Les Lettres de Nimrod :
Témoignage d’un Empire et de ses Relations Internationales
Les Lettres de Nimrod, découvertes en 1952 dans la cité royale de Kalhu (Nimrud), sont bien plus que de simples rapports administratifs. Elles constituent une témoignage sur la diplomatie, la stratégie militaire et les relations internationales de l’Empire assyrien à son apogée, au VIIIe siècle av l'ère vulgaire
Rédigées principalement sous les règnes de Tiglath-Pileser III et de Sargon II, elles témoignent d’un moment où l’Assyrie devient une puissance impériale dominant la Mésopotamie, le Levant et les territoires bibliques d’Israël et de Juda.
Ces 230 lettres environ, écrites en écriture cunéiforme, traitent non seulement de questions militaires, de tributs et de projets royaux, mais aussi d’événements politiques impliquant d’autres nations : les royaumes hébreux, l’Égypte, les Grecs ioniens et Babylone. Elles montrent un empire pragmatique, utilisant la diplomatie autant que la force pour imposer son autorité.
Les Lettres de Nimrod confirment et complètent les récits bibliques (2 Rois 15–18 ; 1 Chroniques 5) sur la domination assyrienne en Israël et Juda. Sous Tiglath-Pileser III, Israël est affaibli par des luttes internes et doit payer tribut pour éviter une destruction totale. Mais quelques décennies plus tard, le royaume du Nord est conquis et ses habitants déportés – pratique attestée dans les lettres comme méthode de contrôle politique et de peuplement stratégique.
Le royaume de Juda, sous Ézéchias, adopte une position plus nuancée, oscillant entre allégeance et rébellion. Les archives assyriennes illustrent la complexité de cette relation : Juda n’est pas seulement un vassal, mais aussi un acteur régional cherchant parfois à s’allier avec l’Égypte contre l’Assyrie, ce qui entraîne des représailles sévères.
Les Lettres de Nimrod confirment la politique assyrienne de déportation des élites du royaume d’Israël après sa conquête (vers 722 av. n. è. par Sargon II). Cette stratégie visait à neutraliser toute résistance en exilant dirigeants, prêtres, artisans et guerriers vers la Mésopotamie, tout en installant d’autres populations dans le pays ( probablement appelés plus tard Samaritains) .
Cet événement marque la disparition historique des dix tribus du Nord, souvent appelées les Tribus perdues d’Israël. Juda, Benjamin et Levy restant autonomes au royaume de Judée., et ne subiront une mesure similaire qu’un siècle plus tard avec l’exil babylonien.
Les lettres mentionnent également l’Égypte comme un partenaire politique potentiel pour les royaumes du Levant cherchant à résister à l’Assyrie. L’Égypte, bien qu’affaiblie par des divisions internes, reste perçue comme un soutien militaire possible. Pour l’Assyrie, cela représente une menace sérieuse : un rapprochement entre Juda et l’Égypte est considéré comme un acte de rébellion pouvant justifier une intervention punitive.
Fait remarquable, une lettre rapporte le premier contact connu entre l’Assyrie et les Grecs ioniens. Ceux-ci apparaissent comme des pillards venus par mer, mais leur mention souligne l’importance croissante des échanges méditerranéens et la conscience géopolitique élargie des Assyriens.
Les Lettres de Nimrod montrent que l’Assyrie ne se limitait pas à une domination militaire : elle entretenait des relations complexes avec les peuples soumis, allant de l’imposition de tributs à la réorganisation de leurs territoires. Elles donnent un contexte historique précis aux récits bibliques sur la chute d’Israël, les tensions en Juda et l’influence égyptienne.
Plus que de simples archives, les Lettres de Nimrud révèlent la trame diplomatique d’un monde ancien interconnecté. Elles témoignent des relations souvent tendues mais indispensables entre l’Assyrie, les royaumes hébreux, l’Égypte et même les premiers Grecs, illustrant comment la puissance impériale façonnait la destinée de nations entières et influençait durablement l’histoire du Proche-Orient.
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