Profanation de la tombe de Robert Badinter ce jour, une insulte à la mémoire républicaine et à la justice Le 9 octobre 2025 restera dans l’histoire comme le jour où la France a rendu un hommage exceptionnel à Robert Badinter, en l’accueillant au Panthéon. Cet homme, symbole de justice et de dignité humaine, a consacré sa vie à faire triompher les valeurs républicaines, la liberté et le respect des droits fondamentaux.
Et pourtant, le même jour, la tombe de celui qui a marqué le XXᵉ siècle de son empreinte a été profanée et taguée. Ce geste, profondément odieux, ne saurait être interprété comme un simple vandalisme : il constitue une attaque contre les idéaux que Robert Badinter a incarnés, contre la mémoire collective et contre les principes de la République française.
Robert Badinter était juif. Son éducation, profondément républicaine et laïque, a forgé un homme capable de transformer ses convictions personnelles en un engagement universel au service de tous. Dans son parcours, son identité juive et sa culture de la justice se sont conjuguées pour bâtir une vision de la loi fondée sur l’égalité, la dignité et le respect de la vie humaine. Cette éthique, héritée d’une tradition familiale et d’une instruction laïque, a guidé toutes ses actions, et explique pourquoi la République lui rend hommage aujourd’hui au Panthéon, lieu de mémoire de ceux qui incarnent la grandeur de la France.
L’œuvre de Robert Badinter en tant que ministre de la Justice, dès 1981, illustre parfaitement cette vocation. C’est lui qui, au nom du gouvernement, présente le 17 septembre 1981 à l’Assemblée nationale le projet de loi historique abolissant la peine de mort, promulgué quelques semaines plus tard, le 9 octobre 1981. Cet acte législatif n’était pas seulement juridique : il symbolisait la victoire de l’humanité sur la barbarie, de la raison sur la vengeance, de la justice sur la peur. Il portait également des réformes fondamentales : suppression des juridictions d’exception, possibilité pour tout justiciable de saisir la Commission et la Cour européenne des droits de l’homme, renforcement des libertés individuelles et amélioration du droit des victimes. Il a aussi modernisé le droit pénal en introduisant des peines alternatives à l’emprisonnement, comme les jours-amende et les travaux d’intérêt général, reflétant une vision progressiste de la justice.
Profaner sa tombe, c’est non seulement manquer de respect à sa mémoire personnelle, mais c’est aussi s’en prendre à la République elle-même. Robert Badinter n’a jamais été un homme de compromis sur les principes : il a combattu toutes les formes d’injustice, qu’elles viennent de régimes autoritaires, de la violence étatique ou du fanatisme idéologique. L’attaque contre sa sépulture est donc une insulte aux valeurs universelles qu’il a défendues — le droit à la vie, la justice, la dignité, l’égalité et la liberté. C’est aussi une offense à sa communauté juive, qui voit en lui un héritier de la mémoire et de la résilience face aux persécutions et aux idéologies de haine.
Ce tag illustre une dérive inquiétante : la méconnaissance ou le refus des valeurs républicaines et humanistes. Robert Badinter était la personnification de l’éthique laïque et républicaine, capable de transcender sa propre identité pour protéger l’ensemble des citoyens. Son œuvre n’a jamais été partielle ou communautaire, mais universelle. Son entrée au Panthéon n’est donc pas une reconnaissance personnelle, mais un symbole de l’engagement pour la justice, pour la société civile et pour la protection des droits humains. Dégrader sa tombe, c’est attaquer la mémoire d’un homme qui a fait triompher ces idéaux.
Face à cet acte, il est urgent de rappeler que la République doit se défendre. La mémoire de Robert Badinter exige que la justice soit rendue et que la profanation soit fermement condamnée. Mais elle exige aussi que nous rappelions les valeurs qu’il incarnait : le respect des lois, la défense des innocents, la promotion de la liberté et de l’égalité. C’est en ce sens que son œuvre reste intemporelle : elle guide encore aujourd’hui le combat contre toutes les formes de violence, d’injustice et de haine.
En célébrant Robert Badinter au Panthéon, la France célèbre un homme qui a su transformer son éducation républicaine en un engagement concret et universel. Le tag sur sa tombe, acte scandaleux et révoltant, ne pourra jamais ternir la grandeur de son parcours ni l’impact de ses actions. Il rappelle, au contraire, que la vigilance et la défense de la mémoire sont essentielles pour que notre société reste fidèle aux valeurs de justice et de liberté qu’il a incarnées.
Aujourd’hui, jour de la signature à Charm El Cheikh pour la libération des otages juifs non assassinés, la France honore Robert Badinter, et avec lui, la justice, la laïcité et l’humanisme républicain.
Tout acte de profanation, loin de diminuer son héritage, met en lumière l’importance vitale de ces principes. Que cette journée serve de rappel à tous : défendre la mémoire de Robert Badinter, c’est défendre la République.
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur
d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale quotidienne
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