Pour moi, le temps est une création et une responsabilité, c'est un un programme renouvelé chaque année. Un engagement personnel.
Rosh Hachana, littéralement « la tête de l’année », est bien plus qu’un simple nouvel an. Dans la pensée juive, il représente l’anniversaire symbolique de la Création, le moment où le monde est, chaque année, recréé et offert de nouveau à l’humanité.
L’éthique qui s’en dégage est claire : si le monde est recréé, il est aussi confié de nouveau à la liberté des hommes.
Dès lors, Roch Hachana n’est pas la célébration d’un cycle mécanique, mais un rappel que le temps a un sens. Contrairement à la vision fataliste où les jours se succèdent sans finalité, ce jour fondateur proclame que chaque année porte en elle la possibilité d’un recommencement.
Emmanuel Levinas soulignait que le temps n’est pas simple répétition, mais ouverture : ouverture à l’avenir, ouverture à l’autre. Roch Hachana devient ainsi le lieu où l’homme est appelé à reconnaître la dimension éthique de sa temporalité : vivre n’est pas seulement durer, mais répondre.
Cette fête instaure une philosophie de la responsabilité : le monde n’est pas seulement ce qui est, il est ce que nous en faisons. En ce sens, l’humanité est convoquée devant le tribunal de sa propre conscience, non pas pour se condamner, mais pour assumer son rôle de co-créatrice avec Dieu.
La liturgie de Roch Hachana évoque souvent le « jour du jugement », ce qui pourrait effrayer ou évoquer une vision punitive. Mais philosophiquement, ce jugement n’est pas celui d’un juge implacable, il est celui d’une mise en lumière. Être jugé signifie être vu, être révélé à soi-même et aux autres.
L’éthique de ce jugement n’est pas la peur, mais la lucidité. L’homme est invité à se tenir face à la vérité de ses actes, à mesurer les conséquences de ses choix, à reconnaître la part de responsabilité qui lui incombe dans le sort des autres et du monde. Ce moment n’est pas seulement religieux ; il est universel : chaque société a besoin de moments où elle s’arrête pour s’examiner, pour interroger la justice de ses institutions, pour mesurer la fidélité à ses idéaux.
Le symbole le plus fort de Roch Hachana est le son du chofar, la corne de bélier. Ce son brut, dépourvu de mélodie, constitue un appel à l’éveil. Il rompt l’oubli, il arrache les consciences à l’engourdissement.
Dans un monde saturé de bruits artificiels et de distractions, ce cri simple et ancien devient un acte philosophique : il rappelle que l’essentiel ne passe pas par le raffinement des discours, mais par l’ébranlement intérieur qui pousse l’homme à se ressaisir.
Ainsi, le chofar incarne une pédagogie du sursaut : il enseigne que la vraie liberté ne réside pas dans l’absence de contraintes, mais dans la capacité de se réorienter, de corriger, de choisir à nouveau.
Le cœur philosophique de Roch Hachana est le principe du recommencement. Dans la pensée occidentale, le temps a souvent été perçu comme linéaire et irréversible. Or, la tradition juive introduit une nuance fondamentale : l’homme n’est pas enfermé dans la continuité de ses fautes ou de ses erreurs. Le temps, chaque année, ouvre une porte.
Ce recommencement n’efface pas le passé ; il le transforme en tremplin. Reconnaître ses manquements ne signifie pas se définir par eux, mais s’en servir pour tracer une autre voie. Ici se joue une profonde éthique de l’espérance : l’homme n’est jamais réduit à ce qu’il a été, il est toujours ce qu’il peut devenir.
Philosophiquement, Roch Hachana affirme que la dignité humaine réside dans cette liberté de recommencer. Elle confère au temps une signification morale : il n’est pas simple succession, il est occasion, il est appel.
Enfin, au-delà de l’individu, cette fête possède une dimension collective et universelle. Dans les prières, ce n’est pas seulement l’homme isolé qui est jugé, mais l’humanité entière. Roch Hachana rappelle que notre responsabilité dépasse notre cercle intime : elle engage la société, la planète, l’avenir commun. L’éthique de ce jour est donc double : intime, car chacun se regarde en face ; universelle, car chacun sait qu’il participe à un destin partagé.
