Rechercher dans ce blog

lundi 25 août 2025

Et après les algorithmes ? (FR). JBCH N° 297

L’IA et la Redéfinition de la Culture : Une Synthèse

d'après une lecture d'un article de Joshua Rothman, The New Yorker, 1er et 8 septembre 2025]



Depuis deux décennies, les algorithmes des réseaux sociaux orchestrent nos vies, colonisant nos moments libres avec des flux incessants de contenu : Reddit le matin, Netflix le soir, TikTok entre deux. Joshua


Rothman, dans un essai introspectif, explore comment l’intelligence artificielle (IA) pourrait bouleverser encore davantage notre rapport à la culture, remplaçant l’hyperstimulation algorithmique par une nouvelle dynamique, à la fois libératrice et inquiétante.


Rothman décrit sa routine matinale, où il troque les distractions des réseaux pour des échanges avec des IA comme Claude ou Perplexity. Ces outils offrent des réponses factuelles, presque ennuyeuses, libérant du temps pour lire ou travailler, loin de la frénésie des algorithmes sociaux. Mais ce calme masque une transformation : le web sature de « slop IA » – contenus générés artificiellement, sites automatisés, influenceurs virtuels. Une étude citée révèle que plus de la moitié du texte en ligne est modifié par l’IA, alimentant la « théorie de l’internet mort » où l’humain semble évincé.





S’appuyant sur Norbert Wiener, pionnier de la cybernétique, Rothman rappelle que les sociétés reposent sur des messages entre humains et machines. Avec l’IA, ces échanges s’accélèrent, mais risquent d’imposer des visions simplistes ou erronées, défiant notre intelligence. L’auteur expérimente cette tension dans la création culturelle : via NotebookLM, il génère des podcasts personnalisés à partir de ses écrits, utiles mais dénués de l’étincelle humaine. L’IA excelle dans la reproduction de schémas, pas dans l’originalité.





Des créateurs comme l’équipe de « AI OR DIE » exploitent pourtant ce potentiel, utilisant l’IA pour concrétiser des idées cinématographiques autrefois irréalisables. Leur liberté créative évoque l’ère des auteurs des années 60-70, mais l’IA impose une esthétique standardisée et manque d’intention artistique. Jaron Lanier, pionnier technologique, imagine un futur où un « hub IA » fusionne musique, vidéo et jeux en flux personnalisés, effaçant les frontières des formes culturelles traditionnelles (chansons, pièces) au profit d’expériences éphémères, taillées pour chaque individu. Ce « simulacre de société » pourrait isoler, remplaçant les communautés réelles par des illusions algorithmiques.


Rothman contraste cette fluidité avec la culture humaine, incarnée par ses souvenirs d’Edmund White, professeur dont les cours incarnaient une transmission vivante. L’IA, sans individualité, peine à créer des récits authentiques, faits de contradictions et d’erreurs fécondes, comme l’explique la scénariste Carly Mensch. Si l’IA peut produire des soaps interminables, elle échoue à capturer le « care » qui rend une histoire universelle.





Enfin, l’IA devient un miroir intime. Avec des lunettes Ray-Ban Meta, Rothman « voit » sa fête familiale via une narration IA, presque thérapeutique. Mais Daniel Kwan, cinéaste, alerte : l’IA fracture la confiance collective, ces « histoires partagées » qui unissent. Comme dans un jeu de Jenga, retirer ces fondations menace l’édifice social. Pourtant, face à l’artificiel, l’humain pourrait redevenir précieux, comme les effets pratiques au cinéma face aux CGI.


En somme, l’IA promet une culture abondante mais potentiellement vide, où le volume étouffe l’authenticité.



Si les réseaux sociaux ont comblé nos vides avec du bruit, l’IA risque de les remplir d’un silence automatisé. Reste à savoir si nous saurons, dans ce flux, préserver l’espace pour nos voix uniques.









© 2025 JBCH. Tous droits réservés. Reproduction du texte interdite sans autorisation


Cet article est personnel, je ne prétends pas être ni un scientifique, ni un historien, ni un professionnel du journalisme...
 

C'est  délicat de témoigner quand on est un profane, mais dans ce blog j'exprime en général un coup de coeur 

d'après l'actualité , et le lecture de ma revue de presse internationale 

les photos et films sont prises sur le web, là aussi pour une utilisation strictement personnelle 




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire