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vendredi 17 octobre 2025

Le Blog de Karine Salomon De Paz. JBCH N° 523


Une pièce, deux expos et des biscuits caritatifs.


Il m’est impossible de commencer cette newsletter par autre chose qu’un immense soulagement. Celui de voir vingt ombres revenir à la lumière et aux leurs. Une journée d’émotion et d’espoir d’autant plus extraordinaire qu’elle semblait impossible il y a encore quelques semaines.
Mais voilà, malgré les explosions de joie, il me reste ces nœuds bizarres dans la gorge. De ceux qu’on ne peut pas avaler.
Des nœuds épouvantés devant les exactions arbitraires et les exécutions vengeresses - qui n’ont pas ému grand monde - que fait subir le Hamas à la population de Gaza.
Des nœuds fatigués par le traitement réservé aux événements par une certaine bien-pensance. Non, il n’y a pas eu “échange d’otages”, mais bel et bien échange entre otages innocents et prisonniers condamnés ou prisonniers de guerre. Non, les otages n’ont pas bénéficié de “traitement de faveur”, sous prétexte qu’ils représentaient l’assurance du groupe terroriste ; comme tous les otages pris en otages, ils ont été maltraités, isolés, humiliés, affamés, apeurés, trompés, et leurs sourires ne sont qu’un avant-goût des cauchemars et traumatismes qu’ils vont devoir affronter.
Des nœuds énervés devant l’impossible réjouissance des désœuvrés de l’émotion sélective : les flotilleurs, les artistes, les insoumis, les syndicalistes égarés, les indignés de Tik Tok. Le combat pour la reconstruction et l’entente mutuelle n’est sans doute pas suffisamment instagrammable.
Des nœuds résignés à devoir, peut-être plus encore qu’avant, rester vigilants, manifester, argumenter. Faire de la sémantique, et un peu d’histoire.
Des nœuds usés par les batailles victimaires et par l’insupportable polarisation qui empêche de se réjouir aux côtés de ceux que l’on a décidé de détester.
Un ruban jaune a laissé la place à des nœuds.

Nœud coulant

Au Théâtre des Mathurins, au 2e sous-sol, dans une salle grande comme une âme, Ismaël Saidi joue, en alternance avec Ines Weill-Rochant et Fiona Lévy, Jérusalem, une pièce écrite en 2022 mais qui fait lourdement écho à l’actualité. Deux acteurs et quatre personnages pour un voyage dans une histoire ignorée, des parcours imbriqués, des souffrances partagées. Et ces mémoires enfouies qui se révèlent le temps d’une éclipse.

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Jérusalem
Théâtre des Mathurins jusqu’au 31 décembre
Tous les mercredi et jeudi à 19h

Nœud terrien

Difficile de résumer en quelques lignes la pratique protéiforme d’Otobong Nkanga, immense artiste d’origine nigérienne (qui vit aujourd’hui à Anvers), à laquelle le MAM offre sa première exposition monographique.
Alors qu’elle n’est encore qu’adolescente, et qu’elle hésite entre une carrière artistique et des études d’architecture, sa mère lui fait cette confidence : “j’ai rêvé de toi en couleurs”. Ce sera donc la couleur, par le tissage, le dessin, la photographie, la performance, avec pour ligne directrice la terre et les corps. Ce qui fait de nous des éléments terriens, et ce qui fait de la terre un fragment de nous, humains.
L’œuvre d’Otobong est marquée par ses drames personnels et les différentes cultures, africaines et européennes, qui ont façonné sa vie. Mais plus encore, l’artiste cherche, à travers chacune de ses pratiques, à “écouter, observer et comprendre le monde”.
L’utilisation du textile est particulièrement remarquable, avec ces immenses tapisseries, ces tapis. Mais Otobong travaille aussi le verre, la pierre, souvent sculptée en couches (layers) comme un témoignage de notre évolution, et de celle de la terre nourricière que nous exploitons.
De courts poèmes, gravés sur des plaques de terre cuite, ou simplement collés au mur, accompagnent les œuvres. Des sons, des odeurs suivent un parcours aussi sensoriel qu’intime.

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Otobong Nkanga - « I dreamt of you in colours »

Musée d’Art Moderne jusqu’au 22 février 2026

Nœud simple

Né aux États-Unis au milieu des années 60, l’art minimal est caractérisé par une “sobriété extrême” et une économie de moyens, les artistes évitant le décoratif et le symbolisme. "What you see is what you see", résumera Frank Stella dans une interview.
Épurées, souvent monochromes, géométriques, voire répétitives, les œuvres minimales prennent sens dans l’espace qu’elles occupent et la perception que nous en avons. Simple - certains diront simpliste -, le minimalisme peut sembler froid et sévère, mais son concept de “less is more”, particulièrement visuel, a considérablement influencé l’art et le design jusqu’à nos jours.
La Bourse de Commerce présente un parcours exhaustif de ce mouvement fondamental, en sept sections et quatre espaces dédiés. La rotonde se pare de cinq sculptures organiques de Meg Webster (terre, brindilles, sel, argile, cire). Les vitrines exposent 27 œuvres de la série Today de l’artiste japonais On Kawara. Au sous-sol, place à la lumière de Dan Flavin. Et Galerie 2, on devine les fils d’or de la brésilienne Lydia Pape.
A l’étage, il y a de quoi faire et de quoi voir, avec une attention particulière à porter aux compositions douces d’Agnes Martin (née en 1912), au mouvement moins connu du Mono-ha, aux toiles immaculées de Robert Ryman.
On aurait souhaité encore plus d’espace pour laisser respirer toutes ces œuvres, mais il faut dire que l’écrin est à la hauteur de l’événement.

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Minimal

Bourse de Commerce - Pinault Collection
jusqu’au 19 janvier 2026

Biscuits sains contre le cancer du sein

Dans le cadre d’Octobre rose, vendredi 24 et samedi 25, venez vous offrir une paire de SEIN-BLÉS au profit de l’Institut Curie. Chez Hoy Paris, Kiosk et d’autres lieux à venir…
Biscuits vegan aux deux parfums : framboise - fleur d’oranger et cacao - tonka,
Prix unique dans son petit sachet : 3,50€
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