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dimanche 19 octobre 2025

Les batailles de la Tech ... JBCH N° 533

Florian Debes (Les Échos, octobre 2025) a écrit sur la nouvelle bataille technologique entre Apple, Google, Meta et OpenAI et c, autour de l’intelligence artificielle et du smartphone. 


Il prédit la fin prochaine du Smartphone



Depuis la présentation du premier iPhone en 2007, le smartphone s’est imposé comme le centre de gravité de notre vie numérique. Dix-huit ans plus tard, ce règne est contesté. L’intelligence artificielle générative, incarnée par ChatGPT, Gemini ou les IA intégrées dans les appareils connectés, bouleverse l’ordre établi. Le texte de Florian Debes montre que si Meta et OpenAI rêvent d’un monde sans smartphone, Apple et Google n’ont pas encore dit leur dernier mot. La bataille qui s’annonce n’oppose plus des marques, mais deux visions du futur : celle du terminal matériel et celle de l’écosystème intelligent.





Depuis dix ans, la croissance du marché du smartphone s’essouffle. Les ventes stagnent, les innovations matérielles se limitent à des écrans plus brillants et à des caméras plus précises. L’intelligence artificielle apparaît alors comme le nouveau levier de différenciation.




OpenAI, avec ChatGPT, veut court-circuiter les magasins d’applications d’Apple et de Google en intégrant directement ses services dans les conversations des utilisateurs. Meta suit la même voie : ses lunettes connectées, conçues avec EssilorLuxottica, misent sur une interface sans écran, où la commande vocale et la reconnaissance visuelle remplaceraient le toucher et la navigation classique.




L’objectif est clair : sortir du cadre du smartphone pour installer l’IA comme le nouvel environnement numérique universel. Là où le mobile était un outil, l’intelligence artificielle ambitionne de devenir un compagnon. C’est une rupture comparable à celle qui a vu Internet détrôner le PC dans les années 2000.






Mais, comme le rappelle l’article, il serait prématuré d’enterrer Apple et Google. Ces deux géants contrôlent encore l’écosystème des applications, et donc la monétisation de l’usage mobile. Chaque année, ils prélèvent jusqu’à 30 % des revenus générés par les développeurs via leurs magasins d’applications. Ils disposent aussi d’un avantage déterminant : une base installée de milliards d’appareils, un réseau d’utilisateurs fidèles, et une puissance matérielle sans équivalent.


Apple prépare pour mars 2026 une nouvelle version de Siri, totalement repensée autour de l’IA générative, capable de rivaliser avec ChatGPT et Gemini. Google, de son côté, intègre son modèle Gemini à Android et au moteur de recherche, plaçant l’IA au cœur de l’expérience utilisateur. L’un comme l’autre cherchent à faire de l’intelligence artificielle un prolongement du smartphone, et non un remplaçant.


En d’autres termes, les anciens maîtres du hardware entendent reconquérir le terrain logiciel que ChatGPT et Meta tentent de leur arracher. Pour eux, la clé n’est pas de supprimer le téléphone, mais de le rendre invisible — un simple point d’accès à un assistant intelligent omniprésent.





Meta, OpenAI et leurs alliés jouent un pari inverse : celui de la rupture. En s’affranchissant du smartphone, ils espèrent imposer leurs propres plateformes, leurs règles de partage de données et leurs protocoles de paiement. Sam Altman, patron d’OpenAI, a même investi plus de six milliards de dollars pour s’offrir les services du designer Jony Ive, père de l’iPhone, dans le but de créer une « famille d’appareils IA » — lunettes, assistants personnels, interfaces minimalistes — capables de concurrencer directement le téléphone.


Mais ces ambitions se heurtent à la réalité matérielle : les lunettes connectées ou les casques de réalité augmentée restent coûteux, fragiles et dépendants… du smartphone. Les analystes de Bank of America estiment qu’à peine 10 millions de paires seront vendues en 2025, loin du milliard de téléphones écoulés chaque année. Le marché reste donc embryonnaire.


La véritable bataille se joue ailleurs : dans la possession de la relation utilisateur. Qui contrôlera la porte d’entrée de notre vie numérique ? L’appareil dans notre main — ou l’IA dans le nuage ?





Malgré les annonces tonitruantes, la coexistence entre smartphones et nouvelles interfaces semble inévitable. Comme la télévision n’a pas tué la radio, l’intelligence artificielle ne fera pas disparaître le téléphone du jour au lendemain. L’écosystème mobile est trop vaste, trop ancré dans les usages quotidiens. En revanche, son rôle va changer : le smartphone deviendra le support d’une intelligence décentralisée, un simple relais entre l’humain et le nuage.


Apple, Google, Meta et OpenAI convergent ainsi vers une même promesse : un monde où l’écran disparaît, où la commande vocale et la prédiction remplacent la navigation manuelle, où la technologie s’efface derrière le langage naturel. L’avenir ne sera pas post-smartphone, mais post-écran.



La bataille qui s’ouvre ne se joue plus sur les processeurs ni sur les pixels, mais sur la capacité à intégrer l’IA dans notre quotidien. OpenAI rêve d’un monde sans iPhone, Meta d’une réalité augmentée permanente, Apple d’une intelligence embarquée, Google d’une omniprésence algorithmique. Tous veulent devenir le filtre de nos interactions, la voix qui répond avant même qu’on pose la question.


Le smartphone, lui, n’est pas mort. Mais il s’efface doucement, absorbé par une intelligence diffuse. 


Déjà, Elon Musk pense à nous implanter des puces dans les cerveaux ... horreur !!! 


Comme le dit Jony Ive, « nous n’avons plus une relation facile avec notre technologie ». L’enjeu, désormais, n’est plus de l’améliorer — mais de la rendre humaine à nouveau.






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