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dimanche 26 octobre 2025

Dior mise sur les USA, une histoire hors du commun. JBCH. N° 556

Ayant habité près du Métro Havre-Caumartin, je descendais via la rue Caumartin vers les Grands Boulevards, passais par la rue Cambon, et me retrouvais rue du Fg Saint Honoré ...


J'ai ainsi fait connaissance avec les noms des grands couturiers qui ont fait et font la gloire et la renommée de la France: Hermes, Lanvin, Balanciaga, Givenchi, Balmain, Chanel, et bien d'autres ...


Les vitrines de Dior m'intriguaient, mais mon attention se portait le plus souvent sur les clients qui rentraient et sortaient ...


Diriger Dior est une chance et une grande responsabilité. Dirigeante de la maison depuis 2023, Delphine Arnault détaille les récents investissements du groupe outre-Atlantique et revient sur la nomination du créateur Jonathan Anderson.

Christian Dior ouvre sa maison le 16 décembre 1946 au 30 avenue Montaigne. Le défilé du 12 février 1947 présente le New Look : taille cintrée, jupes corolle, rupture avec l’austérité post-guerre. En 1948, première boutique à New York. À la mort de Dior en 1957, la maison emploie 1 200 personnes, réalise 160 millions de francs de chiffre d’affaires et représente 13 % des exportations françaises de mode.

Sous l’Occupation, Dior est styliste chez Lucien Lelong de 1938 à 1946. Il habille des épouses de dignitaires allemands, pratique courante dans la mode parisienne. Sa sœur Catherine, résistante, est arrêtée en 1944, torturée et déportée à Ravensbrück.



Dior n’a jamais collaboré activement mais le compromis pragmatique fut critiqué après-guerre. Il s’en défend dans ses mémoires : « Je dessinais pour survivre ; ma sœur risquait sa vie. »

En 1984, Bernard Arnault rachète le groupe Boussac en faillite, incluant Dior endetté. Sidney Toledano arrive en 1994 pour relancer la maroquinerie, devient PDG de Dior Couture en 1998. La maison souffre d’une image vieillie, de licences galvaudées et d’une couture moribonde (moins de 100 robes par an).



Toledano redresse Dior en quatre axes : recentrage sur la haute couture avec John Galliano directeur artistique dès 1996, développement de la maroquinerie avec les sacs Saddle (2000) et Lady Dior, nettoyage drastique des licences (400 ruptures sur 600 contrats), expansion retail contrôlée avec des flagships à Tokyo (2004) et Shanghai (2007). Résultat : chiffre d’affaires multiplié par 15 (1,2 milliard € en 1998 à 18 milliards € en 2017), 250 boutiques, part des États-Unis passant de 12 % à 25 % des ventes mondiales.


Galliano modernise l’image avec des défilés théâtraux. En octobre 2010, première altercation raciste au bar La Perle à Paris. Le 24 février 2011, une vidéo le montre ivre déclarant « J’aime Hitler » à une cliente juive. Le 25 février, Toledano et Arnault le licencient immédiatement. Procès en juin 2011 : Galliano invoque addiction et burn-out. Condamné le 8 septembre 2011 à 6 000 € d’amende avec sursis. Toledano nomme Raf Simons (2012-2015) puis Maria Grazia Chiuri (2016) sans rupture de croissance.


Le marché américain est-il plus important pour le secteur du luxe et pour Dior en particulier ? Il est fondamental. Nous y avons ouvert deux flagships à New York et Los Angeles. Le magasin de New York, à l’angle de la 57e Rue et de Madison Avenue, remplace un ancien point de vente entièrement repensé : 1 300 m², vitrines monumentales signées Peter Marino, végétation omniprésente en hommage aux jardins chers à Christian Dior.


Un Diorama expose des pièces emblématiques dans le grand escalier ; un spa propose soins, maquillage et parfums – une première mondiale. Toutes les gammes sont présentes : prêt-à-porter féminin et masculin, maroquinerie, joaillerie, souliers, salons VIP sur rendez-vous.

Les boutiques sont un élément clé de notre modèle économique. Elles nous mettent en contact direct avec les clients. Nous analysons données et environnements pour choisir les meilleurs emplacements. Chez Dior, chaque magasin exprime l’esprit de la maison, ses valeurs, ses codes.


Le développement international était déjà une évidence pour Christian Dior dès 1947. Son premier voyage aux États-Unis – New York, Texas, Californie – est raconté dans Christian Dior et moi. À New York, son souhait était d’ouvrir à l’angle de la 57e Rue et de la 5e Avenue. Le marché américain recèle encore un fort potentiel. Il représente un quart des ventes globales de LVMH.

Jonathan Anderson, nommé en mars 2025 unique directeur artistique pour toutes les collections féminines et masculines, est un visionnaire moderne, ancré dans sa génération. Son premier défilé femme printemps-été 2026 a présenté le sac Cigale, potentiel futur icône. Créer des produits capables de traverser les époques est l’essence de Dior. La maroquinerie reste cruciale.

Le traitement personnalisé garde toute son importance. L’histoire de Dior commence avec la haute couture : robes uniques, réalisées à la main. Le sur-mesure perdure grâce aux ateliers de l’avenue Montaigne, où certaines petites mains forment les plus jeunes depuis des décennies.


En parcourant les livres et les revues , je suis surpris par les chiffres donnés : Dior en chiffres : 290 boutiques mondiales dont 45 aux États-Unis, 2 concept-stores, 7 magasins inaugurés depuis fin juin 2025, 13 000 salariés. Face à la stagnation chinoise, les États-Unis deviennent plus convoités.


Delphine Arnault (la fille de Bernard Arnault) parie sur l’extension du réseau et la désirabilité de la marque. Le modèle actuel – 80 % maroquinerie et accessoires, 20 % couture et prêt-à-porter – est l’héritage de Sidney Toledano. Bravo M Arnault et merci M Tolédano.



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