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vendredi 17 octobre 2025

La fin de la Guerre ? JBCH N° 518



Israël a-t-il remporté une victoire amère ou une victoire totale ? Près de 8 jours après la libération des vingt derniers otages vivants, la question se pose : Victoire totale ou amère victoire ? 



La guerre de Gaza n’est pas née d’un malentendu. En 2006, lors des élections législatives palestiniennes, près de 80 % des Gazaouis ont voté pour le Hamas. Ce n’était pas une erreur de jeunesse ni un acte de désespoir : c’était un choix conscient, idéologique, fait au nom de la revanche, de la religion et du rejet d’Israël.



Beaucoup voyaient alors dans le Hamas une alternative à la corruption du Fatah. Mais ils savaient que ce mouvement, dès sa charte fondatrice de 1988, prônait la destruction pure et simple d’Israël et la mort des Juifs. Ce vote n’a donc pas seulement porté un parti au pouvoir : il a légitimé une idéologie totalitaire.


Ce choix s’est ensuite figé dans la peur et dans la haine. Après le coup de force de 2007, le Hamas a instauré un régime de fer : opposants exécutés, journalistes muselés, tribunaux religieux, endoctrinement dès l’école. Et pourtant, même après quinze ans d’arbitraire, de pauvreté et d’enfermement, le soutien populaire ne s’est pas effondré.


Les sondages, jusqu’à la veille du 7 octobre 2023, montraient encore une majorité relative de sympathie pour le Hamas à Gaza. Une fidélité suicidaire à un régime qui faisait de la mort une promesse politique.



Mais après le massacre du 7 octobre, aucun sursaut moral n’a eu lieu. Pas un seul Gazaoui n’a tenté de libérer un otage, pas une voix ne s’est élevée pour dénoncer la barbarie. Aucun juste, aucun courage isolé. Ni un homme, ni une femme, ni un chef religieux n’a eu la force de dire : « Cela est mal ».







Cette absence absolue de conscience civique ou morale a marqué un point de rupture. Beaucoup en Israël, et ailleurs ont compris que le Hamas n’était pas une excroissance étrangère au peuple de Gaza, mais son reflet déformé et monstrueux.


Il faut néanmoins comprendre la mécanique de ce silence. Gaza est une prison à ciel ouvert, mais une prison avec des geôliers issus du peuple lui-même.

Certains Gazaouis se taisent par peur : quiconque est soupçonné de sympathie pour Israël ou de désaccord avec le Hamas est exécuté sans procès, souvent en pleine rue.

D’autres se taisent par habitude : vingt ans d’endoctrinement ont produit des générations d’enfants convaincus que le martyre est une victoire et que la mort d’un Juif est une offrande. L’idéologie du Hamas a pénétré les foyers, les écoles, les mosquées, jusqu’à anesthésier le jugement moral.


Mais il faut aussi nommer une vérité plus dérangeante : une partie du peuple a collaboré activement. Certains ont caché des terroristes, d’autres ont empêché des otages de fuir. Des foules ont applaudi les tueurs rentrant à Gaza après le massacre. Ces gestes ne sont pas le fruit de la peur : ils sont la marque d’une adhésion.


Il y a donc à Gaza un triple enfermement : la terreur imposée par les armes, la propagande imposée par la foi, et la complicité imposée par la haine. Cette combinaison tragique a fait de la bande de Gaza non seulement une victime, mais aussi un acteur de sa propre ruine.




C’est ici que se joue la différence entre une victoire militaire et une victoire morale.

Militairement, Israël a détruit l’essentiel du Hamas : ses tunnels, ses brigades, ses arsenaux, ses chefs. Diplomatiquement, il a conservé le soutien de Washington, et l’appui tacite de plusieurs pays arabes qui redoutent eux aussi l’islamisme radical.

Mais moralement, le défi demeure : comment distinguer le complice du prisonnier, l’endoctriné du criminel, l’enfant manipulé du fanatique convaincu ?



L’armée israélienne a mené la guerre la plus surveillée du monde : avertissements avant frappes, couloirs humanitaires, hôpitaux protégés, distribution d’aide par drones. Pourtant, ses soldats ont vu des civils cacher des armes ou filmer leurs positions pour le Hamas.


Cette ambiguïté a pesé lourdement sur le moral des troupes : combattre un ennemi qui se fond dans la population, c’est devoir douter de toute main tendue.


Et pourtant, Israël n’a pas cédé. Ce pays, souvent divisé, a retrouvé une unité nationale inédite. Des jeunes laïcs et religieux, des Juifs orientaux et ashkénazes, des Druzes, des Bédouins, des volontaires venus de partout ont combattu côte à côte. Ils savaient pourquoi : parce que cette guerre n’était pas seulement défensive, elle était existentielle.

Elle visait à détruire non seulement une armée ennemie, mais un mensonge millénaire : celui qui prétend que les Juifs sont des intrus, que leur présence sur leur terre est illégitime, que leur mort est une offrande divine.





Aujourd’hui, Gaza est en ruines, son peuple souffre, et beaucoup dans le monde accusent Israël. Mais que serait devenue l’humanité si Israël avait cédé à la peur, à la pression, ou à la culpabilité ?

Les « voix morales » d’Europe, qui condamnent Israël sans voir le Hamas exécuter en pleine rue ses opposants sous le regard des observateurs de l’ONU, ont perdu toute crédibilité.



Le Hamas, acculé, tire encore sur son propre peuple. Il abat par dizaines ceux qui réclament des vivres, exécute sans jugement les « traîtres » qui veulent la paix, empêche les enfants de fuir les zones de combat. 


Ce n’est pas une armée, c’est une secte cannibale. Tant que cette bête féroce ne sera pas écrasée totalement, aucune paix durable ne pourra être déclarée.


Mais la victoire israélienne ne pourra être complète que si elle s’accompagne d’un projet moral : reconstruire non seulement les villes, mais les consciences. Former, à Gaza, une génération nouvelle — délivrée du fanatisme et du culte de la mort.



La victoire d’Israël n’est donc ni amère ni totale : elle est nécessaire et inachevée.


Nécessaire, parce qu’elle a brisé une machine de mort, sauvé la dignité d’un peuple qui refuse de disparaître, et probablement montrer à un occident fragile le chemin à suivre sous peine d'être dominé.


Inachevée, parce qu’elle n’a pas encore libéré les esprits de Gaza de la tyrannie religieuse et de la haine héréditaire.


Tant qu’aucun "juste" gazaoui ou arabe de palestine ne se lèvera pour dire non au Hamas, tant qu’aucune mère arabe ne pleurera la mort d’un Israélien comme celle d’un homme, la paix restera un mot vide.


Mais le jour où, dans les ruines, un seul enfant gazaoui apprendra que son ennemi est aussi un être humain, alors, peut-être, Israël aura remporté la seule victoire qui vaille : celle de la vérité sur le mensonge, de la vie sur la mort.





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