Roch Hachana, compris philosophiquement, est une fête du temps, du jugement et du recommencement. Éthiquement, il enseigne que chaque année nouvelle est une invitation à la responsabilité, à la lucidité et à la justice.
Philosophiquement, il proclame que l’homme n’est jamais figé : il demeure toujours capable de renouvellement, de liberté et d’espérance.
Ce jour-là, l’humanité se tient face à elle-même, au seuil d’un nouveau temps, et choisit de croire que recommencer est encore possible. et le décompte pour arriver à Kippour a commencé pour atteindre le "Grand Pardon". Bonne Année à tous, Chana Tova !
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privé
English
For me, time is both a creation and a responsibility; it is a program renewed each year, a personal commitment.
Rosh Hashanah, literally “the head of the year,” is far more than a simple New Year. In Jewish thought, it represents the symbolic anniversary of Creation, the moment when the world is recreated each year and offered anew to humanity.
The ethical lesson is clear: if the world is recreated, it is also entrusted once again to human freedom.
Thus, Rosh Hashanah is not the celebration of a mechanical cycle but a reminder that time has meaning. Unlike a fatalistic vision where days follow each other without purpose, this foundational day proclaims that each year carries the possibility of a new beginning.
Emmanuel Levinas emphasized that time is not mere repetition but an opening: an opening to the future, an opening to the other. Rosh Hashanah becomes the moment when man is called to recognize the ethical dimension of his temporality: to live is not merely to endure but to respond.
This holiday establishes a philosophy of responsibility: the world is not only what is, but what we make of it. Humanity is summoned before the tribunal of its own conscience, not to condemn itself, but to assume its role as co-creator with God.
The liturgy of Rosh Hashanah often speaks of the “Day of Judgment,” which may sound frightening or punitive. Philosophically, however, this judgment is not from a merciless judge; it is a moment of revelation. Being judged means being seen, revealed to oneself and to others.
The ethic of this judgment is not fear but lucidity. Humans are invited to face the truth of their actions, measure the consequences of their choices, and recognize the share of responsibility they hold in the fate of others and the world. This moment is not merely religious; it is universal: every society needs moments to pause, examine itself, question the justice of its institutions, and measure fidelity to its ideals.
The strongest symbol of Rosh Hashanah is the sound of the shofar, the ram’s horn. Its raw, unmelodic sound calls to awakening. It breaks forgetfulness, rouses consciences from stupor.
In a world saturated with artificial noise and distractions, this simple, ancient cry becomes a philosophical act: it reminds us that the essential is not in refined speeches but in the inner shock that pushes humans to regain themselves.
Thus, the shofar embodies a pedagogy of revival: it teaches that true freedom does not lie in the absence of constraints but in the capacity to reorient, correct, and choose anew.
At the philosophical heart of Rosh Hashanah is the principle of renewal. In Western thought, time has often been seen as linear and irreversible. Yet Jewish tradition introduces a fundamental nuance: humans are not trapped in the continuity of their faults or mistakes. Each year opens a door.
This renewal does not erase the past; it transforms it into a springboard. Recognizing one’s failings does not define a person by them but uses them to chart a new path. Here lies a profound ethic of hope: humans are never reduced to what they have been; they are always what they can become.
Philosophically, Rosh Hashanah asserts that human dignity resides in this freedom to start over. It gives moral significance to time: it is not mere succession, but opportunity, call, and responsibility.
Finally, beyond the individual, this holiday has a collective and universal dimension. In the prayers, it is not only the isolated individual who is judged but all humanity. Rosh Hashanah reminds us that our responsibility exceeds our intimate circle: it engages society, the planet, and our shared future. The ethics of this day are thus dual: intimate, as each one faces oneself; universal, as each one knows they participate in a shared destiny.
Rosh Hashanah, understood philosophically, is a celebration of time, judgment, and renewal. Ethically, it teaches that each new year is an invitation to responsibility, lucidity, and justice. Philosophically, it proclaims that humans are never fixed: they are always capable of renewal, freedom, and hope.
On this day, humanity stands before itself at the threshold of a new time and chooses to believe that beginning again is still possible. The countdown to Yom Kippur has begun to reach the “Great Forgiveness.” Happy New Year to all, Shana Tova!
