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dimanche 12 octobre 2025

Harry Haft le boxeur d'Auchwitz. JBCH N° 497

Harry Haft : survivant d’Auschwitz et boxeur de légende


Harry Haft, né Hertzka Haft en 1925 à Belchatow, petite ville textile de Pologne, est le benjamin d’une famille juive pauvre. Dès son enfance, il apprend à se battre dans la rue, forgeant sa combativité. Mais son destin bascule avec l’Occupation allemande. 


En septembre 1943, parce qu’il est juif, Hertzko Haft est arrêté et emprisonné dans plusieurs camps de travail nazis. Affamé et battu, il est transféré à Jaworzno, un camp annexe d’Auschwitz. Sa forte stature physique attire l’attention d’un surveillant SS qui l’entraîne à la boxe.


À Jaworzno, Haft découvre une forme d’enfer supplémentaire : les prisonniers sont forcés de livrer des combats de boxe contre d’autres détenus. Chaque victoire lui offre quelques jours supplémentaires de survie, et chaque défaite peut être fatale. En 76 combats à la vie à la mort, il apprend que ses poings sont sa seule arme, son seul espoir de rester en vie. À travers cette violence imposée, il développe une discipline et une endurance qui feront de lui un boxeur redoutable.




La survie n’est pas son seul moteur. Le souvenir de Leah, la jeune fille qu’il devait épouser avant la déportation, devient sa bouée de sauvetage psychologique. « Il s’était agrippé à son souvenir comme à une bouée de sauvetage », écrit son fils Alan Scott Haft. C’est pour elle, et pour retrouver sa vie, qu’il monte sur les rings après la guerre.


Après la libération, Harry Haft émigre aux États-Unis et commence une carrière de boxeur professionnel. Il s’entraîne au Stillman’s Gym de New York, où il côtoie des figures comme Maxie Rosenbloom, et affronte de redoutables adversaires. Le point culminant de sa carrière arrive le 18 juillet 1949, lorsqu’il doit affronter Rocky Marciano, invaincu sur seize combats consécutifs et futur champion du monde. 


La mafia tente de le contraindre à se coucher lors du combat pour protéger ses intérêts, allant jusqu’à mentionner le sort de Vince Foster, un boxeur éliminé pour désobéissance. Haft refuse, affirmant avec courage : « Allez vous faire foutre. Vous ne me faites pas peur. Les Allemands ont essayé de me dire quoi faire, et je suis toujours là. »



Ce combat dépasse le simple enjeu sportif. Haft y incarne la survie d’un peuple, le refus de se soumettre et la mémoire de la Shoah. Lors du match, il porte fièrement une étoile de David brodée sur son short, symbole discret mais puissant de son identité et de son histoire. Malgré la pression et la brutalité de l’adversaire, Haft tient, montrant la force physique et morale qui l’ont aidé à survivre aux camps nazis.




Le livre Boxer à la vie à la mort, écrit par son fils Alan Scott Haft, restitue avec fidélité la voix de ce survivant. Le style direct et brut reflète l’expérience de l’homme qui n’a jamais enjolivé son passé. Chaque page restitue la gravité et la fragilité de la mémoire d’un homme confronté à la mort dès l’adolescence, mais également la détermination indomptable qui lui a permis de se relever.



Au-delà du ring, l’histoire de Harry Haft est un témoignage sur le courage et la résilience. C’est l’histoire d’un jeune homme qui, après avoir affronté la barbarie nazie, choisit la boxe non seulement pour survivre, mais pour revendiquer son humanité et retrouver son amour perdu. 


Son parcours traverse la Shoah, l’Amérique d’après-guerre et la légende de la boxe, mêlant drame historique et exploits sportifs. Il reste, aujourd’hui encore, un symbole puissant de la volonté de vivre malgré tout.



Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme... 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne

                  les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle, privée

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