Le réchauffement entre l’Égypte dit s'effectuer sous l'égide de Trump, l'Egypte dont le pouvoir corrompu est aux mains des militaires a bsesoin du gaz produit pas Israël, L'Egypte a besoin des renseignements satellitaires et de l'appui d'Israël pour combattre les djihadistes dans le Sinaï et les Houtis qui ruinent son économie en Mer Rouge ... Fini le temps de la paix froide, il faut avancer ...
Près d’un demi-siècle après la poignée de main historique entre Anouar El-Sadate et Menahem Begin, la paix entre l’Égypte et Israël reste une construction fragile, mêlant calculs politiques, peurs intérieures et espoirs de stabilité.
Mais selon The Jerusalem Report, un tournant discret s’opère au Caire, sous la pression du président américain Donald Trump. Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, le président Abdel Fattah al-Sissi gouverne dans l’ombre des Frères musulmans, renversés par son armée mais toujours influents dans la société. C’est cette menace intérieure qui dicte, plus que tout, sa politique envers Israël.
En apparence, la rhétorique officielle égyptienne a souvent flirté avec l’hostilité. Après les attaques du 7 octobre 2023 , Sissi a même qualifié Israël « d’ennemi »,
Pourtant, deux ans plus tard, le ton change. À l’occasion de l’anniversaire de la guerre d’octobre 1973, le président égyptien a rappelé que la « véritable victoire » ne fut pas militaire, mais diplomatique : la signature du traité de paix de 1979, et donc la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par le discours d'Anouar El Sadate à la Knesset
Ce rappel, noté par l’ancienne députée israélienne Ruth Wasserman Lande dans le Jerusalem Report, n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une campagne d’apaisement réclamée par Washington, soucieux de faire taire les discours bellicistes avant la présentation par Trump de son « plan de paix en vingt points » pour mettre fin à la guerre de Gaza.
Le changement de ton du Caire coïncide avec la visite du nouvel ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee. Missionné par la Maison-Blanche, il a fait comprendre à Sissi que les États-Unis attendaient de l’Égypte qu’elle réduise la virulence de son discours public.
Car derrière les déclarations, la réalité géopolitique est plus nuancée. L’Égypte craint avant tout une nouvelle déstabilisation du Sinaï. Les autorités redoutent qu’un afflux massif de réfugiés palestiniens ne s’y installe durablement, réveillant un foyer djihadiste que l’armée égyptienne tente d’éradiquer depuis une décennie.
Cette peur explique la prudence de Sissi : il ménage Israël sur le plan sécuritaire tout en maintenant, pour l’opinion publique, un discours patriotique teinté d’antisionisme. Pendant des décennies, les gouvernements égyptiens ont cultivé cette ambiguïté, entre coopération militaire discrète et hostilité culturelle ouverte.
Dans les faits, la coopération entre Le Caire et Jérusalem n’a jamais été aussi étroite. Israël fournit des renseignements cruciaux sur les groupes islamistes actifs dans le Sinaï et a même autorisé l’armée égyptienne à renforcer sa présence militaire dans la région, au-delà des limites prévues par le traité de 1979.
Cette coordination étroite reste taboue dans la presse égyptienne, encore largement marquée par des décennies de propagande anti-israélienne. Les manuels scolaires, les séries télévisées et les organisations professionnelles continuent d’entretenir une méfiance viscérale envers l’État hébreu. Résultat : le pouvoir est aujourd’hui prisonnier de sa propre rhétorique. Impossible d’afficher une normalisation ouverte sans risquer une révolte populaire.
« L’Égypte est victime de son propre récit », résume Ruth Wasserman Lande. « Après avoir nourri la haine d’Israël pendant quarante ans, elle doit désormais apprendre à l’effacer. »
C’est dans ce contexte que ressurgit la figure d’Anouar El-Sadate, l’homme de la paix assassinée. Lorsqu’il prit la parole à la Knesset en novembre 1977, il déclara : « Cette paix apportera à jamais la prospérité dans la région. » Ses mots résonnent aujourd’hui comme une prophétie inachevée.
Sadate avait compris qu’une paix durable ne pouvait être imposée ni par la force ni par la peur. Il rêvait d’une paix populaire, fondée sur la connaissance mutuelle et la réconciliation des mémoires. Ce rêve ne s’est jamais réalisé.
Sous Sissi, la paix entre Israël et l’Égypte reste avant tout stratégique : une paix d’état-major, non de citoyens. Aucune initiative culturelle, universitaire ou touristique d’envergure n’a vu le jour entre les deux pays, contrairement aux accords d’Abraham conclus avec les Émirats ou Bahreïn.
Pour que la paix de Sadate retrouve un souffle, l’Égypte devra affronter son propre passé. Réformer les programmes scolaires, cesser les discours de haine, valoriser les bénéfices économiques et culturels d’une coexistence réelle — autant de chantiers qui restent à ouvrir.
Trump, en imposant à Sissi ce virage diplomatique, espère sans doute relancer un axe modéré entre Le Caire, Riyad et Jérusalem. Mais sans transformation intérieure de la société égyptienne, cette paix restera instrumentale.
L’Égypte, comme le rappelait Sadate à Jérusalem, ne pourra atteindre la prospérité qu’en faisant de la paix une conviction, et non une contrainte. Cinquante ans après son geste visionnaire, le pays semble à nouveau placé devant le même choix : la peur ou la paix.
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