Spanish
Para mí, el tiempo es tanto una creación como una responsabilidad; es un programa renovado cada año, un compromiso personal.
Rosh Hashaná, literalmente “la cabeza del año”, es mucho más que un simple Año Nuevo. En el pensamiento judío, representa el aniversario simbólico de la Creación, el momento en que el mundo se recrea cada año y se ofrece de nuevo a la humanidad.
La lección ética es clara: si el mundo se recrea, también se confía una vez más a la libertad humana.
Así, Rosh Hashaná no es la celebración de un ciclo mecánico, sino un recordatorio de que el tiempo tiene sentido. A diferencia de la visión fatalista, en la que los días se suceden sin propósito, este día fundacional proclama que cada año lleva consigo la posibilidad de un nuevo comienzo.
Emmanuel Levinas enfatizó que el tiempo no es mera repetición, sino apertura: apertura al futuro, apertura al otro. Rosh Hashaná se convierte en el momento en que el hombre es llamado a reconocer la dimensión ética de su temporalidad: vivir no es solo perdurar, sino responder.
Esta fiesta establece una filosofía de responsabilidad: el mundo no es solo lo que es, sino lo que hacemos de él. La humanidad es convocada ante el tribunal de su propia conciencia, no para condenarse, sino para asumir su papel de co-creador con Dios.
La liturgia de Rosh Hashaná habla a menudo del “Día del Juicio”, lo que podría asustar o evocar una visión punitiva. Filosóficamente, sin embargo, este juicio no proviene de un juez implacable; es un momento de revelación. Ser juzgado significa ser visto, revelado a uno mismo y a los demás.
La ética de este juicio no es el miedo, sino la lucidez. El hombre está invitado a enfrentarse a la verdad de sus actos, medir las consecuencias de sus decisiones y reconocer la parte de responsabilidad que le corresponde en el destino de los demás y del mundo. Este momento no es solo religioso; es universal: toda sociedad necesita momentos para detenerse, examinarse, cuestionar la justicia de sus instituciones y medir la fidelidad a sus ideales.
El símbolo más fuerte de Rosh Hashaná es el sonido del shofar, la trompa de carnero. Su sonido crudo, sin melodía, llama al despertar. Rompe el olvido y saca a las conciencias de la somnolencia.
En un mundo saturado de ruidos artificiales y distracciones, este grito simple y antiguo se convierte en un acto filosófico: recuerda que lo esencial no pasa por discursos refinados, sino por el sacudimiento interior que empuja al hombre a recobrarse.
Así, el shofar encarna una pedagogía del despertar: enseña que la verdadera libertad no reside en la ausencia de restricciones, sino en la capacidad de reorientarse, corregir y elegir de nuevo.
En el corazón filosófico de Rosh Hashaná está el principio del renacimiento. En el pensamiento occidental, el tiempo a menudo se ha percibido como lineal e irreversible. Sin embargo, la tradición judía introduce una matiz fundamental: el hombre no está atrapado en la continuidad de sus faltas o errores. Cada año abre una puerta.
Este renacimiento no borra el pasado; lo transforma en un trampolín. Reconocer los propios fallos no significa definirse por ellos, sino utilizarlos para trazar un nuevo camino. Aquí se juega una profunda ética de la esperanza: el hombre nunca se reduce a lo que ha sido; siempre es lo que puede llegar a ser.
Filosóficamente, Rosh Hashaná afirma que la dignidad humana reside en esta libertad de comenzar de nuevo. Confiera al tiempo un significado moral: no es mera sucesión, sino oportunidad, llamado y responsabilidad.
Finalmente, más allá del individuo, esta festividad posee una dimensión colectiva y universal. En las oraciones, no es solo el individuo aislado quien es juzgado, sino toda la humanidad. Rosh Hashaná recuerda que nuestra responsabilidad supera nuestro círculo íntimo: compromete a la sociedad, al planeta y al futuro compartido. La ética de este día es, por lo tanto, doble: íntima, porque cada uno se enfrenta a sí mismo; universal, porque cada uno sabe que participa en un destino compartido.
