Métro Bir Hakeim, près de l'avenue de Suffren au coin de la rue de la Fédération, il y a un bâtiment moderne : La Maison de la Culture du Japon. Des milliers de passants la découvrent parceque c'est sur la route de la Tour Eiffel ...
J'y ai moi aussi découvert "Isao Takahata" qui est le maître de l’animation japonaise, il est donc à l’honneur à Paris.
C'est une exposition majeure à Isao Takahata (1935-2018), cofondateur du Studio Ghibli et créateur de chefs-d’œuvre tels que Le Tombeau des lucioles (1988) et Le Conte de la princesse Kaguya (2014).
L’exposition, qui se tient jusqu’au 24 janvier 2026 avant de rejoindre Lausanne, retrace la carrière du réalisateur et met en lumière son influence déterminante sur Hayao Miyazaki, qu’il a encouragé dès 1968.
Takahata, peu doué pour le dessin mais exceptionnel pour guider les animateurs, valorisait l’expression de ses collaborateurs et insistait sur la précision et la richesse des détails. Son approche exigeante, où chaque nuance comptait, se révèle dans ses storyboards, croquis et documents de production, conservés dans ses archives personnelles. Son fils Kosuke souligne l’importance qu’il accordait à l’observation minutieuse de la réalité et à la fidélité aux détails, qu’ils soient majeurs ou secondaires.
Insatiable curieux de l’Occident et des cultures littéraires, Takahata fut inspiré par le film La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault et les textes de Jacques Prévert. Après avoir quitté Toei dans les années 1970, il réunit autour de lui des talents comme Miyazaki et Kazuo Oga pour produire des séries télévisées ambitieuses (Heidi, Marco), innovant avec le layout, étape intermédiaire entre storyboard et animation, pour homogénéiser le travail de multiples animateurs.
Son œuvre se caractérise par une attention au quotidien et à la vie ordinaire, comme dans Heidi, où son équipe effectua un repérage en Europe, ou dans Le Tombeau des lucioles, qui décrit le Japon ravagé par la guerre, inspiré de sa propre enfance à Okayama.
Dans ses dernières productions, il explore la colorisation numérique pour restituer la subtilité du trait, culminant dans Le Conte de la princesse Kaguya, fusion d’innovation technique et d’expression artistique.
Cette exposition permet de saisir la magie de l’animation selon Takahata : un art où le mouvement et la succession des dessins priment sur la simple figuration. Son génie réside dans sa capacité à créer un univers émouvant et réaliste tout en repoussant les limites formelles de l’animation traditionnelle, laissant un héritage durable au cinéma d’animation mondial.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire