La question du rôle de la Chine dans le nouvel ordre mondial est devenue centrale. Pékin, sous l’impulsion de Xi Jinping, ne cache plus son ambition : s’affirmer comme un pôle de puissance globale face à l’hégémonie américaine.
Les événements récents : parade militaire du 3 septembre, démonstration de la triade nucléaire, mise en service du porte-avions Fujian, menaces réitérées sur Taïwan — traduisent une volonté claire de montrer les muscles. Les États-Unis, eux, oscillent entre dialogue et dissuasion, conscients que l’affrontement direct aurait des conséquences mondiales.
Pendant longtemps, la Chine a minimisé son arsenal et ses ambitions militaires, insistant sur la doctrine de “coexistence pacifique”. Or, la situation a changé. Pékin déploie désormais une communication martiale : le ministre de la Défense Dong Jun a averti Washington que toute tentative de “contenir ou dissuader la Chine” était vouée à l’échec.
Les démonstrations militaires visent autant le public intérieur que les adversaires extérieurs. La multiplication des essais et des défilés illustre la confiance nouvelle d’un pays qui a doublé son stock d’ogives nucléaires depuis 2020 et modernisé ses moyens de projection (sous-marins, missiles mobiles, bombardiers stratégiques).
Dans le même temps, la diplomatie chinoise s’active pour remodeler les équilibres mondiaux : forum de Xiangshan avec plus de 100 pays invités, rapprochements stratégiques avec la Russie et la Corée du Nord, discours anti-hégémonique séduisant pour de nombreux pays émergents. Pékin se présente non pas comme un fauteur de guerre, mais comme une alternative stabilisatrice face aux interventions occidentales.
La question de Taïwan concentre les tensions. Pékin considère l’île comme une province sécessionniste et promet de la “réintégrer”, y compris par la force. Les passages du Fujian dans le détroit de Taïwan rappellent que la Chine est prête à tester la détermination américaine. Pour Washington, Taïwan est une ligne rouge : son rôle dans les chaînes d’approvisionnement technologiques mondiales, notamment pour les semi-conducteurs, est vital. Tout conflit dans cette zone aurait des répercussions économiques planétaires.
La Chine avertit qu’elle ne permettra jamais l’indépendance formelle de Taïwan. Les États-Unis, de leur côté, assurent qu’ils ne cherchent ni conflit ni changement de régime, mais qu’ils défendront leurs intérêts. On retrouve ici une situation de rivalité prolongée, où chaque camp teste les limites de l’autre.
Qualifier la Chine de “danger” pour l’Occident est réducteur. Il serait plus juste de parler d’une rivalité systémique. Pékin ne cherche pas à envahir l’Europe ou à affronter militairement les États-Unis hors de son environnement immédiat. Son ambition principale est régionale : sécuriser son espace en mer de Chine, contrôler Taïwan et étendre son influence économique et politique dans le Sud global.
Cependant, cette ambition a des conséquences directes pour l’Occident. Sur le plan militaire, l’intégration d’armes nucléaires plus diversifiées rend la dissuasion plus complexe. Sur le plan économique, la maîtrise des métaux rares, indispensables aux technologies occidentales, donne à Pékin un levier stratégique. Enfin, l’idée d’un “nouvel ordre mondial” dans lequel la Chine occuperait une place centrale remet en cause l’architecture internationale construite par les États-Unis depuis 1945.
Pour l’Occident, le danger n’est pas tant une attaque directe que le risque d’être marginalisé. Si Pékin parvient à rallier une partie du monde en développement autour d’un discours anti-hégémonique, il pourrait imposer ses normes économiques, technologiques et sécuritaires. La puissance militaire chinoise, en expansion rapide, agit comme un arrière-plan intimidant qui crédibilise cette stratégie.
La véritable menace réside donc dans l’érosion progressive de la centralité occidentale. Les alliances américaines en Asie (Japon, Corée du Sud, Philippines, Australie) seront mises à l’épreuve. L’Europe, déjà dépendante de Pékin pour son commerce et ses industries, pourrait se retrouver divisée entre alignement stratégique et pragmatisme économique.
La Chine est moins un danger immédiat qu’un défi structurel et durable. Sa montée en puissance militaire et sa posture vis-à-vis de Taïwan peuvent déboucher sur des crises graves, mais l’enjeu principal est ailleurs : Pékin veut réécrire les règles du jeu mondial et contraindre l’Occident à composer avec un centre de gravité nouveau.
