Difficile de résumer en quelques lignes la pratique protéiforme d’Otobong Nkanga, immense artiste d’origine nigérienne (qui vit aujourd’hui à Anvers), à laquelle le MAM offre sa première exposition monographique. Alors qu’elle n’est encore qu’adolescente, et qu’elle hésite entre une carrière artistique et des études d’architecture, sa mère lui fait cette confidence : “j’ai rêvé de toi en couleurs”. Ce sera donc la couleur, par le tissage, le dessin, la photographie, la performance, avec pour ligne directrice la terre et les corps. Ce qui fait de nous des éléments terriens, et ce qui fait de la terre un fragment de nous, humains. L’œuvre d’Otobong est marquée par ses drames personnels et les différentes cultures, africaines et européennes, qui ont façonné sa vie. Mais plus encore, l’artiste cherche, à travers chacune de ses pratiques, à “écouter, observer et comprendre le monde”. L’utilisation du textile est particulièrement remarquable, avec ces immenses tapisseries, ces tapis. Mais Otobong travaille aussi le verre, la pierre, souvent sculptée en couches (layers) comme un témoignage de notre évolution, et de celle de la terre nourricière que nous exploitons. De courts poèmes, gravés sur des plaques de terre cuite, ou simplement collés au mur, accompagnent les œuvres. Des sons, des odeurs suivent un parcours aussi sensoriel qu’intime. |
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