Ma fierté est d'exhiber mon passeport européen, fini les guerres qui ont ravagé pendant des siècles l'Europe, fini les millions de morts, ... Grace à l'Europe, la paix, la sérénité sont revenues, le travail ne fait que commencer, et les monstres qui nous entourent sont jaloux et font tout pour saborder ce magnifique édifice...
Comprendre aujourd’hui que l’Europe est notre salut n’est plus un simple choix politique : c’est une nécessité vitale. Dans un monde redevenu brutal, où les empires anciens renaissent sous des formes nouvelles — américaine, russe, chinoise —, seule l’Europe peut offrir à ses citoyens une voie d’équilibre, de paix et de dignité. Elle est notre ancrage, notre seul espace où la liberté n’est pas un slogan, mais une promesse concrète, née de la mémoire du sang et de la volonté de ne plus jamais revivre les horreurs du XIXᵉ et du XXᵉ siècle.
L’Union européenne n’est pas née d’un rêve naïf, mais du traumatisme absolu : Verdun, Auschwitz, Stalingrad. C’est de ces abîmes que les fondateurs — Schuman, Adenauer, De Gasperi, Monnet — ont tiré une idée folle : unir les nations pour que leurs armes se taisent à jamais. Le fer et le charbon, instruments de guerre, furent les premières pierres d’un continent réconcilié.
Depuis plus de soixante-dix ans, aucune guerre n’a éclaté entre ses membres. Ce simple fait, qu’on oublie souvent, est une révolution historique. L’Europe, par son existence, a rendu possible la paix, la prospérité, la libre circulation des idées, des biens et des personnes.
C’est une communauté de destin, non une simple union économique. Elle est le premier espace au monde où la souveraineté s’est volontairement partagée pour protéger la liberté collective.
Mais cette Europe, jeune et fragile, est aujourd’hui assiégée de l’intérieur.
Les extrêmes, à droite comme à gauche, exploitent les peurs, les frustrations, les crises pour affaiblir la confiance des peuples.
À l’extrême droite, le discours est double, perfidement habile : on se dit « patriote », « défenseur d’Israël », « opposé à l’antisémitisme ». On ne pose jamais le à le drapeau européen à coté du drapeau tricolore et c'est une erreur capitale, Car l’histoire ne ment pas : la base idéologique du Front national, devenu Rassemblement national, est profondément marquée par un héritage xénophobe et antisémite. Cette mouvance n’a jamais cru à l’Europe : elle rêve d’un retour aux nations isolées, repliées sur leurs frontières, aveugles au monde.
Le danger n’est pas seulement politique, il est moral. Ceux qui prétendent défendre Israël tout en rejetant l’universalisme européen trahissent à la fois l’héritage juif de l’Europe et son idéal de fraternité. L’extrême droite, par nature, ne construit pas : elle divise, elle oppose, elle détruit les ponts que l’Europe a mis un siècle à bâtir.
À l’extrême gauche, le danger est différent mais tout aussi corrosif. Sous couvert d’humanisme, elle instrumentalise les institutions européennes pour mieux les condamner.
Elle transforme la tribune de Strasbourg en procès permanent de l’Europe, dénonçant sa politique étrangère, sa défense, sa solidarité avec l’Ukraine ou la condamnation d'Israël. Elle oublie que sans l’Europe, il n’y aurait plus de voix commune pour défendre les droits de l’homme, la démocratie, ni la liberté de pensée qui permet précisément sa critique.
Ainsi, des deux côtés du spectre politique, les vautours planent. Ils profitent du doute, de la lassitude, de l’inflation, du chaos numérique pour semer la méfiance.
Mais les ennemis de l’Europe ne sont pas tous à l’intérieur.
À Moscou, Vladimir Poutine observe, encourage et amplifie nos divisions. Son but n’est pas seulement territorial : il veut éclater l’Union européenne. Il le fait non par des chars, mais par les armes invisibles de la guerre hybride , la désinformation, les campagnes de haine sur les réseaux sociaux, les manipulations d’opinion.
Il attise les antagonismes religieux, ethniques, sociaux ; il alimente les théories du complot, fragilise la confiance envers les institutions, distille le doute sur l’OTAN, sur l’aide à l’Ukraine, sur la légitimité même du projet européen. Et chaque fois qu’un Européen doute de l’Europe, Poutine triomphe un peu plus.
La Chine, elle, avance autrement : par l’économie et la dépendance technologique. Les États-Unis, malgré leur alliance, défendent avant tout leurs propres intérêts. L’Europe, si elle veut rester libre, doit comprendre qu’elle n’a pas d’autre choix que d’être unie, forte et souveraine.
L’Europe n’est pas parfaite. Elle est lente, parfois bureaucratique, souvent hésitante. Mais c’est précisément parce qu’elle repose sur le compromis, non sur la force, qu’elle est humaine. Elle avance par le dialogue, par la raison, non par la guerre.
Elle doit maintenant apprendre à se défendre — militairement, économiquement, culturellement. Mais cette défense ne sera crédible que si elle s’appuie sur des valeurs communes : la liberté, la démocratie, la justice, la laïcité, la mémoire. L’Europe n’a pas vocation à dominer, mais à inspirer.
Dans un monde où les empires s’imposent par la peur, l’Europe doit s’imposer par la mesure, par la pensée, par la culture. Elle est la seule puissance au monde qui n’a pas été fondée sur la conquête, mais sur la réconciliation.
L’Europe est jeune. Elle est fragile. Mais elle est notre fierté.
Chaque fois qu’un jeune Européen étudie à l’étranger grâce à Erasmus, qu’un scientifique français collabore avec un chercheur italien, qu’un hôpital espagnol partage ses innovations avec un hôpital allemand, l’idée européenne vit.
Elle n’est pas un luxe technocratique : elle est notre assurance-vie dans un siècle de tempêtes.
Ceux qui veulent la détruire ne proposent rien d’autre que le retour au chaos des nations ennemies, aux guerres fratricides, aux idéologies de haine.
Alors oui, prenons soin de l’Europe. Défendons ses institutions, soutenons son Parlement, protégeons sa presse, sa justice, sa monnaie.
Car défendre l’Europe, c’est défendre notre humanité commune.
Très bonne analyse
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