Pour les États-Unis comme pour l’Europe, l’urgence n’est pas de diaboliser la Chine, mais de renforcer leur propre cohésion, d’investir dans leurs industries stratégiques et de consolider leurs alliances. Sinon, l’Occident risque de se réveiller dans un monde où la Chine n’est pas seulement un rival, mais l’architecte d’un ordre international post-occidental.
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé
🇬🇧 English
Is China Really a Danger for the West?
The question of China’s role in the new world order has become central. Under Xi Jinping’s leadership, Beijing no longer hides its ambition: to establish itself as a global power center against American hegemony. Recent events—the September 3rd military parade, the display of the nuclear triad, the commissioning of the aircraft carrier Fujian, repeated threats against Taiwan—clearly reflect a will to flex its muscles. The United States, for its part, wavers between dialogue and deterrence, aware that direct confrontation would have global consequences.
For a long time, China downplayed its arsenal and military ambitions, insisting on the doctrine of “peaceful coexistence.” But the situation has changed. Beijing now adopts martial rhetoric: Defense Minister Dong Jun warned Washington that any attempt to “contain or deter China” was doomed to fail.
These military demonstrations are aimed as much at the domestic audience as at external rivals. The multiplication of tests and parades illustrates the new confidence of a country that has doubled its nuclear stockpile since 2020 and modernized its power-projection capabilities (submarines, mobile missile launchers, strategic bombers).
At the same time, Chinese diplomacy is working to reshape global balances: the Xiangshan Forum with more than 100 countries invited, strategic ties with Russia and North Korea, and an anti-hegemonic discourse appealing to many emerging nations. Beijing presents itself not as a warmonger, but as a stabilizing alternative to Western interventions.
The question of Taiwan is at the heart of tensions. Beijing sees the island as a secessionist province and promises to “reintegrate” it, including by force. The passages of the Fujian through the Taiwan Strait show that China is willing to test American resolve. For Washington, Taiwan is a red line: its role in global technology supply chains, especially semiconductors, is vital. Any conflict in this area would have worldwide economic repercussions.
China warns it will never allow Taiwan’s formal independence. The United States, for its part, insists it does not seek conflict or regime change, but will defend its interests. This is a situation of prolonged rivalry, where each side tests the other’s limits.
Labeling China as a “danger” to the West is simplistic. It is more accurate to describe it as a systemic rivalry. Beijing does not seek to invade Europe or militarily confront the United States outside its immediate environment. Its main ambition is regional: securing the South China Sea, controlling Taiwan, and extending its economic and political influence in the Global South.
Yet this ambition has direct consequences for the West. Militarily, the diversification of nuclear weapons makes deterrence more complex. Economically, control of rare earths—crucial for Western technologies—gives Beijing strategic leverage. Finally, the idea of a “new world order” in which China occupies a central place challenges the international architecture built by the United States since 1945.
For the West, the danger lies less in direct attack than in the risk of marginalization. If Beijing manages to rally part of the developing world around its anti-hegemonic discourse, it could impose its economic, technological, and security standards. China’s rapidly expanding military power provides an intimidating backdrop that reinforces this strategy.
The real threat lies in the gradual erosion of Western centrality. American alliances in Asia (Japan, South Korea, the Philippines, Australia) will be tested. Europe, already dependent on Beijing for trade and industry, could find itself divided between strategic alignment and economic pragmatism.
China is less an immediate danger than a structural and lasting challenge. Its military buildup and stance on Taiwan could lead to serious crises, but the main issue lies elsewhere: Beijing wants to rewrite the rules of the global game and force the West to adapt to a new center of gravity.
For both the United States and Europe, the urgent task is not to demonize China, but to strengthen internal cohesion, invest in strategic industries, and consolidate alliances. Otherwise, the West risks waking up in a world where China is not merely a rival but the architect of a post-Western international order.
This article is personal. I do not claim to be a scientist, a historian, or a professional journalist. It is delicate to share an opinion as a layman, but in this blog I usually express a personal reaction, based on current events and my daily international press review. The photos and videos are taken from the web, strictly for personal and private use.
🇪🇸 Español
¿Es realmente China un peligro para Occidente?
La cuestión del papel de China en el nuevo orden mundial se ha vuelto central. Bajo el liderazgo de Xi Jinping, Pekín ya no oculta su ambición: afirmarse como un polo de poder global frente a la hegemonía estadounidense. Los acontecimientos recientes —el desfile militar del 3 de septiembre, la demostración de la tríada nuclear, la puesta en servicio del portaaviones Fujian, las amenazas reiteradas sobre Taiwán— reflejan claramente una voluntad de mostrar músculo. Estados Unidos, por su parte, oscila entre el diálogo y la disuasión, consciente de que un enfrentamiento directo tendría consecuencias mundiales.