Rosh Hashaná, entendido filosóficamente, es una celebración del tiempo, el juicio y el renacimiento. Éticamente, enseña que cada año nuevo es una invitación a la responsabilidad, la lucidez y la justicia. Filosóficamente, proclama que el hombre nunca está fijo: siempre es capaz de renovación, libertad y esperanza.
En este día, la humanidad se enfrenta a sí misma, al umbral de un nuevo tiempo, y elige creer que comenzar de nuevo sigue siendo posible. Ha comenzado la cuenta regresiva hasta Yom Kipur para alcanzar el “Gran Perdón”. ¡Feliz Año Nuevo a todos, Shaná Tová!
Hebrew Translation
עבורי, הזמן הוא גם יצירה וגם אחריות; זהו תכנית המתחדשת בכל שנה, התחייבות אישית.
ראש השנה, שפירושו המילולי “ראש השנה”, הוא הרבה יותר משנה חדשה פשוטה. במחשבה היהודית, הוא מייצג את יום ההולדת הסמלי של הבריאה, הרגע שבו העולם נברא מחדש בכל שנה ומוצע מחדש לאנושות.
האִתיקה הנובעת מכך ברורה: אם העולם נברא מחדש, הוא גם מועבר שוב אל חירות האדם.
לכן, ראש השנה אינו חגיגת מחזור מכני, אלא תזכורת לכך שלזמן יש משמעות. בניגוד לראייה הפטאליסטית שבה הימים חולפים ללא מטרה, יום זה מכריז שכל שנה נושאת בתוכה את האפשרות להתחלה חדשה.
אמנואל לווינס הדגיש שהזמן אינו חזרה פשוטה, אלא פתיחה: פתיחה לעתיד, פתיחה לאחר. ראש השנה הופך למקום שבו האדם נקרא להכיר בממד האתי של זמניותו: החיים אינם רק להאריך ימים, אלא להגיב.
חג זה מקים פילוסופיה של אחריות: העולם אינו רק מה שהוא, אלא מה שאנו עושים ממנו. האנושות מוזמנת לעמוד בפני בית הדין של מצפונה שלה, לא כדי להעניש את עצמה, אלא כדי למלא את תפקידה כשותפה לבריאה עם האל.
הליטורגיה של ראש השנה מדברת לעיתים קרובות על “יום הדין”, שעשוי להרתיע או להזכיר ענישה. אך מבחינה פילוסופית, דין זה אינו מבית דין חסר רחמים; הוא רגע של גילוי. להישפט פירושו להיראות, להתגלות לעצמך ולשני.
האֵתיקה של הדין הזה אינה פחד, אלא תבונה. האדם מוזמן לעמוד מול אמת מעשיו, למדוד את תוצאות בחירותיו ולהכיר בחלקו באחריות בגורל האחרים ובעולם. רגע זה אינו דתי בלבד; הוא אוניברסלי: כל חברה זקוקה לרגעים שבהם היא עוצרת כדי לבחון את עצמה, לבדוק את צדק מוסדותיה ולמדוד את נאמנותה לאידיאלים שלה.
הסמל החזק ביותר של ראש השנה הוא קול השופר, קרן הטרף. צלילו הגולמי, ללא מנגינה, מהווה קריאה לערנות. הוא שוברת את השכחה ומעירה את המצפון.
בעולם רווי רעשים מלאכותיים והסחות דעת, הצעקה הפשוטה והעתיקה הזו הופכת למעשה פילוסופי: היא מזכירה שהעיקר אינו בדיבור מלוטש, אלא ברעד הפנימי שמניע את האדם להתאושש.
כך, השופר מגלם פדגוגיה של התעוררות: הוא מלמד שהחירות האמיתית אינה בהיעדר מגבלות, אלא ביכולת לכוון מחדש, לתקן ולבחור שוב.
בלב הפילוסופי של ראש השנה נמצא עיקרון ההתחדשות. במחשבה המערבית, הזמן נתפס לעיתים כקו ישר ובלתי הפיך. אך המסורת היהודית מציעה דקויות יסוד: האדם אינו כלוא ברצף טעויותיו או פשעיו. כל שנה פותחת דלת.
התחדשות זו אינה מוחקת את העבר; היא הופכת אותו לקפיצה קדימה. הכרה בכ
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