Elles sont différentes, mais elles se succèdent ces vagues russes d’alyah vers Israël posées par la mémoire et attirées par la modernité
Depuis 2022, la guerre russo-ukrainienne a provoqué une nouvelle vague d’immigration juive vers Israël. Environ 80 000 Russes et 20 000 Ukrainiens et Biélorusses d’ascendance juive ont fait leur alyah, renouant avec une histoire migratoire déjà ancienne.
Ce phénomène, replacé dans la continuité des vagues post-soviétiques des années 1989-1995, révèle à la fois la permanence du besoin d’un “refuge juif” et les transformations culturelles et psychologiques des migrants de l’ère numérique.
La vague d’alyah des années 1989-1995, surnommée ironiquement “l’alyah de la saucisse”, traduisait les aspirations économiques et sécuritaires de centaines de milliers de Juifs soviétiques fuyant l’effondrement du bloc de l’Est.
L’expression désignait la recherche d’une vie meilleure, plus prospère, dans un Israël perçu comme refuge matériel et spirituel. Mais la motivation de ces olim ne se limitait pas à la quête de confort : beaucoup cherchaient à échapper à un système oppressif, à recouvrer leur liberté religieuse, linguistique et intellectuelle. Ils fuyaient une idéologie totalitaire et trouvaient dans Israël non seulement un lieu d’accueil, mais une possibilité de renaissance.
Les médias russes à travers l’histoire d’une jeune immigrante se plaignant de l’absence de pumpkin spice latte ou de Starbucks. Cette anecdote caricature une génération plus mondialisée, plus individualiste, dont l’identité juive est parfois redécouverte tardivement, souvent à travers des réseaux sociaux plutôt que par une tradition familiale vivante. Cette alyah n’est pas moins légitime que la précédente, mais elle révèle un rapport différent à Israël : moins idéologique, plus pragmatique, plus fluide.
De grosses difficultés sont rencontrées par les nouveaux arrivants : barrière linguistique, précarité financière, problèmes de santé mentale, et sentiment d’être perçus comme des “Juifs de seconde zone”. Ces obstacles rappellent ceux des années 1990, mais s’inscrivent aujourd’hui dans un contexte plus complexe. La société israélienne, désormais marquée par une économie de la haute technologie et des fractures sociales internes, ne dispose pas des mêmes dispositifs d’intégration qu’à l’époque de la grande alyah soviétique.
Les tensions internes entre les “anciens” et les “nouveaux” Russes accentuent ce décalage. Les premiers, souvent bien intégrés, regardent parfois avec distance ces nouveaux olim, perçus comme des migrants temporaires, politiquement ambigus ou culturellement détachés. Les seconds, issus d’une Russie postsoviétique marquée par la désinformation et la perte de repères, oscillent entre déracinement et réinvention.
Une étude de l’université Bar-Ilan montre que 92 % des nouveaux arrivants se sentent “chez eux” en Israël, malgré les difficultés. Ce chiffre traduit une résilience et une capacité d’adaptation remarquables. L’identité juive, parfois reconstruite sur des bases fragiles, s’épanouit dans un cadre national qui offre, malgré tout, un sentiment d’appartenance et de stabilité que la Russie en guerre ne peut plus garantir.
Entre nostalgie soviétique et cosmopolitisme numérique, les vagues russes d’alyah expriment une même recherche existentielle : celle d’un “chez-soi”. Natalia Sverdlin, immigrée de 1988, dit avoir compris que sa maison était Israël en ressentant le manque de ce pays à l’étranger. il est vrai que personnellement Poutine protège les juifs, mais son entourage non, c'est pourquoi il y a ce manque de confiance et ce départ vers la start'up nation.
Anna Zaslavskaya, jeune journaliste exilée pour raisons politiques, parle d’un processus d’intégration par la création de liens, par le travail, par la langue. Ces récits, séparés par trente ans, révèlent la continuité d’une dynamique spirituelle : Israël n’est pas seulement une destination, mais une expérience d’identité vécue.
L’alyah russe contemporaine, malgré ses stéréotypes, témoigne ainsi de la vitalité du projet sioniste , le retour sur sa Terre ! : celui d’un lieu où les fractures du monde juif – linguistiques, culturelles, générationnelles – doivent se recomposer.
Loin des caricatures médiatiques, ces migrants rappellent que la promesse d’Israël reste vivante : offrir à chacun, quelle que soit son histoire, un espace où l’on puisse dire, comme Sverdlin : “Home for me is only the country of Israel.”
La terre promise, Sion, Israël réserve de belles surprises à ces juifs venus de Russie et d'Ukraine, un pays jeune, une économie en plein boum, malgré la guerre déclenchée par des terroristes.
Entre héritage soviétique et mondialisation, entre satire et sincérité, les vagues russes d’alyah traduisent la tension entre matérialité et idéal, déracinement et appartenance. Dans les deux cas, Israël demeure le lieu où le juif d’Europe orientale cherche non seulement un abri, mais une maison, un espace où il peut transformer l’exil en identité, et la migration en renaissance.
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
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