Durante mucho tiempo, China minimizó su arsenal y sus ambiciones militares, insistiendo en la doctrina de la “coexistencia pacífica”. Sin embargo, la situación ha cambiado. Pekín despliega ahora un discurso marcial: el ministro de Defensa Dong Jun advirtió a Washington que todo intento de “contener o disuadir a China” estaba condenado al fracaso.
Las demostraciones militares apuntan tanto al público interno como a los adversarios externos. La multiplicación de pruebas y desfiles ilustra la nueva confianza de un país que ha duplicado su arsenal nuclear desde 2020 y modernizado sus capacidades de proyección (submarinos, misiles móviles, bombarderos estratégicos).
Al mismo tiempo, la diplomacia china se activa para remodelar los equilibrios mundiales: foro de Xiangshan con más de 100 países invitados, acercamientos estratégicos con Rusia y Corea del Norte, discurso antihegemónico que seduce a muchos países emergentes. Pekín se presenta no como un belicista, sino como una alternativa estabilizadora frente a las intervenciones occidentales.
La cuestión de Taiwán concentra las tensiones. Pekín considera la isla como una provincia separatista y promete “reintegrarla”, incluso por la fuerza. Los pasos del Fujian por el estrecho de Taiwán muestran que China está dispuesta a poner a prueba la determinación estadounidense. Para Washington, Taiwán es una línea roja: su papel en las cadenas mundiales de suministro tecnológico, especialmente en semiconductores, es vital. Cualquier conflicto en esta zona tendría repercusiones económicas globales.
China advierte que nunca permitirá la independencia formal de Taiwán. Estados Unidos, por su parte, asegura que no busca ni conflicto ni cambio de régimen, pero que defenderá sus intereses. Estamos ante una situación de rivalidad prolongada, en la que cada bando pone a prueba los límites del otro.
Calificar a China como un “peligro” para Occidente es simplista. Es más correcto hablar de una rivalidad sistémica. Pekín no busca invadir Europa ni enfrentarse militarmente a Estados Unidos fuera de su entorno inmediato. Su ambición principal es regional: asegurar su espacio en el mar de China, controlar Taiwán y extender su influencia económica y política en el Sur global.
Sin embargo, esta ambición tiene consecuencias directas para Occidente. En el plano militar, la diversificación de armas nucleares hace más compleja la disuasión. En el plano económico, el control de los metales raros, indispensables para las tecnologías occidentales, otorga a Pekín una palanca estratégica. Por último, la idea de un “nuevo orden mundial” en el que China ocupe un lugar central cuestiona la arquitectura internacional construida por Estados Unidos desde 1945.
Para Occidente, el peligro no es tanto un ataque directo como el riesgo de quedar marginado. Si Pekín logra atraer a una parte del mundo en desarrollo en torno a su discurso antihegemónico, podría imponer sus normas económicas, tecnológicas y de seguridad. La rápida expansión del poder militar chino actúa como un telón de fondo intimidante que da credibilidad a esta estrategia.
La verdadera amenaza reside en la erosión progresiva de la centralidad occidental. Las alianzas estadounidenses en Asia (Japón, Corea del Sur, Filipinas, Australia) serán puestas a prueba. Europa, ya dependiente de Pekín para su comercio e industrias, podría verse dividida entre el alineamiento estratégico y el pragmatismo económico.
China es menos un peligro inmediato que un desafío estructural y duradero. Su acumulación militar y su postura frente a Taiwán pueden desembocar en crisis graves, pero el problema principal está en otro lugar: Pekín quiere reescribir las reglas del juego mundial y obligar a Occidente a adaptarse a un nuevo centro de gravedad.
Para Estados Unidos y Europa, la urgencia no es demonizar a China, sino reforzar su propia cohesión, invertir en sus industrias estratégicas y consolidar sus alianzas. De lo contrario, Occidente corre el riesgo de despertarse en un mundo en el que China no sea sólo un rival, sino el arquitecto de un orden internacional posoccidental.
Este artículo es personal. No pretendo ser científico, ni historiador, ni periodista profesional. Es delicado dar testimonio como profano, pero en este blog suelo expresar una reacción personal, inspirada en la actualidad y en la lectura de mi revista de prensa internacional diaria. Las fotos y los vídeos están tomados de la web, también para un uso estrictamente personal y privado.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire