Je n'ai jamais apprécié la conquête du Tibet par le dictateur chinois Mao Tse Tung, et je pense souvent à la sagesse du Dalaï Lama, qui doit avoir plus de 90 ans et qui se réincarnera selon les traditions bouddhistes. Son sourire, son calme, sa sagesse a marqué ma génération...
Je raconte l'Histoire de Phurba, ce jeune tibétain qui a osé bruler en place publique le portrait de Mao, ce dictateur dont l'image historique est taché de sang, avec près de 60 millions de morts.
Dès son enfance, Phurba est imprégné de la mémoire familiale de la domination chinoise : un oncle mort en détention, un autre contraint d’abandonner la vie monastique. Cette transmission de la douleur nourrit une colère qui s’exprime lorsqu’il refuse de céder à l’autorité et aux injonctions de loyauté envers le Parti communiste chinois.
La dimension familiale n’est pas seulement un décor, elle incarne le lien entre histoire collective et destin individuel : ce n’est pas un homme isolé qui résiste, mais toute une mémoire qui agit à travers lui.
Les méthodes de contrôle et de surveillance en Chine sont implacables, avec l'IA, les caméras arrivent à vous espionner jusque dans votre plus stricte intimité et gare à nous si on transgresse les recommandations du Parti ... interrogatoires violents, humiliations, travaux forcés imposés à son épouse Tsering, torture de ses frères pour obtenir des aveux.
Ces scènes traduisent la banalisation de la violence d’État en contexte autoritaire. La police ne se contente pas de punir Phurba, elle cherche à atteindre et briser son cercle familial, stratégie typique des régimes qui visent à isoler et réduire au silence les dissidents.
L’évasion de Phurba transforme sa vie en errance quasi épique : des années de survie dans les montagnes, nourri de fruits sauvages ou de carcasses abandonnées par les loups, jusqu’à ce que son corps et son visage se déforment sous l’effet du froid et du manque.
Cette fuite est autant physique que symbolique : elle illustre le prix de la liberté et la volonté d’un homme de préserver son intégrité spirituelle, même au prix d’une existence inhumaine. La nature hostile devient paradoxalement son refuge, à l’abri des policiers mais au bord de la mort.
Parallèlement, son épouse Tsering illustre une autre forme de résistance : accepter l’humiliation du travail forcé, puis s’exiler pour nourrir ses enfants. Elle incarne la résilience silencieuse des femmes, souvent absente des récits héroïques mais essentielle à la survie des familles opprimées. Leur réunion après des années, malgré les séparations et l’exil, met en avant la force du lien familial comme ultime rempart contre la destruction identitaire.
La trajectoire de Phurba aboutit finalement en Inde, à Dharamshala, où il rencontre le Dalaï Lama. Cette scène clôt son odyssée par une dimension spirituelle : l’homme traqué retrouve son guide, celui dont la fidélité avait déclenché sa chute. L’exil n’efface pas la souffrance, mais il transforme le fugitif en exilé politique et religieux, rattaché à une communauté plus vaste, celle de la diaspora tibétaine.
Au-delà du cas particulier, l’histoire de Phurba illustre plusieurs enjeux : la difficulté pour les Tibétains de préserver leur identité religieuse et culturelle dans un système autoritaire, la place du sacrifice individuel dans la survie d’une mémoire collective, et la résonance universelle du combat pour la liberté de conscience.
La conclusion, avec Phurba et sa famille vendant des plats tibétains en exil, montre que la liberté retrouvée ne mène pas à une vie facile. Mais elle offre un espace où l’on peut vivre sans peur, en fidélité à soi-même et à ses croyances.
Cette histoire est bien plus qu’un récit journalistique : c’est une épopée moderne. À travers l’histoire de Phurba, il met en relief la dureté de la répression chinoise au Tibet, la résistance silencieuse des familles, et la puissance de la foi comme moteur de survie. Il dénonce aussi le prix exorbitant de la liberté : des années d’errance, la séparation familiale, la perte de tout confort matériel.
La photo de l'Homme qui bloque une colonne de char Place Tiananmen en1989 est significatif mais il rappelle que, même dans les conditions les plus extrêmes, l’homme reste capable de dire. « non », de refuser la soumission.
Le geste initial brûler un portrait de Mao prend rétrospectivement une dimension symbolique immense : un acte minuscule qui déclenche la chute, mais qui confirme qu’aucune domination, aussi brutale soit-elle, ne peut totalement éteindre le désir de dignité et de liberté.
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé
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