjamin, Kafka no es solo un escritor; es un observador agudo de la condición humana, capaz de traducir la tensión entre el individuo y las instituciones, entre la ley y la libertad. Incluso establece conexiones entre la lectura kafkiana de la ley y la tradición judía, explorando cómo la autoridad puede ser a la vez salvadora y opresiva. El estilo fragmentario y elíptico de Kafka atrae a Benjamin, ya que refleja la discontinuidad de la historia y el caos de la experiencia moderna.


Benjamin interpreta la obra de Kafka como una crítica poética y social de la racionalidad instrumental, pero también como una exploración de lo místico y trascendente en la vida cotidiana. A través de esta lectura, muestra que literatura y filosofía pueden dialogar: Kafka inspira la reflexión benjaminiana sobre la memoria, el tiempo y la redención. En resumen, Kafka se convierte para Benjamin en un maestro del arte de revelar, con precisión y profundidad, las grietas de la modernidad y las sutilezas de la condición humana.


Este artículo es personal; no pretendo ser científico, historiador ni periodista profesional. Es delicado testimoniar como profano, pero en este blog generalmente expreso un golpe de corazón basado en la actualidad y en la lectura diaria de mi prensa internacional.


Las fotos y películas se toman de la web, también para un uso estrictamente personal y privado.


Deutsch


Walter Benjamin (1892–1940) und Gershom Scholem (1897–1982) sind zwei bedeutende Persönlichkeiten des jüdischen Denkens des 20. Jahrhunderts. Ihr Treffen während ihres Studiums in Berlin 1915–1916 war für beide entscheidend.

Benjamin, Philosoph und Literaturkritiker aus einer assimilierten jüdischen Bourgeoisie, zweifelte an seinem Verhältnis zum Judentum.

Scholem, ein junger Student, der von kabbalistischen Texten begeistert war und eine jüdische spirituelle Erneuerung suchte, versuchte früh, seinen Freund wieder in diese Tradition einzubinden.

Die beiden trafen sich in Berlin über intellektuelle Zirkel. Gershom Scholem berichtet in seiner Autobiografie (Von Berlin nach Jerusalem, 1977), wie Benjamin, fünf Jahre älter, ihn durch die Tiefe seiner Kultur und die Kraft seines Stils beeindruckte.

Er sah in ihm „einen prophetischen Geist mit symbolischer Sprache“, der in der Lage war, neue Horizonte zu eröffnen. Benjamin wiederum fand in Scholem einen leidenschaftlichen Gesprächspartner für das, was ihm fehlte: ein lebendiges Judentum, verwurzelt in mystischen Texten und getragen von einer existenziellen Suche.

Ihre Korrespondenz, die nach dem Krieg veröffentlicht wurde (Briefwechsel 1932–1940), zeigt eine Freundschaft voller Vertrauen und Debatten. Scholem versuchte, Benjamin zu überzeugen, seine jüdische Identität expliziter anzunehmen. Benjamin hielt jedoch an einem fragmentarischen, offenen Denken fest, in dem der Messianismus nicht konfessionell, sondern kritisch war.

Scholem sagte später: „Walter Benjamin war der einzige Mann, mit dem ich ernsthaft über die Kabbala sprechen konnte, ohne verrückt zu wirken“ (Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft, 1975).

Aus ihrem Austausch entstand eine zentrale Idee: der Messianismus. Für Scholem trug die Kabbala eine radikale messianische Vision, in der jede menschliche Handlung die Erlösung beschleunigen konnte. Für Benjamin wurde diese Idee zum Schlüssel, die Geschichte neu zu denken. In seinen Thesen zum Begriff der Geschichte (1940) schrieb er:


„Es gibt eine geheimnisvolle Verabredung zwischen den vergangenen Generationen und der unseren. Wir wurden auf der Erde erwartet. Wie jede Generation vor uns haben wir eine schwache messianische Kraft empfangen, auf die die Vergangenheit Anspruch erhebt.“


Diese Idee der „schwachen messianischen Kraft“ stammt direkt aus dem Dialog mit Scholem. Sie drückt die Überzeugung aus, dass in jedem Fragment der Vergangenheit ein Funke des Heils liegt, den Historiker oder Denker wecken muss.

Benjamin verwandelte damit eine religiöse Intuition in eine philosophische und politische Methode. Geschichte ist kein linearer Fortschritt, sondern eine Reihe von Unterbrechungen, in denen das Messianische wie ein Blitz aufleuchtet. Diese Vision ist tief vom Judentum geprägt: Zeit ist weder zyklisch noch bloß kumulativ, sondern auf eine Zukunft der „Erlösung“ ausgerichtet.

Darüber hinaus interpretierte Scholem Benjamin im Lichte des Judentums. In Walter Benjamin: Geschichte einer Freundschaft betont er die implizit religiöse Dimension seines Denkens und sieht in ihm einen „krypto-theologischen“ Denker, der sich nicht zwischen Marxismus und Judentum entscheiden wollte, sondern in deren Spannung die Wahrheit seines Werkes fand.


