Tout petit, mes parents m'avaient offert comme jouet une arche de Noé avec la famille de Noé et un couple d'une vingtaine d'animaux ... je jouais sans comprendre ... et à la question : Pourqoi un bateau, on me répondait : C'est pour échapper au déluge !
Alors, à chaque fois qu'il pleuvait, que les éclairs suivi d'un tonnerre assourdissant, je me glissais sous mo lit, et je blâmais mes parents de n'avoir pas acheté un vrai bateau ...
La paracha Noa’h (נֹחַ), deuxième section du Livre de la Genèse, commence par ces mots :
« Voici la postérité de Noé : Noé fut un homme juste, intègre dans sa génération ; Noé marchait avec Dieu. » (Genèse 6:9)
L’humanité, depuis Adam, s’est corrompue : la violence, la rapine et la débauche règnent sur la terre. Dieu décide d’effacer la création par un déluge universel, mais il distingue Noé pour sa droiture. Il lui ordonne de construire une arche (téva) capable d’abriter sa famille et des couples d’animaux de chaque espèce.
Le Déluge s’abat : quarante jours de pluie, puis cent cinquante jours d’eaux recouvrant la terre. Seuls Noé, sa femme, ses trois fils (Sem, Ham, Yafet) et leurs épouses survivent. Après l’apaisement des eaux, l’arche se pose sur le mont Ararat. Noé envoie d’abord un corbeau, puis une colombe qui revient avec un rameau d’olivier — signe que la vie renaît.
En sortant de l’arche, Noé érige un autel et offre des sacrifices. Dieu conclut alors une Alliance avec lui et avec toute l’humanité :
« Je n’enverrai plus jamais le déluge pour détruire toute chair. »
L’arc-en-ciel devient le symbole de cette alliance éternelle entre Dieu et les hommes.
Peu après, Noé plante une vigne et s’enivre ; un épisode troublant oppose alors ses fils : Ham manque de respect envers son père, tandis que Sem et Yafet le couvrent avec pudeur. De leurs lignées naîtront les peuples de la terre.
La paracha se conclut avec la tour de Babel : les hommes, unis par une seule langue, entreprennent de construire une tour pour « toucher le ciel ». Dieu confond leurs langues et les disperse sur toute la terre, mettant fin à leur orgueil. La généalogie de Sem conduit jusqu’à Abraham, qui apparaîtra dans la paracha suivante.
Noé se distingue non par sa perfection absolue, mais par sa droiture dans un monde dépravé. Le Talmud (Sanhédrin 108a) débat : était-il juste seulement dans sa génération corrompue, ou aurait-il été un saint en toute époque ?
Quoi qu’il en soit, Noé incarne la fidélité silencieuse : il agit, il construit, il obéit, là où les autres se moquent ou doutent. Il est l’image du juste solitaire qui sauve le monde par sa constance morale.
Le Déluge n’est pas un châtiment arbitraire : il est une réinitialisation de la création. L’eau, symbole de pureté et de régénération, lave la corruption morale des hommes. Dieu ne détruit pas pour anéantir, mais pour reconstruire sur des bases éthiques.
Le monde sort de l’arche comme un nouveau-né sort du sein maternel — l’arche étant, selon les Sages, une matrice protectrice. Le Déluge annonce donc non la mort, mais la renaissance.
À Noé et à sa descendance, Dieu confie un code moral fondamental : les sept lois noahides, fondement du droit naturel et spirituel pour toute l’humanité. Ces lois prescrivent :
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La foi en un Dieu unique.
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Le respect du Nom divin (ne pas blasphémer).
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L’interdiction du meurtre.
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L’interdiction du vol.
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L’interdiction des unions sexuelles interdites.
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L’interdiction de consommer la chair arrachée à un animal vivant.
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L’obligation d’établir des tribunaux de justice.
Ces lois ne s’adressent pas aux seuls Israélites, mais à tous les peuples de la Terre. Elles forment la base de la civilisation morale selon la tradition juive : un contrat entre Dieu et l’humanité entière, garantissant la vie, la justice et la paix.
La Tour de Babel incarne l’inverse de l’Alliance : l’unité humaine pervertie par l’orgueil. Les hommes ne cherchent plus à servir Dieu, mais à « se faire un nom ».
L’unité technique et linguistique devient alors instrument de domination. Dieu disperse les peuples non pour les punir, mais pour préserver la diversité et empêcher la tyrannie. C’est un rappel que la véritable unité ne peut naître que dans la reconnaissance du divin.
La paracha Noa’h nous enseigne que l’humanité ne se maintient que par la justice, la foi et la responsabilité.
Noé n’est pas un prophète flamboyant, mais un homme fidèle, qui accomplit sa tâche dans le silence de la persévérance. Son histoire rappelle que la survie du monde dépend toujours d’une poignée de justes, parfois d’un seul.
Les lois noahides demeurent aujourd’hui le socle éthique universel : elles affirment la dignité de toute vie, la souveraineté de la conscience, et la vocation morale commune à tous les peuples.
L’arc-en-ciel, signe de paix et de diversité, brille encore comme un pont entre le Ciel et la Terre — rappel que même après les tempêtes, la lumière revient toujours pour qui sait garder la foi.
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