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dimanche 19 octobre 2025

Le Juif errant ... en région parisienne JBCH N° 528

De Sarcelles à Courcelles : la nouvelle géographie juive de Paris La migration des Juifs des banlieues populaires vers l’ouest parisien, conséquence directe de l’antisémitisme arabo-musulman croissant dans le 93 et le 95.


Depuis une vingtaine d’années, un phénomène massif mais silencieux redessine la carte juive de l’Île-de-France.


Les Juifs, longtemps installés dans des villes de banlieue comme Sarcelles, La Courneuve, Saint-Denis ou Créteil, quittent progressivement ces territoires, jadis symboles de mixité et de vitalité communautaire. Ce mouvement n’a rien d’un simple déménagement : il s’agit d’un exil intérieur, dicté par un sentiment profond d’insécurité.




Les témoignages recueillis par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) sont explicites : insultes quotidiennes, pressions, menaces, agressions physiques et ce jusque dans les écoles.

Dans les départements de Seine-Saint-Denis (93) et du Val-d’Oise (95), des synagogues ferment faute de fidèles, les écoles juives se vident, et les familles partent.


Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que des Juifs doivent se regrouper pour survivre : autrefois persécutés par les pouvoirs politiques, ils le sont aujourd’hui par une partie de la population issue de l’immigration musulmane, où se mêlent frustration sociale, antisionisme militant et haine du Juif en tant que symbole.


Ce nouvel antisémitisme, non plus d’État mais de voisinage, s’est enraciné dans les banlieues françaises au fil des intifadas, des attentats islamistes et de la radicalisation communautaire, et de l'appui du parti politique d'extrême gauche : LFI en quête d'un nouvel électorat.

Le 17e arrondissement : un nouvel espace de refuge et de renaissance : Face à cette pression, les familles juives se tournent vers l’ouest parisien — le 17e arrondissement, Neuilly, Boulogne, Levallois, Issy-les-Moulineaux.

Ce déplacement géographique est aussi un déplacement symbolique : on quitte la périphérie pour le cœur battant de la capitale, là où sécurité, prospérité et cohésion se conjuguent.







Dans le seul 17e arrondissement, près de 40 000 Juifs vivent aujourd’hui — un chiffre équivalent à celui de certaines grandes villes israéliennes. Synagogues, écoles, restaurants, librairies, boucheries casher, associations culturelles : tout un écosystème communautaire s’est reconstitué, dans un environnement apaisé et bienveillant.


Cette vitalité ne tient pas seulement à la sécurité : elle s’explique aussi par l’ascension sociale spectaculaire de la communauté séfarade depuis les années 1960.


Nombreux sont ceux qui, expulsés  d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie après les indépendances, ont travaillé dur, investi dans l’éducation, la médecine, la finance, la publicité et accèdent aujourd’hui à la prospérité.


Ce mouvement a transformé le visage de quartiers entiers : le 17e et Neuilly, autrefois bastions bourgeois discrets, sont devenus des centres de vie juive modernes et dynamiques, comparables au Marais d’avant-guerre.


Le Centre Européen du Judaïsme (CEJ), inauguré en 2017 Place de Jérusalem  incarne cette réussite : un complexe de 5 000 m²,  rassemblant synagogue, musée, médiathèque, salle de conférences et mikvé.

Ce projet, salué à l'époque par François Hollande devrait  symboliser la résilience et la confiance dans l’avenir d’un judaïsme français enraciné, confiant et créatif.


Une migration contrainte : du rêve républicain à la réalité communautaire : Pourtant, cette réussite cache une blessure : ces familles ne sont pas parties par choix mais par nécessité. Elles ont fui la peur. Le rêve républicain de la cohabitation harmonieuse s’est effondré là où l’antisémitisme islamisé a pris le relais de l’antisémitisme traditionnel.




Ce que les Juifs du 93 ont vécu, c’est l’expérience d’un recul de l’État, incapable d’assurer la sécurité des citoyens juifs dans certaines zones de non-droit. À Saint-Denis, Aulnay, Bagnolet ou Sarcelles, la police décourage les dépôts de plainte, les écoles juives sont menacées, les commerces vandalisés. Le simple port d’une kippa, d’un pendentif, ou même un nom à consonance sémitique peuvent déclencher insultes ou agressions.


Ainsi, le repli vers le 17e arrondissement — protégé par l’opération Sentinelle, où les écoles juives sont surveillées jour et nuit — apparaît comme une réédition contemporaine du ghetto, mais volontaire : un lieu de repli pour continuer à vivre, prier, éduquer ses enfants, et ne plus avoir peur.


La solidarité communautaire s’y exprime pleinement : commerces tenus par des familles séfarades, écoles pleines, vie associative intense, proximité avec Israël assumée.


Une question politique et morale : que devient la République ? : Cette nouvelle géographie juive interroge la France elle-mêmePeut-on encore parler de « vivre ensemble » quand une partie des citoyens juifs doit fuir les territoires perdus de la République ?

https://www.youtube.com/watch?v=e6hG20bpbVg

Ce déplacement ne traduit pas seulement une peur, mais un désenchantement : celui d’avoir cru à l’intégration universelle dans une société qui, face à l’islamisme et à la haine, a choisi la passivité.


Les pouvoirs publics, souvent paralysés par la peur d’être accusés d’islamophobie, ont laissé se développer un antisémitisme arabo-musulman banalisé, nié, relativisé, souvent excusé par le contexte géopolitique. Or, les Juifs de France, eux, ont compris que leur survie passait par la lucidité.

Leur migration vers le 17e arrondissement n’est pas un renoncement, mais une affirmation de vie : rester juif, libre, visible, et debout.

L’histoire des Juifs de France est jalonnée d’exils : celui de 1394, celui d’Espagne en 1492, celui d’Algérie en 1962.




Aujourd’hui, un nouvel exil se joue, non pas hors de France, mais à l’intérieur de ses frontières, dans une recomposition urbaine et identitaire.


L’Ouest parisien devient le refuge d’une communauté blessée mais vivante, fière mais lucide, après les déclarations troublantes d'un Président de la République  en fin de course qui a choisi son camp, et favorise par son attitude souvent incompréhensive le clan des islamistes


Le 17e arrondissement, avec son Centre Européen du Judaïsme, ses synagogues et ses écoles, est la preuve éclatante que le judaïsme français, malgré les menaces, n’a pas dit son dernier mot.


La République, réinvente par sa passivité les ghettos, elle, devra répondre à cette question simple : comment prétendre à l’universalisme, quand ceux qui l’ont le plus incarné doivent vivre retranchés pour exister ?



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