Dank Scholem konnten Wissenschaftler einen Benjamin entdecken, der tief mit der jüdischen Tradition verbunden war, nicht nur als Literaturkritiker oder Kunsttheoretiker. In den 1960er- und 70er-Jahren wurden Benjamins Texte von Historikern, Philosophen und Literaturwissenschaftlern gelesen. Thesen zum Begriff der Geschichte, sein Essay Das Kunstwerk im Zeitalter seiner technischen Reproduzierbarkeit und sein unvollendetes Passagen-Werk machten ihn zu einem unverzichtbaren Autor.

Die Beziehung zu Scholem zeigte, dass Benjamin nicht nur ein Denker der europäischen Moderne, sondern auch ein Erbe der jüdischen Mystik war. Diese doppelte Zugehörigkeit erklärt seinen heutigen Einfluss, der von Literaturwissenschaft über politische Philosophie bis hin zur kritischen Theologie reicht.

Anders als viele assimilierten jüdischen Intellektuellen seiner Zeit lehnte Benjamin sein Erbe nicht ab. Dank Scholem entdeckte er im Judentum eine Inspirationsquelle und eine Sprache, um seine Kritik an der Gegenwart und seine Hoffnung auf Erlösung auszudrücken. Sein Verhältnis zum Judentum war weniger rituell als spirituell, weniger gemeinschaftlich als philosophisch, aber stets positiv und fruchtbar.

Nach Benjamins Selbstmord 1940 in Portbou, während er vor dem Nazismus floh, spielte Scholem eine entscheidende Rolle bei der Bewahrung und Verbreitung seines Werkes. Er arbeitete mit Theodor W. Adorno und Hannah Arendt zusammen, um Manuskripte zu sammeln, Texte zu bearbeiten und zu veröffentlichen. Ohne Scholem wäre ein großer Teil von Benjamins Werk verloren gegangen.

Die Freundschaft zwischen Walter Benjamin und Gershom Scholem stellt einen der großen philosophischen Dialoge des 20. Jahrhunderts dar: den zwischen europäischer Moderne und jüdischer Tradition. Dieser Dialog, voller Spannungen, aber auch Treue, verlieh Benjamins Philosophie ihre einzigartige Tiefe und erklärt, warum er noch heute als universeller jüdischer Denker gelesen wird.


Walter Benjamin beging am 26. September 1940 in Portbou, einem kleinen Grenzdorf zwischen Frankreich und Spanien, Selbstmord, während er vor dem Nazismus floh und eine Verhaftung durch die Gestapo fürchtete. Er nahm eine Überdosis Morphium ein und nahm seine kostbaren Manuskripte mit ins Grab. Sein Selbstmord war durch Angst vor Verhaftung und Verzweiflung im Exil motiviert.

Diese Tat ist nicht dieselbe wie die von Stefan Zweig, der sich 1942 in Brasilien gemeinsam mit seiner Frau durch Barbiturate das Leben nahm, eine freiwillige Entscheidung, getrieben von Verzweiflung über Krieg und Exil.

Benjamin war lange Zeit fasziniert von Franz Kafkas Werk, das er als einen der größten Zeugen der Moderne betrachtete. In seinem Essay von 1934, Franz Kafka: Zur Literaturkritik, analysiert Benjamin das kafkaeske Universum, in dem Bürokratie, Angst und Entfremdung den Druck der zeitgenössischen Gesellschaft widerspiegeln. Er sah in Kafkas Romanen und Erzählungen, insbesondere Der Process und Das Schloss, eine „messianische“ Schreibweise, in der jedes Detail kritische und metaphysische Bedeutung trägt.

Für Benjamin ist Kafka nicht nur ein Schriftsteller, sondern ein scharfer Beobachter der menschlichen Existenz, der die Spannung zwischen Individuum und Institutionen, zwischen Gesetz und Freiheit vermittelt. Er zieht sogar Verbindungen zwischen Kafkas Gesetzesverständnis und der jüdischen Tradition und untersucht, wie Autorität zugleich rettend und unterdrückend sein kann. Kafkas fragmentarischer und elliptischer Stil fasziniert Benjamin, da er die Diskontinuität der Geschichte und das Chaos der modernen Erfahrung widerspiegelt.

Benjamin interpretiert Kafkas Werk als poetische und gesellschaftliche Kritik an instrumenteller Rationalität, aber auch als Erkundung des Mystischen und Transzendenten im Alltag. Durch diese Lesart zeigt er, dass Literatur und Philosophie in Dialog treten können: Kafka inspiriert Benjamins Reflexion über Erinnerung, Zeit und Erlösung. Kurz gesagt, Kafka wird für Benjamin zum Meister darin, mit Präzision und Tiefe die Brüche der Moderne und die Feinheiten der menschlichen Existenz aufzuzeigen.


Dieser Artikel ist persönlich; ich behaupte nicht, Wissenschaftler, Historiker oder professioneller Journalist zu sein. Es ist heikel, als Laie Zeugnis abzulegen, aber in diesem Blog drücke ich in der Regel eine Herzensreaktion basierend auf aktuellen Ereignissen und meiner täglichen Lektüre der internationalen Presse aus.


Fotos und Filme stammen aus dem Internet, ebenfalls für strikt persönlichen, privaten Gebrauch.




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