Il y avait déjà la Route de la Soie, conçue par la Chine et qui passe par Haïfa, et voila le Corridor IMEC cet axe qui sera le pivot géo-économique qui part de l'Inde. .Encore Israël ! Le texte publié dans La Tribune du 11 octobre 2025 décrit l’évolution de ce corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), deux ans après son lancement.
Conçu pour relier les grands pôles de production et de consommation de l’Asie du Sud à ceux de l’Europe, ce projet s’affirme désormais comme une alternative stratégique aux « Nouvelles Routes de la Soie » chinoises.
Soutenu par les États-Unis, l’Union européenne, l’Inde, Israël, et plusieurs puissances du Golfe, il illustre la recomposition en cours du système mondial autour d’axes économiques, énergétiques et numériques qui cherchent à conjuguer prospérité et stabilité géopolitique.
Le corridor IMEC est né en septembre 2023 dans un contexte de tensions multiples : concurrence sino-américaine, guerre en Ukraine, instabilité moyen-orientale. Malgré les crises notamment l’attaque du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza le projet a survécu et s’est même renforcé. Il relie, sur un axe multimodal (maritime, ferroviaire et numérique), l’Inde à l’Europe via les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie, Israël et la Grèce.
Ce couloir constitue donc une infrastructure économique transcontinentale, unissant des puissances aux intérêts parfois divergents, mais réunies autour d’un objectif commun : diversifier les routes commerciales mondiales.
L’IMEC s’inscrit dans la logique du Global Gateway, initiative européenne visant à offrir une alternative crédible aux investissements chinois de la Belt and Road Initiative.
La présence à la tête du projet de Gérard Mestrallet, ancien dirigeant de Suez et d’Engie, souligne sa dimension à la fois énergétique, logistique et diplomatique. Cependant, l’article montre que la coordination entre les États signataires reste difficile : chaque pays « s’approprie le projet » selon ses priorités nationales. Cette pluralité d’intérêts illustre le défi de toute intégration régionale — mais aussi sa richesse potentielle.
L’un des aspects les plus marquants du corridor IMEC est la position stratégique d’Israël, désormais au centre de ce réseau économique reliant l’Est et l’Ouest. Le port de Haïfa, modernisé avec l’aide du groupe indien Adani, devient un nœud logistique majeur pour le transit de marchandises, d’énergie et de données. Dans le contexte d’un Moyen-Orient en recomposition, Israël n’est plus un simple acteur régional : il devient un pivot de la connectivité mondiale.
Le texte souligne aussi les dimensions politiques et symboliques du projet : pour Ursula von der Leyen, il s’agit d’un « pont vert et numérique entre les civilisations » ; pour Benyamin Netanyahou, du « plus grand projet de coopération de notre histoire ». Ces formules traduisent la conviction que la prospérité économique peut servir de levier à la normalisation politique et à la coopération interreligieuse dans une région longtemps marquée par les conflits. Le couloir IMEC apparaît ainsi comme un axe de paix par l’économie, une utopie pragmatique qui prolonge l’esprit des Accords d’Abraham.
L’article montre également comment l’administration américaine — sous Donald Trump revenu au pouvoir mise sur le « business » pour stabiliser la région. Le « plan de paix en 20 points » présenté par Washington inclut la reconstruction de Gaza et son intégration dans le circuit économique régional. Gérard Mestrallet lui-même parle de l’IMEC comme d’un « projet de paix et de prospérité », emblématique du « Jour d’Après ».
Cette vision s’appuie sur des acteurs civils et transnationaux comme Ecopeace Middle East, qui plaide pour une ligne ferroviaire reliant le Golfe à Gaza. Pour ses promoteurs, l’économie devient un instrument diplomatique, un vecteur de réconciliation et de durabilité.
L’IMEC représente plus qu’un simple projet d’infrastructure : il incarne un basculement du centre de gravité économique mondial. Alors que le Canal de Suez demeure vital mais vulnérable, l’IMEC offre un itinéraire terrestre et numérique complémentaire, rassurant les acteurs européens et asiatiques.
L’Égypte, inquiète d’un éventuel contournement, est au cœur des discussions diplomatiques menées par Mestrallet pour préserver un équilibre entre coopération et souveraineté.
Sur le plan stratégique, ce couloir consacre l’alliance triangulaire entre les États-Unis, l’Inde et Israël, soutenue par les monarchies du Golfe et l’Union européenne. Il traduit la montée en puissance d’un modèle économique fondé sur l’interconnexion, la technologie et l’énergie verte, et tend à redéfinir les routes du commerce mondial.
Le corridor IMEC n’est pas seulement une infrastructure logistique : il symbolise la transformation géoéconomique du Moyen-Orient. En reliant l’Inde à l’Europe à travers Israël, il offre à ce dernier un rôle central inédit dans la mondialisation des échanges.
S’il réussit, ce projet pourrait devenir un levier de paix durable, unifiant des nations longtemps opposées autour d’un horizon commun de prospérité. Mais son avenir dépendra de la capacité des acteurs à faire primer la coopération sur la compétition — et à faire de ce couloir un pont entre les peuples, non un nouvel instrument de domination.
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire