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mardi 14 octobre 2025

SOS !!! L'orthographe est en grand danger ... JBCH N° 505

Ils sont malins ces jeunes, ils ne cessent de trouver des parades car ils  sont en général fâchés avec l’orthographe. 


Cette note se place dans la perspective  d’une civilisation dominée par l’intelligence artificielle et les médias numériques.


La génération numérique inaugure le naufrage de l’orthographe avec les enceintes intelligentes, SIRI, GOOGLE, MICROSOFT et toutes les autres applications ... 


Nous entrons dans une ère nouvelle : celle de l’intelligence artificielle, des écrans omniprésents et de la communication instantanée. Les enfants manipulent des tablettes avant même de savoir écrire, les adolescents s’expriment par smileys et abréviations, et la grammaire devient un vestige d’un autre âge. Le texte d’Élisabeth Pineau, Les parades des jeunes fâchés avec l’orthographe, paru dans Le Monde, dresse un constat saisissant de cette mutation : les jeunes actifs reconnaissent leurs lacunes à l’écrit, les vivent comme un handicap professionnel, mais trouvent désormais dans l’intelligence artificielle une solution de contournement.




Cette défaillance linguistique n’est pas nouvelle, mais elle prend aujourd’hui une ampleur inédite. Arnaud, jeune maître d’hôtel, confie que « la fée de l’orthographe ne s’est jamais penchée sur [son] berceau » ; Maud, doctorante en sociologie, redoute le regard de ses directeurs de thèse sur ses fautes ; Bertrand, commercial dyslexique, se sent « libéré » depuis qu’il utilise ChatGPT pour corriger ses mails. Tous incarnent une génération dont la maîtrise de la langue s’effrite, et qui compense ses failles par la technologie.




Les témoignages réunis montrent une tension constante : d’un côté, la honte de mal écrire — véritable stigmate social dans une culture française où l’orthographe est un marqueur d’intelligence et de respectabilité ; de l’autre, la tentation du contournement par des outils numériques. L’intelligence artificielle, en particulier, devient une béquille intellectuelle. Pour certains, elle représente une libération : elle supprime l’angoisse du regard d’autrui et redonne confiance à ceux qui se sentaient exclus par la norme grammaticale.



Mais cette aide a un coût : elle menace l’autonomie d’expression. Comme le souligne Honoré Bayzelon, fondateur d’OrthographIQ, l’IA « donne l’illusion de compenser les lacunes, mais fragilise complètement la capacité à penser et écrire par soi-même ». Écrire, c’est structurer sa pensée, créer une mémoire du geste et une discipline intérieure. En délégant cette tâche à la machine, l’être humain perd peu à peu la faculté de formuler, de nuancer, de se relire.


Dans le monde du travail, la faute d’orthographe reste un signe rédhibitoire. Une étude citée dans l’article montre qu’un CV contenant des erreurs a deux fois plus de chances d’être rejeté qu’un autre. Pour les recruteurs, la correction linguistique n’est pas une simple compétence technique : elle témoigne de rigueur, de respect et de professionnalisme. Ainsi, même à l’heure de l’IA générative, l’écrit demeure un miroir du sérieux et de la crédibilité d’un candidat.


Les grandes entreprises l’ont bien compris : elles forment leurs salariés, non par amour de la grammaire, mais parce que l’image de l’entreprise est en jeu. Les fautes coûtent cher, en temps, en relectures, en perte de confiance. Pourtant, un paradoxe apparaît : alors que les formations en orthographe explosent, de plus en plus d’écrits professionnels sont « nettoyés » par des logiciels. L’authenticité du style s’efface au profit d’une homogénéité syntaxique dictée par la machine.



Si l’IA corrige les fautes, elle n’enseigne pas la pensée. L’écriture est un apprentissage lent, qui forge la mémoire, la rigueur et la clarté d’esprit. La génération des « textos » et des « prompts » risque d’en perdre le sens profond. Comme le prévoit Bayzelon, la véritable fracture de demain ne sera plus orthographique mais orale : ceux qui auront appris à s’exprimer sans l’appui d’un correcteur, à improviser, à défendre une idée avec leurs mots, se distingueront dans un monde saturé de discours uniformisés par l’IA.


Cette dérive questionne la mission de l’école, qui, selon la formatrice Amandine Sourisse, a « volé du temps d’écriture à la génération d’aujourd’hui ». L’apprentissage du français est devenu utilitaire, au détriment de la lenteur, de la réécriture, du goût du mot juste. Or, apprendre à écrire, c’est aussi apprendre à penser.



La délégation du langage à la machine. L’intelligence artificielle promet la perfection grammaticale, mais elle menace la singularité de la pensée. Dans cette ère où la correction devient automatique, la véritable distinction appartiendra à ceux qui continueront à cultiver la langue, à aimer les nuances et les failles, à manier le mot comme un outil de liberté.


Comme les peintres impressionnistes face à la photographie, les écrivains, enseignants et penseurs d’aujourd’hui devront redonner sens à l’acte d’écrire : non comme un simple moyen de communication, mais comme une forme de résistance à l’automatisation du langage. 


Car derrière chaque faute d’orthographe se cache peut-être une part d’humanité que la machine, elle, ne saura jamais corriger.


On est très loin de ma classe de 9ème dont Madame Mitte, la maîtresse nous obligeait à utiliser la plume Sergent Major, trempée dans l'encrier, pour écrire avec des pleins et des déliés.




et article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

                                                          les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée


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