Rechercher dans ce blog

dimanche 17 août 2025

De Prague à Kiev, l'histoire ne se renouvelle pas toujours. (FR). JBCH N° 248





 Je ne croyais pas que les soviétiques auraient l’outrecuidance d’envahir Prague qui rêvait de liberté , après la scandaleuse prise de Budapest en 1956 … 

Les russes ou les nouveaux soviétiques ( puisque Labrov portait un T shirt CCCP le 15 août à Anchorage en Alaska  ont donc l’habitude d’envahir leurs voisine en permanence depuis des siècles.

on peut mette en parallèle l’écrasement du Printemps de Prague en 1968 et la résistance ukrainienne en 2022 :


21 août 1968 : Prague écrasée, 24 février 2022 : Kiev résistante

Prague – Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, les chars du Pacte de Varsovie franchissaient les frontières de la Tchécoslovaquie. 


Plus de 200 000 soldats soviétiques, épaulés par les armées de quatre pays satellites (Pologne, Hongrie, Bulgarie et RDA), envahirent le pays. 


Leur mission : mettre un terme à l’expérience de libéralisation politique initiée quelques mois plus tôt par le premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque, Alexander Dubček.

Ce « Printemps de Prague » avait incarné l’espoir d’un socialisme « à visage humain » : liberté d’expression accrue, presse indépendante, relâchement de la censure, ouverture vers l’Ouest. 





Mais pour Moscou, cette autonomie constituait une menace insupportable. La réponse fut brutale : chars dans les rues de Prague, arrestation du gouvernement, remplacement immédiat de l’exécutif par des dirigeants fidèles au Kremlin. Plus de 130 civils furent tués, des milliers blessés, et le pays entra dans deux décennies supplémentaires de glaciale normalisation communiste.

Les images capturées par le photographe Josef Koudelka montre des jeunes désarmés défiant les blindés, horloges arrêtées au moment de l’invasion, des visages incrédules qui restent des icônes universelles de la fragilité des libertés face à la force brute.




Un autre 24 février : l’Ukraine sous les bombes


Cinquante-quatre ans plus tard, presque jour pour jour, l’histoire semblait se répéter. Le 24 février 2022, la Russie lançait une invasion massive de l’Ukraine, avec la conviction affichée que Kiev tomberait en quelques jours. 


Des dizaines de milliers de soldats, des colonnes de blindés, des frappes aériennes : le scénario initial ressemblait à celui de Prague en 1968, une démonstration de force destinée à briser toute velléité d’indépendance et à imposer un gouvernement fantoche soumis au Kremlin.


Mais l’issue fut radicalement différente. Là où Prague avait été écrasée en une nuit, Kiev a résisté. 


Les forces armées ukrainiennes, beaucoup plus modestes en nombre et en moyens, ont su exploiter la mobilité, la connaissance du terrain et l’ingéniosité tactique. 





Les missiles antichars occidentaux, les drones improvisés, la mobilisation populaire ont surpris et bloqué l’armée russe. Les colonnes de blindés qui devaient défiler sur Maïdan se sont embourbées ou ont été détruites.


La différence : obéissance ou résistance


Le contraste entre les deux épisodes illustre une évolution fondamentale. En 1968, la Tchécoslovaquie était encore prisonnière de la logique des blocs : son armée, inféodée au Pacte de Varsovie, ne pouvait combattre, et la population, malgré son courage, n’avait ni armes ni alliés. La résignation avait été contrainte par l’écrasante asymétrie des forces.




En 2022, l’Ukraine a fait le choix inverse : refuser la fatalité, même face à une armée réputée plus puissante. Ce sursaut a tenu à la fois à une identité nationale forgée depuis 1991 et à une volonté de défense acharnée incarnée par le président Volodymyr Zelensky, resté à Kiev malgré le danger. 


Le soutien occidental, militaire et logistique, au début timide, a ensuite amplifié cette résistance.


Le 21 août 1968 et le 24 février 2022 sont deux dates jumelles d’une même tentative impériale : empêcher des peuples slaves de s’émanciper de l’orbite russe. Mais si Prague symbolise la tragédie de l’écrasement, Kiev incarne l’espoir de la résistance.


À travers ces deux moments, on mesure le changement d’époque : l’URSS d’hier pouvait compter sur la soumission de ses satellites, la Russie d’aujourd’hui se heurte à la pugnacité d’un voisin décidé à exister. 


Ce qui s’est joué dans les rues de Kiev n’était pas seulement militaire, mais existentiel : la volonté d’un peuple de refuser d’être à nouveau relégué au rang de province d’empire.


Là où les chars soviétiques avaient imposé le silence à Prague, les missiles russes n’ont pas réussi à éteindre la voix de l’Ukraine. Une différence qui, à elle seule, raconte un demi-siècle d’évolution politique et culturelle en Europe de l’Est : entre l’acceptation contrainte d’un joug en 1968 et la rébellion assumée contre ce même joug en 2022.


A ce jour, la guerre continue, une guerre qui ne compte plus ses victimes .. on note environ 50 000 décès pour les ukrainiens et presque de 500 000 morts pour les russes,  les blessés se comptent par centaines de milliers des deux côtés.


Le Tsar sanguinaire Poutine ne s’arrêtera que lorsqu’il envahira l’Ukraine dans un premier temps, puis un par un,  les ex pays du pacte de Varsovie afin de rétablir les frontières de l'ex URSS. 


Il faut donc l’éliminer et c’est aux russes, premières victimes de sa tyrannie de le faire disparaître. 

Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un  scientifique, ni un historien, ni un professionnel  du journalisme ... 

C'est délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation personnelle et strictement privée

© 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation 




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire