Pionnier de l'art abstrait, Vladimir Kandinsky a ouvert la porte à cet art, (1866 – 1944) n'est pas seulement russe orthodoxe: il est avant tout un artiste international qui a vécu plusieurs années à Paris, a voyagé en Europe.
Son style est pur, joyeux par les couleurs choisies et tellement plaisant à contempler.
Exposition à la Philarmanie de Paris
Vassili Kandinsky (1866-1944), figure majeure de l’art moderne, n’a pas seulement inventé l’abstraction : il a ouvert une voie nouvelle où la peinture cesse d’imiter le monde visible pour devenir un langage de l’âme. Chez lui, la couleur chante, la ligne résonne, et la toile devient une partition.
Son œuvre est une expérience synesthésique – une rencontre entre la vue et l’ouïe, entre la forme et le son. Kandinsky ne peint pas des objets : il compose des émotions, des vibrations, des correspondances.
Kandinsky naît à Moscou dans une famille cultivée et découvre très tôt qu’il perçoit le monde d’une façon singulière : chaque son a une couleur, chaque couleur a un son. Il entend le jaune comme une trompette éclatante, le bleu comme un orgue profond, le rouge comme un tambour vibrant.
Cette expérience sensorielle devient le cœur de sa philosophie artistique. Dans son essai majeur Du spirituel dans l’art (1911), il affirme que la peinture doit, comme la musique, agir directement sur l’âme sans passer par la représentation d’objets réels.
Ainsi, peindre revient à composer une symphonie visuelle, où chaque teinte, chaque ligne possède sa tonalité émotionnelle. Le jaune « agite l’âme », le bleu « l’approfondit », le vert « la calme ». Kandinsky parle de « nécessité intérieure » : un impératif spirituel qui pousse l’artiste à exprimer l’invisible.
Avant 1910, Kandinsky peignait encore des paysages et des cavaliers. Puis, un jour, il vit un tableau sans en reconnaître le sujet — c’était une de ses propres toiles posée à l’envers. Cette révélation déclencha une révolution : la peinture pouvait exister sans objet, comme la musique sans paroles.
Dès lors, il libère la couleur et la ligne de toute fonction descriptive. Dans ses Compositions et Improvisations, la toile devient un espace sonore, traversé de rythmes, d’accents, de silences.
Improvisation n°30 (1913) évoque un orchestre en mouvement, tandis que Composition VII (1913) semble exploser comme une fugue de Bach : chaos apparent, mais harmonie profonde.
Kandinsky s’intéresse autant au silence qu’au son, au vide qu’au plein. Dans Composition VIII (1923), des formes géométriques flottent sur un fond blanc : le vide n’est pas absence, mais pause musicale, respiration nécessaire entre deux accords.
Chaque cercle, chaque ligne devient une note ; le blanc, un silence sacré. Cette alternance crée une rythmique cosmique, une danse entre mouvement et repos, lumière et obscurité.
Le peintre devient ainsi un chef d’orchestre spirituel, guidant les couleurs comme un musicien conduit son orchestre.
Kandinsky n’était pas seulement un artiste, mais un chercheur de vérité. Influencé par la théosophie de Helena Blavatsky et l’anthroposophie de Rudolf Steiner, il croyait que l’univers est traversé par des vibrations invisibles.
La tâche de l’artiste est de les révéler. Il écrit :
« La couleur est un moyen d’exercer une influence directe sur l’âme. »
Chaque toile devient ainsi un instrument de connaissance spirituelle, un miroir de l’ordre caché du monde. Kandinsky cherchait une harmonie universelle – la même que celle que les musiciens poursuivent dans leurs symphonies.
À travers ses œuvres du Bauhaus – Jaune-Rouge-Bleu (1925), Sur blanc II (1923) – Kandinsky cherche une rigueur nouvelle : ses toiles sont construites comme des compositions musicales, équilibrées par des rapports de tension, de contraste et de résonance.
Son pinceau devient un archet, ses couleurs des cordes vibrantes. Le spectateur est invité non pas à « voir » mais à écouter la peinture.
Chaque tableau est une mélodie silencieuse, un appel à la contemplation.
Mort en exil à Neuilly-sur-Seine en 1944, Kandinsky laisse derrière lui une œuvre qui continue de vibrer comme une musique infinie. Il a su unir l’intellect du peintre et l’intuition du musicien, le visible et l’invisible, le son et la lumière.
Là où d’autres peignent ce qu’ils voient, Kandinsky peint ce qu’il entend dans l’âme.
Son art n’imite pas le monde — il en révèle la symphonie intérieure.
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